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Tome premier. A - B.
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A N N A T. ANNE.

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(g) Nou-velles de laRépubliquedes Lettres,xAvrìl 1700.tk- 477,

(ro) U y adans le PereSotuel Ca-

lumniarum.

fit) Le»Curez* deParis firent

i’Apoiogiede ce Jour-nal,

Viii ér iXLaits.

24 %

en François. Les Latins font beaucoup meilleurs que les autres, parce qu’il avoit aquis plus d’habi-tude de traiter une matière de Théologie selon la méthode dogmatique & polémiqué des Ecoles,que de la tourner selon le génie du siécle. Néanmoins on loue beaucoup dans une Réponse auxProvinciales ce qu’il a écrit en notre langue (/). /

Ce que j’ai dit en général des neveux de ce Pere Confesseur ne doit point être un préjugecontre ieur mérite ; car f un d’eux , qui est Général des Peres de la Doctrine Chrétienne , passepour un homme très-favant, & il a publié en Latin un Ouvrage qui est fort estimé. Ce fi un Ap-parat méthodique pour la ‘Théologie Positive (g). Vous en trouverez l’Extrait dans le Journal desSavans du 13 de Septembre 1700.

tmm Lenem, Apologiftam Jansenii, ZA Commentatorem quin-que Propos tioniim ; Informatio de quinque Propositionibus exTheologiâ Jansenii collettis , quas Epifcopi Gallia Romano Pon-tifie} ad censurant obtulerunt ; Jansenius s 1 homistis gratta perse ipsarn ejjìcacis desensonbus condemnatus. Cav'ûli J anseniano-rum contra latam in ipsos k Sede Apoftolicd sententiam , feuConfutaúo libelli trium Columnarum (jo). Voilà cinq 1 rai-tés dans le III Volume, qui font précédez de quelquesAvertiíTemens au Lecteur, & de quelques Notes fur le Jour-nal de Saint-Amour. Voici quelques-uns des Livres Fran-çois. Réponse au Livre qui a pour titre Théologie moraledes Jésuites ; Réponse k quelques demandes touchant la prèmìe-re Lettre de Mr. Arnaud. La bonnt-foi des Jansénistes dans1a citation des Auteurs ; Recueil de plusieurs saujjetez ZA im-postures contenues dans le Journal de tout ce qui s est passe enFrance sur le sujet de la Morale , ZA de ï Apologie des Gagis-tes (n) ; Remedes contre les scrupules qui empêchent la signa-ture du Formulaire ; Remarques fur la conduite qu ont tenueles Jansénistes dans ïimprefion z? dans la publication du Nou-veau Testament imprimé k Mons ; La DoSlrint de Janséniuscontraire au Saint Siégé Apostolique , z? k Saint Augustin. Jelaisse le Titre de quelques autres : on le trouvera dans lePere Sotuel. Mais pour le dire en passant, lui & son pré-décesseur Alegambe ont oublié une chose qu’il ne saloirpas omettre. Ils dévoient toujours raporter le Titre des Li-vres dans la langue dont VAuteur s’étoit servi, 8c puis letraduire en Latin. On éprouve tous les jours chez les Li-braires , que si l’on demande certains Livres , non par leurTitre, mais par le sens de leur Titre, on s’en retourne fans

les trouver, quoi qu’ils soient dans les magazins, ou dansla boutique des Libraires. Au reste , quelque vieux quefút le Jéiuite Annat , pendant le grand feu de la guerre desJansénistes, au sujet de la signature du Formulaire, ëc tou-chant la Version de Mons , il ne laissoit pas de publier plu-sieurs petits Livres in 4. 11 ne se contentoit pas de servirla caule par l’oreille du Prince , il la vouloir soutenir aussipar sa plume , jusqu a la derniere goûte de son encre.

