Band 
Tome premier. A - B.
Seite
636
JPEG-Download
 

6z6

BOURGOGNE.

Q) F.X rosi-lo Hetitcro,R et. Butg.i.’by. IV ,irur. fii’.S !•

(H Anselme,Hift. Généa-logique dela MaisonRoiale,f'!,. !"•

(i) ?ontusHeiitcïus,RerumBurgundic.Libr. IV,

ÍH- VI.

(V) liera, ib id.

m- »*•

(e) Elle étaitalors A Traies .

(/) Me?,e-rai, AbrégéCìironol.Tarn. tir,pag. 209 > -rCann . 1420.

(*) Lk-msmS)rio.

(\) JeanLe FevteSeigneur deSaint Remyobserve, ataChtpiire CVdr fan Histoi-re de Clr.u-les VI, queJean l’At-chier propo-sa aussi moultbien auten-tiqucmentdevant lésdeux Rois,en eux ex-hortons patmoult demaniérésqu’ils fissentjustice, Scpugnissentles coulpa-bles descriesmes : &là déclaramoult determes &dignitcz dejustice, Scqu’ils en-tendissent Scefcoutaffentbenigne-ment auxtequestes Scprières duDuc , afinque icellestequestes'voulíiíïentmettre àeïect.

(z) Conti-nuation delaChroniquede Flandres,extraite deplusieurs .la-tturs par De-ri-s Sauvage,chap. acvt,pas. 304.

(t") Valez.Du Tiìlecdans sonRecueil desTraites en-tre la Fran-ce Sc l’An-gleterre, AI»Chapitre daHoi Charlet~Vla

BOURGOGNE (Philippe Duc de, surnomme' le Bon) iris unique duprécédent, naquit à Dijon, le 30 de Juin 1396, 6c y fut élevé auprès de fa mere jusques à la mortde son aieul paternel : ensuite ii fut amené à Gand , & y passa plusieurs années-, car on ne trouvapoint à propos de le laisser engager aux combustions de la Cour de France, où son pere 6c la Mai-son d’Orleans fe disputoient le terrain avec la derniere fureur (a). II épousa Michèle fille de Char-les VI, l’an 1409,6c la perdit ì’an 142.2. , fans en avoir eu d’cnfans (b). II eut le Gouvernementd’Artois 6c de Flandres l’an 141 y; mais ce fut sous la direction de quelques Seigneurs que sonpere mit auprès de lui. Ils ne lui permirent point d’aller à la guerre, ce qui le chagrina fort : il enpleura, il en perdit le manger -, enfin il lé consola, quand il eut apris le mauvais succès de la ba-taille d’Azincourt, 6c il convint que son pere avoit eu raison de l’empêcher de s’y trouver (c). IIattendit a Gand, auprès de fa mere 6c de là femme, comment íè termineroit la querelle de son pere6c de la Maison d’Orlcans, 6c quel parti le Dauphin Charles prendroit ; mais dès qu’il eut fu l’ac-tion tragique qui fut faite fur le pont de Montereau-faut-yonne , il fe mit en train d’en tirer rai-son, ôc de mettre tout en œuvre pour fe procurer une vengeance signalée (ci). II en trouva tousles moiens qu’il auroit pu souhaiter : une infinité de François lui offrirent leurs services, la Reinequi disposoit de l’efprìt foible du Roi fut toute à lui , 6c il mit dans ses intérêts le Roi d’Angleter-re. II l’accompagna à la Cour de France (§), où il fe fit un traité portant que Charles VI don-neroit Catherine la fille en mariage au Roi d’Angleterre , 6c le reconoitroit pour son héritier á laCouronne (/). Ces deux Rois aiant fait leur entrée dans Paris, le Duc de Bourgogne rendit faplainte devant eux £5? leurs conseils : on appella le Daufin à la Table de marbre , avec les formalisez ordi-naires i 6c ensoite , on le déclara indigne de toutes successions , nommément de celle de la (Couronne deFrance , banni du Roìaume à perpétuité (A). Le Daufin en apella à Dieu & à son épée (g), 6c fe

