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Tome premier. A - B.
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BOURGOGNE.

fl) VoiezU "Remarque

(B).

(c) Tiré deMezerai,AbrogéChronol.Tom. 111 ,

r -4 &

s*iv.

(d) Là- me me»fAg. zor.

(*) ll mourutau mois deJuillet 1467 *

( f) Meze-xaï, AbrégéChronol.Tòm. HftpAg. z 06 .

(g) LÀ-rtème»fat . 309 &fuiv*

(h) LÀ même 9fag. 3 II.

(r) Philippe,de Comines,1 ivr. 11 »Ch*p. /, &fitiv.

(1) Came-,2.;rìus , Me*ditat. His-toriques,

Vol. LL Livr.IV , Chap.XVUL P4g-ZZO, 331.

(2) Philippede Comines,Livr. IVyChap • III».f, íó$-, 206*

(3 ) La même,fag. 207.

(4 )LÀ-mcme»

}ag. 195.

(5) Votez,Xouïs Goî-îur , Mé-moires deBourgogne,Chaf>. XCllí ,fag. 839.

( 6)LÀméme»Chip. Cl.

870,871.

(7 )Là-meme.

(8) Comines,Lìvr. IV,Chap. 11 , pag,2-c 3 , 204,

A I année1474 .

(9) LÀ-méme t

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verser l’un l’autre. Ils se firent la guerre plusieurs fois} & , quand ils la finissoient, ils n’avoientpour but que de íè tendre des pièges (A ) , 6c ils entretenoient toûjours des intelligences l’un avecles ennemis de l’autre. Si la Cour de Vienne eût été alors auffi active qu’elle l’a été depuis pourprofiter des conjonctures favorables , c’eût été un grand bonheur à Louis onze > mais il la trou-va engourdie (L) , & il ne put guere la mettre en action contre le Duc Charles, formidable à plu-sieurs Etats de l’Empire. 11 trouva plus de vivacité à la Cour de l’Archiduc Sigifmond, & parmiles Suisses dans l’astaire de Ferrette (b). II fe vit bien embarassé la prémiere fois qu’il eut à faireavec ce terrible ennemi. Ce fut l’an 146s. Le Comte de Charolois entra en France avec unebelle Armée , pour soutenir les Crans du Roiaume dans une Ligue qu’ils firent contre le Roi , 6cqu’ils nommèrent la Ligue du bien public. La bataille de Montleheri entre les Troupes du Roi 6cles Bourguignons ne décida rien : chaque parti s’attribua l’avantage. Le Comte y fit paroître íàbravoure avec éclat, 6c y fut blessé. II fut joint par les Chefs de cette Ligue quelque tems après,

6c peu s’en salut qu’ils ne s’emparassent de Paris. Ils euíîènt aparemment démembré la Monarchie,s’ils eusiènt eu autant de prudence que de forces ; mais aucun d’eux n’étant capable de bien con-duire cette assure . & chacun d’eux pouvant obtenir par un Traité beaucoup d’avantages, ils con-sentirent à une paix qui fut conclue le zp d'Octobre 1467 (c). Le Comte s’en retourna fort con-tent, 6c trouva chez lui de l’occupatîon dans la Guerre contre les Liégeois. Il commanda l’Arméedu Duc son pere devant Dinant en 1466. La ville fut prise , 6c traitée avec la derniere rigueur :aussi s’étoit-elle portée à des insolences excessives (d) (C). II continua cette Guerre après la mortde son pere (e) , 6c gagna une bataille fur les Liégeois proche de St. Tton , au mois de Novem-bre 1467 (/). II étoit maître de Peronne , lors qu’il y reçut une visite de Louis onzième , l’an1468. Cette entrevue tourna d’une toute autre maniéré que ce Monarque ne l’avoit cru ; car ilse trouva le prisonnier du Duc de Bourgogne , 6c il fut contraint de le suivre au siégé de Liege,pour être le témoin du châtiment qu'on feroit souffrir à une ville qu’il avoit poussée à reprendre lesarmes (g). Elle fut prise d’aíìâut le 30 d’Octobre 1468 , 6c traitée cruellement (Z>). On permit (K) ^ m "au Roi de se retirer quatre jours après (h). II rompit bientôt le traité qu’il avoit fiit à Peronne, Mezeraif**6c sc saisit en 1470 de quelques villes de Picardie , qui apartenoient au Duc (/). Cette Guerre, in- Abrègeterrompue par une treve, devint très-fanglante après la mort du Duc de Guienne frere du Roi (k), nìé/tb

