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Philosophie sous Mr. du Pan (Z), & ses études de Théologie sous Messieurs Spanheim, Diodati,& Tronchin, qui l’aimérent & l’estiméreat très-particulièrement (b). U partit de Geneve aumois d’Avríl 1641, & alla se présenter au Synode de Charenton, pour y piendie le degié de Mi-nistre fi). II fit admirer sa capacité à ses Examinateurs, & fa modestie aux Ministres de Pa-ris (k) j & toute cette assemblée fut fi contente de lui, qu’elle lui donna la fias considérable aesEglises qui fusent à pourvoir (/). C’étoit celle de Meaux. II y exerça son ministère , jusqu al’an 16f 5, avec toute la sat.sfaction imaginable. II fut tendrement aime de son Troupeau. 11 semaria très-avantageusement {J): il s’aquit une réputation fort etendue par son savon , par sonéloquence, par sa vertu ; Sc il fut même considéré des Catholiques Romains, avec beaucoup dedistinction. II fit voir encore avec plus d’éclat, Sc avec plus de succès, ses. beaux talens, dansfa patrie, où il fut Ministre , depuis l’an i6yz, jusques à la révocation de 1 Edit de Nantes, en168s. II se retira à Francfort, après ce funeste coup (m)-, Sc, aiant pieche dans 1 Eglise Fran-çoise de Hanau, toute V assemblée en fut fi édifiée , qu? elle demanda d’abord une convocation des chefsde famille, pour y proposer de le prier de leur accorder sion Ministère . . . (»)■ La proposition futaqréée * on la lui fit faire par des Députez , qui obtinrent tout ce qu ils souhaitèrent .11 commençadonc ['exercice de sion Ministère dans cette Eglise, fur la fin de l’annee 168 jr (0) Nous verronspourquoi il s’en retourna bientôt à Francfort (A), ou il sc seroit fixe, si 1 état de í a ^ ami . lc ’ T 11 ,étoit nombreuse, ne l’eût obligé d 'aller dans un lieu ou il pût Vétablir (p). H àoiht Bcihn Sc ilreçut de S. A.E. de Brandebourg un accueil très-favorable ( f ). II fut fait Ministre de Berlin:il eut la joie de voir que son fils aîné fut établi Juge tj Dires mr des François qm étoient dans cetteville-là (r), Sc que son autre fils fut gratifié d’une pension, Sc entretenua 1 Académie de I ìancfoitfur l’Oder, Sc enfin Ministre ordinaire de la capitale (si). II eut aussi le plaisir de von son fieieétabli Juge de tous les François quisiont dans les Etats de Brandebourg (C), Sc Mr. seayait, ion gen-
contre les.cabales b les sablions , il ne voulut pas profiter de ladisposition dans laquelle le peuple efioit a /on égard , ni le lais-ser agir . . . Ayant donc sait toutes les tentatives que la charrite ey /’ honnêteté luy avoient suggéré , pour ramener ces deuxhommes à leur devoir, il prit la résolution de quitter Hanau,des que ce lieu, qu il avoit regardé comme un refuge tranquille ,ou un port ajfuré dans lequel il avoit esté jette par la tempeste,fut devenu pour luy un champ, de bataille , ou tl fallott com-battre faits cessé , cy ou fa patience , qui avoit des-ja soutenuplusieurs grandes épreuves , pouvoit efìre enfin vaincue , il l a-bandonw . . . (7). Il sortit donc de Hanau sans bruit, lorsqu on s’y attendait le moins ; ou plutôt , il permit qu on l ar-rachât d’entre les mains de ses envieux C/ de ses amis (8).Les uns, le tenans, pour ainfi dire , d’une main , le maltrai-taient ; les autres , le tenans de l'autre main , faisaient des ef-forts pour le tirer de l’oppression ou il eftoit: e? les uns cy les au-tres esto 'tent prêts à en venir aux prises, c’est-à-dire à faire écla-ter la division & à voir qu 't l’emporterait. Pour éviter ce scan-dale, il sacrifia ses intérefts à la paix: il s’en alla fans qu onle fiât ; de peur que ses amis voulans l’arrêter ils n allumassentun feu qui nefaisoit que couver, cy qu il vouloit éteindre.
