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& dans la Morée; Lc,après fa guérison,il continua de visiter les lieux voisins de Methone. Ëtanfretourné en son pais , il fut Gouverneur des fils d’Antoine de Vienne, Baron de Clervant , Sc ilvoiagea avec eux en France, en Allemagne, & en Italie. II avoit laissé chez fa sœur, à Mom-beliard, les Antiquitfcz qu’il avoit rassemblées avec tant de peine, Lc il eut le chagrin de les per-dre presque toutes, lors que les Lorrains ravagèrent la Franche-Comté. II n’eut de reste que cel-les qu’il avoit fait transporter à Mets avant l'invasion; mais comme on savoit qu’il vouloit don-ner au public un gros Recueil fur cette belle partie de la Litérature, on lui envola de toutes partsplusieurs desseins Lc plusieurs craions des vieux Monumens. II s’étoit établi à Mets, & il y mou-rut le'30 d’Oélobre xóoz (a). Les Ouvrages qu’on a de lui sont estimez des Antiquaires (B),Sc sont devenus fort rares. II fe mêloit de la Poésie Latine (C). Par un Passage que je citeraiailleurs (b) , on aprendra qu’il fut au service du Cardinal Garasse.
(■B) Les Ouvrages qu on a de lut font fort estimez des Anti-quaires. ] Ses Antiqttitez Romaines , divisées en six Parties,font IV Volumes in folio. Elles contiennent plusieurs Es-tampes, qui furent gravées, celles des deux premiers To-mes par Théodore de Bry (z), 8c celles des autres Volu-mes par les deux fils de ce Théodore (z). De plus, Bois-sard publia la Vie de 198 Personnes illustres, avec leur Tail-Je-douce. Cet Ouvrage est divisé en quatre Parties in 4,qui furent imprimées à Francfort, la I l’an 1597, la II 8cla III Pan 1598, 8c la IV Pan 1599 (4). Son Traité deDivinatione z? Magicis Prastigiis fut imprimé après fa mort.Je laisse là ses Emblèmes, Lee.
(C) ll fe mêloit de la Poéste Latine .] Je n’ai point l’Edi-tion de Mets, en 1589, in 8, qui est dans le Catalogued’Oxford: je n’ai que celle de Bâle, en 1574, in 11. Ellecontient trois livres à’Epigrammes , trois livres $ Elégies , Lctrois livres de Lettres.
Si ces Vers-là ne méritent point toutes les louangesque Borrichius leur donne, ils ne méritent pas non plusle mépris que quelques-uns ont pour les Vers que Ja-ques Boissard a mis au dessous de la Taille-doucedes Hommes illustres (O- Gruterus a donné place auxPoésies de cet Auteur dans les Délices des Poètes Fran-çois.
BOLEYN (Anne) femme de Henri VIII Roi ssAngleterre, étoit de meilleure Maisondu côté de fa mere, que du côté de son pere, puis qu’elle étoit sille.de Thomas Boleyn, qui n’é-tOÌt W? Chevalier, & d’une fille du Duc de Norfolc « Elle naquit l’an 1507, & fut ame-d’Eiizabeth, nee en Ëiance à l’âge de sept ans, par la sœur de Henri VIII, femme de Louis XII. Elle neP“.i- repassa point en Angleterre, lors que cette Reine s’y retira après la mort de son mari : elle s’arrêtaau service de la Reine Claude, femme de François 1 z & après la mort de cette Princesse, elles Z m e, d “‘ da entra chez la Duchesse d’Alençon (b). On ne fait pas bien l’année de son retour en Angleterre :c Vnst,n. quelques-uns veulent que ce soit l’an 1 f 17 ( c ); d’autres l’an if2,f {d). Ce qu’il y a de certain,(i) Butnct c’cst qu’elle entra fille d’honneur chez la Reine Catherine, & qu’elle donna de l’amour au Roi.