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Tome premier. A - B.
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BOURGOGNE.

6ZA

CO Meze-7 * 1 , Able?®Chronol.T «w. m,

359, à1 «M. I 44 o.

donnèrent, 6c lui firent manquer cette entreprise. II fit en 1440 une action soit généreuse ; caril moienna la délivrance du Duc d'Orléans prisonnier en Angleterre depuis vingt-cinq années,& l'on vit ces deux Princes éteindre par une réconciliation fincere £9 cordiale les inimitiés mortellesque leurs peres avoient fait naître (7). Le Duc de Bourgogne ne se mêla guere des affaires desAnglois depuis la levée du siégé de Calais. II eut de l’occupatiort chez lui : ses sujets du Païs-Bas, & les Gantois principalement lui taillèrent de la besogne ; mais il les mit à la raison (L).II donna retraite aú Dauphin plusieurs années de fuite , 6c raccompagna en France avec qua-tre mille chevaux, quand on eut apris la mort de Charles VII, Pan 1461. II vécut jusquesau ip de Juillet 1467 (m). Ce fut un Prince d’un grand mérite : il agrandit beaucoup sc sEtats (F) ; il se fit aimer de scs sujets , 6c révérer de tous les Princes de la Chrétienté. IIse maria trois fois, 6c fut d’une incontinence excessive (G) : ce fut lui, au reste , qui instituaP Ordre de Chevalerie de la Toison d’or (H ), l’Université 6c le Parlement de Dole (»). C’estune très-forte preuve de son mérite , que de voir qu’il sut contenir dans le respect son fils uniqueun peu mécontent, 6c le plus superbe 6c téméraire de tous les hommes (i).

(m) Mezé-r!)i. AbrégéCiuonoi.

Le p. Ansel-me , pag.zn , dit le15 de Juin,Pontus Hen-terus,ReruraBurgundic.pstg 149 , ditle' 16 deJuillet.

f») Environr année 1423.Vol «.GollutjMémoiresde Bourgo*

gue ;f .i-. 15 ;,

ft 9 ) Meze*fai, AbrégéClironol.

T‘ra. m,t a g- 277 .

Í3°) PontusHeuterus,Rer. Burg.

Lilr. //,

t a g. 62 .

(ìl) Dans U’TfçmarQut

W-

Í3 1 ) Mefe-Mi, Abrégé

Cirronol.

T °m. iu.t a í- 239.

(33) Z d-mê-

%c > 240.

fl 4 ) Volez.Gollut,Mémoiresde Bourgo-gne, pag.794, 795-

Us) Volez.j 4 Pere Labb « > Tabl.Oénéal.t.% *57 && uJ Tre Anfel-JJÇ . Hist.Généal.

1“.? ru frsttiv.

(E) Ses sujets , & les Gantois principalement lui taillèrentde la besogne ; mais il les mit h la raison .j ,, Ceux de Bru-», ges s’estant souslevezl’an 1437 , le laissèrent entrer dans-, leur Ville , comme pour luy donner satisfaction, & puis-> chargèrent ses gents, & luy en tuèrent plus de cent, en-,» tre autres le Seigneur de l’Ifle-Adam. Luy-mesme cou->, tut grand risque, & se retira avec peine, en faisant rom--, pre la porte de la Ville avec des marteaux.Leur

i, furie se modéra quand ils sçûrent.que le Duc

„ venoit les assiéger avec une grande Armée. Ils luy de--> mandèrent pardon , qu’ils n’obtinrent qu’à de rudes con-,, dirions. II leur eh cousta deux cents mille escus d’or,,, la perte de plusieurs de leurs Privilèges, & la vie à dou-*, ze 011 quinze des plus factieux. Les Gantois luy donné-» rent bien plus de peine , par leurs fréquents remuements.-> Le plus dangereux fut celuy de Fan 1451. Li Gabelle„ en fut la cause. II la vouloir establir en Flandres, 8c la» rendre fixe , imposant 2.4 gros, monnoye du pays, fur-> chaque sac de sel. Ils se résolurent à toutes les extrémi-

