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À M Y R A U T. 183
iîîois de Septembre ìfp 5 . Aiant fait son cours de Philosophie, il fut envolé à Poitiersì poury étudier en Droit: il s’apliqua à cette Science, avec tant d’assiduité, qu’il y emploioit 14 heu-< < ) îíícis. r es chaque jour. II prit íés Licences au bout d’un an (a) ; mais il en demeura là. Mr. Bou-chereau, son compatriote, Sc Ministre de Saumur, lui conseilla d’étudier en Théologie : là lec-ture de l’Institution de Calvin lui donna un grand goût pour ce conseil ; ainsi j aiant témoigné àson pere, qui avoit ses vues en le destinant au Barreau ( B ), qu’il souhaitoit passionnément d’ê-tre Ministre, il obtint, quoi qu’avec peine, lé consentement qu’il demandoit. II alla étudier àSaumur, sous Cameron, qui l’aima, Sc qui l’estima d’une façon particulière, & il fut alsez longtems Proposant. Lors qu’il fut reçu Ministre, on le donna à l’Eglise de St. Aignan, au pais duMaine, ou aiant demeuré 18 mois, il fut apellé à Saumur, pour y succéder à Mr. D aillé, qui««Mnnsi fortuit de ce poste, afin d’aller être Ministre de Charenton (b). En même tems que l’Eglise
ûai He de Saumur le souhaita pour Ministre, le Conseil Académique jetta les yeux sur lui'pour la Pro-
vision en Théologie. C’est pour cela que l’Eglise de Rouen, Sc celle de Tours, qui le demandé-nle ^ rent en même tems au Synode, ne l’obtinrent pas ; car les Synodes Nationaux avoient réglé
’ que les intérêts des Académies scroient préférez à ceux des Eglises. Sa réception au Professorat
en 1633, l’éxamen qui la précéda, 8c la Thesé inaugurale de Sacerdoiio Chrifli , lui attirèrentbeaucoup d’aplaudissement. On reçut avec lui deux autres excellons Professeurs, Louis Cappel,Sc Jofué de la Place : si bien que l’on donna tout à la fois à l’Académie de Saumur les trois person-nes qui étoient les plus capables de la rendre florissante, puis qu’outre leur grand savoir, il yavoit entre eux une sympathie merveilleuse, qui a produit une concorde pleine d’édificatiori Sc debonheur, Sc d’autant plus digne de louange, qu’elle est une rareté fort difficile à trouver en paisAcadémique. Mr. Amyraut fut député au Synode National de Charenton, l’an 1631. CetteCompagnie le députa pour aller haranguer le Roi , Sc pour présenter à Sa Majesté le cahier desplaintes concernant les infractions des Edits. On le chargea en particulier de faire enforte qu’il neparlât point à genoux (C), comme avoient fait les Députez du dernier Synode National, Sc il, . ménagea cette assure avec tant d’adresse Sc dé fermeté, qu’il fut enfin admis à l’audiencé selontangua Ha ' l’ancien uíàge, Sc selon le désir de la Compagnie (c). Cette députation le fit conoîtré aU Car-fit au dinal de Richelieu, qui s’étonna de lui trouver tant de qualitez qui ne sentoient point son hom-fírí'tn] 7 e me d’étude. Quelque téms après, il publia un Ecrit , où il expliqua le mystère de la Prédesti-f'Kuïe ‘ Nation Sc de la Grâce , selon les hypothèses de Cameron (D). Cet Ecrit excita une efpece deguerre civile parmi les Théologiens Protestans de France ( E). Ceux qui n’étoient point dans‘ ces hypothèses, Crièrent à la nouveauté, Sc fur tout, lors qu’ils virent le grand du Moulin en cam-Ecí U / tii- l,/t P a S ne ’ qui ne cessoit d’accuser Mr. Amyraut de contravention au Synode de Dordrecht, Sc .dela favoriser l’Arminianifme. L’autorité de ce célébré Théologien, qui s’étoit aquis dans son parti laie càivin vénération des peuples par quantité dé Livres de Controverse, fit une telle impression fur plusieursMinistres, qu’encore qué Mr. Amyraut eût publié un Ecrit (d) i où il foutenoit que Calvin avoit
