6oz
. f*) Tiré dUGhilini,Tcatrotí'Huominiillultri 3 Tom,7 °.
(I) Thnan.'l.'br. XXVI,t ‘53 8.Mns U Ghi-liíiì> Tom. I,pag, 70, metla. mort deBonfadio ài'm 15 j X.
(4) Ghilini,T eatrod’Huominijillultri,
?--L- 4 .
(5) Ménage,Anti-Baillet,Chap.
LXXXIX,
(6) Vans letrouverez,dans les Dclí-ciit Poëta-min Italo-lum.
f7) Vain.Ghilini,
Il , &Mr. Teiíïìer,Elog. Tons-/, /■<**, i8rEdition de1656.
(8) ScipioneAmmirato,dans son Ri-tíatto delBonfadio,cite pi r Mé-nage, Anti-Baillet, Chap ,LXXXIX,
(ç) Le mêrneycité ià-mime.
fio) Thuan.Lìhr. XXVI >pag. 538.Notez, queKonig, aislieu de Ge-jiux , a misGencva: ;ce qui fait ungros mensonge .
(u) Ména-ge , Anti-Baillet, Chap.LXXXIX ,
su) Dalfuoeo tlitiobwftelito w*'parue Giaco -ma Bonfadio,Boccalini,Ragguaglidi Parnaslo,Cemtir. I ,Cap, XXXV,p>i- >° s »
B O N F A D I U S.
cher fortune par une autre voie. 11 ne trouva rien dans le Roiaume de Naples, où il efra assezionrr-tems : il alla ensuite à Padoue, & puis à Genes, où il fit des Leçons publiques fur la Poli-tique d’Arillote. On le chargea d’en taire aussi fur la Rhétorique j &, comme il y réùíïïflbitbien, il eut un grand nombre de Disciples qui alloient aprendre chez lui les belles Lettres. Sa ré-putation s’augmenta de jour en jour,desorte que la République de Genes le fit ionHiítoriographe,& lui assigna pour cette Charge une fort bonne peniion. il s’apliqua de toutes ses forces à lacomposition des Ammles de cet Etat-là, Sc en mit au jour les cinq premiers livres. II y parlatrop librement, Sc trop satiriquement de quelques familles ; Sc par là , il fe fit des ennemis quirésolurent íîi perte. Ils le firent accuser du péché contre nature ; Sc comme il se trouva des té-moins pour l’en convaincre, il fut condamné à être brûlé (a) (B). Quelques Auteurs disent
que la sentence fut executée selon sa forme Sc teneur ; mais d’autres assurent que les sollicitations
de ses amis firent commuer la peine, Sc qu’il fut décapité (C). Ceci arriva l’an ifrio (b). Ceuxqui blâment son imprudence n’ont pas tort, Sc sc font mal trouvez de savoir copiée (D). On
a de lui quelques Harangues , quelques Lettres , Sc des Poésies I.atines ísi Italiennes. II écrivit un
Billet à Jean Baptiíìa Grimaldi le jour de l’exécution,afin de témoigner fa reconnoissance aux per-sonnes qui avoient tâché de le servir. II s’engagea à leur aprendre comment il se trouveroir dansl’autre monde , si cela sc pouvoir faire sons les épouvanter. II n’eít pas le seul qui ait fait detelles promesses (E). II leur recommanda Bonfadino son neveu, qui est peut-être le Pierre
Bon-
(B) On t accusa du péché contre nature, C? . . . il sut con-damné à être brûlé. ] On l’accusa d’assouvir cette brutalepassion avec un de ses disciples. Fu calunniato, che ïndottoda smisúrato e pazzo amore, che ad un bellifíïmo giovanettosuo Scolare portava, con ejso le sozze e impudiche sue voglie sfo-gajse ; fopra di questa imputazione fu subito carcerato;e da tes-timonii di (i grave e enorme eccejso convint0, su condamnato alsuoeo , nel quale fini i suoi giorni l'anno rçjr (4}. Voila leGhilini qui reconoit la justice de l’accusation. Le Cava-lier Marin ne sa pas moins reconue : votez les deux Ma-drigaux de ses Ritratti, que Monsr. Ménagé raporte (5).Paul Manuce la reconoit pareillement dans le Poëme qu’iladresse ad eos qui laborarunt pro salute Bonsadii (6). Voicicomment il parle :
Lapsus erat miser in culpam Bonfadius , indexDetulerat patribus , nec inani teste probarat.
