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Tome premier. A - B.
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bon Précepteur pour ses deux puînéz (d). Ce fut environ l’an iss8. Voilà donc Amyot Pré-cepteur de deux fils de Henri II. Pendant cet emploi, il acheva la Traduction des Hommes U-lujires de P lut arque , & la dédia à ce Prince (e) : après cela, il entreprit celle des Oeuvres morales ,& l’acheva fous le régné de Charles IX, auquel il la dédia. Charles IX lui fit de grans biens: illui donna l’Abbaie de St. Corneille de Compiegne , & le fit grand Aumônier de France, &Evêque d’Auxerre (E) -, & , parce que la dignité de grand Aumônier , & la charge de Cu-rateur de l’Université de Paris furent vacantes en même tems, il les lui donna toutes deuxMr. de Thou fe plaint fort de cette jonction (/). Henri III auroit succombé peut-être aux sollici-tations importunes de l’Evêque de St. Flour, qui l’avoit suivi en Pologne , & qui demandoitinstamment la dignité de grand Aumônier: mais la Duchefle de Savoie, tante de ce Monarque,lui recommanda de si bonne forte, quand il paífa par Turin en revenant de Pologne, les intérêtsd’Amyot, que non seulement sa charge lui fut conservée ; mais qu'on y ajouta auifi un nouveléclat en fa faveur: car quand Henri III fit Amyot Commandeur de l'Ordre du St. Esprit (g),il voulut qu’en sa considération tous les grans Aumôniers de France fuífent à l’avenir Comman-deurs nez de cet Ordre (F). Amyot, au milieu de fes dignitez, n’oublia point ses études : ilrevit éxactement toutes ses Versions, & les compara au texte Grec j il y fit bien des changemens :en un mot, il fongeoit à une Edition plus parfaite, où il vouloit ajouter les diverses Leçons desManuscrits ; mais il ne vécut pas aíì'ez pour mettre la derniere main à ce travail. Les guerresciviles & l’efprit rebelle de fes Diocésains lui causèrent mille chagrins ( G ) : il fut volé, en reve-nant des Etats de Blois, l’an if8p. II mourut le 6 de Février ippz, courant fa soixante-dix-neuvieme année (H). II avoit prêché quelquefois le jour des fêtes solennelles. II erriploioit lalangue Latine, en composant fes Sermons, quoi qu’il les prononçât en François. 11 avoit unecoutume fort particulière en prêchant; il tournoit du côté du peuple Pouverture de la chaire, &se tenoit assis au milieu fur un fauteuil. II fe mêla de Poésie, & n’y réussit pas (1). Voilà ce quej’ai extrait d'une Vie d’Amyot, commencée par lui-même, Sc achevée par son Secrétaire (h). Ses

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quelle nous pouffions /savoir ce qu il y avoit dedans. De forteque je ne veis jamais chose fi mal cousue que cela (17). Cene fut donc point le Roi, qui l’envoia faire fes protesta-tions contre le Concile: ce fut le Cardinal de Tournon, 8cl’Ambassadeur de France à Venise, qui le choisirent pourporter la Lettre du Roi, & pour lire mot-à-mot devantF Assemblée la protestation de la Majesté. II s’aquitta tout-à-fait bien de la commission. Voici où j'en veux venir.Mr. l’Abbé de St. Real pose en fait qu Amyot étoit Pré-cepteur des enfans de France, avant la négociation quivient detre raportéej 8c il íùpose qu’Henri II l’emploia àcette affaire, parce qu’il avoit reconu la vérité du bontémoignage que Mr. de l'Hôpital avoit rendu, quand ilavoit dit au Roi qu’Amyot míritoit d'être Précepteur des En-fans de France. Tout cela est réfuté invinciblement par laLettre d’Amyot à Morvillier. Corrigez sans crainte cemensonge dans du Sauffai: C&terum, Amiotus adhuc Abbas adConcilium Tridentinum ab Henrico II miffus fuit, negotiorummagni momenti caufà (18). Henri II n’eut aucune part [à cela.

