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Tome premier. A - B.
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A M Y O T.

(a) Il a etcLecteur deFrançois L

(h) Guillau-me Douchttel ,Sitar de

s*Jsy*

(c) On apelle

ordinairement

te Livre

l’Histoiie

Ethiopique

d’Heliodo-

re.

nua ses études, fous les Professeurs Roiaux que François I avoir établis. II ouït Jaques Tuíiin,qui expliquoit les Poètes Grecs, Pierre Danès, qui protéssoit l’Eloquence, & Oronce Finé, quienseignoit les Mathématiques. II sortit de Paris,à l’âge de vingt & trois ans,pour aller à Bourges,avec le Sieur Colin («), qui possédoit dans cette ville l’Abbaïe de St. Ambroise (B). A larecommandation de cet Abbé, il y eut un Secrétaire d’Etat (h ), qui prit Amyot chez lui, pourle faire Précepteur de ses enfans. Les progrès, qu’ils firent fous ce Précepteur, engagèrent leurpere a le recommander fortement à la Princesse Marguerite , Duchesse de Berri, sœur unique deFrançois I. Cette recommandation fut cause qu’Amyot obtint une Chaire de Lecteur public enGrec & en Latin dans l’Univerfité de Bourges. II fit pendant dix ans deux Leçons par jour, uneLeçon Latine le matin , 6c une Leçon Greque Paprès-midi. Ce fut pendant ce tems-là, qu’iltraduisit en François les Amours de Theagene 13 de Chariclée (c). Cette Traduótion plut si fort àFrançois I, qu’il ne tarda gueres à pourvoir d’un Bénéfice celui qui P avoir composée. II lui don-na l’Abbaïe de Belloíàne, que la mort de François Vatable venoit de faire vaquer (C). Ce Prin-ce mourut peu après ; Lc cela fit croire à Amyot, qu’il feroit mieux de chercher de Pavancementen Italie, que d’attendre quelque chose de la Cour de France. II suivit donc à Venise Morvil-lier, que Henri II y envoioit en Ambassade. Morvillier se servit de lui dans quelques affaires,6c l’envoia porter à Trente les Lettres du Roi au Concile , en iff i (D). Lors qu’on le rapellade son Ambassade, Amyot ne voulut point repasser les Monts avec lui: il aima mieux aller à Ro-me, où il fut accueilli avec beaucoup d’affeétion par l’Evêque de Mirepoix. II logea chez luienviron deux ans. Ce fut alors, qu’en examinant avec ardeur les Manuscrits du Vatican , oùRomulus Amaseùs, qui étoit le Garde de cette fameuse Bibliothèque, lui donnoit un libre accès,il aprit qu’Heliodore, Evêque de Trica, étoit l’Auteur des Amours de Theagene. II trouva unManuscrit de cet Ouvrage beaucoup plus correct 6c plus entier que celui qu’il avoir traduit, 6c ilne manqua pas de faire tout ce qu’il saloir pour être en état de donner une meilleure Edition.Les occupations lavantes ne Pempêchèrent pas de songer aux intérêts de fa fortune. II fit fii courbien adroitement au Cardinal de Tournon, 6c il s’insinua si bien dans ses bonnes grâces, que ceCardinal le nomma au Roi, lors que ce Prince l’aiant rapellé en France le pria de lui indiquer un

bon

(O n ft

trompe : ilfaloit direAuxerre,& non Li-Cieux.

(6) ROul-ìiaid, Hist.de l’Anti-quit. deMelun,t*g- 6oj.

