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Tome premier. A - B.
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BONFADIÚS. BONFINIUS.

Bonfadìus dont on voit des Vers dans le Gareggiámenio Poïtico del confuso Accadanïco ordila.C’eít un Recueil de Vers, divisé en VIII Parties, 6c imprimé à Venise l’an 161 l.

,, ble fous le bon plaisir de Dieu j que le premier mourant,, viendroit dire au survivant si les choses se pafsoient en,, l’autre Vie comme Platon savoir escrit en son Livre de„ slmmortalité de famé. Le Cardinal Baronius afleure>, avoir ouy raconter cette Histoire au petit-fils de Mer-,, cat (18) Notez que Baronius,’raportant cela dansle V Volume des Annales de l’Eglise (19), observe queMichel Mercat, qui avoir toujours vécu exemplairement,& comme un bon Philosophe , poussa plus loin fa vertu- depuis cette aparition; car il renonça à l’étude de laPhi-

Hutotk^ losophie, & s'apliqua tout entier à l’afaire du salut. L’An-

2 sT’, naliste ajoute que ce qui concerne la promesse réciproque

- 1,aU tjue Marche Ficin & Michel Mercat se firent, de s’avertirde l’état des choses après cette vie, &c, étoit attesté parplusieurs Savans, 8c avoir été souvent raconté au peuplepar les Prédicateurs. Hattd inexplorata référant , sed qui. com-flurium erudìtorum virorum scimus ajfertiòne firmata immoC ? à religiofis viris ad ptpulum pro concione sape narrata (jo).Cest dommage que Michel Mercat n’en ait point laisséune Attestation juridique fous serment, 8c enregìtrée dansles Archives de Florence. 11 eut grand tort de ne le pasfaire. Son petit-fils Michel Mercat, qui fit ce Conte àBaronius, étoit Protonotaire de l’Eglise , 8c recommanda-

it*) lierreSaint

Itòmuald,

Abrégé

Chronolo-gique 5 c

M 99 .('!>) Baro-

nius, ad ann,411, num,69 .

ǰ) Idem,ibidem.

(jt) idem,ibidem.

(21) Seneca,U c Tranqui-lit. Animi,Cap. XIV,pag. « 71 .

De qjjet.-ze natureest la Preuvetirée de l’A-paritiond’une Ame !

ble par sii probité, 8c par son savoir (21).

L’endroit, où Seneque raconte la tranquillité d’espritavec laquelle Canus Julius alla au dernier suplice, est ad-miuible; Cet honnête homme fut condamné à la mortjvar Caugula, 8c ne fut exécuté que dix jours après fa con-damnation. II les passa fans nulle inquiétude ; 8c lorsquil fut averti qu il faloit aller au lieu de l’exécution, ilne perçut nen de fa gaieté. Pourquoi vous afligez-vous? di-oit .1 a ses amis., Vous cherchez fi l ame fubfifte après nitremort, je le saurai bientôt. Le Philosophe, qui l’accom-pagnoit, lui demanda, A quoipensez-vous maintenantì feme propose, répondit Canus, de bien observer ji mon ame s’a-percevra de fa sortie. II promit que s’il aprenoit quelquechoie , >Fviendroit voir ses amis pour leur déclarer sonétat. Tristes erant amici, talent afttì(suri virum. Quid mœs-tl ( j estis? Vos quatritis, an immortales animee lìnt:

ego jam íciam. A ïec defiit, in ipso veritatem fine scrutari,ex more suo quastionem habere. Prosequebatur illum Philo-Jop us suus; nec jam procul crat tumulus, in quo Ca/ari Deor.ojtro situât quotidianiimsacrum. Quid, inquit, Cani, nunccogitas, aut quae tibi mens est? Observare, inquit Canius,proposui illo velociffimo momento, an sensurus fit animus ,exile se. Promifitque, fi quid explorajjet ,circumiturum arni-cas , o 1 inàicaturum quis effet animarum status (22). Sene-que ne nous dit point si l’on aprit quelques nouvelles de ceJulius en conséquence de cette promesse.