en-
que lé chef de la famille est un l’Amyráult, dont lé tonstbeau est de l’année 1370, 8c fe voit dans l’Eglife de St.Pierre en Pont. II étoit venu d’Hagenaw,’ ville d’Alsace,Capitaine d’une Compagnie de Reîtres, à ce que porteson Epitaphe. Cette famille est bienfaitrice du Couvent 8cde l’Eglise des Minimes d’Orleans ; 8c en cette qualité,fes Armes se trouvent dans les vitreaux de TEglise. Je re-marquerai par occasion, qu’un Anglois de la CommunionRomaine a très-mal latinisé le nom d’Amyraut; puis qu’aulieu d 'Amyraldtts, il a dit Amurath. Cette faute seroit pe-tite, si, par une froide 8c basse allusion, il ne l’avoit ac-, compagnée d’un doute fort ridicule. Moses quidam Amu-
Ndt rath, dit-il (r,) Minister Salmuriensis, homo saltem nomme
<ji*4q S (ilt (nescìo an cr progenie) Judao-Turca. Dans les pages suivan-ïxttai”a tes > H l’apelle Amyrath.
bat;mg lles es Ces paroles du Pere Bartolocci font fort surprenantes :
Móses Amyr Aldus, dit-il (l), videtur studdus con-versus ad fidem, feripsttque eruditiffìmam cr catholicam Dif-trimí' ' n ~ fertationem de Myfterio Trinitatis , deque Vocìbus , ac Phrafi -ir,s ' Pan 0 *' ^ us ' q ul bus tam in Scriptura, quàm apud Pâtres , explicatur.,6s ®> avec Pars dV, qud eft de Primordïts Révelationis Myftèrii Trinita-Utf' !ce ---- tts m Veteri Testamento , habetur in Libro Wagenfeilii ìnscrip-to , Tela ignea Satan s,pag. 140. Voilà comment les Au-kuiz, ^ 0N teurs les plus illustres font inconnus quelquefois les uns auxs" autrcs - Le Pere Bartolocci, n’aiant conu Mr. Amyraut que
>»ri par une Piece adoptive de Mr. Wagensest, Ta pris bonne-ment pour un Ex-Juif;
<r c ci/ e ffi ( B ) Son Pere avoit sés vues , en le destinant au Barreau. ]Cl “irie s f Il le destinoit à remplir la charge de Sénéchal, occupéeh) n ' ^ ar í ' on oncle, qui n’avoit point d’enfans.locci 1°' (C) On le chargea de faire en forte de ne parler point à ge-
n °fx. ] Mr. Amyraut fut celui qui représenta au Synode^bbì n Cil 1 état de cette question, & il promit en même tems de fái-» , n ' J v m toutes les imfances possibles , en cas que la Compagnie
*’**• 66. ’ lui donnât des instructions la-dessus. II fut donc chargé de
demander le rétablissement du privilège dont les Ministres^voient joui, de parler debout à Sa Majesté, comme fontses Ecclésiastiques du Roiaume. D partit, accompagné dedeux Anciens, pour Monceaux, où étoit la Cour; & s e-tant adressé à Mr. de la Vrilliere, Sécrétasse d’Etat, il apritque le Roi n’entendoit point que les Députez du Synodemi parlassent autrement que ceux du Synode précédent.Comme il y avoit toujours un Commissaire de la part duNoj dans n0 s Synodes, celui, qui assistoit alors au SynodeNational de Charenton , avoit fait savoir au Roi ce que*qn avoit chargé les Députez de demander; & Ta Courtrouvé i propos de ne pas accorder cette demande,Mr. de la Vrilliere eut ordre de le déclarer d’abord auxDéputez. Mr. Amyraut lui représenta fort adroitement,rf rort respectueusement tout ensemble, les raisons de láCompagnie, & st s e passa plus de quinze jours, fans que depart ni u autre on relâchât quelque chose. Le Cardinal
de Richelieu, informé de la vigueur de ce Ministre, vomlut conférer avec lui sur ce sujet, & tâcha de Tinduire àn’insister pas davantage. On répondit, 8c on répliqua furtout ce que cette Eminence put alléguer de plus plausible;8c enfin, l’audience fut accordée fur le pièd que Mr. Amy-raut la demandoit. Le Cardinal s’entretint avec lui diver-ses fois touchant le cahier des plaintes, 8c goûta extrême-ment Tesprit 8c les maniérés de ce Ministre.
