bourgogne.
fï) Mezerai,AbrégéCíiron. Tarn.ÏU,l*g. 245.
i'ixi Gollut,Mémoiresdc Bourgo-gne, Livr.X,th*s>. LXVUypap 7 85 .
(it) Mey-nier, De-mandes cu-lieuses 5 cReponfes li«bres, pag.Í5>r.
(iì ) 1H,
'C.Arlidc de(Charle)GoNrAtrr,* 3 \emAYcj»e(D),& Par-tiels Poi-tiers Re-marque {l ).
r=4> t lì-
vius, Liir.
IX. pag.z^t.
6z8
Moiennant ccs soumissions si honteuses, niais que la nécessité du tems doit faire excuser (D),Char-les Vil le détacha de l’alliance des Anglois. Depuis ce tems-là, ceux-ci devinrent grans ennemisde ce Duc, Sc ils commirent fur ses terres toutes sortes d’hoíìilitez, (r). 11 s'en voulut revancher
far la prise de Calais . . . & T assiégea avec une armée fort nombreuse (k). Les Damans l’aban-
donnérent,
„ Iandoises . . . disent . ; .'que les Ambassadeurs de Pran-,, ce (haians sceu, que le Duc de Bourgogne, ouïoit Mes-,, se à S. Wast,) le vindrent treuver, & (tous se jettans à,» deux genoux, accompagnés de la Duchesse meiìne, qui„ à genoux, comme les autres, participoit à la requelte ,)„ luy demandèrent la paix ,zs? de vouloir estre content delaven-„ geance prinse , par plufieurs ans, de la mort de son pere, zs?,, de paràoner an Roy la saute qu'il feit, par le mauvais con-,, fiìl des siens, estant encor en bas eage,n excédant les seize ans.„ Adjoustoient, que le Roy depuis qu'tl estait parvenu à l’eage,, de discrétion, bavait mille fois regretté ce meurtre es? avec„ sanglots {qu il donnoit toutes zs? quantes ois il s’en souvenois) il„ bavait faiéi plaintes, non moins ajfeéiionées , que le Dut de„ Bottrgougne mesmes : c? quai eftoit prejt, de par tous moiens„ honestes {qui conviendroient a la dignité Roiale d'un Roy des,, François) satisfaire, zs? /’amender envers le Duc. Ce qu’ils,, difoient de telle affection, qu’ils en versoient des larmes„ tres abondamment. Cbofe qui tnehut la Duc {prins ainfì,„ es?combattu à limpourveu ) à plofer de mesmes: haiant pi-,, tié, de veoir la contenance de ces grands Seigneurs, fa chère„ compagne entre eux, z? prenant commisération des misères de„ fa patrie: es?encor, de ce qu il prévoioit, que par ceft accord,„ la vengeance de la mort de fin pere feroii arreflée,zs? fis meur-„ triers laijjés impunis, Luy doneques ( touché de bone affec-„ tìon , es? plus enclin à la conservation de sa maison que à la„ grandeur des Anglois ) relevât humainement tous ces Sei-,, gneurs es? Dames, es? leur respondit; que quant à luy, il ne,, refuserait la paix, s'il la pouvoit passer : mais que, par un,, fìen ferment, doné aux Anglois, il ne pouvoit traitler fans,, leur participation. Les mesmes Annales disent, que le Duc„ se monstrat difficile, & qu’i 1 refusât plainement l’accord,, aux François, 8c que le Cardinal de Saincte Croix, en„ étantfasché, Fhavoit menacé de practiquer contre luy,,, & contre les Anglois, la puissance de l’Eglise. Et ad-„ poussent les mesmes Annales, que le Cardinal , veuillant„ monstrerau Duc la puissance Ecclésiastique, s’estoit faict„ apporter du pain blanc, lequel (en grande asseurance) il„ bavoir maudict, eti la présence de tous: 8cqueàl’ins-„ tant, le pain estoit devenu noir: depuis, que le Cardi-„ nal, changeant d’imprécations, luy havoit faict la béné-,, diction, moienant laquelle, le pain havoit reprìnt fa pré-„ tniére blancheur. Dequoy le Duc havoit esté grande-,, ment espouventé, 8c havoit promis de faire accord, avec,, le Roy, lé contentant de la vengeance, qu'il havoit prins,,, de la mort de son pere (zi) ,,
(D). Soumiffions honteuses, . . . que la nécessité du