ìa R°f e de Elle fe conduisit avec tant d’adresse, qu’en refusant de contenter la passion de ce Monarque, elletìond'An. 3 ' S en à aimer pour le Sacrement. Ce Prince, trompé par les artifices de cette fille, crut qu’il nejouirait d’elle que sous le bénéfice du mariage; & c’est ce qui l’engagea à pousser l’affaire du di-losV}’^ vorce, Sc à l’exécuter enfin avec tout l’éclat que chacun fait. Ce qui, dans une autre rencontre,O)u - " soroit fort louable, est le principal crime d’Anne Boleyn : avoir refusé de complaire à un Monar-fig.u™ emc ' que amoureux, à moins qu’il ne répudiât íà femme, est une faute bien plus énorme, que n’auroitU) Le été de devenir fa concubine. Une concubine n’auroit pas détrôné une Reine, & ne lui auroitGrand 'hìr ôté, ni fa couronne, ni son mari; au lieu que l’artificieufe Anne Boleyn, en frisant la chaste Scfovorced la scrupuleuse, ne songeoit qu’à l’usurpation du trône sur Catherine d’Aragon, Sc à l’exclure elleHeaiì C vui, & sa fille de tous les honneurs qui leur étoient dus. Quoi qu’il en soit, Henri VIII l’épousa sé-*•»».//,ms. crétcmcnt le 14 de Novembre 1732. (e), sans attendre qu’il y eût sentence contre son mariageavec Catherine d’Aragon ; Sc dès qu’il s'aperçut de la grossesse de so nouvelle femme, il renditpublic son mariage, & fi c déclarer Reine d’Angleterre Anne Boleyn,la veille de Pâques 1733 (/)»Sc couronner le x de Juin suivant (g). Elle accoucha le 7 de Septembre 'h) , Sc continua d’ê-tre fort aimee du Roi, jusques à ce que les charmes de Jeanne Seymour eurent embrasé le cœurde ce Prince 1 an if 3<í (i). Alors il paria de l’amour jusqu’à une haine violente pour sa femme.II la crut impudique: il la fit emprisonner; & lui fit faire son Procès {A). On la condamna à
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éditions ôt
Corrections
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Réfor.d ’a n-2 nttm, x,
O BurnetHist. de l a 'Reformât.d ’ An gl«.'
* P*rt. Lh r .u >pag. 468.
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1 ®) M avoitT Cordelier,. «on Caen.
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(A) Henri VIII lui fit faire son Procès. ] Sanderus a dé-bité que le propre pere d Anne fut de ceux qui la condam-nèrent. Le Docteur Burnet, fur la foi d Heilin , avoitdébité la même cliofe; mais il s’en rétracta dans les Ad-ditions (1). h avoit trouvé le Regître du Procès, 8c n a-voit point vu entre les Juges le Comte de Wiltshire. C estainsi que s’apelloit en ce tems-là le pere d Anne Boleyn.II est remarquable que cette Reine/«r accusée du crime deleze Majesté, pour avoir couché plufteurs fois avecson frere,tr avec quatre hommes-, pour leur avoir déclaré a Vst**, < l uejamais le Roi n avoit eu son cœur-, pour avoir dtt a chacun
d'eux, qu elle l'aimait plus qu aucune autre personne", Z? pour
avoir traité injurieufement le sang royal. Or c étoit là , sui-vant la loy faite peu auparavant,un crime de leze Majesté-, zeron fe servit ainsi contre cette malheureuse Princesse de la memeloy qui avoit d’abord été faite en fa saveur, ZV en saveur deses enfans (1). L’Evéque d’Amelia est allé plus loin queSanderus; car il a dit que Thomas Boleyn présida au ju-gement de fa fille. Poen& ministrum filix fortuna patrem dé-dit , qui forte capitalium rerum Judex adverfus eam capit'tsfententiam tulit (3). Ce qu’il dit. que tous ceux qu’on ac-cusa d’avoir eu commerce avec elle, l’avoiiérent à la ques-tion , est démenti par Mr.Burnet, qui observe qu’il n’y eneut qu’un qui avouât. Ce fut un Musicien nommé Sme-ton; il convint qu il avoit couché trois sots avec la Reine (4).II est remarquable, que fous le long régné d’Elifabeth, onn’a point tâché de justifier fa mere. Les Catholiques s’enfont prévalus ; mais on leur répond qu’ils feroient mieuxde louer & d’admirer la prudence d’Elizabeth, Lc celle deses Ministres (çj. Elle eût cru affoiblir ses droits, en tâ-chant de les défendre; Lc il eût falu avouer certaines cho-ses d'Anne Boleyn, qui auroient fait quelque préjudice.