&utd facerent legutn custodes! legibus utiCoguntur.
Mais d’autres prétendent que Bonfadius fut oprirné parla calomnie. C’est le sentiment de Giovanni Matteo Tos-cano dans son Pépins Itali* (7), où nous trouvons ce qui fuit t
Hatuì minus ïntumuit nuper Benacus alumniBonsadii , ac Mufis, doble Catulle , tuis.
Bis t amen infelix; rapuit nain Roma Catullum,Bonfadium letho das scclerate.Lìgur.
Historia sternum cujus fera Genua vivis ,lmmeritum fevà lege necarepotes!
Mitius est quod te fpumanii vertice marmorTundit; c? es scopulis durior ipfa tuis.
Scipione Ammirato ne prononce ni pour ni contre, & pa-roit néanmoins plus disposé à douter de l’innocence de Bon-fadius. Vous verrez dans les paroles qu’on va citer, quela vraie cause des persécutions qui furent faites à ce misé-rable , fut qu’il portoit la jeunesse à desaprouver le Gouver-nement qui étoit alors établi. Trovato che egli tirava la gio-ventu a governo contrarie di quello che allora ji era tndiritto,sotto colore d'itnpudici amori gli poser le manì addojso : e perav -Ventura non trovatolo senza colpa, il ccndennarolo al fuoeo ,Del cattivetto ; per che sojse meno feusabile ; st leggono ancorrime , le quai par che rendan teftimonianza di cotefla sua incli-nazione (8). II y a beaucoup d’aparence qu’il étoit coupa-ble du crime énorme dont on l’accusoit; & qu’il n’en eûtpas été puni, s’il n’eùt fait quelque autre chose qui l’exposaà la haine de certaines gens.
(C) . d'autres disent quilsut décapité.] Boccalin ,
le Ghilini, le Cavalier Marin, & quelques autres, assurentqu’il fut brûlé: Scipione Ammirato le dit aussi. Gfutsto mi-sero col suoeo in Genova . . . vedemmo terminare l'inselice vi-sa (9). Mais Mr. de Thou est plus croiable quand il ditqu’on trancha la tête à Bonfadius. Ob rem tacendam Gé-mit . . . securí percujsus (40). Lisez ces paroles de Monsr.Ménagé : „ II est vrai qu’il fut condamné à être brûlé;,, mais, à la sollicitation de ses amis, 8c particulièrement,, du jeune Grimaldi, son supplice fut changé, 8c il ne fut„ que décapité. C’est ce que nous avons appris du Poëme
Latin de Paul Manûce, intitulé Ad eos qui laborarunt pro; salute Bonsadii, imprimé dans le Delicit Poétarum Italo-’’ rum. Voici l’endroit de ce Poème qui regarde ce clian-” gement de supplice :
,, Rxprimitur tandem hoc invita a fudice, vivus„ Ne comburatur crepitanti deditus igni:
„ Tum se carnificï savo Bonfadius ultrò,
„ Mente Hetim speSlans, anima ìmperterritus offert.
„ ìlle ministerio propere funfturus iniquo ,
„ Terribilis rigidam suspendit ad alta securim (n).
