2 . 2 . 2 ,
ANCHISE. ANCILLON.
(«) Virgilelui donne f H'.~vent C Epithè-te de PiusjEncils.
(/) Voitz,entre autrespassages, le ILivre de l’E-neïdc, Vers20 $ fr 258.
(<g) Voiez.la Tl emarejue(F), à la fin.
(12) Virgil.Aneïd.Libr. //,
t. « 47 .
fiz) Plutarc.de Visio ÔcVirtutc,
Oper. Moral »j pag, 100.
(14) Je ne37? attache pasaux paroles yniais à lapensée dePlutarque.
(15) Kezi,-riac,EpiticSd’Ovide,fcg. 671.
(16) Lk mê-roe , pag. 670.
(17) Là mê-me , pag. 671.
(18) Dion.Halicarn.Libr. I , C dp.XLVIIl.Ces Vers deSophoclefont pris deson Lao-coou.
(ei) Discoursfur la Viede Monír.Ancillon,png. 6 .
(b) Là même ,pag. s.
(c) Là même ,
(dg. ».
les autres prétendent que la plaie ne se put jamais fermer (E). II vécut, dit-on , jufqu’à Pagede quatre-vingts ans, & fut enterré fur le Mont Ida ( F) , où íòn tombeau fut honore par les ber-gers. Cette opinion est fort différente de celle de Virgile : car, selon ce Poète , la nuit queTroie fut prise , Enée chargea son pere fur les épaules (tí) , & le mit en lieu de fureté ; & cebon vieillard ne mourut que quand les Troiens , qui fe joignirent à Enée , furent parvenus enSicile, après une infinité de fatigues. Cette tendresse d’Enée pour son pere , & le soin qu’ilprit de sauver les Dieux Pénates , font le fondement du caractère qui le distingue des autres Hé-ros. Ce caractère consiste dans la piété (e). II y en a qui disent qu’Anchife vécut jusques à ceque íòn fils fût arrivé en Italie , cette Terre de promiífion , que les destinées lui avoient ordonnéd’aller chercher au travers de mille périls (f). Caton , Denys d’Halicarnasse , & Strabon , em-brassent ce sentiment (g). Au reste , l’amour de Venus pour Anchife ne fut point une passion pas-sagère : le premier accouchement ne la guérit pas ; elle donna un second fils à Anchile , commele remarque Apollodore dans le III Livre de la Bibliothèque.
(E) Sa plaie ne fe put jamais fermer. ] II ne se plaintdans Virgile , que d’une grande débilité, que le coup defoudre lui avoir causée.
Jampridem ìnvifus dìvis e? 1 intttilis annos
Demoror , ex quo me divum pater atque homìnum rex
Fulminis adf.avit ventis , & contigit igni (12.).
Je m’étonne que 8carton , qui a fait conoitre dans sa Para-phrase burlesque de cet endroit de Virgile, qu’il n’ignoroitpas la raison de cette disgrâce , ait usé dune iì grande re-tenue : il me semble que la matière étoit propre à deve-nir bien risible entre ses mains. Quoi qu’il en soit, voi-ci sa Version :
Vieil, cajsé , mal propre à la guerre,
Je ne fers de rien fur la terre.
Spetire , qui n ai plus que la voix,
J’y fuis un inutile poids.
Depuis le tems que de son foudresupin me voulut mettre en poudre ;
Depuis le tems qu il m effraya ,
Ce grand Dieu qui me giboya ,
Par une vengeance fecrette ;
Mais je fuis personne dìfcrete ,
Je tien dirai point le sujet :
Suffit que j’aurois eu mon fait,
Sans Venus qui sauva ma vie.
J’ay depuis eu cent fois envieDe m aller pendre un beau matin ,
Et finir mon chien de destin.
Si nous comparons ensemble un passage de Plutarque, 8tun passage de Denys d’Halicarnaffe , nous prouverons quele coup de foudre fit une plaie qui ne se ferma jamais. Plu-tarque dit quelque part (13) que si d’un côté le musc rendde bonne odeur les habits les plus déchirer ; de l’autre , lepus d’un ulcéré empuantit les étoffes les plus précieuses (14).Voila fa pensée ; mais au lieu que je le fais parler en gé-néral , il s’attache à 1 exemple particulier d’Anchise. Dedeffous le riche Zs? précieux habillement du Duc Anchije-, dlt-il,-selon la Version d'Amiot, il fort oit une boue de bien mau-vaise odeur , ainfi que dit le Poete ,
Son veflement , qui de fin lin efioit ,
Boue d’odeur puante dégoûtait.
Méziriac traduit ain f\,l’ulcéré d’Anchife jettoit une botte puante,
Qui suppurant , fans cesse dégoûtaitSur fin habtt , qui de fin lin efioit (13).
L’original porte,
T 3 è'è Aé'/xítru fi pár.»i i%£ça srovyfiì f’| ebtbu ,
Morts v.a rat á fin a, (Súnriìoì ■pájoj.
Or comme, selon l’usage le plus commun, páxo 5 signifie deshaillons & des lambeaux , il n’y a nulle aparence qu’il faillelaisser un tel mot dans le texte Grec : c’est pourquoi, un sa-vant Critique met ’irixes , plaie, ulcéré, au lieu de /-'««-? (16).Les Traducteurs n’ont pas ignoré que Plutarque raporte lesparoles de quelque Poêle ; mais ce n’est pas assez : il fautsavoir , de plus , de quel Poète font ces paroles. Méziriacnous l’aprendra (17) : il les a trouvées dans Denys d’Hali-carnasse (18) , qui raporte des Vers de Sophocle , dont letroisième est le même que Plutarque cite.