j, tez imaginables , plutost que de souffrir un impost sur-, l’eau 8c le Soleil , qui sont des dons universels 8c gratuits,, de la Nature. Ils se fioient en la protection du Roy : en„ effet, il escrivit fortement en leur faveur au Duc deBour-,, gongne : mais ayant reçû uneresponse encore plus for-„ te, il ne jugea pas à propos de s’embarquer en une guer--, re civile , n’estant pas encore hors de la guerre éstrange-„ re contre les Anglois. Les pertes, que les Gantois firent„ en cinq ou six grands combats, eschaufférent davantage-, ces courages féroces ; mais la bataille de Ripelmonde,„ 8c puis celle de Gavre , ou ils perdirent vingt mille hora--, mes , les mit si bas, qu’il leur en salut venir à une com-„ position. Deux mille hommes nuds pieds 8c nrids testes,-, 8c tous les Conseillers, Eschevins, 8c Officiers, nuds en-- chemise, allèrent une lieue au devant du Duc 8c de son-» fiJ S > leur crier mercy. La porte, par où ils estoient sor-,, ris pour Fallet combattre à Ripelmonde, fut bouchée” P°l?, r Ì* m , a j s ' ,P S furent condamnez à payer quatre cents„ mine Riddes d or, à luy porter leurs Bannières pour. en„ faire ce qu il luy plairoit, & à souffrir le changement de„ leurs Usages 8c Privilèges (29)

Tout ceci fait voir le bonheur , la valeur . & l’baKi-leté de notre Philippe.

[F) Il agrandit beaucoup ses Etats.j Marquons ici de quel-le maniéré la Maison de Bourgogne réunit tant de Provin-ces fous fa domination. Philippe le Hardi joignit auxProvinces que son pere lui avoir données les Comtez deFlandres & d’Artois , par fort mariage avec Margueritefille du Comte de Flandres. II laissa tous ces Etats à sonfils aîné, 8í fit avoir à son second fils le Brabant 8r le Lira-bourg par le testament de sa tante (qo). Ce Duc de Brabantfut pere de celui qui épousa Jaqueline de Bavière, jSíousavons vu ci-dessus (31) comment cette Jaqueline céda leHainaut, la Hollande , la Zelande , 8c la Frise , au DucPhilippe le Bon , Fan 1428. Ce Duc, en la même année,prit possession de la Comté de Namur 8c de la Comté deZutphen , qu’il avoir achetées du Comte Theodorìc (32).il recueillit en 1430 , les Duchez de Lothier , Brabant , yLïmbourg, le Marquisat du St, Empire, y la Seigneurie d An-vers* par le decez de Philippe de Bourgogne son cousin (33), quiavoir succédé à son frété mari de Jaqueline. II se renditmaître du pais de Luxembourg Fan 1443 (34)-

(G) Ilse maria trois sois, y fut d'une incontinence excessive.]Michelle de France > fille de Charles VI, qu’il épousa Fan1409 , 8c Bonne d’Artois, qu’il épousa Fan 1424 > 8c qui

- mourut l’année suivante , furent ses deux prémìeres fem-mes. II n’en eut point d’enfans. II épousa ensuite Isabel-le de Portugal, fille de Jean I Roi de Portugal, le 10 deJanvier 1430. II en eut trois fils , dont les deux premiersne vécurent guere. Quant à ses enfans naturels, on en co-noit quinze de compte fait (3 s). Voici un Passage qui mé-rite dette lu. Je le tire des Mémoires d’Olivier de la Mar-che, au Chapitre où il raconte le voiage que la Duchesse de

Bourgogne fit en France Fan 1444. Le Roi de France , dis-je Qó) , recueillit ladite Duchejje moult honnorablemeni,cy luyfit là Royne moult grand honneur y priváuté. Car toutes deuxefioyent défia Princesses aagées , cy hors de bruitcy croy bienqu elles avoyent une mesme douleur cy maladie, qu on apelle ja-lousie : cy que ma'mtessoìs elles se devisoyent de leurs passions se-crètement : qui estoit cause de leurs privautés : cy a la vérité ap-parence de raison avoit en leur s soupsons, Car le Roy avoit nou-vellement élevé une pauvre Damoiselle , Genti-femme, nomméeAgnes du Soret , cy mis en tel triomphe cy tel pouvoir , que sonestât eftoit èt comparer aux grandes Princesses du Royaume ....D’autre part, le Duc de Bourgongne fut de son temps un Princele plus damer et, cy le plus envoìseux, que l'on sceuft : cy avoitde Bastards, cy de Basiardes, une moult belle compaignie. Ain-si la Royne cy la Duchesse se rajfembloyent souventessois, poureux dàuloir cy complaindre l’une k îautre de leur crévecueur.

Je fais mention ailleurs (37) TAntoine , l’un de sesfils naturels. Jaqjues de Bourgogne, Seigneur deFallaix , petit-fils, ce me semble , de Baudouin, autrefils naturel du Duc Philippe > se fit de la Religion ; maisaiant été scandalisé des Disputes qui s'élevèrent à Geneveentre Boisée 8c Calvin, Fan 1551, il se détourna , 8c sa fem-me aussi , de la Doctrine des Réformez. II avoit fait bonne-mìne en leur Eglise plusieurs années (38). Calvin lui avoitoédié son Commentaire sur la I Epitre de saint Paul auxCorinthiens ; mais depuis il ôta cette Epitre Dédicatoire, 8cen mit une autre au Marquis de Vie (39).