f M Charles EX le fit grand Aumônier de France, V Evê-que d Auxerre. ] La prémiere de ces deux dignitez fut con-férée à Amyot le 6 de Décembre 1560, par Charles IX, àOrléans. Du-Peyrat, qui avoit lu les Regîtres des gransAumôniers de France, raporte cette datte comme extraitedu Regître d’Amyot (19). C’est donc un fait avéré. Oron fait tomber par là plus de la moitié de l’Histoire quel’Abbé de Saint Real raconte touchant la fortune de cePrélat. II dit qu’Amyot, fous le régné de fes disciplesFrançois II 8c Charles IX, n’avoit que l’Abbaïe de Bello-fane, avec la gloire d’avoir prononcé devant tout le Concilela judicieujê 8c hardie Protestation de Henri II; 8c que fafortune étoit aparemment pour en demeurer-là , fans une ren-contre fortuite, qui le porta plus haut qu il ri avoit jamais es-péré , cr qui marque admirablement l esprit de la Cour. Ce casfortuit fut, qu’un jour, à la table de ce Prince, on loua Char-les-Quint de plusieurs choses, mais fur tout d'avoir fait sonPrécepteur Pape .... Cela fit impreffìon fur l'esprit de Char-les ix, jusques là même qu il dit, que si l’occalìon s en pré-sentoir , il en feroit bien autant pour le sien. Et de fait,Peu de tems après, la grande Aumónerte de France atant va-qué, le Roi la donna â Amiot. Tout cela tombe par terre,dès qu’on consulte les Regîtres de cette grande Aumônerie,où l’on trouve la charge de grand Aumônier conférée àAmyot le second jour du régné de Charles I X. D’ailleurs,François II ne fut pas disciple d’Amyot; mais de Pierrefùanès. Poursuivons. Mr. de St. Real Iùpose que la Rei-ne Mere, aiant su bientôt ce que Charles IX avoit faitpour son Précepteur, fit apeler celui-ci dans son cabinet, ouelle le reçut d’abord avec ces effroyables paroles. ,, J’ay fait-, bouquet les Guises 8c les Chaulions, les Connétables 8c» les Chanceliers, les Rois de Navarre 8c les Princes de-, Condé; & je vous ay en tête, petit Prestolé. „ Amiottut beau protester de fes refus, la conclufion fut, que s’il avoitla charge , il ne vivroit pas 14 heures. L’Abbé dit ensuite,stu’Amyot s’alla cacher, 8c que Charles neuf s’avisant aufft-*et de ce que ce pouvoit être .... entra dans une telle fu-Tt ur . . . ., que la Reine, qui avoit affez. de peine à le gou-verner , c ? qui le craignait autant quelle l aimoit, n eut siende plus presse que de faire trouver Amiot. C’est suposer queCharles IX étoit Roi depuis long-tems, lors qu’il donnaoette charge à son Précepteur; mais rien n’est plus faux:

1 la lui donna le lendemain de son avènement à la Cou-ronne > avant que.Catherine- de Médicis eût goûté de la Ré-gence, 8; qu’elle eût fait bouquet bien des gens. Tout lemonde fau q Ue f on pouvoir fut assez petit sous François11 . Je ne laisse pas de dire que les réflexions de Mr.de St,.

Real fur Ces faits, considérées en elles-mêmes, sont belles8c bonnes. Quant à l’Evêché d’Auxerre, il fut donné àAmyot, non l’an rj68, comme l’assùre Du-Peyrat (20),mais l’an 1570 (21), après la mort du Cardinal PhilibertBa'bou, qui le possédoit.

(F) Henri III voulut qu en fa considération tous les Au-môniers de Francefuffènt à ïavenir Commandeurs nez. de ïOr-dre du St. Esprit. J Voici ce que je trouve fur cela dans unautre Auteur. Henri III, en Tannée 1578, instituant T Or-dre du St. Esprit , ordonna * en saveur d’Amiot, que fon grandAumofnier feroit associé au mefme Ordre en titre de Comman-deur , cv Jes successeurs audit Estât : lesquels toutesfois ( dit-il )ne seront tenus faire preuve de noblesse , ce qu il adjousta pourgratifier ledit Amiot, lequel nefìoit pas de noble extraction,mais qui entrait au temple de T honneur par celui de la ver-tu (zz). Voiez dans du Sauffai (zz) la réponse de HenriIII aux Courtisans qui murmurèrent de la promotion d’unhomme de si basse naissance. Le même Auteur assurequ’Amiot dressa les Statuts 8c les Litanies, ou plutôt l’Officede l’Ordre, Hujusstatuta c? horarias preces feitè c? feientercompofuit.

