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Tome premier. A - B.
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BORE E,

U\ Volez. laTytmarof. t C) ,Nura. ■ //.

{e) Voieta laynè/ne 7 ^-7 »an]tte ,

/V -â. UU

cs) Cesttu

Ytrs n i.

f29) Notessur l’Aristecde Virgile,f<i». 106 Edit.de Lyon, enÏ668.

( 30) Caíàu-boii. inAtlien, pag.IS 4 -

00 Pro-perr. ElegiàXXVI Liki",

( 32 ) Ovicl.Metam.Z/ír. W,-srr/; 709.

fîî) Jovia-bus Fontít-nus, in Me»teoris , Cap.de P ruina &•Rare, folioI13 verso.

(u ) NomméeErsne.

Oi) Apo!»Ion. Argon.Libr, I,

Vers. 21 5 .

(36) Ovi-dius, Eleg.II t. 2».Libri ITiistium.

(37) SiliusIrai. Libr. I.

(38) Clrw-dian. deRaptu P10-íerp. Libr. 1 ,Vers. 70.

(3 9 ) Dam U\emarefue( I) ,de PXrti.íeErmite ,Ntem. VI,

(40) Notesfur í’Aristéede Virgile.t“g. 97 -

OO Là-

7 ȏme , paf.

ÏIO, III,

6iz

11 eut un assez bon nombre d’enfans, & entre autres Zetes & Calais, dont je donnerai l’His-toire (F). Les Megalopolitains l’honoroicnt comme leur principale Divinité (d). J’en parledans les Remarques, comme auiîi du culte que les Athéniens lui rendoient (e). II y a quelquesvariations fur les circonstances de l’enlévement d’Orithye (&'). L’Anonyme , qui publia uneTraduction Françoise de l’Ariítéc de Virgile (/) avec des Notes, l’an 1668 , débita beaucoup

de Georgiques,

qui Nympham Orithyiàm rapuit, qui íìc essusus est in Ve-nerem , ut rnagis nemo. Et certes, ce <j«’Homere dit dans le•vingtième Livre de son Iliade (28) confirme bien ces dernieres pa-rolles d'Europe: Erant Erìchthonio Régi Dardants. Equœ ter mil-le , qui circa paludes pafeebantur. Eas ut vidit Eoreas , ut pe-riit , ut malus eum abftulit amor. Equispeciem induit, salïit-que seminas , z? ex eis fuscepit pullos duodecim, currere steper-nices , ut summas ariftas non hderent (29). Notez que laTraduction qu’on voit ici n’est point litérale. II est pour-tant vrai qu’Homere dit que Borée aima les cavales d’E-richthoniûs : & que prenant la figure de cheval, il les cou-vrit , ( c’est-à-dire quelques-unes, ) & en eut douze pou-lains , &c. Casaubon ne devoit pas dire que ces cavalesapartenoient à DardanusQo). Mr.Hofman a commis la mê-me faute. On a dit expressément 8 c nommément, qu’O-rithye fut fort contente de son ravisseur, & qu’elle ne 3 etrouva point cruel : crudelem za Soream rapta Orithyia negà-■vit (31).' Mariée tant qu’il vous plaira à un mari froid,elle accoucha promtement de deux jumeaux :

Dum volât arferunt agitati fortins ignésNec prius asrii cursus [upprejfit habenas&uam Cìconum tenuit populos ZA mœnia raptof.llltc za gelidi conjux ASìaa tyranni. Et genitrix fafia est , partuque enixa gemellos (31).

II sentoit croître son feu par la vitesse de son vol : il fautdonc croire qu’il ne mit pas beaucoup de teins à son trajet;& ainsi Ovide ne lui donne pas trop de patience , lors qu’ilsuposc que le mariage ne fut consommé que dans la Villeoù le ravisseur faifoit fa demeure. Mais d’autres assurentqu’il ne tarda pas tant à contenter son amour. Ils préten-dent qu’en volant sur la mer il découvrit une plaine couver-te de fleurs, qui lui parut propre à lui servir de couche nup-tiale , 8 c qu’il s’en servit à cette fin. Lisez ce qui suit :

Hic mlfare roretn infestât crudelis , ZA aster.

At pretdo , za facilis , ZA rapta conjuge mitis.

Namque per aerias Ponti dum prétérit orasVota ferens , vidit procul in convalle remotâPlanitìem viridi laie florefeere campo.

Admonuit lotus optata cum conjuge noflìs.

Destlit , ac molli lacrymantem amplexus in hetbâj,Explicuitque stnus , munusque impìevìt amantis ,

Illa gravis oculos ab humo vix anxia tollensFlebat , eam infolito conjux folatur honore.

