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Tome premier. A - B.
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B O N F I N ï U S. B O N G A R S.

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(A Ex Bnn-fìnii Decad.iff, Liir. Vil >?<•.«. 46 ì.

(d) BonK-•nius, inLpiít. De-dicator»

( e ) ll m don*nd une Edi-tion emoremeilleurePan 1579 , àFrancfort 9-chez* AndréVFicheì.L'antre étoitde Baie , chez.Oporin ,

ne ion épouse, Béatrix d’Aragon. Le Roi lut Ces Livres, avec beaucoup d’avidité, dans soncamp , & assista accompagné de toute sa Cour à une Harangue que Bonfinius récita dans Viennele 1 jour de janvier ; & , s’étant fait porter les Livres de cet Auteur, il les distribua aux Prélats& aux Courtisans , & leur recommanda de les lire : & , bien loin d’accorder à Bonfinius la per-mission de s’en retourner en Italie , il le retint avec une bonne penfion , Sc lui donna plusieurschoses à composer , & voulut même qu’il le suivit dans ses Armées (c). 11 le chargea de compo-

ser l’Histoire des Huns : Bonfinius commença d’y travailler avant la mort de ce Prince (d) ; maisce fut par ordre du Roi Uladistas, qu’il écrivit toute V Histoire de Hongrie. S’il n’y a pas réussid’une maniéré qui doive faire regarder son travail comme un Ouvrage achevé, il est sûr qu’il s’estrendu digne d’avoir place parmi les bons Historiens (fì), 11 a conduit cette Histoire jusques à (f) Et ”F’st

Tannée 145s : elle contient IV Décades & demie , c’est-à-dire XLV Livres. L’Original en fut ^,’Tmis dans la Bibliothèque de Bude , & le public n’en vit rien qu’après la mort de í’Auteur. Un dK7né f i ’LTransilvain , nommé Martin Brenner , recouvra une Copie imparfaite de cet Ouvrage, & en pu-' díTf h '’.b lia XXX Livres Tan 15-44. Sambucus trouva les XV autres, & publia tout TOuvrage Tan1 sóS , revu & collationné fur de meilleures Copies (e). Je nesaurois dire , ni où , ni quand , moisis r.Bonfinius sortit de ce monde ; mais je croi qu’il ne retourna point chez lui , comme firent plu- ? ;ld “ s an 'sieurs Savans d’Italie que Matthias Corvin avoit fait venir dans Ion Roiaume (C). On accuse Epìst. î.cet Historien d’avoir cté médisant (D), & d’avoir mis trop de Paganisme dans ion style (E). iU ° e stfst°l sSes Noies fur Horace ne font point bonnes (/). Les fuites de Monfr. Moréri font ici plus Sw»" 1 '"*nombreuses que considérables (F). /«■u° racc ’

fz) Bonfin.K c r um Un-garic. Do-tal. IV,Libr. VU,pag, 4^3 Edit.an. l6yo.

fiì Voffius,de Histor.Latinis ,

<Uí>.

sa) Sambuc,in Epist.Dedicator.

(s) Voííias,dc Hist. La-tin. pag. 659 .

(S) Eonfist.Doearí. IV,Libr. Vil,pag. 459.

Matthias.Cotvin as-sez maitraité parBonfinius.

(7) H fipourtant vraiq ue U plupartde ces quatreHistoriensfrondent d? tí*ne terribleforce les vicesCT les désor-dres de%ome.

(8) Sambuc.in Epist. De*dicat. Hift.Unîaiic.

desennuier. Castra foqui pr&ceperat scrìptorihus & philofù-phantibus inimica. Quod cutn ille invitas facere cogeretur, neingrato in caftrenfi tumultu moleftiaque ocio uteretur , oblatumfibi Philostratum tribus menpbas in Latinmn tranftulit (i). Di-sons un mot en particulier du Livre de la Virginité & dela Pudicité conjugale. Ce font des Dialogues, dont Sam-bucus procura une Edition Pan 1571» On leur donne leTitre de Symposton Beatricis. Matthias Corvin , & Béatrixd’Arragon fa femme y font fort louez : on y trouve laconsidération qu’ils avoient pour Bonfinius (3). La Con-grégation de l’Jndex a condamné cet Ouvrage.

