Ë O R Ë' Ë. tìi
Cé (B). Pindare íe nomme le Roi des vens (b). $ Je pense avoir Íéií qu’on íuy donna droit dé mrtûìá %„ bourgeoisie en une ville de Grece. J’ay encore leu , qu on luy baílit des Temples , 8c qu on rydiior.
„ luy ordonna des sacrifices en une autre ville : une fois, pour avoir coule à fond une Flotte des„ ennemis > 8c une autre fois, pour avoir jette de la poussière aux yeux a une Armée de terre de„ ces mêmes ennemis. Si jé ne nie trompe , il fot appelle iòlemnellement y 8c pat Decret public^
le gendre des Athéniens , à caufe de ía femme Orithie , qui eltoit Athénienne (y) . L Auteur4 q) baizac,
dont j'emprunte ces paroles, 8c dont j'indiquerai les sources (C) , fait une Remaique fur cequ’Orithye ne fe plaignit point de la froideur d’un tel mari (D) : mais cette Rematque est plusjolie que solide j car Borée, quelque froid qu'on le faste j étoit fort ardent en fait d amour {E).
f 1 ! Natal.Cornes,■Mythol.Libr. vui,Cap. XI,
P a g. 861.
( a) Idem ,’bid. Libr. VI tCap- U , pag,F 5 -.
(0 Hésio-de, ì nDeor. Ge-N°»t. Vtrfr378 , paz,U6.
(4) Schol.Apotlomi>'> Ltb. I,Cerf. 2ii,
ss) -An motBdiéàs.
(«) Ezech.Spanheminsìn Callima-
cltum, pag,213 > 214.344 , 366 .
D) Horat. ’
Od. XXVL-tíri 1,
( 3 ) Idem,Od. XiuEpod.
(9) Uacierílir Horace~I'om. V, pag.
260,261 Edit.de Hollande,
fro) Voicz.
i’Epitre
XXIV daII Uvre deXhnfr. leïevre.
(”) Balzac,Entretiens,
Chap. n,fag.io, 81.
f Celuif ai ra-P°né dam lear P* de cet- Article.
Voi et. ci-dcs.J Ut Citation
so.
(3 3) C'étoit•Ocnys UTyran,
(H)-£lian.^ivetsar.^istor. Libr t
f II,
Ex.l y
ego légerìm (i) ; 8c cependant il avoit cité Heíîode , quiraconte que le Dieu Astrseus, aiant couché avec la DéesseAurore , engendra les quatre Vens (r). Voici les trois Versqu’il raporte :
A 'ççciicû (T’h’gIç âttfvkii 25 LS HaiçttpoB-vultç,
A çyévv> ’ZÍÇvpov , JScpitiv t’ «ìif J)poxÉ 7 iE».%» JKaeì ììÓtov , £v ÇnÁmrslt B-tòi Ar« tivrjùttra.
Astr&o verò Aurora ventos peperit magnanimes,
Argesten , Zephyrum , Boreamque rapidum,
Et Notum , in amore cum deo dea congrejfa (3);
Marquons ici une faute de Mr. Hofman. II dit que le ventBorée étoit fils d’Astrœus, selon quelques-uns ; ou de Stry-mon , selon quelques autres. Ce n’elt pas ainfi qu’il se fa-soit exprimer : il faloit dire qu’il y a des gens qûi ont sod-tenu que le ravisseur dOrithye n’étoìt pas le vent Borée,mais le fils de Strymon. S'ì 1» -roTç Miyapixdïí toi»
7r1vQ.pt Bviav à.oirutTavwBopltt.v ùiòv ST^tijstóvoç <Pnx)v dx't J'è t«ïavtjíov. Hefagoras in Megaricis Boream a quo rapt a Orithyajiltum fuiste ait Strymonis , non vero ventant (4).
(B) ll avoit son fiege dans la Thrace,] Une infinité d’Au-teurs ont dit cela : vous trouverez là-dessus quantité d’Au-toritez dans le Dictiqnaire de Lloyd (5), & dans le docteCommentaire de Mr- Spanheim fur Callimaque (6). L’o-riginé de cette Hypothèse est que lesPoëtes qui ont parléde ce vent demeuraient dans un Pais qui avoit la Thraceau Septentrion. Je parle des Poètes Grecs. Les Latins,grans imitateurs des Phrases & des Epithetes de ceux-là, ontdonné au vent Borée la même patrie , quoi qu’ils n’en eus-sent pas la même raison. Lisez cës paroles de Mr. Dacier:elles sonr tirées de son Commentaire sur le Thracio bacchan-te magis stb interlunia vento (7). ,, Horace parle à la ma-
„ niere des Grecs, qui apellent le Borée , ou l’Aquilon,
„ Thracìen , parce qu’il leur venoit de Thrace Je croique l’on eût bien fait de commenter de la forte cet endroitdu même Poète , nunc mare , nunc sylva Thréicio Aquilonefinant (8), fans prétendre que „ le Borée , ou l’Aquilonj„ c’est-à-dire, le Nord-Nord-d’Est, étoit véritablement Vent»> de Thrace pour les Romains comme pour les Grecs, car" Thrace s’étendoit fort loin (9) Je ne saurois croi-ìe qu Horace ait eu en Vue , ni la grandeur de ce païs-là,m la subdivision des vens. 11 ne songeoit qu’à copier l’E-pitiiete Greque du vent septentrional; & l’on pourrait icilui faire la meme critique , que sur cet endroit de l’OdeXII du IV Livre ; jam verh comités , qua mare tempérant,impellunt anima lintea Thracia (10). Je ne crois pas devoiromettre ce Passage de Balzac, puis qu’il est critique. ,, Cet„ Aquilon originaire de Thrace fait des courses & des voya-„ ges par toute la terre : mais s’il en faut croire nostre„ homme d’Afrique, qui parle des pierres c? du fer , tant„ son sole est raboteux & dur, il fait particulièrement fa,, demeure au Pont-Euxin. A combien de lieues de la,, Thrace? je vais présentement le demander à la Carte.
