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Tome premier. A - B.
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I637.

(/) Blon-del» Actesauthentiq*

Z 6.

Í£) Va-mèmty40 » 4 '-

(6) Ils fontles ^Auteursde ce qu'onapelle ThefesSalmurieu-i'es, OuvragePrêt’estimé.

f8) Votez, laVie d’Esehy-le de Mr,

Le Eevre.

(9) ll accorcUydans U Chí.tcaude Thoiiars , lel6 d'Oclobre1649 , Mr,Amyrautavec Mr. deChampvei-UOU, MinistredeTaillebourg ,

dr avec Mr,Vincent,

*Ministre dela 'Rochelle,Votez lesActes au-thentiquesde DavidBlondel,pag. 85.

Ce Mr. deChampvci-nou s’apelloitGuillaumeRivet, &ctoit frered*André Ri-vet, 'Proses-ftur en Theo-logie à Leide,

(10) Vindi-cte Apolo-gie , &c,

G

ï8 4 a m y r a u r ,

enseigné la Grâce universelle , on vit au Synode National d’Alençon (e) un bon nombre de Dépu-tez chargés d’instructions contre Mr. Amyraut ; & il y en eut de si ardens, qu ils ne parloient quede déposer K F). Les Députez des Provinces de delà la Loire furent ceux qu témoignèrent le plusde chaleur Néanmoins ìa Compagnie aiant ouï en plusieurs séances Mr. Amyraut, qui exposason sentiment, Sc qui iàtisfit aux diíhcultez qui lui étoient proposées, le renvoia avec honneur àl’exercice de fa charge , Sc imposa fur ces questions un silence qui ne fut pas trop bien gardé.On (f) porta plainte au Synode National de Charenton , en 164s , contre Mr. Amyraut, commeayant contrevenu aux réglemens qui concernoient ce silence ; Sc il se plaignit à son tour de quelquescontraventions fuites contre les mernes réglemens. La Compagnie ensevelit par une sainte amnistie tou-tes ces plaintes réciproques , renouvella les réglemens du silence , renvoia Mr. Amyraut avec hon-neur à T exercice de fa charge, Sc lui permit de faire contre les étrangers qui l’attaqueroient ce quele Synode d*Anjou trouveroit bon. Ce Synode lui permit de publier une Réponse aux trois Volu-mes de Mr. Spanheim fur la Grâce Universelle (G) ; ce qui fut la source de quantité d’autres Li-vres -g). Pendant le Synode National de l’année 164s , Mr. Amyraut fut prié par la Compagnied’entrer en conférence avec Mr. de la Milletiere , afin de tâcher de le ramener. La conférencedura plusieurs jours 3 mais ils ne s’accordèrent pas mieux en disputant de vive voix , que dans lesLivres qu’ils avoient déjà publiés Tun contre l’autre. La doctrine de Mr. de la Place fur le péchéoriginel fut attaquée dans ce Synode. M. Amyraut, en aiant été averti , se présenta à la Com-pagnie , pour plaider la cause de son collègue , Sc montra par un long discours, que le sentimentdont on íê plaignoit n’avoit rien de dangereux. Cette action ne fut pas seulement louée , à causede Phabileté avec laquelle la doctrine de M. de la Place fut soutenue ; mais aussi , à cause que Mr.Amyraut n’avoit en vue que Tintérêt de son collègue : car son sentiment là-ddlus n’étoit pointcelui de Mr. de la Place. Si j’ajoûte que Mr. Cappel ne suivoit pas la route ordinaire des Protcs-tans fur T antiquité des points de P Ecriture Hébraïque , j’aurai dit tous les chefs de plainte que l’onfaifoit contre T Académie de Saumur : mais ces plaintes n’empêchoient pas que Ton n’y vît ungrand concours de Propofans, qui diminua à vue d’œil, après la mort de ces trois illustres Profes-seurs (A. Mr. Amyraut íiirvêcut à ces deux collègues , Sc a eu le tems de publier un très-grandnombre de Livres (//). II avoit autant de facilité pour la plume , que pour la langue : Sc c’estbeaucoup dire ; car il avoit un flux de bouche merveilleux , tant en Latin qu’en François, tant