On sera peut-être bien aile que j’examine ici deux Ques-tions qui se présentent naturellement. La prémiere est,

! “ am . 1S ce Julius eurent quelque bon prétexte deL, e immortalité de lame , en naprenant pas lesnouvelles qu il leur avoir fait espérer? la seconde , s’ilseussent cu un bon fondement de croire l’immortalité de1 ame , en cas qu ils eussent apris de ses nouvelles par quel-que fantôme? r ^

I. Je répons, quant au premier point, qu’un tel prétex-te de mettre en doute l’immortalité de l’ame feroít très-mauvais ; car encore qu’on eùt pu donner une fort bon-ne raison de la nullité oes promesses de Julius, en fupofantque son ame ne subsistent plus, il ne s’ensuit pas qu’on aitdroit de sc servir de cette Hypothèse , pour marquer lescauses de ['inexécution de fa parole. Quand on peut expli-quer un phénomène par trois ou quatre iupositions proba-bles , il n’y en a aucune qui puisse former une juste con-viction. On ne peut donner une preuve démonstrative,que lors que les Hypothèses différentes de celle que 1 onemploie font, ou impossibles , ou manifestement fausses.

Puis donc, qu’en fupofant l’immortalité de lame, on peut

donner de bonnes raisons pourquoi Julius ne revint pointdire à ses amis en quel état il étoit, on peut fort bien re-jettes l’Hypothese de la mortalité de l’ame, encore qu estésoit très-propre à expliquer cet événement. On peut su-poser avec beaucoup de raison, ou qu’une ame séparée deson corps ne se souvient point de la promesse qu elle a fai-te pendant cette vie ; ou que si elle s’en souvient, elleignore les expédiens de l’accomplir, ou n’a pas la libertéde les mettre en œuvre, soit quelle n’ose, soit qu’elle neveuille désobéir aux volontez de quelque cause supérieure

qui lui défend tout commerce avec les humains. Disonsdonc que les amis de Bonfadius eussent été de très-mauvaisraisonneurs, s’ils eussent voulu inférer la mortalité de l’ame,de ce qu’il n’eût point tenu la parole qu’il leur donna.

11 . Le second point est plus délicat, 8c je fais d’abordune distinction. Si quelque fantôme foi disant lame dcJulius se fût montré aux amis de ce Romain, 8c leur eutapris des nouvelles de l’autre monde, ils eussent pu regar-der, en conséquence de cela, comme une Hypothèse très-probable, celle de l’immortalité de l ame : mais s’ils avoientpris cette aparition pour une preuve démonstrative quelame de Julius subsistent encore, ils n’eussent pas bien ju-gé ; car , comme je l ai déjà dit, une Hypothèse ne four-nit point de preuves démonstratives lors que le fait qu’elleexplique peut être expliqué par des Hypothèses diférentes.

II faut qu’une preuve, pour être démonstrative, fasse voirque le contraire est impossible , ou manifestement faux»Fuis donc que l’on petit donner des causes possibles de l’a-parition d’un fantôme foi disant l’ame d’un tel homme iaccomplissant certaines promesses que cet homme auroitfaites à ses amis; puis, dis-je , qu’on peut expliquer celapar des Hypothèses possibles , fans suposer que lame del’homme soit immortelle, il est clair que les amis de Ju-lius n’eussent pas philosophé avec la derniere exactitude,s’ils eussent pris une semblable aparition pour une preuvedémonstrative que saine de leur ami vivoit. „ II est pos-„ iìble ,, ,leur pouvoit-on dire , ,, qu’encote que lame„ de votre ami soit morte, vous aiez vu un fantôme qui„ vous a dit ce qu’il s’étoit engagé à vous venir annoncer.

„ II y a dans l’Univers plusieurs Génies, qui conoissent ce„ que nous faisons, 8c qui peuvent agir fur nos organes»„ Quelqu’un deux s’est diverti à vous tromper: il vous a„ fait croire qu’il étoit lame de Julius. Par des raisons„ naturelles 8c convaincantes, nous ne saurions vous„ prouver que cela soit vrai, ni vous nous prouver que„ cela soit faux. N’allez donc pas si vite, ne concluez,, rien certainement, contentez-vous de prendre cela,, pour une Hypothèse bien probable. „ Les amis de Ju-lius répliqueraient que ['existence même de ces Génies estune preuve de [ immortalité de notre ame; car si ces Gé-nies font immortels, pourquoi notre ame ne le scroit-elle