tems doit faire excuser.} Qu'on ne nous vienne point dire,que lesRomains eujjent plustost perdu leur Estât, que de penser àcela (zz). C’étoient des gens d’un caractère de courage tropsingulier, pour être donnez en exemple. II ne faut pointnon plus qu’on nous vienne dire, que de simples Gentils-hommes créveroient plutôt que d’ofrir à leur ennemi dansune querelle d’honneur rien qui aproebât des soumissions deCharles VII. Les Souverains ne peuvent pas se gouvernerselon les loix rigoureuses de la Chevalerie (zz). II fautqu’en faveur de leurs sujets, Sc pour se tirer dune guerreembarrassante, ils fassent cent choses qu’on apelleroit bas-sesse 2 c ignominie, si un Gentilhomme les faifoit dans unequerelle particulière. Ce n’est point à eux à se piquer déli-catement du point d’honneur. L’intérêt public demande,que fans préjudice de leur gloire, ils puissent ofrir la paixà leur ennemi, Scia lui demander instamment plusieurs an-nées de fuite, fans se rebuter de sa fierté, Sc de ses dédains.Pour éviter un plus grand mal, ils doivent sacrifier leur ré-putation, & leurs frontières,au bien de la paix. Qu’unpar-ticulier, qui plaide pour une terre, s’entête tant qu’il vou-dra de n’en avoir point le démenti; qu’il y mange jusqu asa chemise,plutôt que de céder volontairement le possessoi-re; cela n’est pas de conséquence ponr le public: mais siun Prince se piquoit de cette bravoure, il commettrait sesEtats, 8c il pécherait contre la Maxime, Salus populisupre-ma hx esio ; 8c puis que la religion même du serment , lachose du monde la plus sacrée Sc la plus inviolable, est sou-mise à cette Loi, la gloire mondaine du Souverain n’y doit-elle pas être soumise ? Un Capitaine Romain assure , quepour la conservation de l’Etat, il faut soufrir même ce quiest ignominieux. Acfœia atque ignominìosa. deditio est: fidea charitas patriaestuttamignominìâeamquàm morte nostrâfìopus fît, firvemus. Subeatur ergo ista quantacunque est indigni-tas, v? pareatur necestìtati quam ne Dii quidem superant (24).
Olivier de la Marche s'imagine que la paix d’Ânasfutaew-vre zs? matière plus divine que naturele ; car les afaires deCharles VII, alloient bien, Sc celles du Duc de Bourgo-gne encore mieux: es? toutes fois, estans tous deux grans, es?fur leurs arigots , Nature (qui ne peut mentir en fa raison ) sesentit grevée ZS? blécée d'un chacun parti. Parquoy , se condes-cendirent les deux nobles Princes à la paix deffufdiùie : es?, quandf ay bien enquis es? calculé les causes C? raisons qui meurent cha-cune partie de quérir la paix, je trouve, que de la part duRoyde France , il faifoit conscience du cas advenu en la mort du Ducstehan. Secondement , il ne voyoit pas possibilité de porter lefaix , fans grand péril ou dommage de fin estât, des Anglois es?Bourgongnons , k une fois . Ttcr cernent, k ï occasion de la guer-
re, il fi trouvoit gouverné, zs? sous la main de tant de maniéréde Gens-d’armes, t[tranges es?privés, qu il n y avoit fi petit Ca-pitaine en France, à qui on ostast fermer l'huis, ou la chambre duRoy , quelque afaire qu’il euft. fuiartement, il fust fi sage CS?firais onnable Roy, 'qu'tl aimoit mieux le profit <s? Iutilité de finRoyaume, que de demeurer en opinion inique,fans salut ne repos.&uant k la part du Bon Duc Philippe , il semble que ce qui lefit p légèrement condescendre , sut regard au salut du Royaumede France, au noble sang dont il estât né z? issu {qui luy bouil-lait en l'estomac , z? à t’entour du tueur1 c? aux grans biensqu’il avoit receus,en ses prédécesseurs , de lamaifinRoyale ,tantde droit naturel, comme de biensfaíts. Ces trois choses (qui fontune feule partie) luy firent oublier L’offense cria male-aventure,mal-saiéfe zs? mal-avenue. Secondement, la petite affinité zs?amour , qu’tl avoit aux Anglois : zsr tiercement, l'honneur zs? lavertu de luy, qui toufiours zs? toute fa vie {quelque offensé, quel-que piqué ou poings, qu'il eust esté par plusieurs fois , maintenantdejakï, maintenant de paroles,) a tendu la main, de tout ef-fekt ZS? de tout pouvoir, à fiustenir, maintenir , zs? garder, laRoyale mageste de France (r;). On volt bien là le langaged'un domestique des Ducs de Bourgogne, tout-à-fait par-tial pour í'es maîtres: amplification d'un côté, Sc diminu-tion de sature. II ne dit qu’un mot du peu d’affection duDuc Philippe pour les Anglois, Sc il dissimule des a frontssanglans, qui eussent causé une rupture totale, si CharlesVil eut lu ménager cette occasion. De plus, il nous par-le avec emphase de samitié de son maître pour le Roiaumede France. Pure chimere. Un Turc