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Tome premier. A - B.
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A M Y R A U T.

AMYRUTZES.

AMMONîtíS.

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gages de son Ministère pendant les dix dernieres années de fa vie. II donnoit l’aumône fans dis-tinction de Catholiques & de Réformez : les Religieux Mendions j qui alloient à la quête chez lui,ne s’en retournoient jamais à vuide , & il recommanda à Mr. Hervart (m) les Récollets de Saumur,lors qu’ils recoururent à l’Epargne , pour faire rebâtir leur Cloître qui avoit été brûlé. Us le re-mercièrent du bon effet de fa recommandation. II ne laissa qu’un fils, qui a été un fort habileAvocat au.Parlement de Paris, & qui s’est réfugié à la Haie depuis la révocation de l’Edit de Nan-tes. U avoit eu une fille, qui mourut en 164s , dix-huit mois après avoir été mariée (»). La dou-leur où cette perte plongea fa femme fut cause qu’il composa un Traité de T'état des Fidelles aprèsla Mort , & qu’il le lui dédia. On Pimprima P année suivante. On ne fera pas fâché de voir le Dis-tique que Mr. du Lofe écrivit de fa propre main au bas de l’estampe de Mr. Amyraut ;

A M ose ad Mofem par Moji non fait ullus :

More , ore , calamo , mirus uterque fuit (s),

Ce fut quelques années après la mort de ce Professeur , que l’on grava ion portrait par les soins deMoniteur son fils (p).

On trouve quelques particularitez touchant Mr. Amyraut dans un Ouvrage intitulé MélangeCritique de Litérature , recueilli des conversations de feu Mr. Ancillon {q) : on y volt, entre autreschoses , que c’est de lui qu’il faut entendre un passtge d’une Lettre de Balzac (r) , où P Auteurd’une Apologie est bien loué. On y voit aussi que Patin Pestimoit beaucoup ; mais prenez gardeqne ce qu’il y a de désobligeant dans la Lettre de Patin ne concerne pas le Ministre de Saumur. Jeparlerai de cela dans une Remarque , & de quelque autre petite méprise ( F).

(p) Tiré duMémoirescommuniquésfar Monsr.^Amyraut Ufih. Tout ctdont on nedonnera f ointde preuvespubliques dantles Tfonar-ejHes de cet^Article j esttiré de cesMémoires,

(q) Imprimeà Bêle, CanI6§8.

(f) La pré-mierc à Jft „Cour art.

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Ton,

(T) Je parlerai ... dans une Remarque er de quelque autrepetite méprise .] Patin, dans fa Lettre CXIII de la prémiereEdition, dit (rz) qu il y avoit en 1663 un Médecin de Nyort,nommé Mr. Lustand , qui vouloit faire imprimer une 'Apologiepour le s Médecins , contre ceux qui les accusent de trop déférerà la Nature : il dit que ce Médecin entendoit parler cr avoitprincipalement en veu'é Mr. Amyraud , Ministre de Saumur ,qui en a ainfi parlé dans le dernier Tome de fa. Morale Chres-

tìenne . Il témoigne (2,4) n être pas fort content de

Mr. Amyraud dans cette occasion ; car voici ce qu il ajoute :,» Si Mr. Amyraud daigne le donner la peine dc répondre„ à cc Livre , il est homme à dire là dessus dc belles cho-,, ses , que Lussand ne sçait point, Sc qui ne sont point„ dans son Livre. Je lu y en ay suggéré quelques-unes ,„ àit-il , Sc entr’autres > de beaux passages Sc de bonnes au-„ thoritez ; mais il n’en a pas fait cas ”. Cela t avoit ap-paremment fâché ; car voicy comme il parle ensuite : ,, Auífi„ est-il dans une province qui n’est pas loin du pays d’A-„ dieu-Sias, où on est ordinairement plus glorieux que sça-», vant, &c ”. Je ne copie point toute la suite de ce pas-sage , que Mr. Ancillon a raportée , Sc qui est fort désobli-geante ; mais j'avertis mes Lecteurs que la personne si mal

traitée par Patin est le Médecin de Niort, & non pas leThéologien dont je donne ici l’Article. Je les avertis aussi,que le Traité des Religions contre ceux qui les estiment indiffé-rentes , n’est pas le seul Livre de Mr. Amyraut dont il seloit fait deux Editions (23) : je fuis bien certain que l’Apo- (15) o n Paf-logie pour les Proteílans a été mise sous la presse plus d’U- firme dam itne fois; que le Traité de la Prédestination, imprimé en Mélange1634 , fut rimprimé à Saumur, l'an 1638 , avec l’Echan- ClltJ< l ue > .tillon de la doctrine de'Calvin , Sc avec la Répliqué à Mr. *’,6 5 Íde la Milletiere fur son offre d’une Conférence amiable pour & ta z de *l’éxamen de ses moiens de réunion ; que ces deux derniers 16 í z -Traités avoient paru l’an 1638 , Sc que le Libraire , qui lesrimprima en 1658 , avec le Traité de la Prédestination , dé-clare (26) , qu’il redonne ces trois Livres au public , parcs ( 2S ) Dmsque l’on ne . les trouvoit plus. Je sai aussi qu’on rimprima l’Eftre dédstonze Sermons, d’Amyraut fur divers textes de sEcriture, «»*

l’an 1633 , que la Vie de la Noue a été rimprimée à Lei- ftudims ,nde ; que les Thèses de ce Professeur & celles de ses Colle-gués ont été rimprimées à Geneve ; Sc qne son Traité deì’état des Fidelles après la Mort a été imprimé à Londresen Anglois, Sc à Utrecht en Flamand,

