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Tome premier. A - B.
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tems. II floriílòit vers le commencement du troisième siécle. II étoit d’Alexandrîe ; & , aiantíucé avec le lait la Foi Chrétienne , il y persévéra jusques à la fin , comme ses Ouvrages le témoi-gnoient. Eusebe , raportant cela, accuse Porphyre d’une fausseté évidente (a) , pour avoir ditqu’Ammonius abandonna le Christianisme , auqueí on l’avoit élevé , & paflà dans la Religion pu-blique , dès que l’âge lui permit de philosopher (B). Ce grand Philosophe donna un merveil-leux éclat à l’Ecôle d'Alexandrie , & mit for un pied honorable la Science dont il faisoit profes-sion. II la trouva misérablement dépravée par les vaines subtilisez des disputeurs. On a vu dansle Christianisme ce qu’ils font capables de faire ; on l’a-vu , dis-je , par les controverses des Tho-mistes & des Scotistes , des Reaux & des Nominaux. Ils faifoient tous profession de suivre Aris-tote - 3 & néanmoins ils multiplièrent les disputes à l’infini. Quelle idée ne doit-on pas doncse former des disputes qui régnoient anciennement, lors que les Philosophes, partagés en plu-sieurs sectes fous différens chefs , condamnoient les uns Platon , St les autres Aristote, Stc ? C’é-toit un cahos de chicaneries, qui déshonorait la profession. Le véritable moien de réhabilitescette Science , étoit de banir les disputes inutiles , St de s’attacher aux dogmes en quoi Platon Stson disciple s’étoient accordez. C’étoient fans doute les doctrines les plus certaines , Sc par con-séquent les plus importantes. Voilà pourquoi Ammonius se fit un devoir capital de concilierces deux Chefs de secte (C) , St d’éclaircir le mal-entendu for lequel on bâtííîoit leurs préten-dues opositions ; St l’on ne saurait dire la gloire qu’il s’aquit par cette maniéré de philosopher.On lui donna l’éloge d’un inspiré , d’un homme enseigné de Dieu (D) , d’un homme qu’un ins-tinct céleste avoit mis dans cette route. Mr. Moréri St bien d’autres ont ignoré lc fondementde cette louange ( E ). On ne s’est pas moins trompé , lors qu’on a dit qu’Ammonius ensei-gnoit à ses disciples les mystères de l'Evangile fous le sceau du secret (F). II y a des gens quiont confondu ses Ouvrages de Théologie avec ceux de quelques autres Auteurs (G) 5 mais

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(d) Porphyre dit faussement qu'Ammonius abandonna le

Christianisme _ des qu il fut en âge de philosopher^] Voions

tes paroles originales, Cf TerS<p^oeeh xx: T .'; _ 5 (piXoroplccç r,s/x-

7 °, euôvç 7 rçòs tî;v xctjk vóptMç 7 raÁt]eíecv puleÇkXslo (4). Sìmulatque per statem fapere potuit j z? philosophie limas attingere,statim ail vìvendi rationem legibus consentientem descivit. Por-phyre , en disant cela , étoit animé de l’esprit dont j’ai faitmention dans la Remarque (E) de F Article d’ABiriPHt-

R AG E.

(C) il se fit un devoir de concilier Platon & Aristote .]

Nous aprenons cela d’Hierocles , Auteur d’un Ouvrage furla Providence , dont on trouve des Extraits dans la Biblio-thèque de Photius. II n’y avoit, selon cet Auteur, quedes gens dominez, par l’envie de contredire , par la maniede disputer , ou par la force des préjugés & par les ténèbresde leur esprit , qui trouvassent de la discorde entre les dog-mes de Platon & ceux d’Aristote. T»? uh epib't xut

ioía <rpâ 5 «uto's ■trpôrcifccSév'lai;, T»; bi xai srpoXhsíi xaààrxaííla ìe^aX/n/xénsí ($). Alios sua [ponte contendendistudioatque vefanii [este addicentes , alios preoccapata opinione atqueimperitiâ subahos. De ces deux sortes de disputeurs, laprémiere avoit été fort nombreuse , avant que les lumièresd’Ammonius vinssent éclairer le monde : Ammonii alìquan-do fapientia orbi illuxit , quem etiam divinitus edoctum appel-lari prédicat. Hune enim veterum philofophorum opïnionibusperpurgatis, c? reseílis que utrimque excreverant nugís, in pra-cipuis quibusque gt maxime necestariis dogmatibus concordenteste Platonis er Aristotelissententiam demonstraste (6).

