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Tome premier. A - B.
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bourgognë,

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fit déclarer Roi après la mort de son pere , l'an 142.2. C’est le Roi Charles VIÎ. Le Duc deBretagne fe joignit aux Anglois & au Bourguignon ; dcsorte qu’il y a plus de sujet de s’étonner dece que Charles VII ne perdit pas tout son Roiaume , que de ce qu’il en perdit une bonne partie.

II fut obligé de renvoier tous ceux qui avoient eu part a la mort du Duc de Bourgogne (Jf). Le

fils de celui-ci youva de quoi s’occuper dans le Pais-Bas, a la poursuite de Jaqueline de Bavière (A); chionoi.

ce qui soulagea d’autant le parti du Roi de France. II eut la gloire d’être prie instamment par le

Pape & par le Concile de Bâle de modérer son juste ressentiment, & d’avoir pitié des malheurs 1 ím ' 14 1

de fa patrie. Outre cela , il eut la gloire de voir Charles VII subir des conditions d’accommode-

ment fi rigoureuses, qu’on peut dire fans hyperbole qu il lui fit faire amende honorable (C).

Moicn-

(<)Anscîme,

Hist.Uencal»

5 - 2 .H 7 .

(fi) Meze-rai > Abré-gé ChionlTarn» 111 ,f>a%. 212 , à1 \mh, I42I,

(7 )Lk-7nème,r)7.

{f)Lk'mlme,

2Z9.

s$) VolezGollut, Mé-moires deBourgogne,

714.

fi o) Lk-mc-pmí, pa%. 718.

(n) Lk-m*~w*» pag. 7 20*

(liseronr.e réfutaittrop affleurée,four htivoi’sillet plujìeursfaveurs À an-tres qtfk uDuc. Gollut»Mémoiresde Bourgo-gnc,^. 7 ii-

(ra) Là-wiéftc.

(14) '-Autre-ment Gouda. 'Gollut nom-me rn.û cetteVille Gondsou Gond.Mczciai, A-brégé Chio-nol .Tom.lil,l>ay 2ZS,la. nomme

Gands.

Voiez, ci-des-f*s Citation<»).

Os) Gol-lut , Me-moires deBourgogne,

P f f 72 ;.Vêtez. aujiTontusKcntcrus,Rer. Burg.IJbr. 111 ,

pAg % 110 .

(16) Dansla TUmaraHi(<ï) deP 'Article de

Lovú xi.

va qu’ils empirèrent les choses. Le fils de Jean causa plusde confinions, 8c plus de malheurs, que Jean n’en avoitcausé.

(B) Il fut occupé dans le Paìs-Bas d la poursuite de Jaque-lìnc de Bavière.] Cette Dame étoit fille unique 8c héritièrede Guillaume de Bavière IV du nom, Comte de Hainaut,de Hollande, Sc de Zelande, Sc Seigneur de Frise, 8cavoitété mariée à Jean dc France Dauphin de Viennois fils deCharles sixième (;). Ce Dauphin étant mort l’an 1416,elle fut remariée à Jean Duc de Brabant cousin germain denotre Philippe le Bon : Mais la jeune coquette nestant pascontente dc ce second mary, homme 1 de peu de vertu, fit des pour-suites pour en efire séparée , cy fe fit enlever par des Capitainesqui Remmenèrent en Angleterre, ou elle efpouja. Hunfroy Duc deClocestre srere du Roy Henry. Cette entreprije tournois fort aume f pris de Philippe ( 6 ). Aussi s'oposa-t-il vertement au Ducde Glocesier : ils fe piquèrent par lettres, Sc en vinrent jus-„ qu à se deffier au combat de leurs personnes, Sc à conve-„ nir du jour, du lieu, Le des armes. Le Duc de Betfort,» ayant assemblé les plus notables Seigneurs François Sc„ Anglois, mit ce deffi au néant, & déclara qu’il n’y avoit

„ point de J tisse cause de combat.]l ne laissa pas

,, d’y avoir forte guerre en Hollande , où le Duc de Glo-„ cestre Sc le Duc de Bourgongne esprouvérent leurs for-,, ces : mais au bout de deux ans , le Pape ayant déclaré,, que le mariage de Jacqueline avec le Duc de Glocestrei, essoit de nulle valeur , ce Prince fe désista de sa poursui-„ te, Sc espousa une Damoiselle qu’il entretéhoit (7)Durant toute R année 1418 , le Duc de Bourgongne fut occupédans les Pays-Bas d poursuivre Jacqueline de Bavière. 11 laferra de fi fres, que Rayant ajftégée dans la ville de Gand, il lacontraignit de le déclarer son héritier dans toutes fes terres ; deforte qu il joignit à. la Flandres csr d R Artois, le Haynault,Hollande, la Zelande, et la F’rise (8).