pas ? On pourrait leur repartir que ces Génies auraient laforce de faire cent choses, à la place 8c fous le nóm del’ame morte de Julius, quand même ils seraient mortels.Les hommes ne lont-ils pas tous mortels? Ne meurent-ilspas tous effectivement, les uns plutôt, les autres plus tard?Cela les empêcheroit-il de tromper les bêtes , dans la su-position que je m’en vais faire. Suposons que l’ame deschiens se persuadât qu’elle subsiste après s’être séparée ducorps. Supófons qu’un chien en particulier eût promis auxautres de leur venir dire comment il se trouverait après lamort. Suposons enfin qu’un homme conût cette promes-se, 8c la maniéré dont le chien serait convenu de [ exécu-ter. N’est-il pas vrai que cet homme ferait aisément cequi serait nécessaire pour tromper les autres chiens ? II leurmontrerait des fantômes : il ferait aboier des marionet-tes, 8cc. Si les chiens en concluoient, donc notre ame estimmortelle, pour le moins les hommes font immortels, ne fetromperoient-ils pas? 11 est aisé de comprendre, pour peuqu’on y fasse réfléxion, que les Esprits invisibles de l’Uni-vers, ce que les Platoniciens apelloient Génies, pourraientfaire tout ce que l’Art de la Nécromance leur attribue,quahd même ils feraient mortels. II fufiroit que leur escpece se conservât malgré la mort successive de tous les in-dividus, comme notre espece se conserve quoi que tousles hommes meurent. Dire que la génération des indivi-dus est impossible parmi les Génies, c’est décider témérai-rement de ce que l’on ne fait pas, & que l’on ne peut sa-voir. L’infinité de la nature peut contenir mille maniérésde propagation qui ne nous font pas comtes. Notez qu’ily a eu des Païens, qui ont cru la mortalité des Génies.

Concluons de tout ceci, que ce que l’on nomme retourou aparition d’esprits, n’est point rigoureusement parlantune preuve nécessaire (23). ou de [ immortalité de notreame, ou de l’immortalité des Démons. Je ne nie pointque ce n’en soit une preuve, à laquelle on peut aquiesoerprudemment, raisonnablement; mais je parle ici de preu-ves démonstratives : je parle de preuves, qui ne puissentetre éludées que par des chicanes dont on peùt réduirabientôt les défenseurs à l’absurdité.

BONFINIUSfleuri au XV

4 IUS (a) (Antoine) natif d’Ascoli* en Italie, dans la marche d’Ancone, aíiecle. II s’attacha a l’etude des belles Lettres, êc y réussit. Matthias Corvin

i-ra ovine r\m norlnr rso lô , 1_ C- -...«..a, 1 - r. r- • ^

sieurs Livres qu’il venoit de faire imprimer (A).

ll présenta au Roi de Hongrie plusieurs Livres qu ií ve-nott d e faire imprimer.'] C’est lui-même qui nous ['apprend:n nou S dit que trois de ces Livres avoient été dédiez auMatthias, savoir la Traduftion d’Hermogene , & celleàt\\ n,T’ ^' a Généalogie des Corvins ; qu’il y en avoit

premiere audience, il présenta plu-6c qu’il avoit dédiez, ou d ce Roi, ou à la Rei-ne

toit de la virginité er de la Chasteté conjugale, 8c l’autre étoitune Histoire d’Ascolì ; qu’outre cela, il avoit dédié un pe-tit Recueil d’Epigrammes au jeune Prince Jean Corvin, oùil avoit joint une Préface qui trairait de ÏEducation (tun

ux ni,; , • , ? . -- Prince (ì). ]j ajoute, qu’aiant suivi contre son gré Mat-

10 H / olent àê dédiez à la Reine, 1 un desquels trai; tissas Corvin à l’armée, >1 avoit traduit Philostrate, pour se■■■ ■ ’ Gggg z desen-j

(aj) llfaatqiCon prennebien garde àces deux Clau-ses', las , li-góureuíe-ment par-lant; la z,preuve né-cessaire»

(a) ll fe don-,ne le nom dc

Bonfinis,

dans son

Histoiîe deHongrie.

(b\ En saisiselon Calvi-íîus.

(s) Bonfin.’ICeriftl Un~gaiic. Decad;IV, Libr. vil,pag. 463 K úVjann, lápo,