pour

les factions traînent après elles, tant de mauvais soupçons,tant de sinistres interprétations ,tant de fausses imputations,tant de haines, tant d’injures, tant de libelles, tant d’au-tres désordres , qui viennent en foule à la fuite d’un telconflict théologique ? Si vous croiez que le Particularismedamne les gens, vous faites bien de le réfuter quoi qu’ilen coûte, je dis la même chose à ceux qui prendroientrUniverfaiisme pour une Hérésie mortelle: mais puis quede part ni d’autre vous ne croiez pas réfuter une opinionpernicieuse, ne disputez qu’autantque vous le pouvez fairefans troubler ie repos public, 8c rai fez-vous, dès que l’é-vénement vous montre que vous divisez les familles, ouqu’il fe forme deux partis. N’achevez pas de réveiller millemauvaises passions, qu’il faut tenir enchaînées comme au-tant de bêtes féroces; 8c malheur à vous, si vous êtes cau-se quelles brisent leurs fers. Grâces à Dieu , la guerre ci-vile de la Grâce universelle , 8c quelques autres encore,n’ont pas été dianes (il s’en faut beaucoup ,) de l’aplica-tion que j’ai ouï faire de quelques Vers aux Disputes Schis-matiques. On comparoit les préparatifs 8c les troupes auxi-liaires des deux Chefs à cette décoration de Théâtre.

. Aigles, Vautours, Serpens, Grisons ,

Hippocentaures , e? Typhons,

Des taureaux furieux dont la gueule heanttEut transi de frayeur le grand cheval d’Atlante,

Un char que des Dragons étincelans d’éclairsPromenoìent en fijflant par le vuide des airs ,

Demogorgon encor à la triste figure ,

Et l'Horreur er la Mort, s’y voyoient en peinture (8).

Mr. Amyraut eut la joie de fe réconcilier avec ses plusardens adversaires, & il ne salut pas que les Grans du mon-de fe mêlassent toujours de la pacification. Mr. le Princede Tarente s’en étoit mêlé en 1649: je ne sai pas si les par-ties lui donnèrent plus de peine que n’en donnent aux Ma-réchaux de France les différens qui relèvent de leur ressort;mais quoi qu’il en soit, il vint à bout de son entreprise,& mieux peut-être que n’auroit fait un Synode (9). Pource qui est de la réconciliation avec Mr. du Moulin, ce futMr. de Langle, Ministre de Rouen, qui la procura. Dèsqu’il en eut fait la proposition , Mr. Amyraut y donnales mains avec joie, 8c offrit toutes les avances. II écrivitune Lettre le premier, 8c Mr. du Moulin lui répondit forthonnêtement. On publia ces Lettres pour l’édification del’Eglise. Files sont datées de fan r655. Mr. Daillé a in-séré la Réponse de Mr. du Moulin dans l’un de ses Li-vres 110). La raison 8c la charité nous portent à croireque ceux qui avoient tant crié, 8c tant excité de tempêtescontre un dogme qu’ils ont reconu enfin innocent, & dontenfin le défenseur leur a ^aru un sidele serviteur de Dieu,ne sont point morts íàns s etre couverts de confusion, pourle moins aux pieds du trône de la Majesté divine, à la vuede cette prévention mortifiante , qui leur avoit montrécomme un dogme affreux une hypothèse où il n’y a nulvenin. Voiez ce qui suit.