Je pourrois nommer un Historien, qui raporte queThevet, Capucin François (6), débite dans le chapitre Vau XVI livre de fa Cosmographie universelle, que plu-
sieurs Gentilshommes Anglais Pavaient ajfeuré que le MusicienSmetton s’étoit dédit, zsr repenti d'avoir perdu la Reine parune fausse accusation. J'ai voulu vérifier la'chose, quoi queje fusse que l’autorité de ce Moine est immédiatement audessous du rien; car c’est un homme dont les Livres fontremplis de fables, Lc d’ignorance: c’est un menteur fansjugement , Lc fans esprit. Mais néanmoins, j’ai vouluêtre témoin oculaire de ce qu’il a écrit là-dessus, & voicice que j’ai trouvé dans son Ouvrage: Plusieurs Gentilshom-mes Anglais mont asfeuré qu’Henri VIII eut belle repentantedes offenses par luy commises, estant à l'article de la mort; zsrentre les autres choses, de ïinjure zsr crime commise contre ladi-te Royne Anne de Boulan , faulfement vaincue ZV accusée de cequ on lùi imposait (7). II n’a dit quoi que ce fût de la re-pentance, ou de la rétractation du Musicien ; Lc l’on ne sau-rait ,1a recueillir de son discours par la voie des conséquen-ces, vu qu’il seroit très-poslible que cet homme eût persé-véré jusques à la fin dans fa prémiere déposition ou dansson aveu, Lc que néanmoins Henri VIII eutoprimé parde faux témoinsl’innocence de la Reine. Au fond, le té-moignage de Thevet n a point de force, puis qu’il ne nom-me point les Gentilshommes qui lui avoient dit cela ; Lcqu’en cas qu'ils sussent amis de la Reine Elizabeth , ilfaudroit les soupçonner de prévention, Lc d’avoir avancédes choses fur des bruits vagues, ausquels ils n auroientajouté foi qu’à cause qu’ils les auroient trouvez conformesà leurs désirs. II y a une autre circonstance, qui énerveici l’autorité de ce Moine: c’est qu’rl parle de la Reine Eli-zabeth comme un homme qui espéroit d’en recevoir unprésent. Princesse , dit-il (8) , autant généreuse, libérale àï endroit des hommes de savoir, ZV en toutes ses aillons chas-te, ayant eu de tout temps lês bons esprits en fingulicre recom-mandation , autant que nulle autre de ses devanciers. II l'ex-cuse même de ce qu’elle avoit introduit dans son Roiaumcle Calvinisme.
Ffff a
{é) DaritRune dcímarques deR ^initieBaux. IV,
(s) VotezBaillet,Jugemensfur les Poët,mm. I3js,
(e) Burnet,Hist. de laReforma-tion d’An-gleterre,Lìvr. Il,pag. 2JÍ-.
(/) Lk-même,pag. 30j.
(g) Là mime ,pag. 307.
(h) D'mePille, qui aété la "ReineElizabeth.
(i) BurnetjHist. de laReformât.d’Anglet.Livr. III e
pag. 455*
(7) Tlievét,Cosmogra-phie Uni-verselle,Li-u. XVI,Chas. V, folio«57 verso.
(S)Li mime }folio «59,