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Tome premier. A - B.
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B Y B L ï S.

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(c) Ovid.Metam .Ubr.IX, F ab. XI,

st) Ovid.Metam.ilîïï'.IX j Virs.^ 61 ,

(to) Idtm ,

ibidem. Llbr.IXì Vers.qíJ.

(u) nu.

Vers. 470 .

f 12 ) Ibid.Vifs. 47 9 .

(tj) Ibid.Vers. S ai.

( í 4 ) Ibid.Vers. S 3 «. .IJ Amarillisdit PaIlotfido, sanssavoir que lafer sonne dé-guisée en Fillefui sert^Amant , trou-Va néanmoinsime grandedéférence en-tre ses Bai-sers, & ceuxdes autresVilles :Quando laleggiadriffi-ina AmarilliGiudicandoì miei baciïiìi di quel-li d’ogii’ al-tra saporì-ti, Scc.Votez, la l Scè-ne de I ^iéltll an Tastorfido,- pag 8zEdit.de Veni-se, en 1605 ,ìn 4 .

( 15 ) Ovtd.Metam.Libr. iX,V«s SS«.

consuma en larmes, & fut convertie en fontaine (c). II a décrit admirablement les progrès &les symptômes de cette passion incestueuse (B)-, Lc, quand il n’auroit point fait d’autres Vas, ilauroit luffifamment témoigné qu’ii étoit un lavant Maître dans l’Art de peindre l’amour. AntoninLiberalis raconte l’issue de cette afa're un peu autrement (C). Quelques-uns disent j non pas queByblis fut amoureuse de Caunus, mais qu’au contraire Caunus l’aima {D ), & ne put la faire con-sentir

(B) . . ì . Ovide 4 décrit admirablement les progrès e? lessymptômes de fa passion incestueuse.) Biblis, au commence-ment, ne discerna point ce que c’étoit, 8c ne sentit pointson feu: baiser son frere souvent, se jetter souvent à soncou, lui paroifloit une bonne action; elle confondoit celaavecl’amitié légitime qu’on doit à un frere. Elle demeuradans cet état d'ignorance , lors même qu’elle aperçut lefoin qu’elle a volt de se parer, 8c l’envie qu’elle avoit deparoítre belle, quand il s'agissoit de voir Caunus.

Paulatm déclinât amor , visuraque sratremCulta venit, nimiumque cupit formoja videri.

Et, fi qua est illic formofior, invidet i/li;

Sed nondum manifesta jibi est : nullumque fub illéIgné facit votttm , veruntamen etftuat tntus 19).

Cela, ni ìe chagrin qu’elle concevoit contre les Belles duvoisinage, ne l’éclairoit point encore : ion feu brûloit, &n’étoit point lumineux; il n’inspiroit pas encore de souhai-ter le remede. On alla jusqu’à se plaire à donner à Caunusle titre de Monsieur: on aimoit mieux de lui le nom deByblis, que celui de sœur,

fam Dominum appéllat , jam notriina fanguinis odit.Byblida jam mavult quam se vocet illesororem (10);

& néanmoins, pendant qu’on veilloit, on n’avoit pas lahardiesse d’envisager l’espérance. Ce fut en dormant, quel'on commença à s’aprivoiser à de si sales imaginations.Byblis endormie songeoit souvent à son frere, & crut unefois jouir de lui.

placida resoluta quiète

Sape videt quod amat, visa est quoque jungere fratrìCorpus, c? erubuit, quamvis fopita jaciret (n).

Elle en eut honte, quoi que ce ne fût qu’un songe ; maisle lendemain, elle fit bien des réflexions, & souhaita, nonpas de veiller de cette maniéré, mais de dormir fort sou-vent comme cela.

Dummodo tdle nthil vigilans cotnmittere tentent ,

Sape licet simili redeat fub imagine fomnus.

Teftis abest Jomno , nec abost imttata voluptas.

Proh Venus, ev t encra volucer cum matre CupidoiGaudia quanta tuli ! quam me manifesta libidoContigit ! ut jacui totis rejoluta medullìs!

Vt meminijfe juvat ! quamvis brevis illa voluptas ,

Noxque futt praceps, gv cœptis tnvida nostr'ts (12)/

Un peu après, elle se sache que la qualité de sœur lui dé-fende d’espérer celle d’épouse : elle se représente les Dieuxqui ont épousé leurs sœurs , & ne peut croire que cetteprérogative puisse tenir lieu de réglé parmi les humains.