„ Tant y a que l’Aquilon habitera pour cette heure le„ Pont-Euxin, Vbi dies nusquam patens , fed nunquam liber,o, unus aer, nebida, tolus annus, hibernant, omnequodfia-í, ver'tt Aquilo ejl. Où en -passant prenez garde , je vous-, prie , s’il n’y a point une espece de contradiction en ces,, mots de Nebula & à’Aquilo ; car , à mon avis, ils ne), peuvent pas bien compatir ensemble (n) _
(C) Remprunte ces paroles de Balzac : j'en indiquerais Ussources .] 11 y a des Livres, où il est permis, & mêmelouable, de ne nommer point les Auteurs de qui l’on apris ce que l’ôri allégué. Cela est fort commode pour unEcrivain qui a de la vanité; car ces termes vagues, f ailu quelque part, un certain Auteur raporte , c?c. donnent uneidée avantageuse : on s’imngine que celui qui parle de laforte ne le ferait point s’il s’agissoit d’un Ouvrage conu desautres Savans. On croît donc qu’il a trouvé ce thvésordans un Manuscrit tres-rare. En un mot, si Balzac eût dit,f ai leu dans Paufanias , ott dans Hérodote , il ne fe fût pointrendu fi recommandable à ses Lecteurs. Pour moi, quicherche principalement à satisfaire la curiosité de ceux quime lisent, je nomme toujours les Auteurs de qui je prensCe que je raporte , & je tâche même de découvrir d’où lesModernes ont tiré ce qu’ils allèguent. J’-ai pu en venir àbout à 1 égard de ce Passage des Entretiens de Balzac (n).
I. Elien observe que les habitans de Thurium , aiant étédélivrez d’un grand péril par Une tempête qui ruina la Flotede leur ennemi (13) , offrirent des sacrifices au vent Borée,qui avoit fait ce ravage, & lui conférèrent la bourgeoisie deleur Ville. Il s soi -assignèrent une maison, avec un revenufixe , 8c célébrèrent tous les ans un jour de culte en sonhonneur (14).
TO Af S ^L-depoIità lui consacrèrent un Templeoù
ils lui offraient des sacrifices un certain jour de Tannée ; Scil n’y avoit point de Divinité, qu’ils honorassent plus quéCelle-là. C’étoit en reconnoiffance d’un grand secours qu’ilsen reçurèrtt , lors qu’Agis Roi de Lacedemone affiegeoitleur Ville. La machine des affiégeahs bâtoit la murasse avectant de force , qué fans doute la breche eût été fort grandele lendemain ; mais il s’éleva un vent septentrional, quirenversa cette machine. C’est-ce que Paufanias racon-te ( r s).