(D) On lui donna l'êloge d'un inspiré , d'un homme enseignéise Dieu.] Nous venons de raporter un passage d’Hierocles,OÙ se trouvent Ces paroles , 0» xxi S-toè''ící'ax]ov err ixeuXelr^mu «.vf 7 , quem etiam divinitus edoctum appellari prédicat. EnVoici un autre , où ce même Auteur raconte , que les dis-ciples de Platon 8c ceux d’Aristote se plaisaient tellementa immortaliser leurs querelles, qu’ils corrompoient le textede ces deux chefs de parti, asm de montrer plus facilementque F un étoit oposé à l’autre. Ce désordre dura , pour-suit-il, jusqu’au tems d’Ammonius, le disciple du grandDieu; car enlevé par enthousiasme vers la vérité philoso-phique , il pénétra le fond des deux sectes, 8c les accordaensemble , 8c donna à ses auditeurs un système de Philoso-phie affranchi des brouilleries de la dispute. E"®? A.'u.fimíu

•ósaáibkxTss, yroç ykç ttçxtoç hôUTiúo-xç srp'òç A ríjç Çh-* , 9 T 6 <pic 6 ç «Aíí ôtvbv , Xctl TUÇ TúSV TTOX AtyV b'Ót'UÇ Ù 7 t£ptb'ùlV y rk 5 .sseirov bvstb'tç piXorûíplcc Trgor'JçtÇou.lvciç, sió's xoíX&ç rk excc-'tpUyKítt rvvbyctyev etç ev<x xx) Av courbe VL xcci àrxrlo.Çù'irr/i^‘Xorcpíccv orcepxb'ébcjxe orZri ró 7 ç clùrS yeaplpcciq, u.áxiçx V'sT °1 S a P l fotç tôÍv ccùrqs o-vyseyósÓTuvTlXcjqívùj xcci El’piyevei xoctT °‘ 5 if «5r« rit m (7). Vsque ad divinitus edoilum Ammo-n ium. Hic enim primus tiflu quodam raptus ad Philosophiescritatem , multorumque opiniones , qui magnum dedecus Phi-PfiphU attulerunt , contemnens , utramque seílam probe cal-ait , zy in concordiam adduxit, & â contentionibus liberam"dofophiam tradidit omnibus fuis auditoribus , er maximeoftijfimis aqualibus fuis Plotino b Origeni cr succestoribus.

(A) Mr. Moréri & bien d’autres ont ignoré le fondemente cette louange b] Ammonius , selon Mr. Moréri, „ s’atta-” ^ha plus particulièrement à la divine Philosophie de Jé-»> sus-Christ. Il y aquit en effet une telle estime , qu’on le» regarda comme un homme qui avoit été particuliére-" me nt instruit de Dieu , & on lui donna pour cette raison’> je nom de T h e o d 1 d a c t b ”. II se trompe : je ne veuxP°mt contester à Ammonius son savoir théologique : il enra tant qu’on voudra ; mais sûrement, ce n’est pointpar s 6t 7^âroit qu’il aquit l’éloge de Theodidaâle. II l’aquitt P Leçons de Philosophie, qui ne parloient que de Pla-Va il n Aristote , & nullement de Jésus-Christ Sc de l’E-S e. s es Auditeurs étoient partagés ; les uos profes-

soiestt le Paganisme ^ les autres le Christianisme : il faloitdonc qu’il laissât à part les matières de Religion, 8e prin-cipalement celles de piété. Hierocles , qui étoit un Philo-sophe Paien , auroit-il parlé comme il a fait, st la sciencede l’Evangile avoit procuré à Ammonius l’éloge dont il s’a-git ? Je croirais fans peine qu’Ammonius ne passoit pointpour Chrétien parmi les Paiens, & que c’est la raison qui amu Porphyre à débiter qu’Ammonius étoit sorti du Christia-nisme, dès qu’il avoit pu manier la Philosophie. II étoit co-nu pour Chrétien parmi ses freres , & il témoigna fa foipar des Ecrits qui aparemment ne furent gueres conus auxPaiens. Plotin se seroit-il attaché pendant si long-tems àla discipline d’Ammonius, s’il l’eût cru ennemi de la Reli-gion dominante ? Les Chrétiens n’étoient pas encore si con-sidérez.