(D) Ceux qui blâment son imprudence n ont pat tort, & ftsont mal irouvez de lavoir copiée.] J’ai en vue Boccalin,qui supose que les plaintes de Bonfadio sortant des flam-mes (n), furent rejettées par Apollon; & que cette Di-vinité du Parnasse lui déclara, que quand meme il auroit
été innocent du crime qu’on lui imputoit, il auroit été pu-ni justement, pour avoir eu la folie de flétrir l’honneur dequelques familles puissantes. On lui représenta qu’un His-torien judicieux imite les vendangeurs & les jardiniers: ilattend à parler des faits, que ie te m s les ait meurìs, c’est-à-dire, que les personnes qui ont commis une action mau-vaise soient mortes, 8 c que leurs enfar.s ne puissent pas fevanger de celui qui la publie. Che isaggi virtuosi nello scri-•ver le Historie molto prudentemente st constgliavano, ail ho-ra che imitavano i vendemtatorì, egl'altri accorti de' frutti,i qpJ^ percioche conoscevano , cho cosa poco grata havrebbonosatto a gli huomini, se dalle viti tagliando l'uva immatura,e da gli alberi staccando i pomi acerbi gli havejsero portati almercato , qttella necejsaria patienza havevano , che fi conveni -va anco gli Historici di lasciar che il tempo conducestc i fatti , «le cosepajsate alla perfettione loro (13). On lui allégua Ta-cite, qui eut cette précaution, 8c qui aima mieux offenserles loix de l’Hiítoire, que de s’exposer au péril. Che lostejso gran Maestro de gl Historici saggi Tacito , ail hora che negli scritti suoi saceva mentione di quei Senatori grandi , cheTiberio régnante pœnam vcl infamiam subiere ail’ hora, che flg.poster! manebant, Tac. lib. 4. Ann . faggxamente alzavalapenna délia carta , pìu toflo eleggendofi di offender le leggi histo-riche, che pregiudiedre alla riputatione di quelle famiglie, chenon di ait ra cosa erano conojcìute far capital maggiore, che del-l'honore , stimando quellhuomo stngolare ad un’Historico estercosa di troppo evidente pericolo , nimis ex propinquo diverfaarguere. Ta. 1 . 4. An. ( >4). Voilà comment l’iiommefait mieux conoitre les Maximes de la prudence, que lespratiquer; car nous avons vu que Boccalin perdit la vie,pour avoir parlé trop librement contre l’Espagne (13). Lesconseils qu’il fait donner par Apollon sont lans doute ju-dicieux. Rien n’est plus beau dans la théorie, que les idéesdu Législateur des Historiens : il leur commande de n’oserdire rien qui soit faux.&d’oser dire tout ce qui est vrai(ió);mais ce font des loix impraticables, tout comme celles duDécalogue dans l’état où le genre humain sc trouve. S’ilétoit permis de comparer les choses humaines avec les cho-ses divines, l’on diroit que le Législateur des Historiens aimité le Législateur des Juifs : il s’est réglé fur l’état del’homme innocent, 8c non pas fur l’état de l’homme pé-cheur: il a fuposé ce franc arbitre perdu, 8c ces grandes for-ces que l’homme auroit eues, s’il eût persévéré dans son in-nocence originelle. Remarquons Tailleurs une grande dis- viri ’scsie-férence entre des loix si semblables. II n’y a qu’une parfaitesagesse, qui puisse accomplir le Décalogue; 8c il faudroit f° ie> Là- 11 *être d’une folie achevée, pour accomplir les loix de l’His- w * v ‘toire. La vie éternelle est le fruit de l’obéïssance au Dé- vtìtr. I* ucalogue; mais la mort temporelle est la fuite presque iné- Tr ‘^ e ;Jdtvitable de l’obéïssance au Légifltteur des Historiens. 1 pjctiofl*’”
( E ) ll s’engagea k leur aprendre comment il fe trouverait “ & iV
dans lautre monde . Il n'est pas le seul qui ait sait de ptr.gr*! 1 *'
telles promesses.] Voici ses paroles: Se da quel monda di 1 *st potrk dar qualche ftgno ftnza spavento , lo saro. EllcSsont tirées du Billet qu’il écrivit à Giovan Battista Grimai- fení .di: vous le trouverez tout entier dans l’Anti-Baillet (17) :
Mr. Ménagé l’a pris d’un" Recueil de Lettres Italiennes, inti-tulé Lettere di diveril Uomini illustri raccolte da diversl li-bri, imprimé in 8, in Trevifo, appresso Fabricio Zanetti,en 1603. Le Barnabite Earanzanus avoir sait la même pro-messe, 8c ne l’exécuta point. J’en parle dans son Article.
On prétend que Marsile Ficin, s’étant engagé à la mêmechose , tint sa parole : lisez ce Passage de Pierre de St. Ro*muald. „ Marciile Ficin, Prestre de Florence, grandPhi-,, losophe, Platonicien, 8c grand Théologien, mourut, 8 c„ aussi-tost son esprit, sous la forme d’un Cavalier vestu,, de blanc, monté fur un cheval de mesme couleur, cou-,, rut à toute bride vers la porte du logis de Michel Mer-„ cat son intime , aussi grand Philosophe Platonicien, qui,, estudioit lors fur l’aube du jour en son cabinet en une„ ville assez esloignée de Florence, 8c luy cria que les dis-,, cours qu’ils avoient tenus ensemble touchant l’autre vie„ estoient véritables; 8c cela dit, il retourna courant d’ou„ il estoit venu, 8c fe déroba promptement aux yeux de„ son amy , qui luy crioit qu’il l’attendit. C’est ce qui„ luy advint, à cause du pacte qu’ils avoient faitensem-
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