(D) Il publia un Ecrit , ou il expliqua les mystères de la Pré-destination ev de la Grâce , selon les hypothèses de Cameron.']Un Catholique Romain de qualité fut Toccasion de cetEcrit. 11 avoit dîné à Bourgueil, avec Mr. Amyraut, chezMr. TEvcque de Chartres, de qui ce Ministre étoit fort co-nu f 3 ). Après le repas, il fit tomber la conversation surune matière de controverse : il accusa les Protestans d en-seigner des choses tout-à-fait dures fur la Prédestination.Mr. Amyraut prit la parole, 8c il se noua entre lui 8c Mr.l’Evêque de Chartres une efpece de Dispute, mais douce8c honnête , fur cette question épineuse. Le soir étantvenu, on se sépara: le lendemain , Mr. Amyraut, s’en re-tournant à Saumur, passa chez Thònime de qualité (4),comme il le lui avoit promis, 8c lui trouva de bons senti-mens pour la Religion Protestante ; avec divers scrupulesfur le dogme de la Prédestination, tel que Calvin Ta expli-qué. II lui leva tous ces scrupules le mieux qu’il lui fut pos-sible; 8c aquiescant à la priere que lui fit ce Gentilhom-me de composer un Traité ou la chose fut beaucoupmieux aprofondie que dans une simple conversation , stécrivit 8c il publia (;) le Livre dont je parle. Voilà ceque portent mes Mémoires manuscrits. Mr. Amyraut nedébite point ce sujet dc son Ouvrage ; mais un atitre assezdifférent (6).
(E) Son Ecrit excita une efpece de guerrè civile parmi lèsThéologiens Protestans de France.] Cette Dispute a été assezconsidérable, pour devoir faire Un bon morceau des Anna-les Ecclésiastiques des Protestans. Celui qui a publié enAnglois une Histoire très-curieuse dc nos Synodes de Fran-ce (7) peut nous instruire des différons que le dogme dela Grâce universelle y a excitez. Ce seroit médire, je pen-se , bien cruellement de ceux qui ortt les premiers remuécette question, que de soutenir qu’ils n’auroient pas laisséde le faire, encore qu’ils eussent prévu tous les maux quien dévoient résulter: car où est futilité 8c le cui bono deces Disputes? ne reste-t-il plus de dífficultez , pourvu qu’onfe serve dé l’hypothêse de Cameron ? N’est-il pas vrai, a ucontraire, que jamais remede ne fut aussi palliatif que ce-lui-là? On a bien besoin d’autre chose, pour contenter laraison; 8c si vous n allez pas plus loin , autant vaut-ií nebouger de vôtre place: tenez vous en repos dans le Parti-cularisme. Mais je Veux que TUniverfalisme ait quelqueavantage, 8c qu’il réponde mieux à certaines objections.Cela est-il capable dc balanCér tant de crimes spirituelsqué
(3 ) íl était
de U MaisoneCEtœmpes -Val en f ai , H»fus depuis<-Archrvèqutde %tiins+
(4) Att.
Plessis-JU-
deau.
(5) En 1634,
( 6 ) PrdftttsSpcciminisAnimad-vers deGratiâ Uni-versali.
( 7 ) ' Johárt-nés Quick >Ministre àLondres : f ortLivre iintiTíi*lé Syriodi-con in Gaí-*liá tefor-m'ât a , a étéimprimé en1691))» folio*
R e' F tf-xion furlfs.mauyqu’apercentles Dispu-tes des ,Tiieoio-gieas,