His ego pro lacrymis forum , gratusque memorque ,’Notlurnos stargam rores , ea pr&mia sunto.

Debeat hoc rapta pontus memor Orithyis.

Subristt , tenerumque gents fuffudit honorentLa t a viri diòîis , ZA tanto munere conjux.

Ille novam fenfit labi per peôlora flammam ,

Optatos repetens fomnos , mollique qnicteLeniit accenfum complexu conjugis ignem.

Scilicet z? Eoreas calido contrarius Austro, C?c. (33);

Apollonius prétend qne le ravisseur jouît d’Orithye fur lebord d’une rivière de Tlirace (34) , & qu’il la couvrit d’ti-ne nue (3;). Ne vous imaginez pas que les Boëtes aientchoqué le vraisemblable , quand ils ont représenté le mêmeDieu fort amoureux 8 c tout couvert de glaçons :

Hune gelìdus ficcâ Eoreas bacchatur ab Arflo (36).

Thracius hos Eoreas fcopulos immitia régna.

Solus habet , femperque rigens nunc litfora . . 1Atque ubi fe terris glaciali fundit ab arilo (37)»

Cum gravis armatur Eoreas , glacieque mìnaciHìfpidus , & Getica concretus grandine pennas (38).

L’Histoire ne nous aprend-elie point que l’amour régnédans les climats les plus glacez ? A cet égard-là , toutes leszones de la terre sont torrides, comme je lai dit ailleurs (39).Pourquoi Borée n aimeroit-il pas , puisque Neptune a bien aiméau milieu de toutes ses ondes ? Pourquoy n’auroit-il point d'a-mour , puisque Pluton en a bien eu jusques dans le séjour desmanès ì Pourquoy ne restentiroit-il pas les effets de cette pajston,puisque Polypheme les a pû ressentir dans fa caverne ?

Omnia vincit Amor.

L'Amour surmonte tout : il n est rien qui luy résiste, il fe jouedes lions comme des moineaux , zv triomphe aujfi bien au Pont-Euxin , que dans la France. Properce le dit en un mot .-

Hic Deus & terras, 8 c maria alta domat.

Et Guarini, dans la prèmiere Scene du prémìer Aile de son Eef-ger fidelle (40). H'Auteur que je cite raporte tout le Passa-ge duPastorFido : j’y renvoie mon Lecteur. Ce galant,ajoûte-t-il(4i), en parlant de notre Borée, est de bonne trem-pe. Quoy qu il brûle à’amour , il est d'intelligence avec le froid6 ? la neige.

Scit nivibus servare fidem.

Et comme dit Virgile ,

Boreae penetrabile frigus adurit.

On peut donner pour une preuve de la sensibilité de Boréesur le chapitre de l’amour l’emportement qui le poussa àbriser contre un rocher une maîtresse qui lui avoir préféréPan. Citons encore le même Auteur, puis qu’aulìì bienle faudra-t-il critiquer en quelque chose. Orithye fut sage,dit-il (42) , de nc témoigner point de regret d'avoir été enlevée;car elle avoit affaire à un étrange raviffeur , qui l’eût bien púfroister à quelque rocher , comme il fit la belle Pitys , au raportde Paulanias (43). Ecoutez, ce qu en dit Achille Bocchius, dansses Emblèmes. II raporte tout du long les Vers de ce Boc-chius : vous en trouverez le sens dans ce Passage d’un Com-mentateur de Properce : Vere arnica pinus Arcadio Deo, utpote qnem Bores, amatori item suo , tune quum puella adhttc es-jet,longeprsferret, unde Thrax ille injuris impatiens deprehen-fam forte fotam statiofo campo , saxo allifit, quam infelicitermorìbundam exceptam intra gremìum fuum tellus m arboremcognomtnem commutavìt, cujus frondibuspoftea tempera prscinc-tus femper fpetìatus est Arcadìus Deus. Sjus fabula exfiiat apudConstanttnumGeoponic.s.i, zv iangitur aNonno inDionyf. (44).Si je voulois dire avec Mr. Hofmau , que Borée fut amou-reux du beau garçon Hyacinthe , q u’Apollon aimoit auffi,j’aurois un second exemple de la jalousie furieuse de ce ra-visseur d’Orithye : car chacun sait que le rival d’Apollonfut si enragé de n’avoir pas la préférence, qu’il fit mourirHyacinthe , en lui repoussant fur la tête le palet qu’Apol-lon avoit jetté. Mais Mr. Hofman s’abuse ; ce fut le ventZephyre , & non pas le vent Borée, qui fit ce coup-là (45).Notons que cet Ecrivain fait une autre faute, en nommantErichtonìus , au lieu d’ Erechtheus , le pere d’Orithye.

