6 í 4
BORGARUTÏUS. BORRHAUS.
fà) Ex Of-sifin.î Val-trijiemcU
(ï) ProfpetBorgarutius,Bpiít. De-dicat. Chi-rurgie mag-ma; Andrés:Veííaiii,
(2) Idem,ìbìi. sttb fin ,
{î) Oà on lenomme Ber-garutius, anlieu de Boigarutius.
lumières que la Dissection des Corps 'peur donner , il travailla aussi fur les Remedes des Maladies,& fit imprimer quelque chose là-dessus , quoi qu’il eût juré de 11’avoir jamais à taire avec lesLibraires {A). 11 fit un voiage à 1 a Cour de France , l’an t f 67 : & comme il se qualifie
Medìcm Regius , Médecin du Roi , je conjecture qu’il obtint alors ce titre. 11 trouva à Parisle Manuscrit de la grande Chirurgie de Vefalius , Sc Tacheta ^ & le fit imprimer à Venise (a ),Pan ifdp, in 8 (B). Son Epître Dédicatoire, datée de Padoue , le 13 de Septembre 1 yó8,m’a fourni ce que je viens de raporter.
(A ) ll fit imprimer quelque chose . . . , qùoi qu il eût
juré de n avoir jamais k faire avec les Libraires.j La pei-ne qui l'accabloit, pendant le cours de slnìpression de sonLivre (s Anatomie , & les chagrins qu'il rencontrait dans letravail des Imprimeurs , lui firent faire par dépit un tel ser-ment ; màis lors qu’il se vit enfin tiré de dessous la pres-se , il se dégagea de sa parole. II se compare là-dessus auxfemmes, qui, pendant lé travail d’enfant, protestent qu’el-les se donneront bien garde de s’y exposer de nouveau : 8cnéanmoins la douleur étant passée , elles oublient leurs pro-testations : Quod accidere univerfis parturientìbus filet , mihiplane contìgiste vìâetur, ut âum in íabore quidem verfantur fiejurent amplìus non parituras : poftek verit , extra difirìmen po-Jiu , rurfus CV concipiunt & pariunt. Nam quod haut itk pri-dem Contemplationem Anatomicam , laboriofisttmum partum,exarandam in publicam Studtofirum commoditatem curàrem;ac partim quidem imrtíenfis laboribus fraltus , partim pr/tli dif-ficullaies ac mdeftiassummas pertstfus , conftituistem , ac propemodum aptid me dejerastem;non futuram mihi amplius remcumTypàgraphis - pofieaquam foetus jam editus efi in lucem , violatejuspuràndum compulsas fui , fabricant Pharmacopolitereon ( utintérim de meo pestilentis morbi Tralîatu , ac Methodo de Mor-bo Gallico vería facere non curemj duodecim clajfibus dìgestamptblicì edttcavi, ac meo quidem lacté tam diu fitftuli, donec htncinde fi ipfa audalíer evolavit (1). II ajoute , que son zèlepour futilité du public l'obligea à violer son serment ; caril voioit que les fautes que l’on commettoit dans la com-position de- Remedes avoient besoin de correction, 8c qu’ilpouvoit s’y emploier efficacement. Je ne sai s’il a mis anjour les quatre Livres qu’il promettoit de Morborum Puero-rum curandi ratione (1). On ne les marque point dans Lin-denius reiiovatus , ni dans l’Epitome de la Bibliothèque deGesner(3)', ni au Supplément de la même Bibliothèque:ce servit une mauvaise raison de conclure qu’il n’a pointdonné cet Ouvrage ; car il en a fait quelques autres, dontces Bibliothécaires ne parlent pas.
Chacun fait le Conte de cette femme , qui sai soit lesprotestations, indiquées ci-dessus , 8c qui néanmoins ne futpas plutôt délivrée, qu’elle demanda qti’on éteignit la chan-delle bénite qui brûloit encore fur fa table : elle pourra meservir une autrefois, ajouta-t elle. O11 ne peut point ici apli-
quer juste ce que disent les Italiens, Pastato ilpericolo, gab-bato il Santo ; qu’on envoie paître le Saint, quand !e périlest passé. On fait fort bien les raisons particulières 8c in-dispensables qui dégagent très-justement de ce que les fem-mes auraient juré dans certe occasion. 11 n’en va pas demême des Vœux que l’on fait fur mer pendant la tempê-te , 8c que l’on oublie trop souvent après qu’on est arrivéau port.
