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ANABAPTISTES.
(26) Racine,Source, &c.<ies Anabapt.K- S-
(*) Marc,XXI, 24.
(27) -D/îíìjPréface deP Edition de
1616.
(zS) On yrépondit dansun OuvrageFlamand,imprimé kÍJacrlem, l'an1S30 , &composé parHans Aleu-soll.
(29) Ottius,Annal. Ana-bapt. ad
ann. 1615,imm. 6 ,
pat,. 233.
(30) Idem,ibid ad ann.2626, num.S,P*Í.2JI.
ffì Contra
ypijïolam
í'undarnenti.
Ibidem.
(31) Geor-gius Cassaitder Prafat.Tractatus d<Eaprisir.oInfantium.
croi point qu’aucun Auteur ait parlé d’elle aussi équitablement que George Cassixnder (G). LesThéologiens Protestons Pont combatue avec zèle dans les Provinces-Unies, &C ont obtenu en di-vers rems quelques Edits pour la réprimer {H). Néanmoins elle y jouît de la tolérance. Ondit que Mr. van Beuning raisonna un jour ìà-deffus avec Mr. de Turenne (i) fort solidement èc
Notez en passant , que cet Auteur réfute ses adversairestout comme les Catholiques réfutoient les Protestans. Laprémiere marque , dit-il (26) , par laquelle ils trompent or sé-duisent beaucoup de gens , cefl quand jans sens , jugement, niraison , ils allèguent une infinité de textes de tEjcriture faintteà tors cy a travers , tout ainfi comme s'ils avoyent mangé laBible , combien que néantmoins le plus souvent ils ne cognoijfentpas un A pour un moullin à vent , | comme on dit ) les povresgens demeurent là tout court , efians ravis en admiration d ouïrtant d'Escriture , cy pensent avoir de grands Doèíeurs entremains. Mais je prie tels simples gens de penser qu il ri y a ja-mais eu hérésie au monde qui ne Je soit toufiours servie de l Ej-criture , la corrompans cy deftournans pour la faire servir àmaintenir leurs blasphesmes , combien que toutesfois l Escrìturene donne point d’occafion d'erreur cy hérésie: mais elles viennentpar le contraire , comme dit Chrijl {*) •' Ce que vous errez :n’eft-ce pas par ce que vous nefiavez les Escritures ? Quant àla seconde marque , par laquelle les Anabaptistes seduìjoìent cyJubvertisfoient les cœurs des simples > qui étoit la Jaìnùieté con-tres ai£le , il prouve par des exemples, qu’elle est bien sou-vent le caractère des faux Docteurs. 11 est certain que lesCatholiques avoìent à répondre à ces trois difficultez: i,Queles Protestans ne parloient que de la Bible , & qu’ils la ci-toient éternellement ; 2. , Qu'ils condamnoient les danses,le luxe des habits , le cabaret, &c; 3, Que plusieurs d’en-tr’eux mouraient constamment pour leur Religion. On ré-fiitoit ces difficultez tout comme l’Auteur Protestant que jecite les a réfutées. Ceci nous montre de plus en plus le pré-judice que la secte des Anabaptistes aportoit aux Protestans;car il la saloir réfuter par des raisons que les Papistes fai-soient valoir contre ceux qui les avoient emploiées.
Au reste , il y a dans le Martyrologe de Geneve quel-ques personnes qui étoient Anabaptistes. Notez que ceux-ci ont publié deux Martyrologes, l’un à Haerlem > lan1615 ; l’autre à Horn , Pan 1617. Ces deux Ouvrages ontfait éclater la discorde des Anabaptistes ; car ceux deHorn ont critiqué (17) le Martyrologe de ceux de Haer-lem , comme un Ouvrage où l’on avoir procédé de mau-vaise foi. En répondant à cette censure (28) , 011 se servitde la voie de récrimination : on accusa les Compilateursd u Martyrologe * de Horn d’y avoir fourré des gens quiavoient souscrit à la Confession des Réformez quant à Tar-ticle de Hncarnation de Jésus-Christ (29). Le principalCompilateur du Martyrologe de Horn se nommoit JaquesOuterman. La Préface de ce Livre n’est pas moins inju-rieuse aux Luthériens, & aux Calvinistes , qu’aux Papistes.Us y font tous accusez de tyrannie (30).