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LA

Les Historiens représentent cette Jaqueline comme unefem Tme volage Sc amoureuse, qui ne quitta son mari que parcsqu’elle ne le crut point capable de la rendre enceinte (9).Ce lui estoìt assez. d'accomplir fes affeóltons cy amours au pris deson honneur cy réputation . Elle ne voulut point consentir àdemeurer sous la puissance du Duc de Bourgogne, en at-tendant que le Pape prononçât fur la question de son ma-riage ; Sc néanmoins sa mere Sc son maii avoient passé cetaccord. Les habitans de Mons la contraignirent à s’y sou-mettre , Le la livrèrent au Duc, qui la fit conduire à Gand :mais elle n’y demeura guere ; car aiant gagné quelquesdomestiques , elle se déguisa en homme , & se sauva enHollande (10). Elle y trouva des partisans ; 5 e , par cemoien , elle donna beaucoup d’exercice au Bourguignon:car elle ne se rebutoit point des mauvais succès de fes ar-mes: D esprit cRune femme qui fe donne licence és amours est in-domptable , finon par la contrainfíe extrême ; car la raison cyle discours ne profitent en cervelles pajfionnées (11). Elle ne ferendit , ni quand elle eut su que son mariage avec le Ducde Glocester avoit été déclaré nul par le Pape, Sc que ceDuc avoit épousé sa concubine (il) , ni quand elle eut sula mort du Duc de Brabant son véritable mari. La plupartde ses amis l’abandonnérent, votant la supériorité des Bour-guignons , & que l’on faifoit décapiter tous les Chefs qui tom-boient entre les mains du parti contraire (13). Cependantelle ne traita avec le Duc de Bourgogne, que lors qu’il l’eutassiégée dans Tergou (14). Après le traité, il donna leGouvernement de Hollande à François de Borselle,qui s’amusa à faire l’amour à Jaqueline , Sc l’épousa àl'insu du Duc, l’an 1431. On l’arrêta prisonnier; maisparce quelle fit une nouvelle cession de tous fes droits,on lui permit de fe réfafier en la jouissance de fes nouvellesamours. Elle mourut à la Haie , fans enfans, le 4 d’Octo-bre 1436 (15).

Tout ceci fait voir que notre Philippe le Bon étoit unhabile Prince , Sc qui ne faifoit point de scrupule de s’a-grandir aux dépens de la continence involontaire d’unefemme : car il ne s’oposa aux amours de Jaqueline , quepour l’empêcher d’avoir.des enfans ; Sc, dès qu’il fut queceux qu’elle auroit n’hériteroient pas , il lui permit de con-tenter la nature.

(C) On peut dire fans hyperbole, qu il fit faire d Charles Vilamende honorable.] J’ai cité ailleurs (16) un long Passage,où j’ai laissé une lacune qui contient ceci : Auparavant LouïsXI , le Roy Charles septième fin pere fit bien chose plus esiran-ge : car pour avoir paix avec Philippes Duc'de Bourgongne sonvassal, Voire sujet naturel, il envoya pour traiâîer la paix avecle Conneftable de France,le Chancelier,un Mares chai de FranceVplusieurs autres grands Seigneurs, lesquels, en pleine Assemblée’,or au nom du Roy leur Maifire, demandèrent pardon de la mortae Jean Duc de Bourgogne, confessant haut cy clair que le RoyAynt mal fajt comme jwqe, fa petit sens, & mal conseillé-,

priant le Duc, qu il voulut quitter son juste ressentiment touchantce sait qui ne fe pouvoit plus empêcher: Sur quoy le Duc déclaraqu il pardonnoit au Roy, Poul l'honneur de Dieu, cy compassion dupeuple de France , cy pour obéir au Concile , au Pape, cy auxautres Princes Chrefiiens, qui l'en avoient prié. Un esclave n eustpeu f aire amende plus honnorable d son Seigneur, que fit alors leRoi à son fubjet,pour restituer fin Royaume en fa prémiere splen-deur, cy en chasser ks Anglois, comme il fit tost âpres, C r avecle temps remettre d son devoir celuy auquel la nécessite de fis af-faires le faifoit ainfi foufmettrc. Les Romains eussent plut ost per-du leur Estât, que de penser à faire cela (lfi. Comme en faitde satisfactions d’injures le plus petit changement des termesest quelquefois de conséquence, mes Lecteurs ne pourraientpas être pleinement contens, iì je les abandonnois à 1 auto-rité de cet Ecrivain. C’est pourquoi il est nécessaire queje raporte les paroles mêmes du Traité d’Arras, qui concer-nent l’humble soumission de Charles Vil. Voici le prémierArticle : „ Que le Roy dira » ou par lés gens notables, suf-„ fisamment fondés, fera dire, à Monsieur de Bourgongne,

,, que la mort de feu Monsieur le Duc Jean de Bourgon-gne,fon pere (que Dieu absolve), fut iniquement 8c mau-vaisement faicte par ceux, qpi perpétrèrent ledict cas,