Nïv f iì ■srúXuurtì Ahitaç ò rr ,5 âi 3Tlasef t or* òìum Trciss f éy.m , tíeçavìítsMorts síctraccti^oìoa (iáo'trtìoì <páçoç.
Je vois des-ja le fils de Cytherée ,
Le bon JEnèe , aux portes d’ilion ,
Dessus fin dos portant fin pere Anchife ,
Qui du grand coup de foudre qu il receutGarde la playe encore distillanteSur le fin lin dont il est reveftu.
Méziriac , qui est l’Auteur de ces Vers François, a corrigéune faute au commencement du troisième Vers de Sopho-cle : au lieu de ìdnts , qu’on lit dans toutes les Editions deDenys d Halicarnaffe , il a mis taons. II n’y a rien là quine soit selon les réglés de la Critique : la comparaison desAuteurs , qui ont cité en divers tems un même passage ,fait souvent trouver la véritable leçon. Sylburgius , qui arevu la Version Latine de Denys d’Halicarnasse faite parSigisinond Gelenius, a laissé en mauvais état ce qui con-cerne le troisième Vers de Sophocle. Voici la Traductionde ces trois Vers :
Nunc in porta est JEneas Dea films ,
Humeris bajulans patrem fulminantTerga amiùïum fltsxa veste byjfina.
On n’y trouve point cette plaie qui supure ; & l’on y voirAnchife frapé au dos : c’est-à-dire , qu’on n’y voit pas ceque Sophocle y avoir mis, & qu’on y voit ce qu’il n’y avoirpas mis. Si les anciens Ecrivains revenoient au monde , ilsieroient bien étonnez de voir dans leurs Livres tant de cho-ses ausquelles ils ne songèrent jamais.
(F) ll fut enterré fur le Mont Ida. ] Eustathius raportecela (r 9) ; mais Pausanias est d’un tout autre sentiment.II dit qu’Enée > allant en Sicile , relâcha dans la Laconie,& y bâtit deux villes ; Lc qu’Anchife , étant mort au piedd’une montagne d’Arcadie , y fut enterré : ce qui fut cau-se que la montagne fut nommée Anchìsia (20). Pausaniasajoute qu’on voioit les débris d’un Temple de Venus auprèsde ce sépulcre d’Anchise , & que les habitans de Troie nemontroient en aucun lieu le tombeau de ce vieillard. Etien-ne de Byzance veut qu’Anchife ait été enterré dans uneville de Thrace bâtie par Enée (21) ; ou plutôt, il cite unvieux Scholiaíte nommé Theon , qui avoit débité cela.Tzetzes est du même sentiment , si ce n’est qu’il dit quecetie ville étoit dans la Macédoine (22). Virgile a conduitle bonhomme jusques en Sicile: c’est là qu’il le fait mou-rir ; c’est par la qu’il conclut le long narré que son Hérosfit a Didon.
Hinc Drepani me portus e? ilhtabilis craAccipit. Hinc pelagi tot tempeflatibus aílus ,
Heu genitorem , omnis cura cafusque levamen.,
Amìtto Anchtfen. Hic me , pater optime , feffumDefiris , heu tantis nequicquam erepte periclis (23).
Selon Servius, le tombeau d’Anchise étoit sur la montagned’Eryce , proche de Drepanum (24). J’ai nommé troisEcrivains, qui ont dit qu’Anchife mourut en Italie. Ca-ton (25) , Denys d’Halicarnasse (26), & Strabon (27), leraportent.
(G) Il chargea fin pere fur fes épaules , <&• le mit en lieude fureté.’] Les paroles de Virgile font assez belles , pourmériter d’être raportées.'
Ergo âge , care pater , cervìci tmponere nofln ,
Ipfe fubtbo humeris , nec me labor iste gravabit (28).
Hac fatus , latos humeros fubjeffaque collaVeste super , fulvique infterner pelle leonis ,
Succedoque oneri. Dextra fe parvus IulusImplicuìt , fequiturque patrem non paffibus stquis (29).
Nunc omnes terrent aura : finus excitât omnisSufpenfum , e ?pariter comitique onerique timentem (30).
Les Poètes ont fort célébré cette action : elle le méritoitbien. 11s ont même dit que les fiâmes la respectèrent, &que de peur de faire du mal à un fils qui avoit une si gran-de tendresse pour son pere , elles fe fendirent, afin de lais-ser un espace libre à Enée (31).
ripjEustí*in iliadosLibr. Xiï’
(10)
Libr. Hss-pae. 247*
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Byzant. ^
Ai'yet#'
(»>.*%:zes in wcophrofl*
ANCILLON (David) Ministre de PEglife Réformée de Mets , ft patrie (a) , nâ-quit le 17 de Mars 1617. II étudia dès f âge de neuf à dix ans au College des Jéiúites , qui étoitalors le seul à Mets, ou ífin pût aprendre la belle Litérature ( b ), & il donna d’abord tant de belles es- d<-
pérances , que les principaux dc la Société n' oublièrent rien four lui f dire goûter leur Religion , (5?four rattacher à eux -, mais il leur résista vigoureusement, & prit dès lors la résolution dfétudier .
en Théologie (c). 11 étoit infatigable au travail (d) 3 & il salut emploies souvent l’autorité pater-
nelle , pour interrompre fes lectures : car il y avoit de f excès , , fi on peut le dire , de Pintem- .
pêrance dans fa maniéré d'étudier (e). II alla à Geoeve, Pan r6zz (/), ôc y fit son Cours de Jsje^ 1 *
Philo-