s K) Apol-iodorus,Lìbr. /,
't a l- II-
(87) Sencca,de Benesic.Libr. II,
Cap. X.
( 88 ) PetiusAlcyouius,in MediceLegatop no r c , cir-ca jincm.
( 89) Xeno-phontisMemorab.Lib. II,f«Ç. 474,d? d: la Tra -dubíion deCharpen-tier, pag.j 60. Voiezavsti Platon,Epistre IV,pag. 1274;
les Officesde Cicéron,Livre II,Chap. XII,pag. 227.
ce qiVA ditTostél, dansPEpître dé-dìcatoire deses HistoiresOrientales ,fur ce Vers deUXVI Epî-tre du ILivred’Horace.
Tu rectèvivis, si cu-ras esse,.ssuod audis.
196 A M P H I A R A U S.
si je ne me trompe, est le seul qui l’ait inséré dans le catalogue des Argonautes ( £ ) ; car Apostlonius, ni Hyginus, ni Valerius Flaccus, ne l’ont point fait. On le compte parmi les gens sa-ges, qui ont eu le malheur d’être engagés à des entreprises dirigées par des étourdis (/). C’estíans doute un fort déplorable, & qui n'eít que trop commun. La maniéré, dont il consola une
fem-
loiiange d’Amphiaraíis, dans la Tragédie intitulée e'V 7 *tVi ©^«5, Septem contra Thebas, VerJ. 598.
Où ydç Hoxelv ’áçtçoç, ùàá’ ehat S-etot.
Bceéslxv atox.ce. b'id cp^eìbi xce.ç >
E'I vjq rot xsiïvà /3Ac65*«vf/ fixXtáfA.&Jci,
Non enim optimus videri, std ejfevolet,
Profundo mentis sulco sruens ,
Ex quo fana germïnant confilia.
Faisons quelques réflexions fur un sujet qui en peut four-nir une infinité, Sc disons, I, que fi les Paiens n’ont pointpratiqué la véritable vertu, ils font du moins bien conue:car ils ont lotie ceux qui, en faisant une^belle action, nese proposent pour récompense, ni un intérêt pécuniaire, nil'aprobation publique; Sc ils ont méprisé ceux qui ont pourbut dans l’éxercice de la vertu, la réputation, la gloire,faplaudíffement de leur prochain.^ Soiez désintéressé tantqu’il vous plaira quant au profit, a faquisition des riches-ses, ou des charges, fi vous ne fêtes point quant à la louan-ge , vous ne faites que ramper : voùs n êtes point guéri dela maladie de f amour propre, vous n’êtes sorti que despiégés les plus greffiers; - vous ne faites que porter unechaîne plus déliée: en un mot, vous vous trouverez dé-peint dans le Traité de Mr. Esprit sur la Fausseté des Ver-tus humaines. Apliquez à toutes les vertus la belle régléque Seneque vous a prescrite par raport à la libéralité, el-les seront véritables ; mais fans cela , elles ne le serontpoint. Voici la Morale de ce Philosophe: il répond àcette objection: ,, Quoi! celui, à qui j’aurai fait du bien,„ ne fuira pas de qui il 1 aura reçu ? „ §uid ergo ? ille 71e-sciet d quo acceperit ? Primum nescìat ,si hoc ìpsam beneficïi parsest : deinde multa alta faoiam , multa tribuam, per qu ,2 in-teliigat C? illiut auílorem. Denique ille nesctat accepìffese : egosciam me dedisse. Parum est, ìnquis. Parum , fi foenerarecogitas; Jed fi dare quo genere accipietiti maxime profuturumerit , dabis : content us eris te teste. Alioquin non benefacere de-Icilat , sed videri benesecijsc. Volo, mquis, sciât : debitoremqmris. Volo utique sciât : quid, fi illi utihus est nescire ? fihonestius , fi gratins ? non in altam partem abibis ? Volo sciât ;ita tu hominem non strvabis in tenebris ? Non nego, quotiespatitur res, percipiendum gaudium ex accipientis voluntate:fin adjuvarì illutn cy oportet, zy pudet; fi quod pr&stamus,offendit , nifi abscondìtur: beneficium in aíïa non mitto. Gsuid-íû ì ego illi non smn mdicaturus me dediffe : cum inter primapreccepta ac maxime necefi'aria fit, 71e mtquam exprobrem , imone admonea7n quidem ? H&c envm beneficit inter duos lex est : al-ter statim oblivisti debet dati, alter accepti nmnquam (87).