Sunt superìs sua jura : quid ad cœleftia titusExigere humanes, diverfaque fœdera tenta (13).?

Elle veut, ou se délivrer de sa passion , ou mourir: ellesent bien que si son frere savoir le premier aimée, il au-roit été écouté favorablement, d’où elle conclut qu’il fautqu’elle risque de s’ouvrir à lui par une Lettre, íi la pudeurne lui permet pas de se servir de la parole. Elle prend laplume, 8c après mille agitations d’efprit , elle déclare fapassion. Elle représente à son frere plusieurs choses quis’étoient passées, d’où il auroit pu deviner qu’il étoit aimé :elle le fait souvenir de certains soupirs qu’elle avoit pouf-fez , & de la coutume qu’elle avoit prise de l’embrasser, &d’un je ne sai quoi qui pouvoit faire connoîtreque ses bai-sers n étoient pas ceux d'une sœur.

Esse quidem Ufi poterat tibi peâloris indexEt color , V macies , & vultus, g? humida ftpeLumina , nec causa suspiria mot a patents ,

Et crebri amplexus, e? qua, fi forte notafti,

Ojcula Jentiri non este fororia poffunt (14).

Elle proteste qu’elle a fait tout ce qu’elle a pu pour étein-dre cette flamme,& qu’elle n’a recours à lui qu’après avoirinutilement tenté tout autre remede. Elle l’exhorte à lais-ser examiner aux vieillars ce qui est juste ou injuste, & àse servir des privilèges de la jeunesse dans une chose, oùles plus gransDieux servent d’exemple, cr fequimur magno-rum exempla Deorum (ij:, 8c où il n’aura à cra ndre ni l’o-polìtion d’un pere, ni le qu’en dira-t-on , puis que leurcommerce pourra se cacher fous les familiaritez que labienséance autorise entre un frere 8c une sœur. Enfin elleimplore sa pitié , 8c le conjure de ne vouloir pas être lacause de sa mort.

Nec nos aut clurus pater, aut reverentia fama ,

Aut timor impeâiet : tantum abfit causa timendì .

Dulcta sraterno sub nomine fur t a tegemus.

Est mih't libers as tecum sécréta loquendi:

Et damm amplexus , t? jungimus ofcula coram.

Quantum est quod défit ? miferere fatentis amorem,

Et non f assura, nifi cogeret ultimm ardor ;

Neve merere meo Jubscrìbi causa sepulchro (16).

Le porteur de cette Lettre lui vint rendre compte bientôtde sindignation de Caunus. Ce coup la terrassa, 8c la fitévanouir; niais dès qu’elle eut recouvré la connoissancc,elle fit des plaintes qui marquèrent qu’elle ne se vouloirpoint rebuter. Elle se blâma de s’être servie d’une Lettre ,8c se figura que ses Discours auroient pu avoir beaucoupplus de force, 8c que peut-être le messager n’aiant pasbien pris son tems, avoit détourné le bon succès.

Eorfitan e? mijfi fit quidam culpa mìnifiri :

Non adiit apte , nec legit idonca, credo,

Tempora, nec petiit horamque , animumque vacantetn.

Eiac nocuere mihi (iq).

Elle s’avisa de tout ce qui la pourroit excuser dans ses nou-velles tentatives ; tant les passions íont ingénieuses à se fla-ter.tant elles mériteraient qu’on les piit pour des animaux,8c même pour ces sortes d’animaux qui ont le plus d’ín-dustrie à chercher leur nourriture ! Elle résolut de se décla-rer de vive voix : elle parla. 8c reparla, sans que l’inutilitéde ses prières la décourageât jamais. Caunus, las de refuseravant qu’elle sût lasse d’être refusée, abandonna le pais.

Si Ovide n’avoit pas mérité en cet endroit-ci, autant oùplus qu’en mille autres, la censure des Grammairiens, quiont trouvé qu’il s’arrêtoit trop fur les détails, il auroit faitune peinture achevée. Lascivior ahquanto est Ovidius,inquit Fabius Lib. jo. lnstitutionuin, 1 Cap. 8í nimius ama-tor ingenii fui, zvmox: Ovidii Medea videtur mihi oíìen-dere, quantum vir ille prœstare potuerit, si ingénie suotemperare , quam indulgere maluiifet. Et hic fane faten-àum est , lafcìvire ipfius ingentum , natlum f cil. materiam fe-quacem er genio fuo affinem (_i8). Notez que je ne marquequ’une partie des traits dont il s’est servi.