(G) Personne ria parlé de cette setie aujst équitablement queGeorge Cajjànder .J 11 dit que les Mennonìtes faìsoient pa-raître un bon cœur, un cœur pieux > 8c qu’ils s’écartoientde la foi par un faux zèle , beaucoup plus que par malice ;qu'ils condamnoient les fureurs de ceux de Munster ; qu’ilsenseignoient que le régné de Jésus-Christ ne doit s établirque par la croix : ils sont donc , ajoute-t-il, plus dignes decompassion cy d’inftrufbon , que d'être persécutez : & il leuraplique un beau passage de St. Augustin. Hujus quem dixiMennonis, cui mmc hic Theodorìcus successif, seâlatores fer'e suntomnes qui per hsc Belgics cy Germants, inférions loca huicAnabaptis tes hsrefi affines deprehenduntur , in quibus magnaex parte pii cujusàam animì argumenta cernas , qui imperitoquodam zeb incitati, errore potiits quàm animi malitia à verodivinarum literarum sensu , cy concordi totius Ecclefis consensudesciverunt , quod ex eo perspici potefl , qmd MonasteriensìbusC r bine consecutus Batenburgicìs suroribus, novam quandam res-titutionem regni Chrifii , quod in deletiotie impiorum per vimexternam pofitum fit , medìtantibus , acerrim'e femper refiite-runt , cy in fila cruce regni Chrifii inftaurationem cy propaga-tionem confiftere docuerunt : quo fit , ut qui hujusmodi sunt ,commiseratione potiits cy emendatione quàm infedlatione cy per-àitione digni videantur. Uis enìm multo magis convenìre vi-detur quod de Manichús disputant inqtút Augufi. (f)Gtuanquam Dominusperservossuos régna Jubvertat erroris, ip-fis tamen homines , inquantnm hommes junt, emendandos effiepotiùs quàm perdendos jubet .... Atque utinam qui atrocio-re in hofie mtseros sunt aninto mansuetudinem , cy prudentìamhujiis simili viri imìtentur , qui in disputatione adversus Ma-nichsos . - - - bis verbis eft usas. (J) lili, inquit , in vosJsviant , tjfii nesetunt cum quo labore verum inveniatur , cyquàm difficile caveantur errores. lili ’m vos ffviant , qui ne-Jciunt cum quanta difficultate sanetur oculus interioris hominís,ut poffit intueri filet» juum. lili in vos fsviant, qui nefiiuntquibus suspirits CA gemitibus fiat, ut ex quantulacunque partepoffit intelligi Beus (31). Voilà ce qu’il dit au Duc de Cle-• ves, en lui dédiant un Livre , où il prouve que la doctri-ne du Batême des enfans n a souffert aucune contradiction- dans Vancienne Eglise. Le consentement universel de tousles Chrétiens pendant plusieurs siécles lui paraît une si puis-sante preuve qu’un dogme vient des Apôtres, qu’il ne croîtpas qu’on puisse mieux réfuter les Anabaptistes que par laforce de cet argument. 11 en savoir la vertu par expérien-ce ; car il dit qu’un Docteur Anabaptiste , prisonnier auchâteau de Cleves, se convertit avec quelques autres de sesadhérans, dès qu’il eut vu le Recueil de témoignages qui
fort
fait voir l’antiquité de la tradition fur ce point-là. Ce futla raison pourquoi Caffander fit voirie jour à son Ouvrage.Disons qu’il conféra deux fois avec des Anabaptistes , pre-mièrement à Cologne, avec un certain Matthias, l’an 1556»èc puis avec le nommé Jean Kremer, prisonnier dans leComté de la Mark, l’an 15:58. J’ai transposé Tordre deT Auteur que je vais citer ; car son iterum est contradictoire.Georgius Caffander , dit-il (32) , bis cum illis coram difputa-vit , de quo inter ejus Opéra fol. 1227 : femel cum JohanneKremer, a. cid 10 ivni captiva in Comitatu Marchis ; ite-rum, a. cid iD l vi , cum Matthiâ aliquo , Colonis.