III. Hérodote nous aprend qu’un Oracle aiant ordon-né aux Athéniens d’apeller leur gendre à leur secours, ilsinvoquèrent Borée; car comme il étoit marié avec Orì-thye fille d’Erichthée leur Roi, ils le prirent pour leur gen-dre. C’est pourquoi, la Flôte de Xerxes étant abordée à lâcôte de Magnésié, ils implorèrent par des victimes 8c pardes prières l’assistance de ce vent, 8c celle de son épouse;
8c , comme ils fe persuadèrent que la tempête qui maltraitacette Flôte m t un effet de ce culte , ilS firent bâtis uti Tem-ple à Borée sur les bords de I'Ilisse (ió). Ils crurent queles mêmes Divinitez avoient déjà fait périr la Flôte des Per-ses , proche le mont Athos (17). Je n’ai pu encore trou-ver TÂuteur qui parle du grand service que ce Vent renditaux Grecs, en jettant de la pouffiere aux yeux d'une Antiéê desPerses. J’ai bien lu dans Xenophon , que les Grecs , quirepassèrent TEuphrate après la défaite du jeune Cyrus, sou-frirent beaucoup dc froid à cause que le vent Borée leurdonnoit fur le visage ; mais qu’il s’apaifa dès qu’on lui eûtfait un sacrifice selon le conseil d’un devin (18). Notezqu’Apollonius représenta aux Athéniens, que Borée étoitleur proche parent (19). Balzac eût pu ajouter , que Tonjurait à Athènes par la Divinité de Borée, 8c que l’on ycélébrait fa fête avec beaucoup de solennité , 8c en faisantbonne chere (10). Casaubon Va nous l’aprendre dans sonCommentaire fur ces paroles de Marron táav x«) Bopér.onpottnrcïzo orcrrroucvcíoiv, quarum dum coquerentur, five re-célas coctarum vel Boreas poterat affici defiderio(z r). „Sen-„ fus autem est : adeo bonos panes illos aut placentas fuisse : ut,, etiám Borealia celebrantibus apponi potuerint. Morts fuit,, Athenis Borea sacra facere, demerendi illius gratia. Magna,, solennttate is dies celibrabatur, ai que inprimis lautis opipa-,, risque epulis. BoptáÇetv hoc àicebant 07*B opicto-stovsuperjtitio-„ nis hujus ritum. Hesychius Boptecrpcoí, MBwnv ci ccyov 7 eç,, îço Bcçéç: soçràç Hat ycívai ’iva dverat (malim avotret) orvéa-„ e-tv. ixctlstrrc ê'ì fìopsuTpco}. Videtur dicere thiasotas horum„ sacrorum suijse apellatos Bcptarpt^i;. Ego arbittor Bcgearpìcv„ id este quod qam diximus : at qui supérstìtionis hujus sacra„ comelebrarent, eos este àiSlos B cptaràí, ut eìxahràç, tflga--, «hráj , cr fimileis (zz) ”. Castellan n’a point parlé de-> cette fête (Z3I ; máis Fazoldus ne Tá pas oubliée (z4). Jefinis par dire qu’il est fait mention de l’Autel du Dieu Boréedans un Dialogue de Platon (25) : on y trouve même qu’ilfut bâti pù l’on croioit qu’Orithye avoit été enlevée. Nousferons cï-dessous (z6) une réflexion fur cette sotise desAthéniens.
( p)Qrìthye né fe plaignît point de la froideur d'un tel mari.']Balzac , après les paroles que j’ai raportées dans le corps decet Article , continue de cette façon : „ Sur quoy un Sei-„ gnor Hottour , que j’ay céans depuis quelques mois , à„ qui j’ay communiqué de vos Observations, vous prie„ de considérer que les femmes de ce temps-là estoient« bien plus retenues 8c plus endurantes que celles de ce„ temps-cy ; 8c que fi une Orithie d’aujourd’huy avoit es-„ poule un rriary aussi froid que lé vent dé Bise , élle Tac->> cuseroit d’impuissance dès le lendemain de ses Nopces,
„ 8c présenterait requeste pour la dissolution de son ma-„ riage. La Dame d’Athenes néantmoins ne s’est point» plainte à T Aréopage . n’a point eu d’AdvoCat qui ait ál-„ légué le titre de frigidis, n’a point fait mauvais ménage-, avec Borée , ou autrement avec Aquilon (27) ",
(Ë) Borée étoit fort ardent en fait d‘amour.] Qu’il soitpermis à Balzac de faire des railleries fur Timpatience desfemmes modernes, on ne s’y opose pas ; mais on deman-de qu’il ne prenne point la liberté dé fortifier ses Observa-tions par les éloges de la patience d’Orithye; car cetteDame n’avoìt nul sujet de faire valoir cette qualité. Per-sonne , non pas même Jupiter , ne surpassoit le vent Boiéeen chaleur de tempérament. La pauvre Europe enlevéene l’eut pas plutôt invoqué pour en être secourue , quellerétracta ses prières : elle fit réflexion que Tun valoit Tautre,8c quelle ne gagnerait rien au. change. Voici fa plainte:Au milieu des flots, fur lé dos de son Amant, ainfi que N op Nele raporte dans le premier Livre de fes Dionysiaques : O undse,ô littora, mutse undre , íurda-que littora, meas audite pre-ces, me-que huic subtrahite Tauro. Tu-que, Borea.pen-nis me subleva tuis. At verò misera , quem appellas, cu-jus imploras auxìlium, ad quem confugis ì nempe ad- esta
Hhhh r qt'Â
0SJ PauíàfiJLbr. Vin,pdg. 266, O,* 5 S«
(16) 7 \ivirrêtf -Alhtnes.
(17) Hcro-dot. Lite. 'Vil , Cap.CLXXXIX,,
fl S) Xeno-phon, deCyri Expe-dit. Libr. ií*143.
(19) Phi»lostrat. iilVitâ Apoí-lonii, Libr,IV,pag. 1S7»
fao) Liba- ’nius , De-ctam. XX ,
fri) Ma-tron, apiídAthènaium,'Libr. tv,
Cap. V, pag,334. '
[ií] Casausoin Áthen.
1 ibr. IV, tapi
y> e a z 2 s4-
fi5)/»Trac»tatudeFestí*Gia-íoium. -
f:4)Fazoî-dus , inleiologiâipag. 124.
(S 5 ) Plato, -in Pliadro,circa init,pag. 1211.
(x$) Hansla. Remarqué
(so-
(if) Palzae,Entres. V,Chap. II,
pag. 80, S J .,
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