fit

(A ) Il fit déclarer 2e Dauphin indigne , de la Cou-

ronne de f rance , CV banni du Roìaume à perpétuités Le Roide France, & ion bcau-fils le Roi d'Angleterre, firent leurentrée à Paris au commencement de Décembre 1410.Quelques jours après , on ouït la plainte du Duc de Bour-gogne touchant le meurtre de son pere. Les deux Roiscroient aslìs fur le même banc. Lc Chancelier de France,le premier Président du Parlement dc Paris, 8 c beaucoupd'autres Seigneurs 8c Gens du Conseil,assistèrent à l’Assem-blée. Le Duc s’y trouva, accompagné de plusieurs person-nes de qualité : Et alors, Mejstre Nicole Raulin , estant là pourles futurs complaignans, C? ayant demandé audience aux deuxRoy s , cv icelle obtenue , proposa le cruel homicide , saisi en lapersonne du feu Duc Jehan de Bourgogne , contre Charles , soydisant Dauphin de Vienne, le Vicomte de Narbonne, le Sire deBarbasan, Tanneguy du Chaste!. . concluant qu ils fus-

sent pris, mis en tombereaux, cv menés par tous les quarrefoursde Parts , nues testes , par trois jours de Samedy , ou de peste :cr qúe chafcun d'eux teinst un cierge ardant cn fa main, en di-sant à haute voix , qu’ils avoient occis mauvaisement , fausse-ment , damnablcment, CV par envie , le Duc de Bourgongne ,sans cause raisonnable quelconque. Cela saisi, sussent menés ouils perpétrèrent lediH homicide , CV là dissent , ct- répétassent lesmesmes paroles. En-outre , qiiau.litu , oh ils ï occirent , su ftsaisie CV édifiée une Eglise : qus là fusent ordonnés douze Cha-noines . aux despens dudisi Dauphin cv de ses complices : CV

me la cause , pour laquelle auroit esté saisie cette Eglise , sustescrìpte, CV entaillée de grosse lettre, sur la pierre du portail d'ï-celle , cv pareillement en chascune des Villes , qui s’enfuyvent :c est-assavoir à Paris, à Homme , à Gand , à Sainsl-Jaques enCompóstclle, CV en Hterusalem. En fin de cette propofition, Mais-tre Pierre de Marìgny, Avocat du Roy en Parlement, prit aufftconclusions criminelles contre les desfusdits: CV davantage, Mals-tre Jehan VArcher , Dosîeur en Théologie , à ce député par kResleur de l'Univerfité de Paris , exhorta les deux Roy s a fairejustice CV punition de tels criminels, entendant benignemint auxrequeftes des accomplaignans , cv à leurs conclustons (t). Surmoysust respondu, de la part du Roy de France, par la bouchede son Chancelier, que, moyennant la grâce de Dieu cv la bonneaide CV avis du P.oy d’Angleterre, Régent CV héritier de France,il feroit st bonne justice des coulpables de tel homicide, qu on au-roit raison de s’en contenter. Suyvant laquelle response, Char-les , Duc de 'lotiraine, Dauphin, fut appelé a la Table de mar-bre à Paris : là oh efians gardées toutes . folennitez.

contre luy CV fes . complices, fur l’occìpon dufett Duc

de Bourgongne , fut , par jugement esté , banny , CV exilé duRoyaume de France, CV déclatré indigne de succéder à toutes Si-gneuries, venues, CV à venir, cv mesmement à la succession CVattente qtì'tl avoit à la Couronne de France (z).

Je ne dis rien fur la nullité de cet Arrêt (3) : je me con-tente de faire une réflexion fur la conduite inégale des CoursSc des Peuples. Jean Duc de Bourgogne fit assassiner dansles rues de Paris le frere unique du Roi. La veuve 8c lesenfans du défunt cn demandèrent justice, & ne purent rienobtenir. Le meurtrier fe glorifia publiquement de son ac-tion, 8s ne voulut pas même à la prière du Roi la désavouer.II contraignit les complaignans à consentir à une réconcilia-tion ; 8s , bien loin d’encourir la haine publique, il devintl’idole des Parisiens: il sit le maître presque par toutleRoiau-tne , il sit périr dans Paris Sc ailleurs une infinité de gens,il tâcha de faire enlever le Dauphin , il sc joignit avec lesennemis capitaux de la Nation. On le traita enfin commeil avoit fait le frere unique du Roi : on le massacra fur lepont de Montereau. Son fils 8c fa veuve s’en plaignirent auConseil du Roi, 8s ils obtinrent tout ce qu’ils voulurent con-tre le Dauphin : ils le firent condamner à un exil perpétuel,leur cause fut apuiée par les Peuples , 8c nommément parl’Univerfité de Paris. Peut-on concevoir une assez forte in-,dignation contre une telle bizarrerie ? Si vous exceptez lacirconstance de la parole donnée, 8c de la foi d'un traité