(H) Les Théologiens Protestans ont combatu cette feâîe aveczélé dans les Provinces-Unies , cy ont obtenu des Edits pour laréprimer. ] Us ont provoqué diverses fois à la dispute lesAnabaptistes. Le Synode de Hom fit un acte fur cela ,& recourut même à Tautorité du Gouverneur. Ecclefisnoftrs femper bonum ac utile cenfucrunt > Adverfirios ad Dis-putattonem cy Colloquia provocare. Synodus Hornana a. c 1Did lxxx, cy a. cid 1D ixxvi, implorât à eum in finemGubernatorts Theod. Sonnoyi aubloritate .... âecemit pro-vocandum , cyc (33). Trois ou quatre Synodes firent desemblables actes avant la fin du XVI siécle (34). Les sigil-lés trouvèrent bon , Tan 1599 , que l’on composât un Ou-vrage qui contînt le corps des controverses Anabaptisti-ques. Arminius , Ministre d’Amlterdam , se chargea decette Composition, & la commença : ìl Tinterrompit,quand il fut Professeur en Théologie à Leide , & il allé-gua des raisons dans le Synode d’Alcmaer , Tan 160; , quine lui permettoient pas de s’apliquer à un tel Ouvrage. LeSynode d’Enchuyfe , Tan 1624 , commit deux Ministres àexaminer les Confessons des Mennonìtes , & à discuter lescontroverses. L’un d’eux étant resté seul , Tan 1626 , de-manda un nouveau second ; on lui accorda Doreflaar , auSynode d’Amsterdam , en 1628. Ils s’apliquérent diligem-ment à leur commission, & publièrent en Flamand un très-'bon Livre, Tan 1637. C'est un Corps des ControversesAnabaptistiques , où les variations de ces gens-là fontmarquées exactement (35). L’Auteur , qui narre ces cho-ses , observe que les Eglises preneur garde , conjointe-ment avec le bras séculier , que cette secte ne s'agrandis-se : elles font en sentinelle , dit-il, pour la réprimer , st el-le produit de nouvelles branches, ou si elle veut sortirhors de ses limites. Pro coéreendis aut noviter fisllulantibusaut sua pomoeria extendentibus juxta cum Polìticis etiam Eccle-Jis vigilant (36). 11 ajoute que les Synodes de Frise necessent de iolliciter les Etats de la Province à exécuter& à renouveller l’Edit qui fut publié contre les Ana-baptistes, l’an 1598, & qu’on en presse principalementléxécution à 1 égard des nouvelles assemblées , & des nou-veaux lieux d’éxercice que cette secte ose former. 11 ajoû-te que le Synode des Anabaptistes, tenu à Haerlem aumois de Juillet 1649 , aiant fait conoître qu’ils avoientdressé plusieurs nouvelles Eglises , c'est aux Pasteurs ortho-doxes à chercher les voies de réprimer ces innovations ; &d’autant plus qu’on se peut fonder sur un Edit de Tan 1651,par lequel leurs Hautes Puissances ordonnent qu’il fautmettre les sectes à la raison , & ne leur permettre pas de serépandre. Seétas cohibendas atque in ordinem redïgendas , ne-que permittendum ut in plura loca quàm hodie fint diffundan-tur (37)- C’est ainsi qu’en France Ton interdisoit leslieux d exercice dont ceux de la Religion ne pouvoientpas faire voir qu’ils eussent joui au teins des Edits.Volez la Politica Ecclefiastica de Voetius (38) > où il exa-mine si cette secte doit être tolérée : il uíe de distinction ;mais il panche beaucoup sur la négative, généralementparlant.
( 7 ) Mr. van Beuning rai sonna un jour fur la tolérance qu onaccorde à cette fiéle en Hollande avec Mr. de Turenne .] Mr. deTurenne , étant en caresse avec cet Ambassadeur, lui té-moigna qu’il deíaprouvoit la tolérance que les Etats Géné-raux avoient pour tant de sortes de Religions. Je n’ai quefaire de dire ici ce que Ton conte que Mr. van Beuning luirépondit à T égard des autres sectes ; je me contente de ra-porter ce qui concerne les Mennonìtes. j, Pourquoi vou-„ driés-vous „ , dit-il, „ qu’on ne les tolérât pas ì Ce font„ de si bonnes gens , & les plus commodes du monde : ils,, n’aspirent point aux charges ; on ne les rencontre point„ fur fa route , lors que Ton est ambitieux ; ils ne nous,, traversent point par leur concurrence , & par leurs bri-„ gués. II scroit à souhaiter que par tout le monde la moi-,, tié des habitans se fît un scrupule de songer aux digni-„ tez : l’autre moitié y parviendrait avec moins de peine,„ 8t fans emploier tant d’artifices Sc de bassesses, 8c tant„ de moiens illégitimes. Nous ne craignons point la ré-,, bellion d’une secte qui met entre les articles de ía foi,,, qu’il ne faut jamais porter les armes. Quel repos d’es-„ prit pour un Souverain , que de savoir qu’une telle bri-,, de empêchera les mutineries de ses sujets , quelque char-„ gés qu’ils puissent être d’impots & de tailles ? Les Men-„ nonites paient leur part de toutes les charges de TEtat.„ Cela nous suffit : avec cela nous levons des troupes, qui„ rendent plus de service qu’ils ne rendraient en s’enrô-„ lant. Ils nous édifient par la simplicité de leurs mœurs :
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