II n’y a point d’Auteurs aussi sujets que les Poètes à ou-blier qu’ils ont promis solennellement de ne faire plus rienimprimer.
O ! combien t homme est inconstant , divers ,
Faible , léger , tenant mal fa parole,ff'avoh juré, même en astez beaux vers,
De renoncer à tout Conte frivole.
Et quand-juré ? c est ce qui me confondDepuis deux jours j’ai fait cette promesse.
Puis fiez-vous à Rimeur qui répondD’un seul moment. Dieu ne fit la sagejsePour les cerveaux qui hantent les neuf soeurs '.
C’est ainsi que parle l’ingénieux la Fontaine au commen-cement de l’un de ses Contes (4). Mr. Ménage a fait deux (4) ta ^ on ‘chapitres (f) pour prouver que les Poètes , âpres avoir juréde ne faire plus de Vers , ne laistent pas d'en faire encore ( 6 ).
(B)' ll trouva à Paris le Manuscrit de la grande Chirurgiede Vefalius... cr le fit imprimer k Venise, Vannée 1569, in 8.JU le corrigea > 8c digéra , & en fit en quelque maniéré sonpropre Ouvrage , comme il le marque dans le Titre,
Andraa Vejsalii, Bruxellenfis, Philìppi Hifpaniarum Régis Medici,Chirurgia Magna , in fibtem Libros digefta,ln quà nihil defiderari poteft,quoiadperseElamatque integram,de curandis humant Corporis malts, Methodum pertineat.
Ab Excellentifstmo Philosopha , ac Medico RegioProspero BorGakutio recognita , emendata,ac in lucem edita.
Forma etiam instrumentorum , quibus Chirurgi utuntur,his in Libris apprimé defiripta sunt.
Venetiis , Ex Ostìcinâ Valgrifianâ , 1569.
taine,Conte delClochette, iTom. 1 1 V'S*
JJI2.
($)
/> A nti-B al1 'let, W-CXXlUt ®ju;v.
(1S) Vo’iZ
(d) Kon'g.Bibliot. pag.116,
(b) Fridet.Spanheinius,de Origine8 c PtogteífuAnabapt.na:n. 2.
(c) Hoorn-beeck, Som-ma Contto-verf. p.ìs 6 .
(rf)Camerar.in Vità Me-lanchthon.
(f) E'Feodem,ibid , pag, 47,
4 *.
fl) VoitZSeckendoif,Histor,Lutheran.Libr. 1 , pag.792, i,z.
{2) Came-rarius, inVità Me-•lanchthon.ï“g. 47 *
( S ) Inqae
amnibttsmdximè irdriemifftmèM. Celùtrias.Camerarius,»* vjtâ Mc-lanchthoní: »
fag. J o,
BORRHAUS (Martin) Professeur en Théologie à Bâle, fut prémierement conufous le nom de Celkrius. II étoit né à Stutgard , au pais de Wittemberg, Tan 1499 (a), & ilfut Disciple de Capnion (b). II reçut à Heidelberg le dégré de Maître en Philosophie (c) ; Scpuis s’en étant allé à Wittemberg , il y aquit Tamitié de Melanchthon , avec qui il avoit déjà euquelque habitude à Tubingc (d). Comme il ne manqudit ni d’esprit, ni de savoir , il trouva beau-coup de disciples à instruire , 8c il gagnoit à cela bien de Purgent. Ce fut par la recommandationde Melanchthon , qu’il fut admis à cet emploi. II se laissa misérablement séduire par Stubner, Tuivdes premiers fondateurs de TAnabaptisme , & il travailla avec beaucoup de chaleur à établir cetteSecte (e). II eut une Conférence avec Luther , Tan ifzi (A ), & y fit paroître un grand fana-tisme. Etant allé en Pruíîè , Tan 1 pzy , il y fut mis en prison par Tordre du Prince, & il ne laisiàpas de faire beaucoup de Livres pour soutenir ses erreurs (/). Mais quand il eut vu que fa Secterecevoit de jour en jour de grans échecs , & que Tefpérance qu’elle avoit donnée du renouvelle-ment de toutes choses se trouvoit trompeuse , il se convertit, & se retira à Bâle Tan 1 f 36 (g). IIquitta non seulement TAnabaptisme , mais aussi 1 c nom de Celkrius, & se fit nommer Borrhaiis.II se maria , & s’apliqua quelque tems à un métier pour gagner íà vie (h). Enfin il fut aggrégéau nombre des Professeurs de T Académie , Sc il enseigna prémierement k Rhétorique , Sc puis k