Je croi avoir dit quelque part (9), que la jalousie d'élo-quence est des plus fortes : on ne volt que trop souvent lesdivisions scandaleuses qu’elle produit. Les réflexions quel’on peut faire fur cela ne font bonnes qu a suprimer. Lamatière est trop délicate, & trop odieuse. Je dirai seule-ment, fans faire aucune allusion à des cas particuliers, quedans cette afaire-là les peuples ne se conduisent pas avecassez de prudence, ni avec assez de charité. Ils devroientchoisir pour leurs Pasteurs toutes personnes d’un mérite à-peu-près égal; ou, 11 l’un d’eux surpassait notablementtous ses Collègues, ils ne devroient pas faire éclater avectant de pompe leur préférence. Ils 11’ont nulle compassionpour les faiblesses humaines : ils courent en foule très-im-pitoiablement aux Sermons d’un Prédicateur, & ils laissentpresque vuide l’auditoire de tous les autres. Ils ménagentsi peu les témoignages de leur distinction, que celte im-prudence peut passer pour la principale cauie de la discor-de. C’est la semence de la zizanie : les personnes sagesn’ont point cette indiscrétion. Tous les auditeurs de-vroient suivre ce modèle; mais comme l’on ne doit guè-re espérer que le peuple garde ce ménagement, le meilleurparti seroit peut-être que ceux qui procèdent aux électionsévitassent l’inégalité trop visible des talens ; & qu’ils consi-dérassent , qu’en certaines professons, bien des gens aprou-vent cette loi des Ephésiens, quil » y ait entre nous aucunepersonne qui excelle', cy si quelqu un a cet avantage , quilsoit plutôt par tout ailleurs que dans nôtre ville (10). Cet-te loi fut condamnée par Heraciìte (n); mais c’étoit unPhilosophe. Mettons ici une Remarque , qui a été faitepar F Auteur du Livre que j’ai déjà cite souvent. Mr. An-cillon , dit-ìl (iz), ri ayant aucun des défauts qu'on a remar-qué être les sources ordinaires des divisions qui surviennent en-tre les Ministres d’une même'Eglise, savoir, 1, l’amour deses propres sentiment, C? le désir de les faire prévaloir ; 1, l'a-mour de l'estime cy de la gloire du monde-, 3, ïamour de ladomination ; 4, l’amour de ses propres ìntérests : cy respectantd’ailleurs en Mr. Ferry ctz), une vieillefe chenue <ty un méri-te à l’épreuve d'un grand nombre d'années ; il forçoit,four ainsidire , ce grand homme à demeurer tousjours constamment avecluy dans une ferme union.
(C) Il eut le plaisir de voir son frere (14) f U g e fcs
François de Brandebourg. ] ,, Employ qu il exei ce encore ac-tuellement avec honneur; mais qui, tout pénible qu’il,, est, ne P occupe pas assez, pour 1 empecher de donner„ au public, dans les Journaux de berlin diverses Pièces„ solides Lc judicieuses, qm font vou Ja solidité & la vaste,, étendue de son sçavoir & de son érudition ( i-ç). „
( 14 ) U evoit été m fameux Avoatt à Mets, ( 15 J Discours fui
Ancillon > paj, 101, ssh 3 í> 3 .
(^0 II se maria tris-avantageusement.] La maniéré,dont on ménagea cette afaire , est fort curieuse. „ Les,, principaux chefs de famille de l’Eglise de Meaux, voyans», que leur Ministre fe distinguoit ainsi, & luy entendans-, dire quelquefois qu’il vouloit aller à Metz. pour voir son,, pere & ses païens, qu’il n’avoit point vû depuis plusieurs-, années, craignirent qu’on ne le leur enlevât. Ils cher--, chérent mille expédiens pour s’en assurer long-temps la„ jouissance: le plus sûr, à leur avis, fût de le marier à„ un parti riche, digne de lui, & qui eut son bien dans le-, pays, ou dans le voisinage. Quelqu’un fe souvint d’a--, voir ouï dire, que Mr. Ancillon ayant prêché un Diman-„ che matin à Charenton , tout le monde généralement-, luy applaudit : que Mr. Macaire, fur tout, qui estait un„ vieillard vénérable, d’une vertu & d’une piété exem-,, plaire, & possédant de grands biens à Paris & aux envi-,, rons de Meaux, luy avoit donné mille bénédictions &„ mille louanges ; & qu’il avoit dit assez haut à ceux qui,, estoient aíïis dans le temple auprès de luy, qu’/Z n avoit,, qu une fille, qui eftoit son unique enfant, e? quil aymoitI, tendrement ; mais que fi cet homme-là, en parlant de Mr.-, Ancillon, la luy vernit demander en mariage, il la luy don-„ neroit de tout son cœur. On alla luy demander s’il eftoit„ encore dans ce sentiment avantageux : il répondit qu’il„ y eiloít, & accompagna cette réponse de témoignages„ nouveaux d’estime & d’affection pour Mr. Ancillon ; de„ forte que le mariage fut conclu en l’année 1649, & con-„ sommé peu de temps après. D. Marie Macaire , son-- épouse, eftoit fort jeune: elle n’avoit que quatorze ans;>- mais, comme elle avoit, dans cette grande jeunesse,-, toutes les vertus naissantes, on verra à la fuite de ceDis--, cours, qu’elle luy a esté, non feulement un ayde à la-, piété qui l’y a entretenu, un ayde à la société 'qui la„ luy a rendu agréable, mais aussi qu’elle luy a esté un ay--, de à l’œconomie fur lequel il s’est reposé des soins de fa„ famille (1).
