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Tome premier. A - B.
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A N I C I U a A N N A T.

f,} nu

I1ÌL1S, Libr.XX XIII,Cap. 1 .

(b) Votez,SigoniBS,de FaíUsRoman.

(s)Tacitus,Aunaiiuinti.br. xv,Cap. LXXIV.

(d) Idem ,Ltbr. XVI,Cap. XVII.

(e) Lambe-cius, Com-mentar.Biblioth.Vindobon.Tcm. /,tmm. S o.

(i) Livius,ti.br. XUV,Cap. XXXII,

(z) Floius,Libr. II,

Cap. XIII-

(3) Livius,Libr. XLV,Cap. XLIII.

(4) Prudent.tn Symm.Libr. I,

f. 553 -

(a) Ttuthl-nenjis,

I4O

ANICIUS , famille Romaine. Elle a été plus illustre fous les Empereurs Chrétiens , qu’autcms de la République , quoi qu’elle ait produit des Consuls , avant que Jules Celar fût au mon-de. On volt dans Pline un sb Anicius P r u: n e s t i nu s , qui fut créé Edile Curiste dansle V siécle de Rome (a). L. Anicius Gallus fut Préteur au siécle suivant, lavoir l’any8f , & commanda dans l’illyrie avec tant de bonheur , qu’il ne mit qu’un mois à la conqué-rir (A ), 6c à faire prisonnier le Roi Gentius. L’honneur du triomphe lui fut accordé l’annéesuivante (b). L’un des Consuls de Tan ypj avoit nom L. Anicius Gallus. Je ne trouvefous les prémiers Empereurs, qu’A nicius Cerealis, qui étoit Consul désigné Tan de Ro-me 818 (c). H se trouva enveloppé dans un complot contre Néron , 6t il fe tua lui-même , Tande Rome 819. II fut d’autant moins regretté , qu’on se souvenoit qu’il avoit révélé à Caligula uneconspiration qui se tramoit contre sa vie (ci). Les Consulats furent fréquens dans cette famille,depuis le régné de Dioclétien ; & Ton n’avoit jamais vu deux freres exercer le Consulat ensemble ,avant Tannée de Jéfus-Christ 39s ? q ue Probinus & Olybrius furent Consuls. Ils étoient fils deProbus 5 dont nous parlerons en Ion lieu , & ils deseendoient d’A nicius le prémier grand Sei-gneur de Rome qui embrassa le Christianisme (B). Les biens immenses de cette Mailon l’expo-íoient à la médisance , comme je le ferai voir en parlant dé Probus. Les Bénédictins prétendentque le Fondateur de leur Ordre etoit de la famille des Anicius ; & Ton a vu des Livres où ils onttâché de montrer que T auguste Maison d’Autriche en est aussi descendue. Richard Streinniusa écrit contre cette fable. Son Livre est intitulé Anti-Anìcien. II n’a jamais été imprimé : il estseulement en manuscrit dans la Bibliothèque de T Empereur (e). Nous toucherons quelque chosed’assez curieux concernant le sujet de cet Ouvrage (C).

(A) ll ne mit qu un mots à conquérir l’illyrie.) II n’é-toìt encore jamais arrivé à Rome que l’on eút píutôt aprisla fin que le commencement dune guerre. Cependant ilsalut dans celle-ci prendre la très-torte place de Scodra. Lebon succès fut li entier , que le Prince qu’on avoit à com-batte tomba avec fa mere , fa femme, iès enfans, son fré-té , & tous les principaux de son Etat, entre les mainsd’A nicius , & qu’on fit un butin très-considérable. VoicicommentTite Live en parle: Anicius beilo lllyrico intra tri-ginta dïes perfeSio nuncium vìHori& Perpennam Romeim mifit ,e/ post dies paucos Gentium regem ipsum cum parente, conjugeac liberis ac fratre alûsquc principibus Illyricorum. Hoc unumhélium prius perpetratum quam cœptum Roma auditum est (i).Hoc hélium > dit Florus (a) , ante finitum est , quam geri Ro-ma nunciaretur. Ces prisonniers de qualité ne furent qu’u-ne partie des ornemens du triomphe : les richesses , &c lesdépouilles transportées d’Illyrie , & les libéralisez qu’on fitaux soldats, le rendirent très-considérable. Le Général re-çut plus de louanges de son armée » que Paul Emile, quiavoit triomphé peu auparavant, n'en avoit reçu de la sien-ne. L&tior hune triumphum est fecutus miles , multisque duxipse carminibus celebratus (3). Mr. Lloyd obierve que leConsul de l’an Ç93 est le fils du vainqueur de Gentius; maisil ne cite personne.

(J 3 ) Un Anicius fut le premier grand Seigneur Romainqui embrassa le Christianisme.) Je n en ai point d autre preu-ve que ces paroles de Prudence :

Fertur enim ante alios generostus Anicius urhts

Inlustraffe caput (4).

Baronius conjecture que ce Poète a voulu parler d’AniciusJulianus 3 qui fut Consul l’an 32.Z. Lloyd > beaucoup plusdécisif, assure , fans rien citer, qu’Anicius Julianus fut leprémier Sénateur Romain , qui embrassa l’Evangile , com-me Flavius Constantin fut le prémier Empereur Romain ,qui l’embraíla ; & que de là vint qu’eniuite presque tousles Empereurs prirent le surnom de Flavius, & presque tousles Sénateurs le surnom d’Anicius. Je demanderois volon-tiers des preuves de tout ceci. Si la conjecture de Baro-nius étoit véritable , il faudroit comparer Anicius Ju-lianus avec ce Seigneur François , qui fe fit bâtifer le pre-mier de tous, à l’éxemple de Clovis, & qui prit pourson cri de guerre , Dieu aide au prémier Chrétien. On ditque les Seigneurs de Montmorenci descendent de celui-là , & qu’ils fe font dits par cette raison premiers BaronsChrétiens.