AMYRUTZES (a) , Philosophe Péripatéticien, natif de Trebizoride , s’étoit aquis une•» grande considération à la Cour de l’Empereur David son maître , & avoit signalé fa plume en fa-

^ Amy! 4 veur des Grecs contre les décisions du Concile de Florence (b) ; mais il ternit toute íà gloire par ^rekoiit

l’apostafie où il tomba. II fut un de ceux qui accompagnèrent l’Empereur David à Constantino- dc constatai- , lors que Mahomet second l’y fit transporter , après la prise de Trebizonde , en l’année 14611 ‘ZZíTefa-

ïwp. s, c ^ Ce Philosophe, fe laissant gagner aux promesses du Sultan, abjura son Christianisme3 & se fit Turc rien , & gv-

uìr e . ,n " ílvec - ^ es en fi ins , l'un desquels , fous le nom de Mehemet-Beg , traduisit en Arabe plusieurs LivresfV ils des. Chrétiens par ordre de Mahomet second. Ce Prince donna des emplois considérables dans le perpétua

o, 3 s 7 3 ù Serrail à Amyrutzes , & s’entretenoit quelquefois fur les Sciences , 6c fur des matières de Religion,

, 9 * avec lui, ou avec Mehemet-Beg ( c). De la maniéré dont Allatius s’est exprimé , on prendroit cê

Philosophe pour le Protovestiaire de l’Empereur de Trebizonde {A). N’oublions point de dire • íllflfffflï al,0 ni«îi qu’Amyrutzes ne commença point à être estimé des Princes, lors que l’Empereur de Trebizonde Ví : u s c ìe 8 dií'honora de son affection -, car il y avoit long-tems qu’il s’étoit vu três-considéré à la Cour de nr ' 143 '‘i r> Constantinople. 11 fut un des principaux Savans avec lesquels l’Empereur Jean Paleologue déli- fJ.stTe 1

a- iís > béra fur son voiage d’Italie (d) , & il accompagna cet Empereur dans ce voiage (e ), comme il le perp. conç

raconte lui-même (/). C’est dans la Relation qu’il composa de ce qui s’étoit passé ait Concile de m- 88S -Florence, & qu’il adressa à Demetrius Gouverneur de Napoli de Romanie. 11 y assure, entre (ct u. m.autres choses , que le Patriarche de Constantinople fut étranglé pendant la tenue du Concile , ôc *** s ° 8 -que les Médecins attestèrent ce fait-là (g).

PU

M ) Allatius donne lieu de le prendre pour le Protovestiaireàe t Empereur de Trebizonde.] Allatius, à la page 936 dufitrpetuus Consensus , n’avoit parlé que par conjecture du Li-Vre que cet Amyrutzes composa contre le Concile de FIo-rence ; mais dans les Additions , il nous aprend qu’on luiavoit envoié de l’Ile de Chio l’Ouvrage même : puis il ditctìe Dorothée, Archevêque de Monembase, fait conoî-hï C) la condition de cet. homme , cujusnam conditionis virf e fuerìt. II vaporte le passage dc Dorothée en Grec Sc enUatin. Le Grec porte que Mahomet fit embarquer pourConstantinople l’Empereur David , Sc cpael^ues autres per-onnes, Sc entre autres tov çixóroipM A‘/avfi>sr^pv rò» n-gala-’èfnúpn,, , Philofophum Amyru.tz.ium Protovestiarium. C’estainsi qu’Allatius traduit & ponctue. II ne faut donc pointjouter qu’il n’ait cru qu’Amyrutzes Sc le Protovestiaire n’é-‘°icnt qu’un , ôc qu’il ne lui ait attribué la fuite du passageDorothée , où l’on voit que ce personnage étoit cousinScrmain de Machomet Bassa ; qu’il avoit trahi l’Empereur

David; Sc qu’après la prise de Trebizonde, il reçut dê gratishonneurs de son cousin, Sc du Sultan Mahomet ; qu’il étoitrusé , grand , bien fait, bon tireur d’arc , & propre à tou-tes choses. Sa parenté avec Machomet étoit fondée fur ceque fa mere étoit sœur de la mere de Machomet : ces deuxsœurs étoient filles de Jagarus. Je n’ajoûte pas beaucoupde foi à ce discours ; car je voi que Mr. Guillet, en ci-tant la Turco-Gracia de Crusius , dit que le Protovestiaire del’Empereur de Trebizonde s’apelloit George ; qu’il étoitd’une mine avantageuse , Sc d’une si grande adresse à ti-rer de l’arc , qu’il y surpassqit tous les Grecs & tous lesTurcs; qu’il étoit fils d’une fille d’ùn Prince Chrétien apel-Ié Iagrus, qui avoit marié son autre fille en Servie , ouelle eur un fils qui fut le renégat Machmut (i).volontiers je mettrois une virgule dans le passage de Do-rothée ., après A ‘livpérÇw , afin dé faire deux personnes dece Philosophe, & du Protovestiaire , qu’Allatius confondensemble.

( 1 ) tíuiliet,Histoir. deMahomet 1I STom. /,f&b 4ZA.

A M M O NIU S. Plusieurs Ecrivains ont porté ce nom. Âthenée cite deux Ouvrages deres-dtfférente nature, composez par un Auteur qu’i] apelle Ammonhjs. L’un traite des Au-M. L ^ r Aa r tek