N’oublions pas les éloges qu’on lui a donnez dans uneRéponse aux Lettres Provinciales de Mr. Pascal , rim-prime'e en Hollande l’an 1696 (iz). „ Mais touchant les„ Jésuites qui se hazardérent à écrire contre Pascal, que„ vous semble du P. Annat , qui est l’Auteur du Livre in-„ titillé , La bonne-foy des Jansénistes , & à qui la dix-sep-„ tiéme & la dix-huitiéme Provinciales font adressées ? Le„ Pere Annat, répondit Cleandre , étoit à mon avis un„ très-bon esprit : les Jésuites ne firent rien de meilleur que,, ce qui parut de luy fur les matières dont on disputoit en„ ce temps-là. Ce bon homme, ( car je l’ay conu tel, 8c„ c’ctoit la modestie même , ) avoit du talent pour écrire,„ même en François, s’il s'étoit un peu plus appliqué à,, l’étude de notre Langue. II luy échape de temps en„ temps des traits aussi fins, aussi vifs, 8c aussi agréables,,, que j’en aye veu nulle part. Je fuis de votre sentiment,„ reprit Eudoxe : 8c , fans parler de fa vertu, que j’ay en-„ tendu louer même à des gens du parti , je luy ay trou-„ vé comme vous beaucoup de justesse d’eíprit, 8c que!-„ quefois une finesse d’expreflìon 8c de raillerie, extraor-,, dînasse dans un Théologien Scholastique

tiens deCleairi reSti’í,aiol e«J. 79s°<£iilion

tfollad 1 '

MI Livrede Samuel,Chap. /.

{b) Là-mcme,Chap. //»

f. 21.

(c) St. Luc,C: - U>

f. 3** ;

1*) cate-

chef. X.

(1) Baïou.in A tjiral.Eccleíuist.Tarn. J. ,ad c.nn. I,num. 41.

(2) oôx,ÁtpífOllo

U- 7 T 0 T#

xaì Èefitréíri^.ciT^svSCrciWfc’ca kccsYpiepcw.C'eft-à’dire,selon la Ver-sion de Genè-ve , Eile nebougeoit duTemple, ser-vant Ditu ,<ni jûnes ôcoraiions,nuit & jour.

f 3 ) Caíau-bon. Exer-cirat.

ANNE, nom de quelques personnes , dont il est parlé dans l’Ecriture. La mere du Prophè-te Samuel s’apelloit Anne : c’étoit une femme fort pieuse, & fort aimée d’Elkana son mari. Elleétoit stérile , & ce malheur l’astìigeoit d’autant plus sensiblement, qu’elle fe voioit exposée par làaux railleries & aux insultes de l’autre femme d’Elkana. Elle fit tant de prières à Dieu , pour avoirun fils , qu’elle fut enfin exaucée ( a ) ; Car Dieu lui donna Samuel, & ensuite trois fils & deux fil-les (b). Le Livre de Tobie, Livre apocryphe chez les Protcstans, fait mention d’A n ne , fem-me de Tobit, & mere de Tob;e. Dans l’Evangile de Saint Luc , il est fait mention d’A nnela Prophétesse , fille de Phaniiel (c). C’étoit une femme fort dévote , âgée d’environ 84 ans, &qui n’en avoit vécu que sept avec son mari. Baronius en a fait une Religieuse cloîtrée , & s’esttrompé en cela {A). L’Evangile fait aussi mention d’ust homme , qui s’apelloit Anne, & quiétoit Souverain Sacrificateur parmi les Juifs , au tems de notre Seigneur. Son gendre Caïpheavoit la même dignité, quand J éíus-Christ fut mis a mort. Quant à Sainte Anne, merede la Sainte Vierge , & la plus célèbre de toutes les femmes de ce nom parmi les Catholiques Ro-mains , elle ne paroit ni en blanc ni en noir dans l’Ecriture. Les Ecrits des trois premiers siéclesde l’Eglise n'en font aucune mention. St. Epiphane est le premier qui ait dit quelque chose d’el-le , & néanmoins les siécles suivans ont débité une fort longue Légende de Sainte Anne , commeon le verra dans l’Article de Saint Joachim son mari. Je m’étonne qu’Erasme n'ait trouvédans les anciens Livres que trois femmes nommées Anne (B).