(7) St. Réal,de l’Usagede l’Histoi-K. t“g. 76.

mt-

75-

tome. On ne sera pas fâché, je m’assûre , de voir ici lesparoles du dernier un peu au long ; car elles contiennentune autre particularité, qui ne doit pas être ignorée , quandmême elle feroit fausse. Brantôme , aiant raporté queCharles IX, haranguant le Parlement, dit d'une audace bra-ve z? menaçante, „ C'est à vous autres d’obéïr à mes Or-» donnances, fans disputer ni contester quelles elles sont;„ car je íai mieux que vous ce qui est propre & conve-„ nable pour le bien & profit de mon Royaume,, ,njoûte:,, N’ayant point encore de barbe au menton , il tint ces„ propos devant ces vieux & sages personnages, qui tous„ s’esmerveillérent d’un si brave 8e grave langage , qui scn-„ toit plus son généreux courage , que les Leçons de Mr.„ Amiot son Précepteur , qui savoir pourtant bien instruit,„ 8c qu’il aimoit fort, & lui avoit donné de bons ôc beaux„ bénéfices , 8c Lait Évêque de L.izieux (5) , 8c l’appelloitj, toújours son maître : 8c se jouant quelquefois avec lui,„ reprochent son avarice , 8c qu’il ne se nourriísoit que de„ langues de bœuf ; auíìî étoit-il fils d’un Boucher de Me-„ lun , 8c faloit bien qu’il mangeast de la viande qu’il avoit„ veu apprester à son pere : osté cette avarice , c’étoit un„ grand-8c savant personnage en Grec 8c Latin , tefmoin„ les belles 8c éloquentes Traductions qu’il a faites de Plu-„ tarque, qu’aucuns pourtant ses envieux ont voulu dire„ qu’il ne les avoit pas faites > mais un certain grand per-„ formage 8c fort savant en Grec , qui se trouva par bon„ cas pour lui prisonnier dans la Conciergerie du palais de„ Paris 8c en nécestìté ; il le sceut là , le retira, 8c le prit à„ son service , 8c eux deux en cachette firent ces Livres,,, 8c puis lui les mit en lumière en son nom : mais c’est,» une pure menterie, dilbit-on , que les envieux lui ont„ prestée , car c’est lui seul qui les a faits; 8c qui l’a connu,„ fondé son savoir, 8c discouru avec lui, dira bien qu’il ií’a„ rien emprunté d’ailleurs que du fien. Pour fin , il nour-„ rit très-bien ce brave Roy , 8c fur tout fort cathoîique-„ ment ”. Si j’avois à mettre en doute les trois basses pro-fessions qu’on attribue au pere de notre Amyot, ce ne fe-roit point par la raison que fgn fils n’en a désigné aucunedans le manuscrit de sa Vie : il s’est contenté de marquerqu’il étoit sorti d’un pere 8c dune mere qui avoient plus devertu que de bien, parenttbus honestis magis quàm copïofis (6).Cette raison-là ne me frape point ; car il y a peu de granshommes issus de bas lieu , qui ne soient bien aises de pas-ser légèrement sur l’obscurite de leur naissance : le détail lesimportune sur ce sujet. Us vous avoueront en général, tantqu’il vous plaira , qu’ils n’étoient pas d’une condition rele-vée ; mais n’attendez pas qu’ils vous donnent des mémoi-res où vous puifiles lire que leur pere étoit Boucher , Sa-vetier , vendeur d’aiguilletes ou d’allumettes, qu’ils ontdemandé saumoné dans leur enfance , 8cc. Ceux quiavouent de semblables faits, 8c qui veulent bien qu’on lesplace dans leur Eloge , sont si rares, qu’encore qu’il fûtvrai qu’Amyot gueusa quelque tems par les rues de Paris,je ne m’étonnerois pas qu’il n’eût point chargé de cela lesMémoires de fa Vie. Ainsi je ne réfute point par sonsilence ce que l’on conte de fa gueuserie, 8c de sa conditionde laquais, 8c de son séjour à I’Hôpital d’Orleans (7). IIest vrai que je ne saurois accorder avec ce silence l’endroitde son testament, où il légué douze cens écus à cet Hôpi-tal , en reconnaissance de la charité qu’il y avoit éprouvée (8).On a observé , que dans ses Oeuvres , il ne s'est jamais qua-lifié du titre de son pais , 8c que pendant son bonheur , il aeu fort pet* dé habitude avec fa patrie (§). II avoit fans dou-

te la foiblesse de regarder cette ville Comme un rabat-joie,8c de s’imaginer que ses relations avec Melun ne iervi-roient qu’à taire causer le monde sur la bassesse de sa nais-sance. J’aì lu néanmoins , qu’il avança quelques personnesde là famille. Il est mort honoré de grands estais, esc riche deplus de deux cens mil estais,fans infinis autres moieits qu il avoitd'avancer ses parens , aucuns desquels se sentent de ses libéra-lisez. (10).