(F) ,ll eut . . . entre autres enfans , Zithcs zv Calais , dontje donnerai l'Histoire!] Ils étoient jumeaux , 8c les premiersnez d’Orithye , selon Ovide ; mais selon d’autres (46), ilsnaquirent après Chione , Chtonic , & Cleopatre , leurssœurs. Ils furent du nombre des Argonautes, & ils tendi-rent un très-grand service à ieur beau-frere Phinée (47) : ilsdonnèrent la chasse aux Harpies, qui le tourmentoientcruellement; car elles enlevoient tout ce qu’on portoitfur fa table , & si elles y laissoient quelque chose, elles l’in-fectoient d’une puanteur horrible. Us les poursuivirent j us-

( 4 .) Notesfur l’Arist' e »6cc, p*g - Io2 ’

(43 II n'estfias vrai 7 MÍl>aiisani asfiarlt de tele,

( 44 ) D° uzafilms in bjeverbe Tro-nertii Eleg-,XVIII Etbre

1, M-

8c AlcadeEiiuts ain at *Deo.

(45)

ralïpl> atl1 ’Cap. XtAstiEucian- >®Dialog-^ eI 'cuiii K A'pollin |S ' fhl ■

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voix inconuene le leur eût défendu de la part des Dieux (48).„ Dans les jeux qu’Acaste fils de Pelée célébra, où tous„ les Argonaùtes fe trouvèrent, Zethe & Calais furent vic-„ torieux : In ludis quos fecit Acajlus Peleì filins, vïcerunt Ze-,, thus Aquilonis filins dolichodrorno, Calais ejusdem filiusdiau-5, lo ”. Je tire cela des Notes fur l’Ariilée de Virgile. LePassage Latin est d’Hyginus, au Chapitre CCLXXIII.Ils furent tuez , continue l’Auteur de ces Notes , par Her-cules , en l'Iste de Ténos , aux obsèques du Roy Pillas, pouravoir pris la querelle de lipbis, le Patron du navire Argo contreTélamon, qui vouloit que l’on attendit Hercules, qui s'estoh éloi-gné dieux , pour chercher son cher Hylas. Les Dieux touchez deleur mort les convertirent en vents , qui pour /’ordinaire précé-dent de huìèl jours le lever de la Canicule , d'ou ils. font appel-iez Trçòìì'çtiu.oi , comme qui diroit précurseurs. Toutefois Higy-nus , au Chapitre quatorstéme , dit qu ils furent inhumez, zAque l'on voii leur Sepulchre s’émouvoir au faufile de leur pere (49bOn donne d’autres raisons de la coìere qui porta Hercule àles tuer (50) ; mais on ne dit rien d’un sujet de jalousiequi l’irrita peut-être plus que toute autre chose. Properceraconte que ces deux frétés, s’étant aperçus qu’Hylas lemignon d’HercuIe aîioit chercher à l’écart une fontaine , fcpoursuivirent, 8 c le caressèrent passionnément (5 r). jCalîìmaque a fait mention de trois filles de Borée , qHportèrent des offrandes à l’Iste de Delos (52). 11 les nom-me Oupis, Loxo , & Hecaerge. On dit auffi que l’enlé-vement d’Orithye n’est pas le seul acte de cette espece queBorée ait commis : on prétend qu’il enleva Chlorís, filmd’Arcturus , & qu’il en eut une fille. Memoris proditum està Cléanthe , in primo Libro de Moribus, Boream rapuifie Chlo-rim quoque ArShtri filiam , atque illam in collem Nìphatemafportaffe , qui postca Thorus Bores vocatus fuit , antequar»diceretur Caucafus , de quâ filiam fuscepit Hyrpacem t. 5 3 )*Voiez la Remarque (H). ,

(G) Il y a quelques variations fur les circonstances de l'enle-vement d'Orithye .] Les uns disent qu’elle étoit au bord àe1 a riviere d’Uilíe, quand elle fut enlevée. C’est le senti-ment d’Apollonius (54), de Paulanias (5;), 8 c de DenysPeriegete. ,, Tzetze fuit ce sentiment dans ses Chiliades.„ Toutefois, Kérile dit que ce fut au bord de k fontaine,, Céphise , 8 c Simonide auprès du fleuve Brilisse (;6) -L’Auteur, dont j’emprunte ce Passage, avoit puisé dansNatalis Cornes. II auroit dû prendre garde que l’Originalne dit point que Brilisse fût un fleuve. On n’y voit que cesparoles : Simonides tamen Poèta non ab Iliffo , fad a BrtuJI 0Taptam fuiffe Orithyiàm putavit (57)» Cela est tiré du Sçho-