& par mauvais conseil, Sc Iuy en a toudis (j) déplen, Le„ de-présent déplaiss de tout son cueut ; Sc que, s’il eust„ sceu ledict cas, 3 c eu tel aage Sc entendement qu’il a de-„ présent, il y eust obvié à son pouvoir : mais il essoit„ bien jeune, 8c avoit pour lors petite cognoissance , Sc„ ne fut point fi advisé que d’y pourvoir. Et priera à mon„ dict Ligueur de Bourgogne , que toute rencune ou hai-„ ne , qu’il peut avoir à-l’encontre dé lu y , à cause de ce,„ il oste de son cueur , 8c qu’entre eux ayt bonne paix Sc,, amour : Sc se fera de ce mention expresse ès Lettres, qui„ seront faictes de l’accord 8c traité d’entre eux (18) ”. Ra-portons aussi les trois Articles fùivans : „ I T e m , que tous„ ceux , qui perpétrèrent ledict mauvais cas, 8c qui en„ furent consentans, le Roy abandonnera, 8c fera toute„ diligence possible de les faire prendre, Sc appréhender„ (quelque part que trouvés pourront estre) pour estre pu-,, nis en corps 8c en biens : 8c , fi appréhendés ne peuvent„ estre , les bannira 8c fera bannir, à toujours, fans grâce„ ne rappel, hors du Royaume, Sc du Dauphine, avec„ confiscation de tous leurs biens ; 8c seront hors de tous,, traités. Item, ne souffrira le Roy aucuns deux estre re-„ ceptés ou favorisés en aucun lieu de son obéissance &„ puissance : 8c fera crier 8c publier par tous les lieux des-„ dicts Royaume 8c Dauphine, accoustumés à faire cris Se„ publications, qu’aucun ne les recepte ou favorise , sus„ peine de confiscation de corps 8c de biens. Item , que„ Monsieur de Bourgongne . ]e plus-tosl qu’il pourra bon-», nement âpres ledict accord passé , nommera ceux , dont„ il est , 011 fera lors informé (J), qui perpétrèrent ledict„ mauvais cas , ou en furent consentans , afin qu’incontì-,, nent, 8c diligemment, soit procédé à rencontre deux„ de la part du Roy , comme dessus est dict. Et en outre'„ pource que mondict Ligueur de Bourgongne ne pourroit„ encores avoir vraye congnoissimce , ni dette informa-„ tion , que tous ceux qui perpétrèrent ledict mauvais cas

fnrpnt ronspritanç. rontp«ï W fX;- r_ , *

(17) Hono-rât Meynieb,Demandescurieuses &Réponseslibres, paj-5 S°, SJl.

( 1 ) C'efl-ÌC.itìre , tours;

Jouis,

fi S) Oli-vier de laMarche,

Mémoires,'Livr. t ,Chap. lit.peg-Ht ®{J

.. OU en furent consentans, toutes les fois, qu’il fera d eue'

„ ment informé d’aucuns autres, il les pourra nommer 5e„ les signifier par fes Lettres patentes, ou autrement, sus.„ fisamment au Roy , lequel en ce cassera tenude’fairè„ procéder tantost, Lc diligemment, à l'en contre deux,, par la maniéré dessudicte Charles VII n’en fut na'quite pour cette amende honorable : ïl fut de plus condamné aux dépens , dommages, Lc intérêts. Prenex L ,"de lire dans Olivier de la Marche le reste du Traité d’A^ras : vous y verrez dans chaque Article (19) . ^t’,1 en cou-toit a la France quelque bonne piece au profit du Duc deBourgogne. Au reste , les conditions mortifiantes qu’il im-posa à Châties septième nc furent pas exprimées dans desArticles secrets : elles furent Lc réglées Lc publiées parla mé-diation de deux Cardinaux, l’un de la part du Concile, Pau-ses de la part du Pape ; Lc jamais on n'avoit ru un tel cor-tege que celui des Ambassadeurs qui assistèrent à ce TraitéIls avoient à leur fuite plus de dix mille chevaux (zo).

Les Chroniqueurs de la Maison de Bourgogne n’ont pastrouvé d’assez grans sujets de vanité dans la pacificationd’Arras : c’est pourquoi ils en cherchent de plus magnifi-ques dans les Préliminaires. Ils disent que les Ambassa-deurs de Charles VII , se jettérent à genoux devant le Ducde Bourgogne, 8c fondant en larmes le supliérent de par-donner à leur maître ;■ mais qu’il rejetta leurs larmes &leurs fuplications, 8c ne se rendit qu’après qu’un miracle luieut fait peur de l’excommunication dont des Cardinaux Lé-gats le menacèrent. Raportons ce beau narré , tel queLotus Gollut le dorms, „ Les Annales Belgiques 8c Hol-

L1U Z -ylandoifes

(i) VZxtirAplaire a itlffnots enNota queMonsieur lcDuc a nom*mé Tanne-guydu Chas-tel , JehanLouves, I>té-siáent deProvence,Chevaliers,Pierre Fro-tiet, Escuier,Maistre Je-han CadaK,Philîcíen.

fr») LeTraiteprend X Li

f 2 o) Gol-lut , Mé-moires deBourgogne,fag, 7 U,