BOURGOGNE.
(t) Voler. u-ganarq. (B).
(e) Gollut,Mémoiresde Lourgo-gne,f<y.S 3 «'
(í/j Là-mime,f«i- 547 -
( e ) rontusHeuterus,Rerum Bur-gund. Lìbr.U, gag. 48.
(f) Meze*rai, AbrégéChronol.Tom. III,pag. '°5-
(?) Là-mcme,t“l- IZ 7 -
{h) Là. mime,t*g- I 4 I *
f i) Là-mème,M- J 57 .
( kj Tire' deMezerai,Abre'géChronol.Tora . III ,t*&- IS 7 .IJ*.
bataille de Poitiers, Pan 13 f 6 après avoir donné mille marques d’un grand courage en combatantauprès de son pere (b). Quelques-uns disent que cela fut cause qu’on le surnomma le Har-di (B). II reçut l’investiture de la Duché de Bourgogne Pan 1363 {c) , Sc il épousa Margue-rite de Flandres 0 , fille unique du Comte de Flandres Sc d’Artois, l’an 1369 (cl). 11 recueillit cet-
te belle succession par la mort de son bcau-pere, Pan 1384. II mit fin l’année suivante à une Guer-re civile qui avoit duré sept ans en Flandres (e ), Sc dans laquelle les Gantois principalement avoientfait paroitre leur esprit de sédition. Lui, Sc le Duc de Bourbon, furent chargés de l’éducatiortde Charles VI Roi de France , par le Roi Charles V qui mourut Pan 1380 (/) : la Régence futlaissée à Louis Duc d’Anjou , frere aîné de notre Philippe le Hardi. La division s’éleva bientôtentre les deux freres, par la jalousie du Gouvernement. Cette passion éclata d’une maniéré plus fu-neste , lors que Charles VI aiant atteint Page de vingt ans, déclara qu’il vouloit prendre en mainl'administration de son Etat (f). II retint auprès de lui le Duc d’Orleans son frere. Le Duc deBourgogne son oncle sc retira malcontent, Sc ce fut la source d’une inimitié mortelle entre la Mai-son d’Orleans Sc la Maison de Bourgogne. Marguerite de Flandres, femme de Philippe le Hardi,
Sc Valentine de Milan , femme du Duc d’Orleans , nourrirent par leur vanité le feu de la divi-sion (C). Les maladies du Roi , qui le mirent dans le besoin d’une tutele, donnèrent lieu auxdésordres de cette funeste émulation. Les Etats du Roiaume, qui s’asièmblérent à Paris Pan 1391,mirent la Régence entre les mains du Duc de Bourgogne, quoi que le Duc d’Orleans la de-mandât , Sc qu’il fondât fa prétention fur ce qu’il étoit frere du Roi (h). Ces deux rivaux sedéboutèrent far deux fois l'un l'autre de ce poste avantageux [i). Le Duc d’Orleans tenoit le dessiisPan 1401. Celui de Bourgogne ne pouvoit quitter fa part : l’un & Vautre fit assemblée de fies amis ;mais ils consentirent à une réconciliation au moins en apparence. Peu après, le Duc d’Orleans im-pétra du Roi, que pendant que Sa Majesté seroit malade , il auroit la conduite de VEtat. LeDuc de Bourgogne , étant de retour à la Cour , se trouva assez fort dans le Conseil , pour Je faireredonner le Gouvernement. . . . Le Roi sortant d’un autre accès ordonna que tous deux gouverneraient (i) pontu*conjointement -, mais le Conseil , la Reine , íst les autres Princes (fi Seigneurs , les prièrent de Heute!U %rs'en départir (k). Philippe mourut à Hal, le z 6 d’Avril 1404 (/). II laiíîà tant de dettes , que gundic.
fa w- 6 -
(i) Ansel-me > Hist.Généalog.de la Mai-son Roiale,feg. 107.
{^)Là-même,pa». 108,
(s)Là-méme,f45. Iir.
(í) Gollut,Mémoiresde Bourgo-gne.pag.Sií.
( 7 ) Fabert,Hist. desDucs deBourgogne,t*S- z 7 -
(8) FontuSHeuterus,Rer. Bur-gund. Libr.U, pxg .6 3.
( 9 ) VoieZ,Gollut,Mémoiresde Bourg.54 L- JJ 7 -
(ro) Fabert,Histoire desDucs dcBourgogne,psífi. 6 . Voiez.aujfi PontusHeuterus,Rer. Burg.fxg. 19 .
(n) Gollut,Mémoiresdc Bourgo-gne,^. 5 itf.