(B) ll retourna bientôt à Francfort.] Ses Prédicationsfirent bientôt bruit à Hanau (í). Plusieurs personnes, quiavoient quitté l’assemblée Françoise, pour quelque mécontente-ment qu’ils avoient reçu, y revinrent. Les Professeurs en Théo-logie, les Ministres Allemands e? Flamands, assistèrent fré-quemment à ses Sermons. Le Comte de Hanau lui-meme,qu on n avoit jamais vu dans ce temple, eût la bonté d y venirentendre Mr. Ancillon: on y venoit des lieux circonvoifins, deEancfort même . . . ; des gens , qui n entendaient point leFrançois, s’y rendaient enfouie avec empressement, & di-foient qu’ils aimoient à le voir parler. Inde ira z? lachryma.Cette distinbíion donna de la jalousie aux deux autres Ministres:la nature , troublée par cette passion, oublia ses devoirs (3).tls prirent ombrage des marques d’estime ct* d’affeítion qu ondonna à ce nouveau Collègue : ils en eurent du chagrin ; ils luyen donnèrent à luy-même par mille vexations qu’ils luy firent,pour l'obliger à quitter volontairement un poste dont ils ne pou-Poient le chasser. La vertu de Mr. Ancílbn fut une secondef°is r’appellée au combat. Au lieu que ces deux parens (4)avoient témoigné de l'empressement à luy faire plaisir, ztr quiltar- éemblott qu'ìls souhaitassent de pouvoir changer les pierres enA P a ‘n, pour le soulager , tandis qu’il avoit esté dans leur villecomme étranger, ils s’éloignèrent de luy, lorsqu ils le virent at-taché à leur troupeau : ils luy donnèrent mille tnortifications',Q 1 Us auraient changé volontiers, s’ils avoient pû, les pains en
P'erres, pour le chasier, tant il leur eftoit à, charge .
Çette conduite fit deux effets assez, considérables ( 5 ) •' l un , quest s Cathol. Bom. cy les prophanes en firent un sujet de raille-r ‘ e 'y l’autre fut d’animer le peuple (6). Mr. Ancillon enavoit lu faveur-, cr , s’il avoit voulu s'en servir, peut-êtreeut-il pu surmonter la mauvaise volonté de ses envieux : mais,0j t ^ c stnme il ne croyait pas qu’unfidel Pasteur dut s établir a la
“t 3 ss t faveur d'une division .du troupeau <& de ses Ministres ; que tou-te fa vie il avoit esté ennemi des partis ; e? quil avoit déclamé
ct) Discoursfur la Viede Moule,Ancillon,M- 18 .
(b) Là-mt-t*g. 20 ,2 r.
( * ) Là -n>í-mc , paj. z,,
( k.) Là-ml-me >P*g. 3 S.H) Lí~mt-
me > Mi- 3 <s.(rn) Là-m"-
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(o) Là-mê-
Z- Z.
ct) Là'mê-
m ‘> I a g. 3S4«
ct ) Là-mê-
m ‘,pag. zLS.
( : f ) Là~mê-si>P a g. 372.& f»iv.
(r) Là~mp-m ':p«g. 375.
(f) Là~mê*me >P“g. 3S>7.
(7) Discoursfur la Viede Moiiír.Ancillon,pag. 360 .
( 8 ) Là-mt-me,pAg. 361 .
Obser-vationfur la ja-lousie d’E-loquence.
(9 ) Dans UÎRemarque(B) dtÛ ^Article
Atticus.
(ïo) Volez,la Citationsuivante.
( 11 ) Efi astndtìeraclitumpbysìcum de
principe Ephe*
Jiorum Her-modoro. Vm~versos aitEphejios essemorte mule-tanáoSf ejitod
quum civitateexpellerenttìermodorumita loctitisunt : ,, Ne-,, mo denolis„ unus excel-j, lat j sed si,, (juisextitt-» rit , alio in„ loco> &
,» têipud alios„ »»Cicero,Tufculiin.Quscftion.Libr. V.C. z 6.
s IL) Dise.fui la Viede Monlr.Ancillon,93.
(13) ColUgue
de Mr. ^A n -cillonà Mets»la Vie de Mr.
W.