n’auroit pas été plus.dur que le fut Philippe envers Charles VII, Sc n’auroit pasexigé des satisfactions plus flétri fiantes. Si le Duc de Bour-gogne avoit senti dans ses veines la moindre goûte du sangroyal dont il étoit descendu , il n’auroit jamais soumis le Roide France à une peine 11 indigne d’un Monarque. Je le disencore un coup, Charles VII fut excusable: il n’étoit, niun assez grand Guerrier, ni un assez grand Politique, pourse tirer autrement d’aíïaire ; mais s’il avoit eu les ressour-ces de courage 8c de génie que d’autres ont eues, il n’eûtpoint prostitué son honneur autant qu’il le fit par la paixd'Arias: Sc peut-être, que s’il eût laissé couler quelques an-nées , il se fût vu en état de soutenir qu’il n’avoit fait queson devoir en faisant tuer le Duc Jean ; que n’aiant pu 1 cfaire mourir par les voies de la justice, il avoit falu recou-rir à celle-là, 8c lever ainsi la plus grande honte du Règnede Charles VI : n’y aiant rien qui témoigne plus visible-ment la misere 8c le désordre de la France sous ce Prince,que de voir que l’assassm du frété unique du Roi, non seu-lement ne se cache point, mais continue dix ans de fuite àtroubler l’Etat, 8c à y bouleverser toutes choses à fa fantaisie.Un peu dç patience aurait peut-être fait voir à Charles sep-tième la rupture des Anglois 8c du Bourguignon. Celui-ciavoit plus à craindre les prospériez de s Angleterre, que cel-les de la France ; car si les Anglois eussent abymé CharlesVlî, ils eussent plus facilement conquis tous les Etats du Ducde Bourgogne,que la France n’eút pu le faire aprèsl’expul-sion des Anglois (z6). Par ce principe, 8c par le ressenti-ment de quelques outrages, le Bourguignon se sentoìt inté-ressé à les quiter, & il saurait fait tôt ou tard. Les vieillardsde noflre pais disent, ze sont les paroles de LouïsGollutFranc-Cointois(i7),^«e/eD«c deBetsqrt{z'6)luyseit une fohtantdebravade, que de luy faire quelques reprouches, du pourparlé depaix, cy dessus touché ,zs? objeéíat auDuc Philippe, fa légèreté :de ce qu’il prestoit l’aureille à des promesses Sc seremens de
François. Et disent encor les mesmes vieillards,que le Duc
deBetfort adjoustat en colcre, qu’il havoit bien les moïens d’yremédier; & que le Duc de Bourgogne ferait bien esbaï, sil’on l’envoïoit boire de la cervoise &gondaIeen Angleterre,plus par adventure que son saoul. Sur quoy , ils disent, que 1eDuc{lors mal accompagné)luy respondit: beau cousin,jen’hayrien faict, qui soit mal faict, &ne vous en doués de peine.Puis, quelques jours après, haiant pourveu à ce que sesgens appronchassent, il douât charge au Mareschal de Ver-gy , de faite ce que je diray. Et ce fut, que le Sieur de Vtr-gy fi donnerait garde , quand le Duc iroit vers le Duc de Bet-fort, zs? que lors il tirerait de trois à quatre cens gentils-homes ,du nombre des plus affeurés, lesquels {bien armés a couvert,hayans la hache d'arme au poiniï) entreraient brusquement , ZS?avec face ZS? mine furieuse, dedans la sale, en laquelle estaientles Ducs : comme ilsfeircnt : puis s’estans adressés a leur Prince,ZS? V haians salué, le genoux en terre {sans daigner,setter l'œilsurle Duc de Betfirt ,) le Sieur de Vergy luy dkí, Monsieur, icy8c Meurs faict-il bon; mais ailleurs beaucoup mieux qu’i-cy : car vous y fêtés servy, honoré, 8c obey. Et pourcenous vous prions de vous partir, 8c de quitter icy ces or-gueilleux, recuillir lefruict de leur bravade, Scde leurs ou-trecuidances. Sur quoy le Duc respondit, En estes vous d’ad-vis ? 8c lors il lui fut respondu confusément, ouy, ouy,asons, allons, nous n’havons que faire de ceux, qui hontaffaire de nous. Etsurce, le Duc, s’adressant auDuc de Bet-firt, luy di6l, beau cousin, vous volés ce que mes gentils-homes me conseillent, je suis résolu de les croire: A Dieuvous dicts: zs? que sur ce, il fi partit, fans qu'il y eut perso -ne, qui osât bouger ; car par tout l'on havoit doné ardre, peur_bien mener les mains , s'il heut esté nécessaire,.
(ksi Li-mí-
me, peg. 25 J?
(ifi Olivieide la Mai-
che.Mémoi-
xes, p*g. 99 t