]e 2.6 d’Avril 1319 (3), & fut marié avec Dorme de Luxem-bourg, lan 1332 (4). 11 n’est donc pas possible que Philippele Hardi , son quatrième fils , soit né l’an 1334 ; & puis
que Charles V son fils aîné prit naissance . le 21
de Janvier 1337 (5) , jugez si Pontus Heuterus a été bonChronologue. Son erreur a été suivie par Louis Gollut (6),& par Mr. Fabert (7). Celui-ci a fait une faute particuliè-re , qu’il a copiée de Mezerai : il a mis la mort de Philip-pe au 27 d’Avril 1403. Cette erreur est plus pardonnable,que celle où il tombe deux pages après , lors qu’il dit, quela Duchesse ne survéquit à son mari qu onze mois , étantmorte au mois d’Août 1405. Sì l’on ne voioit pas de telleschoses, on ne croiroit pas que le défaut d’attention put êtresi grand. Notez que Pontus Heuterus , fans se tromper, aété cause de l’erreur : Undecitno f ost Audacis mortem tnenfc,dit-il (8) , Margareta afoplexia Atrebati tafta maritum decìmosexto Cal, Septembres anno 1403 vit à excedens sequitur. Celaveut dire , qu’onze mois après le trépas de son mari, ellefut frapée d’une apoplexie dont elle mourut au mois d’Août140;. II faut , selon le calcul d’Hquterus, que l’apopléxieait commencé au mois de Mars, 8c qu’ainsi la Dame aitsurvécu près de seize mois à son mari.
(B) Sa valeur .... fut cause qu on le surnomma ze Har-di.] Le Roi Jean , dans la Patente de VInvestiture, rendittémoignage à la valeur de son fils : Ad memoriam reducentes,dit-il (9) r grata zv lande digna servitia. qm charijstmus Phìltp-pus filius noster quarto genìtus , qui sponte expofitus mortis peri-culo , nobiscum imperterritus e? impavidus stetit in acie prosePiíîavos vulneratus , captus ZV detentus in hostium poteftate, ib 'tZV post liberationem nostram hablenus exhibait. On dit que cejeune Prince blessé ne cessoit ,, de se défendre , après mê-me que son Pere lui eut dit de mettre bas les armes. Cet-te vigueur si extraordinaire dans un jeune Prince, étonnales Anglois. Un, ne voulant pas cueillir une si belle Ro-se en son bouton, lui dit tout haut : Sus, rendez vous Har-di Filipe. Cette parole fut aplaudie de tous les aíïìílans,8c le nom de Hardi demeura depuis au jeune Guer-rier (10) ”. On raporte d’autres raisons de cette épithete;car quelques uns (n) content qu’il donna un soustet à l’undes plus grans Seigneurs d’Angleterre , qui , en servant lesRois de France ZV d’Angleterre , avoit présenté service à celui-
ci avant qu’à celui-là.. adjoufiant sur le soufflet,
Quoy ! ose tu bien servir le Roy d’Angleterre le premier,quand le Roy de France se treuve présent ? Ce que le RoyEdoard d’Angleterre , ( qui faisoit compte des actes géné-reux , autant ou plus que d’autres choses du monde ) ma-gnifiât grandement, 8c luy dict alaigrement , 8c d’une voixjoyeuse : vous estes Philippe le Hardi. Ce que luy fut com-mencement d’un surnom , beau, entre les plus beaux. L'ondone encor de ce filtre , une autre raison, qui sut , de ce que,au sacre du Roy Charles 6, Use treuvat ( comme premier Pairde France ) entre les Princes séculiers , à cause de son Duché deBourgougne. Au moien dequoi , és aides Roiaux , le premier ZVplus ault fiége lui appertenoit. Mais , au contraire , Lots Ducd’Anjou , son frere , se sondant sur son aînesse , ZV sir ce qu ilestait comme Gouverneur du Roi, voulut prévenir : zv defaiíl,il se ajstt tout au plus fres du Roi. Dequoy le Duc Philippe s’es-tant aperceu , le recullat d’une main : puis d’un plain sault,selançat entre le Roi zv P Angevin , prenant le plus ault lieu,qu il maintenait lui appertenir. Dequoy tous les ajstftans furentmerveilleusement ébais : ZV néantmoins ne l en mésestimèrent,mais le surnommèrent le Hardy, pour ce sait, exéquuté en laprésence du grand Roi des François.
