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Tome premier. A - B.
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633
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BOURGOGNE.

It?) Votez. UCotation {h )^ e -ArtioleSouï'e.

( 18 ) His- 'taire deCharles VI,traduite parMr. Le La-boureur ,Eivr.XXlV,

cf >ap. u ,f“i. 4 * 4 -

f 19) Mezê-lai. AbrégéChronol.Tom. II,par. IS 9 , àí'atm. 1494.

C îo ) PorttusHeuterus ,R-er. Bur-guird. par.

«*, 6 }si

(îl) Idem yìbid.

( zz )llem,

tkid.

(«) PdntusHeuterus,Reram Bur-gund. Libr.W, pag, 6 s.

F) Idem,ìbid.

(c) Idem,Ìbid.

( d) Uem , ibid.pa%. 69.

( e ) Votez, laXemarque

iyi) t à la fin .

i.f) PontusHeuterus,Rer. Bur-gund. Libr.Ulrfdg. 72.

(?) LohïsL>uc dcGuienne ,9 #* mourut*vxnt sonP-r-.

63Z

fa veuve fut obligée de frustrer les créanciers (O). C’étoit une femme impérieuse & vindica-tive , & qui avoit bien donné de la peine à son mari (E). , Elle lui donna trois fils & quatrefilles, & mourut le 17 d’Août 140s (m). II ue fut adonne, ni au jeu, ni au vin., ni a l’a-mour (F) : on ne trouve point qu’il ait eu, ni des maîtresses , ni des bâtards j mais il fut très-ingénieux à sticcer le peuple , & il fomenta le Schisme des Anti-Papesi

de ces deux Dames , nous verrions des Anecdotes qui neferoient guere d’honneur au sexe , le premier mobile pres-que toûjours des guerres civiles, 8c plus digne que Boréede l’épithete à'Artisan des naufrages (if.

(D) ll laiffa tant de dettes, que fa neuve fut obligée de frus-trer les créanciers .] Le Moine de St. Denys, qui a composéune Histoire de Charles sixième, loue Philippe le Hardi parbien des endroits, comme d’avúir été fidelle à fa femme,d’avoir bien élevé le Roi son neveu , d’avoir eu une excel-lente Musique pour le Service divin , d'avoir été si éclairédans la politique qu il n’arrivoit rien qu il neút préveu de loin,d’avoir été fort éloquent; mais, ajoûte-t-il (18) , une feulechose ternit la gloire d'un nom qu il avoit rendu fi recomman-dable : c’efi qu'il ne fe souciait point de payer f es debtes , cy queses Argentiers cy fes Controlleurs ne faifoient aucune justice àfes Créanciers , non pas mesmes pour ce qui regardoit la dépenseordinaire de fa Maison , dont le payement ne se pouvoit refuserfans crime, Auffises meubles , quoi que d’un prix inefiimable,ne fuffirent-ils pas pour ïacquitter ; cy c’efi ce qui fit faire à faVefve ce que les plus chétives femmes ne font pas fans regret ,non plus que fans injure , c’est-à-dire , de fe servir du privilègede la renonciation, pour fe délivrer de l’accablement des debtes.Elle observa les cérémonies ordinaires dans cette renoncia-tion; car elle defeeignit fa ceinture avec fes clefs cy fa bourse furle cercueil de son mari (19). Pontus Heuterus nous aprend quecet acte arrete les intérêts , 8c ôte tout droit aux créanciersfur les immeubles, Scies oblige de transiger. Uxor Margaretaliberique cadaver expédiantes infigni exequiarum pompa jufiasolvant : cumque rei familiaris statum magno are alieno grava-tum Margareta reperìffet , ne à creditoribus vexaretur, matro-rtales feretró claves , cingulum , marfupiumque , fecundum re-gionis leges impofuit. Hoc enim fatto creditoribus praterquamin fupelledlilem , ac ea qus. bona votant mobilia , jus non erat ,ufurarum cursus fiflebatur , ac de forte debitisque in hoc tem-pus ufuris , certis folutionis ex paâìo conventoque datis terminisconvenire togebantur (20). C’est proprement une banque-route. L’accord , que l'on fit avec les créanciers , futexécuté , en partie par la veuve , en partie par ses en-fans (21).