(C) Voici quelque chose d'assez curieux touchant V Anti-Ani-ciens Selon Mr. Bailler, le Manuscrit de Streinnius demeureratoujours fuprimé,pour deux raisons : l’une est celle que Lam-

becius a déclarée; c’est que cet Ouvrage est imparfait : Tarn-tre , plus importante, 8c fur laquelle il n’avoit garde de riendire, est que l’Anti-Anicien n est point composé sur les préjugésdu vulgaire des Pais Héréditaires, ni fur les idées de ceux qui ,pour faire leur cour à leur Empereur,ont fait remonter la Maisond'Autriche jusqu aux Aniciens de Vancienne Rome .... L!Au-teur l’avoit entrepris pour fronder les Moines de St. Benoit enAllemagne , fur ce qu ils paroisfoient infatuez de leur parentéavec la Maison d'Autriche , zv pour réfuter en particulier leLivre d’un Bénéditíin Flamand , nommé Arnold ÌVion , qui,par un enchaînement de rêveries, avoit fait voir les deux bran-ches de la FAmille Romaine Anicia , l’une pour les Princes de .la Maison dé Autriche > l’autrepour son Patriarche S.Benoîtes), (s)$j 1Mr. Bailler ajoute que si Richard Strein n’a point parlé desAniciens dans son Livre des Familles Romaines, c’est parce cVf*que ce n étoit pas une des Familles de la vieille Roche, il nous pag. 22»^aprend que Lambecius avoit conçu le dessein de répondre à suivant 11,l’Anti-Anicien de Streinnius dans les Prolégomènes des Annalesd’Autriche qu il promettoit... & qu’il semble qu’il avoit choisi t il

pour servir de fondement z? de modele à fd Réponse (*) le Li-vre qu un Abbé Bénédiêlin , mais de ïOrdre de Liteaux , nom- jjjyioth.mé Jean Seyfrid,publia douze ans âpres la mort de Streinnius, yiaàcfo 09 *fous le titre á’Arbor Amciana ; mais que, quand ce Seyfrid pag. 4 lS ’auroìt eu intention d’attaquer l’Anti-Amcien, on peut dire que & M*” 11 'Streinnius auroit été vangé suffisamment par Scioppius , qui pu-blia, l’an 1651 , une petite Dissertation , pour tourner en ridi-cule ce Seyfrid zr ses semblables , justement dans le tems qu unautre Moine Bénédìéhn , nommé Bucelin , pour augmenter lenombre des ridicules , mit au jour fan Aquila Imperii Bene-dictina. Ce n étoit plus en cette occasion , continue Mr. Bail-les , ce médisant z? fatyrique Scioppius. C’étoit un fidele zyzélé serviteur de la Maijon dé Autriche, un Conseiller de l’Em-pereur z? du Roi d’Espagne, attaché aux intérêts des Princes deleur nom par plus d'un enchaînement , infiniment plus savantque ces Rêveurs oisifs ; qui s’étoit rendu terrible en matière defaustes généalogies flus de quarante ans auparavant, par fanScaliger Hypoboltmee. Si donc Scioppius, tout dévoué qu il étoitd'ailleurs à la Maison dé Autriche , a cru devoir s'opposer auxvanitez zjv aux chimères de la généalogie Anicieune de ces Moi-nes , c’est un préjugé que leurs inventions ne font point hon-neur aux Princes de la Maison dé Autriche , ni aux disciples deS. Benoît , ZV que /’Anti-Anicien de Streinnius doit être quel-que Ouvrage d’importance. . . . Encore que Seyfrid ait avancéque S. Thomas étoit de l’illustre Famille des Aniciens, il n estpas à espérer qu’un Jacobin François s’avise jamais de faire u »

Aquila Imperii Thomistica. Cet avantage est peut-être ré-servé d quelque Dominicain Allemand ou Espagnol, serviteurzélé de la Maison dé Autriche. Je demande à mon Lecteurde ne me considérer en tout ceci que fur le pied de simpleCopiste.

ANNAT (François) Confesseur de Louïs XIV , étoit de Rouërgue (a). 11 nâquitle s de Février 1790. II devint Jésuite au mois de Février 1607 , & Proses du quatrième vœu ,en Tannée 162.4. II enseigna à Toulouse la Philosophie pendant six ans, & la Théologie pendantsept -, & , comme il s’en aquitta avec éclat, il fut apellé à Rome pour y éxercer la fonction deCenseur général des Livres que la Société publioit, 6c la fonction de Théologien auprès du Gé-néral de la Compagnie. Etant retourné en fa Province , il fut Recteur du College 3 e Montpel-lier , 6c puis de celui de Toulouse. ' II assista à la huitième Congrégation générale des J éíuites quife tint à Rome Tan 1647 : st y assista , dis-je , comme Député de la Province , 6c il y donna tantde preuves de mérite , que le Pere Vincent Carafa, Général des Jésuites, ne trouva personne pluspropre que lui à remplir la charge d’Assistant de France , qui vint à vaquer au bout de dix-huitmois. La neuvième Congrégation générale lui redonna le même emploi auprès de François Pi-colomini, Général de la Compagnie , après la mort duquel on le sit Provincial de la Province deFrance. Pendant qu’il éxerçoit cette dignité , il f u t choisi pour Confesseur de Louïs XIV : 6c,niant occupé ce poste pendant seize ans, il fut contraint de demander fa démission , à cause que legrand âge lui avoit extrêmement affoibli T ouïe. Comme le Roi étoit fort content de lui, il nelui accorda son congé qu’avec beaucoup de regret. Le Pere Armât ne vécut que quatre mois de-puis