Ma II Réfléxion est, qu'st arrive rarement que le butd’être loué soit la fin unique de ceux qui ne se contententpas du témoignage de leur conscience. Observez bien lespersonnes qui aspirent à ces deux choses , l’une d’être hon-nêtes gens, l’autre de le paraître , vous verrez que leurambition ne se borne pas à joindre ensemble la réalité 8cles aparences de là vertu. La vapeur subtile de s encens neleur suffit pasils souhaitent qu’il s’y mêle quelque chosede plus grossier. La réputation toute feule leur paraît unerécompense trop spirituelle : ils travaillent à l’mcorporeravec les commoditez de la vie, 8c ils font bientôt servir lalouange 8c l’aprobation à s’aquérir du crédit auprès de ceuxqui distribuent les charges; 8c puis ils se servent de ce cré-dit pour s’enrichìr, ou pour contenter toutes leurs passions.Ainlì la plus sûre voie pour conserver la pureté de soname, c’est de faire ce que l’on a dit d’Amphiaraíis 8c d’A-ristides. Travaillez à etre honnête homme ; que ce soitvotre grand but : ne cherchez pas à le paraître; car cetterecherche a des suites plus dangereuses que vous ne pen-sez.
III. On attribue à Socrate d’avoir dit, qu’il n y a pointde plus court chemin pour parvenir à la vertu, que de tra-vailler à être tout tel que l’on veut paraître. Semper idegisti ut qualis haberi velles talis esses : quam viam ad gloriamproxirnatn cy quasi compendiariam Socrates este dtcebat (88).Voici les paroles mêmes de Socrate. XvvTt>fca?áTíi n xatàa-(pa.Átçárnxaùxa.>,ÁÍe">í itroç,è JfLçrtóÇísto ,ori «v /JsAit b'oxeivàyaécí sivcct , ■siéra xoci yeiévB-at é.yoeíò» mipâvai (89). Velim,o Critobule , scias hanc este breviffimam , securisttmam , opti-rnainque ad hac omnia uiam , in quoeunque volueris bonus ap-■barere , w eodem estìci quoque bonus conari. Ce conseil est fortsensé; caria passion de jouir d’une glorieuse aparence,8cd’obtenir l’aplaudiffement public est fi forte , 8c si com-mune parmi les gens mêmes qui n’ont pas beaucoup d’en-vie d’être vertueux intérieurement, qu’on peut promettrede CT rans progrès dans la vertu à toute personne , qui s’ef-forcera de mettre une parfaite conformité entre l’état réelde son ame , 8c l’opinion qu’elle veut que l’on ait d’elle.Mais il faut avouer qu’il Y a moins de désintéressementdans cette route , que dans celle d Amphiaraíis. Paroistez,honnête homme, soiez-le : jouiffez. d’une belle réputation; maissoiez en digne: n usurpez point l estime de votre prochain : voi-là ce que conseilloit Socrate: il ne vouloir point priver dela fumée des éloges, Amphiaraíis vous. auroit dit, Soiez
honnête homme; cy ne vous mettez point en peine fi on le saura,fi on vous en louera.
IV. Vous me direz que l’un ne va point fans l’autre; 8cque, puis qu’avec de fausses vertus, c’est-à-dire, avecIVdresse de couvrir d’une aparence d’honnête homme unemauvaise ame, on vient à bout d’obtenir une belle réputa-tion, on l’obtient encore plus sûrement avec des vertusréelles. Vous conclurez de là, qu’Amphiaraiis 8c ses sem-blables se saisissent honneur de mépriser une chose qu’ilssavoient bien qui ne leur manquerait pas. Et moi, je vousrépondrai, qu’assez souvent, il est beaucoup plus facile d’ê-tre honnête homme, que de passer pour honnête homme;8c qu’il n’y a point de conséquence nécessaire de l’une deces deux choses à l’autre, par quelque bout que vous com-menciez. Vous n’avez besoin, pour être honnête homme,que de vaincre vos passions ; mais pour le paraître, ilfaut combatre les passions d’autrui, 8c en triompher. Vousavez des ennemis artificieux 8c violens, qui répandentcontre vous cent sortes de médisances. Ceux qui les écou-tent font crédules, 8c deviennent de nouveaux distribu-teurs de calomnies : s’ils font incrédules, ils forment desdifficultez, 8c ils aprenent par là à vos ennemis commentil faut proposer les calomnies, a fin de les rendre plus vrai-semblables. Vous ignorez quelquefois toutes ces machina-tions, 8c quand vous les fuiriez, ou en tout, ou en par-tie , pourriez-vous aller de lieu en lieu vous justifier? Etanthonnête homme, comme je supose que vous fêtes, pou-vez-vous savoir les fourberies de vos ennemis, 8c les biaisobliques par où il faut prendre les esprits vulgaires ? N’ai-mez-vous pas mieux laisser une populace dans f erreur, qued’emploier tout votre loisir à disputer le terrain à des ca-lomniateurs ? Votre vigilance suffiroit-elle jamais à renver-ser ce que leur malignité bâtit sur des cœurs crédules, maltournez, 8c infiniment plus flexibles au procédé de ces gens-là, qu’à toute votre éloquence, 8c à toutes vos raisons?