(C) Antonin Liberalis raconte l'iffue de la passion de Byblisun peu autrement qu Ovide.) II dit que Byblis, recherchéeen mariage par de grans partis, les méprisa tous; & quene pouvant résister à la furieuse passion qu’elle avoit con-çue pour son frere, elle résolut de se jetter du haut en basd’une montagne. Elle étoit prête d’exécuter ce dessein,lors que les Nymphes touchées de compassion l’en empê-chèrent. Elles firent plus ; car elles [endormirent pro-fondément, 8c lui changèrent pendant ce sommeil sa con-dition humaine en la condition des immortels : elles lanommèrent la Nymphe Hamadryade Byblis, 8c l’aggrégé-rent à leur Communauté. L’eau, qui découloit de la mon-tagne d’où elle avoit voulu le précipiter . fut apellée leslarmes de Byblis (19). D’autres'prétendent que la fontai-ne qu on apelloit Byblis se forma où cette fide avoit pleu-ré , & s’étoit pendue (zo).

(D) Quelques-uns disent . ... que Caunus l’aima .] L’u-ne des Narrations de Con on , desqueiles Photius nous alaissé des Extraits, porte que Caunus, aiant emploie inu-tilement plusieurs moiens pour obtenir la jouissance de By-blis fa sœur, s’e .ila lui-même. On ne fut point ce qu’ilétoit devenu. Cela fit un si grand chagrin à Byblis, qu’ellese mit à mener une vie vagabonde; 8c enfin, elle sc sen-tit iì angoissée, rQç ré; scteAíT; iu.ipx<; dsrltyoptúísis-ci, O bfruftratos amores anima fraïïa (21), en considérant le mau-vais succès des amours de Caunus, qu’elle fit de fa ceintu-re un licou, & sc pendit. Caunus, errant par le monde,vint en Lycie, où la Naïade Pronòé lui annonça que l’a-mour lavoir vengé, vu que Byblis s’étoit pendue. T« «

trmcuxsttrsct, f) Ktytí, siùi à 5 í%çríis-c(To ïcû 'épari 1h-

xurì: c’est-à-díre, selon la Version d’André Schot, QuaByblidi accidijjem nárrat, utque amore fit coaSla mort. „ Ma-,i riez-vous avec moi „ ,ajoûta-t-el!e , „ vous régnerez„ fur ce païs-cì „. La proposition fut acceptée (22). Par-thenius raconte, I, que Nicœnetus avoit débité que Cau-hus, aimant malgré lui fa sœur, sortit du pais, & s’en-gagea à de longs voiages ; 8c que Byblis fut bien afligéede l’absence de son frere : II, que la plupart des Auteursraportent que ce fut elle qui aima Caunus, 8c qui le priade ne faire pas le cruel; qu’il abhorra cette vilaine propo-sition , 8c fe retira chez les Leleges , 8c y bâtit une villequi fut apellée Caunus ; 8c que Byblis, volant d’un côtéque fa passion duroit toujours, 8c de l’autre qu’elle avoitcontraint son frere à sortir de son pais, fut accablée de tantde douleur, qu’elle se pendit à un arbre (23s. Le Scho-haste de Theocrite a suivi la tradition la moins commune :

íJS ( Bw^AíJe; j dït-il , npcctrB-Eiç 0 Kas vvoç , ùrrsXtTrs Mito*

xo» (24). Etienne de Byzancc a suivi l’autre tradition, sa-voir que Byblis, amoureuse de son frere, s'étrangla à cau-se qu’il avoir pris la fuite (25). Hygin sc contente d’assu-rer que la passion, qu’elle avoit conçue pour son frere, 1*porta à se tuer (26). Eultathius dit la même chose (27); &■voici deux Vers d’Ovide conformes à la même tradition.

Byblida quid referam , vetito qua fratrts amoreArfit, (V est laqueo Jirtiter ulta nefat (28).

(iS> Ovid.Metam.

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