(F) il y eut au Synode f Alençon des Députez, fi ardenscontre son hypothèse, qit ils ne parloient que de déposer . ] S’ilsont vécu encore trente ou quarante ans, je ne vois pas dequelle maniéré ils oioient regarder le monde; car enfin,cette doctrine, qu’ils jugeoient digne des anathemes les

plus foudroians, se trouva être celle des plus grans hom-mes qui servissent les Eglises Réformées de France. Ce futcelle de Mr. Mestrczat, celle de Mr. le Faucheur , cellede Mr. Blondel, celle de Mr. Daillé, celle de Mr. Claude,celle de Mr. du Lofe. 11 salut que les Particularistes reco-nuisent bientôt pour leurs frères, 8c pour de fidèles Minis-tres de Jésus-Christ, les partisans de la Grâce universelle ; &l’on a vu que les Ministres Réfugiés, qui ont signé un For-mulaire au Synode de Rotterdam en l’année 1686, n’ontpoint été soumis à quelque déclaration qui donnât la moin-dre atteinte au système de Mr. Amyraut (n.) D’où ve-ndent donc les vacarmes que l'on fit au commencementcontre ce système? Doit vint que la même doctrine passad’abord pour un monstre, 8c puis pour une chose inno-cente ? Ne faut-il pas reconnoître là le doigt du péché ori-ginel, 8c l’influence de mille passions ténébreuses, qui doi-vent enfin produire, fi l’on est du nombre des prédestinez,une salutaire Sc mortifiante humiliation ? Le pis est qu’onne profite pas du passé : chaque génération fournit les mê-mes symptômes, tantôt plus grans, tantôt plus petits ; caron peut bien dire très-souvent, lors que l’on volt en cam-pagne les Facturas, les Dénonciations, les Apologies, lesThefes,

samque faces v faxa volant ( 11 ),

& que les Livres coup fur coup volent en foule de lieu enlieu: laissez-les faire: ils s’accordcront bien, 8c à peu defrais;

Hi motus animorum, atque hsc certamina tant a ,

Pulveris exigus yacht compresta quiescent (13).

Mais on né peut pas le dire toûjours. Les choses fontquelquefois poussées à l’extrémité : Res in nervum erumpit.

(G ) Le Synode d Anjou lui permit de publier une Réponseaux trois Volumes de Mr. Spanheim fur la Grâce universelle.]Elle est intitulée Specimen Ammadverfionum in Exercstationesde Gratià univer/ali, & fut imprimée à Saumur en 1648 ,in 4. II n’est pas vrai, comme on l’assûre dans le MélangeCritique, Tom. I, pag. 17.9, que Mr. Amyraut ait atta-qué Mr. Spanheim, ni que son Volume soit contre lesThefes de Mr. Spanheim. II est contre les trois Volumesde celui-ci, qui fut l’aggresseur. Voiez les Lettres de Sarrau,pages 83,9J, 108, Edition d’Utrecht, en 1697.

(H) fl a publié un tres-grand nombre de Livres .] II publia est1631 son Traité des Religions. Cinq ans après, il publia fixSermons fur la nature , l'étendue , esrc, de l'Evangile. II ena publié plusieurs autres , en divers tems. Son Livre delElévation de la Foi tr /’ Ab aisément de la Raison , parut en1641. La Défense de Calvin sur la doSlrine de la Réprobationabsolue parut en Latin la même année , 8c l’an 1644 enFrançois. II commença ses Paraphrases fur l'Ecriture en1644 : l’Epitre aux Romains fut paraphrasée la p émiere;il continua par les autres Epitres, 8c finit par les Evangi-les : mais il eut la même sagesse que Calvin, de nc tou-cher pas à l’Apocalypfe. De peur que son nom n’empê-chât les Catholiques Romains de lire ses Paraphrases, il nel’y mit pas. II publia, en 1647 , une Apologie pour ceux dela Religion, un Traité du franc Arbitre , Sc un autre De Se~(estime ab Ecdesta Romand, deqtte Pace inter Evangelicos in nt-

(12) Virfsslius, f-

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