(A) Baronius a fait une Religieuse cloîtrée d'Anne fille de

Phanuél, ZAs’eft trompé en cela. ] Raportons ses paroles. A«o-modo autetn Anna numquamèTemplo difcejsijjé àicatur,ut méri-ta eandetn S. Cyrillus Hier osoly mit anus (7) religiofijpmam mo-nialcm appellet, consule qua superius diâla sunt de prxsentationeDei genitricis in Templo 'i;. On volt là deux choses : 1,11 prendau pied de la lettre cette expression de St. Luc, elle ne bou-geoit du Temple (z) ; II, il trouve que St. Cyrille a cu beau-coup de raison de donner à Anne la Prophétesse le titre detres-religieuse Nonain. Mais il est visible qu’il ne faut pointpresser les paroles de Saint Luc au delà du íens qu’on atous les jours en vue , lors que , pour signifier qu’un hom-me va très-souvent dans une maison , on dit qu’il rien bou-ge , qu il y efl toujours , tfuon l'y rencontre éternellement, denuit zjr de jour. C’est ce qu’on dit en particulier des fem-mes dévotes > qui vont plusieurs fois le jour à l’Eglise : el-les ne bougent , dit-on, d’auprès des Autels, elles font toujoursen prières ZA en oraisons dans les Eglises. Pour ce qui est deSt. Cyrille , il n’est pas vrai qu’il apelle Nonne la Prophé-tesse Anne. L’interprête Latin de ce Pere n’y a pointpris garde d’affez près. Le mot Grec «o-xjjtjÌ? , àj-xanpíu,n’étoit point tellement affecté aux Moines, 8c aux No-nains, qu’il ne fe donnât aussi à tous ceux qui pratiquaientexactement les exercices de la Religion.. C’est ce quele docte adversaire de Baronius a fait voir très - claire-ment (3). , . ,

(B) fl est étonnant qu Erasme n ait trouve dans les anciensLivres que trois femmes nommées Anne.] La prémiere est lasœur de Bidon : elle fut surnommée Perenna, Ikon la mit,dit-il, au nombre des Dieux , k cause de Vamitié singulièrequelle eut pour sa sœur. Les autres Dictionaires ont re-

porté si amplement les aventures de cette Anne , que jen’ai pas jugé nécessaire d’y toucher. La seconde est lafemme d’Elkana : c est assez. , dit-il, pour la louer , que de di-re , que dans fa vieillesie , ZA par une saveur particulière deDieu , elle accoucha de Samuel , qui fut un Prêtre tr'es-pìetix ,

ZA un Juge trìs-incorruptible. Cujus ad laudem abunàè satisest quod ZA anus , ZA auspice Deo , Samuelem pepererit , nonutique fibi, sed Deo quidem Sacerdotem religtofijf.mum , populoverò Judicem incorruptijstmum (4). La troisième est la merede la Sainte Vierge. 11 dit que cette derniere Anne a été e P‘vk///fort célébrée par Rodolfe Agricola , 8c par Baptiste Man-touan. I! y a là , 8c des péchés d’omiffion , 8c des péchés Jj. '5 0 *de commission. Que lui avalent fait la fille de Phaniiel, r8c la mere de Tobie > pour être ainsi oubliées ? Mais oùa-t-il trouvé que la mere de Samuel fút vieille ? L’Histo-rien sacré ne dit point cela , 8c nous fait plutôt entendrequ’elle étoit encore assez jeune. N’eut-elle pas cinq enfansdepuis qu’elle eut sevré Samuel ? Le même Historien lafait répondre au grand Sacrificateur Heli , qui l’accusoitd’être ivre , qu’elle n’avoit bu ni vin ni biere. Jofephe netrouvant point cela assez singulier , lui a suggéré une autreréponse; savoir, qu’dle ne buvait jamais que de Peau. Mr.

Moréri a mieux aimé suivre l’Historien Juif, que P Ecritu-re. Au reste , la Dame, à qui Erasme a écrit la Lettre oùil parle de ces trois Annes mériterait bien un Article': il laqualifie Annam Bersalam Principem Verianam. Si je puisdéterrer fa famille & ses aventures, je m’engage à parlerd’elle.

Depuis la prémiere Edition de cet Ouvrage, j’ai dé-terré quelque chose touchant ce sujet. Volez PArticleB B B, «AI. A.

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