(£) Sa femme ètoit impérieuse cy vindicative, cy avoit don-né bien de la peine à son mari.) Le témoin qne je vais citern'est point suspect; car c’est Pontus Heuterus. Patrem,dit-il (22), non minus corports lineamentis, ac humorum tem-peramento, quam animi ajfetlibus referebat (Margareta). Eratenim in eâ anìmus excelfus , ferox , ambitiofus , vindidls, meurn à quo fe lasam exiftimabat, percupidus, ac qui numquamfincerì cum inimico in gratiarn redire poterat , nullaque ratio-neferens quos dignitatis amulatione secum certare exifttmabat ;

quas animi ajfediiones Audax in ordinem coadhtrtts, hon párumfummà adhibitâ prudentiá fimulatìoneque per omnem vitamla-borarat , coaftus nonnunquam aliquid de jure fuo cedere , quodpnter ampliffimarum Provinciarum dotem , enm patrem feptemprestantiffimorum liberorum effeáfjet. Voilà un Prince, qui netrouva presque rien dans le Roiaume qn’il ne soumît à faloi, non pas même le propre frere de son Souverain, Sc quicependant n’est pas le maître chez lui : il est obligé de calerles voiles devant fa femme orgueilleuse de son naturel, 8cpar fa fécondité, 8c par son beau patrimoine. Recevoir unbienfait c’est perdre sa liberté, disoient les Anciens (23).Cela est fur tout véritable à f égard des dots (24). ^

(P) Il ne fut adonné , ni au jeu , ni au vin , ni à Vamour;. mais . ingénieux à fuccer le peuple ] Sa chas-teté paroit admirable avec raison aux Historiens, vu qu’ilétoit d’un tempérament robuste , Sc que l’affluence de tou-tes choses, avec la commodité des occasions, a beaucoup deforce fur les sens. Nec aleator , nec mulierofus , nec ebriofusfuit , unde rarifftme ejus in aulâ eomitatuque , contentiones,jurgia , rixa , pugnti , comejfationes , intempestive, vigtlie, necfomnus cernebantur : animus verò in eo perturbatus ìracundus-que perraro. De concubinis , illegitimis liberis , aut ullo in-continent ’u libidinisque genere nìl plane reper 'to, que tamen vir-tus inter Principes valenti corpore prédites perrara esse consue-vit , quod libertas , rerumque omnium affiuentia, facile fenfusvehementiffimi voluptatis illecebris ac titillatione decéptos mfi-

ciant , animum emolliant, effoeminentque . Duas ob

causas à Scriptoribus aliquot profeinditur. Primo , quod tm-menfis continuisque pecuniarum exaâìionibus populum exhaufe-rit , ác in excogitandis novis tributis ingeniofus fuerït , inexo-

rabilisque in exigendo . Altéra plofc 'mdendi causa est,

quod untvetfo vite tempore diffidium in Chriftianâ Kepublicâduorum fummorum Pontìficum creatione ortum omnibus atti-bus aluerit, fovenspartes Antipape (25). A l’égard des exac-tions , Heuterus l’excufe fur les dépenses extraordinairesqn’il saloir faire pour entretenir des Troupes , 8c pour for-tifier des Villes. Mais pourquoi au moins ne paioit-il passes dettes ? Chose étrange ! les Princes ne se font pas un casde conscience de ruiner leurs créanciers, pendant qn’ils en-richissent d’autres personnes. Lisez ce Passage de Mezerai :Ce fut là que la Reine Marguerite tint fa petite Cour le restede fes jours, méfiant bijarrtment les voluptex. e? U dévotion,ï amour des lettres e? celui de la vanité , la charité chrestìenneey Ìinjustice ; car comme elle fe picquoìt d’estre veue souvent àl’Eglise , d’entretenir des ff avants , ey de donner la dixme deses revenus aux Moines, elle faifoit gloire d’avoir tousjours quel-que galanterie , d’inventer de nouveaux divertissement zy dene payer jamais ses debtes (26).

BOURGOGNE (Jean Duc de) fils du précédesit, ilâquit à Dijon le tç dé Mai1 57 1 0 )- n fut d abord apellé Comte de Ne vers, & il donna de très-bonne heure toutes lesmarques d un Prince guerrier , Sc digne du surnom d esans peur , qu'on lui imposa. Dès l’âge dedouze ans , il iuivit Ion peie a 1 expédition de Flandres , contre les sujets rebelles de son aieul ma-ternel (b). On le maria deux ans après , avec Marguerite de Bavière , fille d’Albert Comte deHollande (c), II souhaita paslionnément d’aller en Hongrie l’an 1396, avec les Troupes que le Roide France envola à T Empereur Sigismond contre Bajazeth. II fut non seulement chef des volon-taires , mais il commanda austi le corps de bataille (d). Cette expédition fut malheureuse ( yj) -toutes ces Troupes furent taillées en pièces à la journée de Nicopolis. II y fut fait prisonnier Scquelques-uns disent qu’on l’auroit tué , fi un Turc Physionomiste n’avoit assuré Bajazeth que la viede ce captif feroit funeste à la Chrétienté (e). Ce jeune Prince aiant paié ía rançon revint en Fran-ce l’an 1397. 11 prit solennellement possession de la Duché Sc de la Cômte de Bourgogne, de