(H) Il institua l’Ordre de la Toison d’or. ] Il I’instituadans Bruges. , le 10 de Janvier 1430, qui fut le jour de sesnoces avec Isabelle de Portugal. 11 voulut qu’il fût com-posé de trente 8c un Chevaliers. Voici un fait plus cuiieuxqu’honnête, que l’on trouve dans les Recueils du SieurCo-lomiës. „ J’ay ouï dire à M. Voísius, qu’il se souvenois„ d’avoir lû dans une Chronique Flamande , que Philippe„ Duc de Bourgogne , surnommé le Bon , avoit institué„ l’Ordre de la Toison d’or , sur la rencontre qu’il avoit„ faite d’un poil de sa Maîtresse , qui estoit de couleur jau-„ ne. Ce que j’ay trouvé confirmé par André Favin , au„ commencement du second volume de sonThéatre d’hon-„ rieur : D’autrès , dit-il, disent que Philippe Duc de Fourgon -„ gne, gouvernant avec beaucoup dè priváuté une Dame de Bru-,, ges douée d'une exquise beauté , cy entrant du matm en sâ„ chambre, trouva sur sa toilette de la Toison de son pais d’em-,, bas , dont cette Damé mal soigneuse donna sujet de rire aux„ Gentilshommes smvansdudit Duc, qui pour couvrir ce myfte-,, re fit serment , que tel s’estoit moqué de telle Toison^ qui n’au-,, roi t pas ! honneur de porter un Collier d’un Ordre de la Toifori,, qu il désignait d'établir pour l'amour de sa Dame (40).

fi) Il sut contenir dans le respeêtson fils unique un peu mé-content , cy le plus superbe cy téméraire de tous les hommes.']Qu’un fils aussi ambitieux 8c auffi hardi que celui-là, éloignéde la Cour, parvenu à l’âge de commander, aimé d’unpeuple enclin aux soulevémens , ait épargné là vieillesse deson pere , c’est une marque que ce vieillatd étoit un grandhomme. Le fils dont je parle n entreprit rien qu il n’eust en-viron 12 ans ... : alors commença je troubler avec les Gou-verneurs de son pere ; lesquels fondit pere soustintpourquoy lefils s absenta de sa présence _, cy s'cn Alla tenir en Hollande ohil fut bien recm'dly : cy prit intelligence avec ceux de Gand cyaucunes fois y venoit. Il n avoit rien de son pere ; mais ce 'tdíde Hollande estoit fort riche , cy luy fatsoit de grands dons cyplusieurs grosses villes des autres pais , pour Vespérance qu’iliavoient d’aquértr fa grâce , pour le temps advenir, qui est couíìu-me générait, que tenseurs on complaist plus aux gens de qui onéspere la puissance cy authmte accroifire, pour le temps advenir,que l on ne fait pour celuy qm est ja tA ni dé É fa ne

monter plus haut : o* y est l amour pl„ s grande,,par espéúal en-tre le peuple. C est pourquoy le Due Philippe , quand on luy di-sott que les Gandois aimoient tant son jks, y qu’il les fçavoìt fibien condutre , respondoit quils aimoient bien tousiours leur Sei-gneur advenir : mais depuis qu’il estoit Seigneur, ils le hdis-soyent (41).

(3 8) Oli-vier de iaMarche.Livr. I,chap. xnr tK- MS,

(ìl)Çsr.ílhfemArquc{ ) de

t‘Article

Bers auaj

( 38 ) Beze»’Prxf. duComment.'de Calvin,fur Joiué,çag. 2 e,

( 39 ) Là-neèi

me , pag. ZS ,,

(40) Colc-mies, Re-cueil deParticulari-tés , page

126 , t if.

de) fils du précédent, naquit à Dijon, le ió

A , —--T - Tl — é* 1

BOURGOGNE ( Charles Dtrç d , r -- , . _

de Novembre 144Z. Ce fut l’un des plus belliqueux Princes du monde. 11 fut conu sous le nomde Comte de Charolois, pendant la vie de son pere. II y eut entre Louis XI & lui une prodi-gieuse antipathie, qui fe forma durant le séjour que fit ce Monarque, n’étant encore que Dauphin,à la Cour du Duc de Bourgogne Philippe'le Bon (a). Cette haine réciproque fut une source con-tinuelle d’entreprises, qui cauíerent de grans maux : ces deux Princes ne cherchèrent qu’à se tra-verser

QiJComî-ries, I.ivr.Vl,Chap. XUl ,pag. 409 ,

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