(F) On s'est trompé en disant qu il enfeignoit à ses disciplesles mystères de VEvangile fous le sceau du secret.} J’ai étéétonné de trouver ici le Pere Labbe en flagrant délit. IdemPorphyrius , dit-il (8) , in Vitâ Plotini, Platonia seâla Phi-losophi , narrat Ammonium Religionis Christians. arcana difei-pulis fuis fub stlentii religione communicaste , z? Herennium ,Origenem , atque Plotinum obstrinxiffe, cumque Herennius pri-mus eam fregistet , nec Origenem nec Plotinum promt fis stetiste.II y a là deux très-grandes fautes : prémierement , il n’estpas vrai qu’Ammonius ait fait jurer ses disciples qu’ils necommuniqueraient à personne ce qu’ils aprendroient delui. En second lieu , il est faux que Porphyre parle d’au-tre chose que des dogmes de Philosophie. Tout ce qu’ildit se peut réduire à ceci. Erennius, Origene , & Plotinétoient convenus de ne point rendre publiques tes chosesqu’ils avoient ouï dire à Ammonius, & qui leur avoierìtparu d’un travail exquis, 8 c d’un rafinement singulier. Plo-tin garda sa parole ; mais Erennius n’aiant pas gardé lasienne fut bientôt imité par Origene. Ce n’est pas ici lelieu de montrer que cet Origene n’est pas celui qui a tantécrit , & tant allégorisé l’Ecriture ; mais comme la plû-part de mes Lecteurs seront hors d’état d’avoir un Plotin àconsulter, je raporte ici ses propres paroles. E'psm'u, A

Í2 ’piyévtt xeti líXalrtca o-mPyxbh yeyovvtSf fwb'iìv èxx<zXÚ 7 r‘]enràv A’/xfAwíts b'eyfxárm k ê'b h rcCís àx^aáreo-iíi aòrdïí àtiexs-xaPxso , ífiîví xxi ò nxafvoç , o-iwàv /xé> ntri rêiti i rgoTtóii'laf.tiiçSs Se ùvíxirvrx t« ora.fk t S Afi/xmíiS oíy^aja. E’ pcnlisb'è orçáris t«s crmévixai; irapaÇát r ]ei;, Si’piytreç foi qxaXú fat rôt<pêáo-aì 7 < E’pensa (9). Cum vero Erennius o 1 Origenes e? Plo-tinus olim inter se conftituijfent ne Ammonii dogmata e'derent ,qu£ audita ab eo tanquam in primìs purgata pr&cipue compro-baverant ; Plotinus quidem ftetit promìstìs , familiariser qui-dem nonnullos excipient salutantes , ìnstituta vero Ammoniisécréta integraque censervans. Erennius autem primus padíadistblvit , zsr Origenes anticipantem Erennium est deinde jequu-tus. Autre sujet d’étonnement ; les deux fautes du PereLabbe se trouvent dans Luc d’Holstein (10).

(G) On a confondu ses Ouvrages de Théologie avec ceux dequelques autres Auteurs.} St. Jerôme met Ammonius aunombre des Ecrivains Ecclésiastiques, & lui attribue , en-tre autres Ouvrages , l’invention des Canons Evangéli-ques (1 r). II ajoute qu’Eusebe s’est servi de ce modele , enfaisant un pareil Ouvrage. Si cela étoit vrai, Eusebe se-rait un grand fourbe , puis que dans une Lettre (12.), ouil explique la nature 8c tes usages de ses dix Canons fur laConcorde des Evangiles, il assure qu’ïl tes a inventez , à

Toccaston d’un Ouvrage d’Ammonius. Cet Ouvrage estintitulé Monotestaron , ou Diatestaron. Voici comment ildifféré des Canons Evangéliques. Ces Canons ne font quedes indices des endroits des Evangiles qui font contenus dans un,deux , trots , ou quatre Evangélistes , aulieu que VHarmonie oula Concorde d'Ammonius , ( c’est la meme chose que le Dia-tessaron , ou Monoteffaron , ) contenois le texte entier des

A a 3 qu&“

(a) Euseb.

Hist. l-Cclcs,íjír. PI,Cap. XIX.

(%) Labfr;,de Seript.Ecclelìalt.Tcm. J,

M- A-

(9) Torphy-rius, in vi-tâ ílotìni.

(10) LucasHolsten. deVitâ 6cScriptisPorphyiii,pag. 28.

(ií) Hie-ronym. deScriptor.Ecciesiast.Cap. LV.

(iz) Ad Car-pianum : Meeji impriméeavec les dixCanons deConfonan-tïâ quatuorEvangelia-luin, à latête du Nou-veau Testa-ment Grecds TgobertEtienne , E-dition de Pa-ris. en 1550.Voies, le P.Labbe, deScript. Ec-clelTom. r,

fag 308,

é-pag. j S,