qu’on devoir conclure, tout le reste est plus odieux 8s plusscélérat dans le meurtre duDuc d'Orleans, que dans le meur-tre du Bourguignon. Le Duc d’Orleans étoit supérieur endignité au Duc de Bourgogne; car il étoit frere du Roi.Le Dauphin étoit supérieur au Duc de Bourgogne; l’autori-té souveraine lui étoit en quelque façon dévolue pendant ladémence de Charles VI ; c’étoit à lui à exercer le droit duglaive plutôt q u’à tout autre , 8c il est certain que le meur-trier du Duc d’Orleans méritoit la mort, non seulement àcause de cet infâme assassinat, mais aussi pour une infinitéd’autres violences , meurtres, saccngemens, proscriptions.Néanmoins la veuve du Duc d’Orleans 8s fes trois fils n’ob-tinrent aucune justice : l’assassin ne fut soumis à nulle pei-ne ; 8c au contraire, il insulta, il triompha pendant douzeans : à la Un , il fut massacré. La veuve & son fils de-mandent justice , & obtiennent le plus foudroiant Arrêtqui fe puisse concevoir contre leurs parties. Les mêmesFrançois, qui avoient souffert ii patiemment que les plain-tes contre un meurtre commis par Jean de Bourgognefussent rejcitées, offrent leurs services pour venger la mortde ce meurtrier. Les fils du Duc d’Orleans , au lieu de ti-rer quelque vengeance , tombèrent dans une opression quine finit que par l’entremife du fils de celui qui avoit assas-siné leur pere. Dans l'ordre , il auroit falu qu’il recourûtà leur démence, 8c ils eurent besoin de sa compassion. Ladestinée du meurtrier de ce meurtrier fut bien différente : ilse vit déshérité de la Couronne, & condamné pour touteía vie au bannissement. Peu s'en salut que cette Sen-tence inique ne fût actuellement exécutée : il fut batu encent endroits, iî fut dépouillé de plusieurs Provinces. Lcfils de celui qu’il avoit fait massacrer fut la principale cau-se de ccs malheurs ; 8c , après avoir foulé fa vengeance, ilcontraignit son propre Roi à lui faire des satisfactions si in-dignes de la Majesté Roiale , comme on le verra ci-dessous,que jamais faute ne fut expiée de cette maniéré. Quelleviolence , quelle tyrannie, que d’exiger à toute rigueur quela mort d’un homme soit vengée , qui s’étoit moqué despoursuites de la veuve 8c des enfans de celui qu’il avoit tué!Mais quel désordre , que de voir qu’on ait si bien réussi àexiger une telle chose ! C’est ici qu’il faut s’écrier :

Multt

Cornmittunt eadem diverso crìfnìna fato .-

ílle crucem sceleris pretìum tulìt , hic dìadcma (4I.

Faisons une autre réflexion. Le Régné de CharW VI nousreprésente l’endroit foible du Gouvernement Monarchique.Les autres especes de Gouvernement ont chacune leur mau-vais côté ; mais elles ne sont point sujettes à l’enfance , nià la démence , comme sont les Rois. La Loi Monarchi-que veut dans les Roiaumes héréditaires, que celui qui estdans l’ordre de la succession occupe le Thrône, quoi qu’ilsoit enfant, ou qu a cause de sa vieillesse , ou de quelquemaladie , il soit retombé dans l’enfance. Par là , les plusfurieuses & les plus funestes dissensions s’introduiscnt dansun pais,comme la France réprouva fous le Régné de Char-les sixième. Qu’on ne diíe pas qu’une Monarchie mixteremédie à ces désordres ; car jamais on ne vit en Francetant d’Asscmblées de Notables que fous ce Regne-là. Et,pour parler franchement, on n’a guere vu que les EtatsGénéraux aient fait cesser les troubles : ils ont àu con-traire , contribué à les fomenter & à les accroître. Celaparut fous le Régné des enfans de Henri II. Telle est doncla condition du genre humain , qu’il n’y a pas à choisir en-tre le bien & le mal, mais entre le mal 8í le pire; & il ar-rive très-souvent qu’on choisit le pire, lors qu’on pensechoisir le moins mauvais. Le Dauphin , par exemple, &ceux qui le gouvernoient, se déterminèrent à la mort deJean de Bourgogne , comme à un remede nécessaire , qui,pour le moins, feroit éviter le plus grand mal ; & il.fe trou-

73

sai.

yerfi -°r-

RND *01*

foible áuGouvf rnC

ment y

jA<y

nai