(B) ll quitta Paris, pour aller a Bourges , avec le Sieur Co-lin, qui postédoìt dans cette Ville ï Abbaie de St. Ambroise .] Bul-lart, qui a suivi presque par tout les Antiquitez de Melun,s’en écarte ici, pour nous aprendre un fait assez inconu :c’est qu’Amyot embrassa la profession Religieuse dans C Abbayede St. Ambroise de la ville de Bourges .- mais que t Abbé lejugeant digne d’une vie plus éclatante que celle du cloìstre, le fitconoistre au Sieur du Sacy Boucketel (n). C’est dommage quel’on ne cite personne qui ait laissé par écrit une particulari-té fi peu corme.

(C) François I lui donna lé Abbaie de Bellofane, que la mortde François Vâtable venoit de faire vaquer. ] Ceci est entièr e-ment incompatible avec le narré de Mr. de St. Real. CetAuteur veut que sous le régné de Henri II Amyot ait étéencore dans f obscurité d’une petite pédagogie chez un Gen-

' tilhomme de ses amis , & que Mr. de i’Hopital, qui ne leconoissoit point, lait uniquement recommandé à caused’une Epigramme Greque , qui avoit été présentée à ceMonarque (r z). Cela ne sauroit n’être point faux , s’il estvrai , comme "porte le manuscrit de la Vie d’Amyot, quece docte personnage avoit été plusieurs années Professeur àBourges , avant la mort de François I ; 8c que ses Ouvra-ges , présentez à ce Monarque, avoient valu à leur Auteurune fort bonne Abbaie. Seroit-il possible , que Mr. del’Hopital n’eût pas conu un François, dont 1e public avoitvu en 1549, pour le plus tard (13), une Traduction del’Histoire Ethiopique d’Heliodore? Qui nous a dit que levolage de Henri II à Bourges ait été fait avant la prémie-re Edition des Amours de Theagene? Ajoûtons cjue la Viemanuscrite d’Amyot le fait aller en Italie peu après la mortde François 1. Accordez cela, si vous pouvez, avec f Abbéde Saint Real, qui le fait Précepteur à Bourges, pendant levolage dc Henri II à cette ville.

(D) Morvillier l’envoia porter à Trente les Lettres du Roiau Concile, en 1551. j II faut nécessairement redresser icif Auteur qui me fournit cet Article (14), quoi qu’il assûrequ’il a puisé dans une Vie d’Amyot commencée par lui-rnême, .8c achevée par son Sécrétasse. Nous avons uniLettre d’Amyot, qui contient la relation de son volage deTrente. II écrivit peu de jours après ce vorage à Mr. deMorvillier, Maître des Requêtes. Or bien loin de direque Mr. de Morvillier Ambassadeur de France à Veniser eût envoie porter ks Lettres du Roi au Concile, qu’ildéclare expressément qu’il fut choisi pour cette affaire parle Cardinal de Tournon , & par l’Ambassadeur de Selve.C’est une preuve convaincante que Morvillier n’étoit pasalors Ambassadeur à Venise : 8c cela paroit encore plusévidemment par la Lettre d’Amyot; car este est adressée àMr. de Morvillier en Cour. Remarquez bien ces parolesd’Amyot: ll a pieu à Air. le Cardinal de Tournon , c 7 h Mr.t Ambassadeur de Selve, de m élire pour faire ceste commission,sans que je penfa(fe à rien moms qu d cela , ny À chose sem-blable. . ■ (15)- Il faut noter, que non feulement je n eflois

point nommé en celle Lettre (16) ni prés ni loin ; mats quipis est on n en avoit pas feulement envoyé la coppte, par la-quelle

(soldes 1 *Popeli' llCtCc, m dit ‘‘f’pae. 215;*Í’ídée del’yifloi tt*

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