(C) Marguerite de Flandres fi femme, ...... e? 1 Valin-
tine de Milan, . s . . . nourrirent par letir vanité le feu de ladivision .] „ Les fréquentes pointilles d’entre leurs femmes„ les aigrissaient encore plus que leurs véritables intérests :
„ celle du Duc de Bourgongne , estant plus aagée, héritie-„ re de grands Estais,8c issue d’un très-noble Sang, mespri-„ íòit l’autre , qui en effet eust esté bien au dessous d’elle,
„ st on ne l’eust considérée comme femme du frere unique , ^„ du Roi (12)”. Les partisans de la Maison de Bour- L z ^ r '»ogogne médisent beaucoup de Valentine Duchesse d’Orleans. chrono 1 -Voici quelques-uns de leurs traits. ,, En quoy (13} la Du- r««. 111>, dresse de Bourgogne tenoit la bone main , non feule- p*g.v 7’ 4,j ment en faveur du D. de Bretagne son cousin , 8c fils de í> ‘ um ‘ li ° U„ la sœur de Loïs de Malain , son pere : mais encor , , c \p-
„ pour l’aine grande , qu’elle portoit à la Milanoise ( Du- , dt
s, chesse d’Orleans ) contre laquelle, ellè havoit tousjours faire t» sis,, quelque chose à démesler : voiant ceste eflrangere tant pré - ft
„ somptueuse, quelle ne vouloit permettre les grandes Princesses„ (de meilleur lieu quelle neftoit ) marcher en leurs rancs , çr fìsoe,
„ tenir les places qui leur appertenoient. Car ceste Dame Italien- ** ^
,, ne se marrissoit , que la Duchesse de Bourgougne havoit esté„ au jugement du Roy, z? des Estais, nommée prémiere Dame„ d'honeur, de la Roine Isabelle, ztr que par ce moien, laBour-i) gougnóne tenoit la prémiere place , la main, er /’oreille de la„ Rome. Lequel dédain de la Duchesse d’Orleans estoit„ bien soustenu, 8c bravé, par la Duchesse de Bourgougne,
,, laquelle estoit Princesse généreuse, zr mal endurante-, qui sça-„ voit les richesses zsrmoiens quelle havoit; qui cognoistoitle cré-„ dit, la valeur, z? le mértt de son espoux; z? qui, au surplus,
„ s’estant aperceue, que ceste estrangere en vouloit aux enfans de„ France , au Roy , z? à son mary mesme , ne se pouvoit fi„ avant commender , que de dissimuler avec elle : encor quelle,, sceut, Zp que souvent elle fut advertie, que ceste Dame Valen-„ tine vailloit beaucoup, pour entreprendre sur la vie des homes ^,Lçoai^ e,, par ses sorcelleries Z 7 poisons, ztr qu il s’en failloit garder. Mais, gène tai-„ ou Vindignation de la Duchesse de Bourgougne, ou son naturel j>oií° aneu,, vraiment Gaulois {qui mal aisément peut dissimuler,st la peur,, n’est toupours devant les yeux, ) faisoient, que peu ou rien el-„ le s’ensoucioit : seulement, elle travailloit d’en faire en-„ tendre la vérité au Duc Philippe son mary, afin qu'il veil-,» lat curieusement sur ses affaires, à fa seurté, 8c sur la , jjut,„ personne du Roy (14) ”. Le même Auteur dit que la íìemo> ieSDuchesse d’Orleans fut soupçonnée d’avoir procuré la ma- s S gourgP'ladie de Charles VI, 8c qu’elle avoit voulu empoisonner le go»Dauphin. Servons-nous de son mauvais style. Autres rap-portaient la maladie duRoi à la Duchesse d’Orleans, qui havoitdésiré ouvrir le chemin à son mary, pour emporter la corone.Aquoy l'on adjoustoit dé autant plus defoy, que F ambition de ctfttDame, z? les cognoistances quelle havoit, de mester zsr détrem-per les poisons, estaient à la veue de tous. De maniéré , que finmary, s’en estant encor aperceu , âpres la mort de son fils aine,
{empoisonépar une pome, que cette Dame havoit apprestée, enespoir de faire que le Dauphin ïhauroit en main, z? la mordrait,
Zsr en mourroit. Et à ce dessein , ïavoit mise entre les mainsde son fils, lui commandant de la porter au Dauphin de France:ce que V enfant ne feit ; mais, fans user de cérémonie , ri avoitpas failly de mordre dedans, zsr d’en tirer ce que le feit mourir :)l'havoit faiH reserrer dedans le chafteau de Neufchastelfur Loire, ,
obliant pour un temps l’amour qu il lui portoit, causé par hs f 15 '.. to i.mignardises d'icelle, z? par la grandeur de son dot, qui luy ha-, nu, t*voit apporté, la Comté de Vertu, ZV 500000 escuz,par le moien ) pon rl,sdesqtttls il acheptat la Comté de Blois,en l an ï^gz,pour 20000 H euteri, ^,î-escuz , celle de Soijsons , ZV la Seigneurie de Coujfy ( 15). Pon- R cl m r ,tus Heuterus dit à-peu-près les mêmes choses (16). Si nous 0.
avions le détail de tous les discours 8c de toutes les intrigues ' > *