On verra dans la Remarque (I) de f Article de César,que la même louange, qu’Eschyle donne à notre Amphia-raits, a été donnée par Salluste à Caton d’Utique.
(/) On le compte parmi le s gens sages, qui ont eu le malheurd'être engagés à des entreprises dirigées par des étourdis.] Peuimporte que ce soit moi, ou un autre, qui fournisse lesparoles du commentaire de ce texte. II ne s’agit point icidc style, mais de faits, ou de pensées. Emploions donchardiment le vieux Gaulois d’un Commentateur de Philos-trate ( 90 ) : Icy pouvons nous remarquer zy appercevoir l'undes eschantillons de nostre pauvreté zy misere , qu il faille queles prudens zy bons personnages portent ainsi la folle enchèrepour les Ì 7 isensez zy pervers: qu un fol efiourdy de Tydeiis,accariaftre, querelkux, zy estervellé perturbateur du repos pu-blic , nonobstant qu il soit esirangêr, nonobstant toutes les bellesretnonstrances , toutes'les prédictions zy admotìestemetis du plussage homme de la Grece , zy tenu mesme pour Prophète, aitainfi voix en chapitre zy soit creu pour faire entreprendre uneguerre non aucunement 7 iéccffaire, zy qui leur retourne à perds-tion zy ruine pour tous. Et fi faut encore que ceux qui y coti-tredifent avec de trìs-apparentes zy plus que légitimes raisons,communiquent au péril zy danger des esventez qui l’ont susci-tée ; voire en ayent leur prémiere part : tant a toufiours accous-tumé d’avoir de crédit le mauvais conseil desbauché par destitscelui qui est sain. Au moyen dequoy , non sans cause, ny à lavoilée, s’exclame le Poète Eschyle en la Tragédie des sept d The-bes , desplcrant , soubs la personne d'Etheocles , le bon zy sageAmphiaraíis , en celte forte :
Hcv tQ í'UvaOíÀÚGTevre ç ogviéeç fiçoToîç
AÍxceiot dvbçoc. ti ho-i < 5 W FsSeç-eçois.
E’» Truiri rrçáyet è‘ ’tvâ- bfutoieç xax 7 ;ç
KÚxtev , dà'h xu.çrroi s xo/xiïíiiç;
& ce qui fuit après.
,, O le malheur ,, ,dìt-il , ,, qui associe un homme de bien,, a des mortels impies zy détestables t II n’y a certes rien pire,, en tous les affaires du monde, que la mefrhante compagnie,,, dont l’on ne peut jamais rapporter aucun fruiùí. . . , Ce de-,, vin cy (le fils d'Oïcleús, dis-je ,) prudent , juste,stneere,zy,, dévot personnage , grand a 7 tnonciateur des choses advetiir,,, pour s’estre méfié avec des méchans présomptueux , privez de,, tout sens zy entendement , qui s’efforcent de venir contre nous,, à tout un grand équippage, ( Jupiter le permettant ainfi)„ fera attiré quand zy eux d une finale perdition zy ruine. „Voilà ce que Vigenere dit. II ne faut pas s’imaginer qu’Atn-phiaraiis espérât que les fautes des Directeurs scroient répa-rées par la justice de la cause (91) : fi étoit trop habile hom-me pour croire cela : il savoir qu’une guerre juste n’a pasmoins de besoin qu’une guerre injuste de tous les secourshumains qui font réussir (91) ; & que ne les aiant pas aumême point à-peu-près. que les défenseurs de Pinjustice,on succombe presque toujours. On le donne donc très-justement pour un éxemple du sacrifice qu’il faut faire defa vie, ou de fa prudence, à d’autres considérations, enquelques rencontres. Lisez ces paroles de Cicéron : Va-