l’Artois Sc de la Flandres, au mois d’Avril 140 s (f) ; Sc dés lors, il ne songea qu’à la querelle quefeu son pere avoit eue avec le Duc d’Orléans. II fe propose de la pousser à toute outrance , Sc ilfortifia son parti par le mariage de son fils avec Michelle de Valois , fille du Roi Charles VI Scpar le mariage de Marguerite se fille avec le Dauphin (g). II gagna l’assection de la ville de PaVisen s’opofant aux levées de deniers que l’on vouloir ordonner ; Sc il profita du scandale, que la troDétroite union du Duc d’Orléans avec la Reine produifoit par tout (h) , Sc des plaintes du peupleaccablé par des extorsions redoublées violentes , dont la Reine , difoit-on , envoioit une partie enAllemagne , £5? emploioh Vautre en toutes siortes de profusions , tandis que le Roi Sc fes enfans étoient enpauvre équipage II fe retira de la Cour, avec le Duc de Bretagne. Le Roi aiant fu dans un in-tervalle lucide se cause de leur retraite , convoqua une grande Assemblée , Sc y manda le Duc de

Bour-

(A ) L’expédition de Hongrie , où il voulut aller , fut mal-heureuse.) Ce qu’en a dit Mezerai me fournira un bonCommentaire. „ Ils firent du commencement des actions„ dune valeur incroyable : mais leurs folies St leur disso-,, lution les rendirent ridicules aux Turcs mesmes. D’ail-„ leurs leur présomption enflée par quelques succès engà-» gea les Hongrois au fiege de Nicopoli, 8c puis à la ba-», taille , le 28 Septembre ; où les Hongrois ne fe souciant», point de les seconder, ils furent tous tuez ou faits pri-,, íonniers. Bajazet en fit hacher en pièces plus de fix cents„ en présence du Comte de Nevers ; 8c , après lavoir faít„ mourir autant de fois de frayeur 8c de douleur, il l e ré-" ^Q^ s avec fluinze autres des plus Grands Seigneurs, pour

„ lesquels il s’obligea de payer deux cents mille ducats dé„ rançon. Cette somme ayant esté fournie cinq mois„ après, ils furent tous mis en liberté. Le Comte de Né*,, vers arriva en France fur la fin du mois de Mars enfui-„ vant. ê On dit que Bajazet, bien loin de prendre ferment,t de lui qu’il ne feroit jamais la guerre aux Turcs, l’ex-„ horta d'avoir fa revanche , 8c l’asseura qu’il le trouveroit„ tousjours en campagne prest de le satisfaire (1) ”. Voustrouverez dans Pontus Heuterus le Discours superbe qu’onsupose que le Sultan tint à ce Comte (2). II raporte aussile Discours d’un Physionomiste : Sunt qui feripfere Joanni Jn-trepido vitam eoncejfam, quod Turca quidam, qui fe ex homi-num vnltu, corporisqut lineamentis, prospérant adverfamquefo?-

L 1 H mam s

(m) POritiilHeuterus,Rer. Burg;

Vohz. d ah s 14

7{emarque{^A 9 vers Ufin t ft*ie fau~te du SiensEabert.

(23} Bettefi -cium accrperejlibertaiemvendere efî*Puòlius Sy-rus.

(24) Votez,ci-dejfius laCìtittion (15)$de CcArtideAventin*

(2j) íonhigHeuterus,Rer. £urg 4Libr, llly64.

(i€) Meze-rai AbrégéChronol.Tom. VI,pag. 316, à1 éo $4

(h) Aíeze'-íai, AbrégéChronol.Tom, 111 mpag. 163,

À Cann m1406.

(1) Meze-rai, AbrégéChronol.Tòm. ///»p*g* MI.

(2) PontusHeuterus iRer. Buï-

gundicar^

Libr.