(B) Il s’est rendu digne d’avoir place parmi les bons Histo-riens.] Voici ce que Sambucus a dit à 1 a louange de Bon-finius : Quantum ingenio non ad hoc argumentutn tnodosted adxnnnem ommno Philofophiam excelluerit , Dialogi ejus de Puâi-citiâ conjugali vulgo teftantur , Herodianus , Hermogenes Lati-nì : nec vìno huit opus est hedera. Prstterire tamen nequco pau-carum este gentìum Historias copiâ c/stylo pares (4). II ajou-te que Seldius disoít souvent, Nullo fe in Scriptore post Li-vium csraquàles ejás quam ipfo hocBonfnio vacuas horas liben-tìus ponere folìtum. La Préface des Dialogues ne contientpas un jugement moins favorable. Sambuci in HialogorumPrafatione taie de Bonstnio judicium est , ingenio ad omnes resarduas est laudabiles excelluijje, ftyloque uti idoneo non ad His-toriain minus qitàm Philofophiam vel Orationes (5),

(C) Je croi qn’il ne retourna pas chez. lui , comme firentplusieurs Savans d’Italie, que M. Corvin avoit fait venir dansson Roiaume.] Bonfinius nous aprend qu’ìls s’en retournè-rent plus misérables qu’ils n’étoient venus. Invitatì etiammuneribus Po'éta , Rhetores , cr Grammatìcì , qui falst opinìo-ne fuâ misteriores longe musas quam adduxerint in Italiam re-duxerunt (6).

(D) On /’accuse d’avoir été trop médisant.] Sambucuss’est déclaré en cela l’Accusateur de Bonfinius , dont il s’i-magine que la plume fut peut-être souvent dirigée par lacomplaisance pour Matthias qui l’avoit pris à ses gages ;mais il remarque que ce Prince ne fut pas lufmême tropépargné. Cuterum , ut Bonfniì laudes non funt obfcura , itàdistmulare nequeo nonnìhil ipfum officii fui interdum oblitum inmores prìvatos ejyvitam calumniosé impotenûusque effufum : fe-cus quam Livium , Salustium , Tacitum, Suetonium , in Ro-manos orbis dominos gentemque togatam feciste constat (7) : id-que fortaste redempto à, Matthia judicio N calamo ejus, qm re-rum steriei nihil detrahunt. Nec Matthis. tamen pepercit quemimpudentem, voluptuofum, theatris deditum, ambitiofum, sé-rum, in adjungendis amicis pracipitem, in relinquendis facilem,ad'.datoribus benignum , immemorem beneficiorum , aufus fitdicere (8). On pouvoir ajouter qu’il a dit que Matthiasattira auprès de lui toutes fortes de gens doctes, fans enexcepter les Magiciens. Viras quâque arteprastantiffìtnos un-dique disquìpvit, conduxitque. Astronomos, Méditas, Ma-

thematkos , Jurisque consultas dilexit. Ne Magos quidem O*Nigromantes abominatus est nullam artem centemfit un - ,

quam (9). Un Allemand , nommé Zeillerus , a observé Mqu’on se plaint entre autres choses de ce que Bonfinius adit de la malheureuse Reine Gertrude. Taxatur etiam à W/»quibusdam ejus Historia Ungarica , imprimis Narratio de morte p a g. 4S9-innocentis Regina Gertrudis. Vid. Brunnerus part. 3, Annal,

Boic.pag. 601 (xo).

(E)... & d’avoir mis trop de Paganisme dans [on style.] LeJésuite Raderus est ici l’Accusateur , comme le même Zeil-lerus le raporte. Mathms Raderus , volum. 1 Bavaria Janc-ta , pag. 191 , hac de eo firibit : Bonfinius profanas nimiumC? pagamts Scriptor , cum santtos appellat Deos c? Nitmina ;

Hei mat rem Numen or Deam. Catholica Religionis disciplinanon novit nec coht niji unum Deum esr unum Numen. Bonfi-nius dum vult Latine quoi ipfum stneere non poteftscribere,superfiitios'e c? profané , ne quid dicam gravius , loquitur. IIfaut avouer que quelques Auteurs Italiens se sont rendusridicules , pour n’avoir osé emploier , en parlant du Chris-tianisme , les termes qu’ils ne trouvoient pas dans les Ecri-vains de la bonne Latinité (n); mais je nelaurois goû-ter la délicatesse de Raderus, ou plutôt son acception depersonnes. II trouve étrange que Bonfinius ait donné à laSte. Vierge le nom de Numen , & n’est-ce pas le style d’u- ÏJrt‘ tlene infinité de dévots, comme Mr. Drelinconrt l’a prouvé BrMBV 5 -démonstrativement (12) ? ,