(G ) L’esprit rebelle de fes Diocésains lui causa mille chagrins.']Mr. de Thou fait une remarque bien flétrissante pour lamémoire de notre Amyot ; car il l’accisse d’avoir oubliéles bienfaits dont les deux Princes fes éleves l’avoient com-blé , 8c d’avoir eu trop de complaisance pour la fureur sé-ditieuse 8c ligueuse de ceux d’Auxerre. L’amour de l’étu-de 8c la vieillesse lui avoient fait prendre le parti de larésidence, 8c il n’eut pas la force de résister au torrent dela rébellion (2.4). Sebastien Roulliard n’en parle pas de lasorte : il insinue qu’on le maltraita, à cause de ft fidélité.Les affligions , dit-il (25 ) V accueillirent à la sortie des Estât sde Blois Tan 1589, pource que par la fureur des troubles quipour lors s’efchauffêrent il fut tout volé CP" destrouffé à my-che-min retournant à Auxerre, or qu estant arrivé là, lui fut bail-lé beaucoup de peine par les habitants, voire par fon Clergé ,pour les causes du temps. Enfin , petit à petit les affaires s'ap-paifénnt : tellement qu il ne bougea d'icelui lieu, fe plaignanttoutesfois journellement de ce que la privation de fes biens CP“commoditez. du passé lui ostoit le plaisir de l'efiude. Ste. Martheavoue bien les mauvais bruits qui a voient couru; mais il neles croit pas véritables (26).

(H) Il mourut en 1593 , courant fa foixante-dix-neuviemeannée.] Mr. de Thou s’étoit adressé à des gens bien mal ins-truits fur le chapitre d’Amyot, puis qu’ils ne surent lui apren-dre, ni quand il mourut, ni à quel âge. 11 dit en général,qu’Amyot, dont il met la mort au mois de Juillet 1591,avoit passé 60 ans. Ste. Marthe la met à l’an 1592. Trien-nio post Henricum tertium delefiabili parricidarum coitione fub-latum è vivis excefflt (27 ).

(I) il fe mêla de Poésie , & n’y réussit pas.] Sebastien

Roulliard, fon compatriote , l’épargnèrent fans doute furce sujet, si cela étoit possible. Voici ce qu’il en dir. Quantau Poème Latin qu il fit fur le sacre du Roi Charles IX, onreconoift par icelut qu il s’estoit fort addonnê à la le51ure d Ho-race’, mais auroit esté peu adroit en fon génie poétique (28).La Version des Vers Grecs en Vers François, a laquelleAmyot se voulut assujettir dans fon Plutarque, est affreuse.Charles neuf la trouvoit grossière, en quoi fon opinion haesté suivie de beaucoup d’aultres (29)- a Porte une

excuse pitoiable: C’efi un ramas, dit-il, de divers Authcurs,CP* de style différent. Ajoutons son jugement sur la Prosed’Amyot. tant y hd, dit-il, que selon mon advis, il estaitplus heureux en la Traduction , qu en fa Composition , soitFrançoise ou Latine-, car ce que / en ay veu me semble estrange-ment pesant & traifnafsier. ,

(.b) EÌUest-ttï Latin , (jsin y a pas étéimprimée ;maìs Sébas-tien IVouI-Jiard, kA.vo—( &t au Parle-ment de Paris ,P a lue,en a publié unExtrait dansles Antiqui-tés de Mc-Jun , pa<>e605 & fuiv .

C eji de fan

Extrait , fjutf ai tiré cetsArtkU»

( 201 Hiss-KccleC dela Cour, &c.pag. 4S1.

(21) On s*ejidonc trompedeuil la Tablede la Versionde Fra-Pao-3 o , oie Tona dit í]h* A-myot allaAmbassa-deur à Ro-me , fous ltnom d’E-vêqued’Auxerre,

en 1562.

U hvèqued.'. Auxerre,dont Fra-Paolo parle,n* étoit pointJaquesAmyot.

(*) VOr-

donnan eest raportéeah LivreXVÏU duCode-Hen-ri ,Tit.XI,duSt. Esprit,

(zz) Guill.Du-Peyrat,Hist. de laCour,M 2 - 38 S,

(zj) DeScriptor.Eeclelìass.

(24) Tliua-nus, deVitâ suâ,Libr. V,pag. 7222 .

(zs) Roul-ìiard , An-tiquit. deMelun ,

petg. Soj.

D«) Sam-marth. i nElogiis,t a g. 96.

(27) Ibidem,

(28) Roui-liard, An-tiquir. deMelun,

P a í- 614.

(z 9 ) l.ù-roi-me.