Théo-
> A) ll eut une Conférence avec Luther l'an 1521.] Le3prémìeres fureurs de l’Anabaptisme éclatèrent à Zwiccaw,où Nicolas Storch , Marc Stubner, 8c Thomas Mun7.er,s’érigérent en Prophètes, 8c se vantèrent d’avoir avec Dieubeaucoup d’entretiens. Us s'attirérent par là un grand nom-bre d'Auditeurs ; car ils promettoient qu’on verroit bien-tôt le nouveau Régné du Messie. Pendant ce tems-là , Lu-ther se tenoit caché : il ne laissa pas d’aprendre. la levée debouclier de ces fanatiques , & les progrès qu’ils fáifoient àWittemberg , où ils avoient même un peu ébranlé Me-lanchthon fr j. Pour ce qui est de notre Cellarius, ils le ga-gnèrent entièrement : il devint aussi 7 .êlé qu’aucun d’eux.Non paucos in fuam fintentìam perducebat (MarcusStubnerius)quorum caput fuit Martinus Cellarius , qui iftis pertìnaciffimediu fane adhafit , (V caufam hanc egït atque défendit {ï). Lu-ther , sortant de sa ìytraite , arriva à Wittemberg au moisde Mars 1522 , & arrêta par ses Sermons les progrès de cesgens-là. Leurs disciples mêmes l’écoutérent avec beaucoupde vénération ; mais dès que Stubner , qui étoit sorti deWittemberg pour quelque affaire', y fut revenu , ils Ratta-chèrent à lui comme auparavant, & 1 encouragèrent à sou-tenir ses opinions. Cellarius l’y exhorta principalement (3).Stubner demanda à conférer avec Luther , & obtint enfinjour & heure pour cela : il se rendit à 1 assignation, accom-pagné de Cellarius 8c d’un autre. Luther n’avoit avec luique Melanchthon. Vous allez volt dans le .Passage Latin
que je raporte , que Cellarius fit paroître plus d’emporte-ment que Stubner , 8c comment eps fanatiques sortirent deWittemberg ce jour-là même, pour se retirer à Chemberg,d’où ils écrivirent à Luther une Lettre pleine de malédic-tions. Audivit Luterus placide narrantem Marcum sua. Cutndicend't finem secifset , nihil contra illa adeo absurda ey futilutdijjtrendum ratus Luterus , hoc modo monuit ; videront qttidagerent. Nihil eorum qua commémorassent , sacris literìs niti,commentaque este cogttationum curiofarum ant etiam fallacts CVfraudulenti fpiritus déliras e? perniciofas fubjeéliones. Ibi Cella-rius cv voce er geftibtts vefanis , cum & filum pedibtis cypropo-fitam menfulam maniíus feriret, exclamare cr inàignari, ttu-fum efié Lutherum fufpìcart taie aliquid de divine homine. AtMarais paulo fidatior , ut scias , inquit , Lutere , me fpiritu Deipnditum ejfe, ego, quid in animo tuo conceperis, fum indicatu-rus , tdque est Te incipere inclina» a d htec ut meam doc-trinam veram esse .credas. Cum TMerus , ut ipfi postea dixit,istam dedìta opéra fintentìam cogitando effet compjexus : Incre-pet te Deus Satana. Poft hacplus verborum faciendum T.ute-rus non putavit, c? minantes glorìantesque eos dimi/tt , ac ne-fcio quid pollkentes de mirabilibus effeílionibus, quibus probaturtsua estent, cum hoc modo dìxistet : Is Deus quem ego veneror& colo, facilè vestra numina, ne quid taie efficiatur, coër-cebit ; eo die oppido illì excesterunt , chembergo distante pasttbusamplius mìllibus quinque literas plenM Malediùlis crextcrtUioní-bm ad Lutherum rntfirunt (4).
(fl Cittiej
Aielanchr-
pttg. 47-
ft) fsvm'beeck, 511im Cont“>,veif l a k,iSS- V,,A
laiins»vit* w*'lanebt48.
{h) Vif‘ s
trerio of>P£
J,
Hoornb-
ri- 35
( 4 ) C**?rarms > "Vitâ Mj-Ç
lanchto»“>
pog.iti S '