(R) Les fautes de Mr. Moréri font ici plus nombreuses que pem andcs

considérables.] 11 dit que Sambuc ajouta V Livres qui n e- à

toient point dans la prémiere Edition : il saloir dire XV. t'fvêquÇ11 dit que Bonfinius traduisit la Rhétorique d'Herma"ene il dc Lcl^'salait dire d'Hermogene. II cite Voffius lib. I de Histor. Lat.il íaloit citer lib. LII. 11 cite le Mire , in Aufi: il faloit ci-ter in Auôlario. II cite Raderus Tom. 111 Bavar. Santts,pag. 191 , & tout aussitôt Zeiller : on peut assurer qu’il necite que fur la bonne foi de Zeiller. Or celui-ci marquele i Volume de Raderus, pag. 191 , Sc ne dit point queRaderus blâme autre chose que le Paganisme du style deBonfinius. Cependant si l’on en croit Mr. Moréri , ceJésuite trouve bien des choses à reprendre dans son Histoire deHongrie. La faute qui suit est plus mauvaise. Mr. Morériprend Bonfinius pour un bon homme, qui disoít les choses sim-plement or fans dessein, jamais Critique ne fut plus fausseque celle-là. Bonfinius n’étoit pas un niais: il étoit fin,délié , & digne de son pais ; & quand il a médit des gens,ou emploié certains ternies, ce n’a pas été fans le vouloirbien. Si je marque des fautes qui font visiblement d'Im-pression , c’est en faveur de tant de gens qui ont acheté legrand nombre d’Editions qu’on a du Moréri. Peut-êtrey a-t-il cinq cens personnes qui croient fort bonnementque Mr. Moréri a cité une Histoire d’Autriche d’Auòertle Mire.

(io)Zdllen

ae Hist 01 »

pag. 21»

(II)

ci-dejs* U‘Renais*( B) de

B O N G A R S ( J a Qjr e s ) en Latin Bongarstas , natif d’Orleans , a été un des íàvans hom-mes du XVI siécle. II suivit le goût dominant de ces tetns-là, je veux dire qu’il s’attacha à l’é-tude de la Critique ; & s’il n’alla pas aussi loin que les Lipses & les Casaubons, il ne laissit pas d’yaquérir beaucoup de gloire : & peut-être qu’il les eût atteins dans ce genre d’érudition , s’il avoitp a y apliquer tout son tems comme eux -, mais les affaires d’Etat ne le lui permirent point. II futemploié près de trente années dans les plus importantes Négociations du Roi Henri IV («) (A),u pour lequel il fut Résident diverses fois vers les Princes d’Allemagne, & ensuite Ambassadeur.

Traìlciln Les Lettres qu’il écrivit pendant ses emplois font fort estimées (S). Mais pour revenir à ses

[ranf oise. études

(A) ll fat emploié pendant trente ans dans les plus impor-tantesNégociations \âu Roi Henri IV.] II est bien vrai queBon°ars négocia en Allemagne , fous le régné de HenriIII f mais c’étoit pour le Roi de Navarre . & non paspour Henri trois. Mr. Moréri n’a point distingué cela.

^ (B) Les Lettres, qu’il écrivit pendant ses emplois font fortestimées.] II ne s’amissa point, comme les Bembes & lesManuces , à rejetter tous les termes qui ne font point de labelle Lastnité ; mais son style ne laisse pas d’êtrc beau,

pur, clair, poli, & plein d’agrémens naturels. On sicur.e Traduction de ses Lettres, lors que Monsieur le Dau-phin commença d’aprendre la Langue Latine , & il paroitpar l’Epitve Dédicatoire à ce jeune Prince , & par la Préfa-ce du Traducteur , qu’on jugea que rien ne seroit pluspropre pour un Ecolier de qualité , que la lecture de cetOuvrage de Hangars. C’est parce qu’en le lisant on peutaprendre tout à la fois, & à s exprimer en beaux termes furles affaires cTEtat, & à bien juger de la conduite d’un Am-

bassa-