Le v9 ‘

fAj Lui O 1 Louis XI ri ávoknt pour lut que de fe tendredes pièges.'] Philippe Cameravius fera mon Commentateur'.„ Combien de fois, au rapport des Historiens , lê Roy^ Louys XI , 8c Charles Duc de Bourgongne,ont ils con-,, fermé leurs traités par sermens solennels? & combien de„ fois s'en sont-ils départis, selon que l’un ou l’autre a ju-„ gé que le bien de ses affaires le réquéroit ? tellement„ qu’on peut dire qu’ils donnoyent la foy l'un à l’autre, 8c,, juroyent, afin de rompre tant plus aisément ce qu’ils s’es-,, toyent réciproquement promis d’observer. Suyvant quoy,, Philippe de Commines disoit, que tous leurs conseils ne„ tendoyent qu’à s’entredcceveìr, 8c que les volontez de„ ces deux Princes furent tout le temps de leur vie opp'o-„ fées & directement contraires , fors une fois, asçavoir,, lors qu’ils conspirèrent de faire mourir le Connesta-„ ble (1) ”.

(B) Louis XI trouva la Cour de Vienne engourdie.] Autems que le Duc faisoit la guerre dans le pais de Cologne,Louis onzième dépêcha Jean Tiercelin vers l’Empereur,

pour travailler qu il ne s’appointajl avec ce Duc.

Et outre luy ouvrir un party nouveau : qui eftoit qu ils ajfett-rasfent bien l'un Vautre de ne faire paix ny treves l’un fans l’au-tre ; es que V Empereur prit toutes les Seigneuries que ledit Ductenoit de V Empire , c? qui par raison ne devaient éftre tenues,e? qu il les fifi déclarer confisquées à luy : & que le Roy pren jdroit celles qui estoient ternes de la couronne de France : commeFlandres, Artois, Bourgongne , es plusieurs autres. Combienque cet Empereur eufi esté toute fa vie homme de trèspeu devertu, fi efioit-il bien entendu, es pour le long-tems qu il avoitvefeu , il avoit beaucoup dé expérience (z). II conta un Apo-logue, .... 8c avec cette fable paya noftre Roy , fans faired’autre rcfponce d son homme (3). Philippe de Comines avoitdéjà dit que l’Empereur eftoit de très-petit cœur , es enduraittoutes choses pour ne defpendre rien (4).

Pour mieux entendre ce que j’ai touché de f affaire deFerrette , il faut savoir que le Duc Charles aiant prêté degrosses sommes à Sigifmond d’Austriche Comte de Tirol,reçut de lui la possession de la Comté de Ferrette, du Land-graviat d’Alsace , 8c des quatre villes Foretieres, Fan1469 (5). Cinq ans après , le Roi de France haiant efveilléle Duc Sigifmond , par ce qu’tl luy donat les 80000 esc Uz , pourlesquels ses pais d’Elsafs , Suntgou , es Ferrette, estoient enga-gés , e? les haiant faiál compter à Bafie , ce Duc feit inter-peller le Duc Charles, de les reprendre , 8c de se départir dela jouissance de ces pais engaigés. Sur quoy le Duc refpon-dit, qu’il estoit content de recepvoir , moiennant que lesdeniers luy fussent rendus à Bezançon en la Franche-Com-té , autrement, il disoit , qu’il ne se départirait (6). Là-deííiis, il fe fit un soulèvement général : les Troupes duDuc de Bourgogne furent chassées ; Hagembac , qui avoitété Gouverneur pour lui de la Comté de Ferrette , 8c quis’y étoit rendu coupable de plusieurs excès, fut décapité, es-sai mis tout le pays de Ferrete en la main dudit Duc Sigifmondd'Austrkhe : es commencèrent les Suisses la guerre en Bourgon-gne , es prindrent Blafmond, qui estoit au Marefchal de Bour-gongne , qui estait de la maison de Neus-chastel es assiégèrentle Chasteau de Herycourt , qui eftoit de ladite maison de Neuf-chastel , ou les Bourguignons allèrent pour le secourir mais ilsfurent déconfits devant, un bon nombre. Lesdìts Suisses firentun grand dommage au pays ( ?)• Tout cela fut machiné parLouis onzième , comme Philippe de Comines Favoue (8).Les Troupes que le Bourguignon avoit envoiées en ce païs-là curent quelquefois de l’avantage (9).

(C) ll traita la ville de Dinant avec la derniere rigueur taujft s’étoit-elle portée à des insolences excessives.] ,, Ceux de„ Liege 8c ceux de Dinan envoyèrent déclarer la guerre aa„ Charolois, lors qu’il estoit en marche pour venir à Pa-,, ris (10) ”. Le Duc son pere les força en peu de jours d’a-cheter la Paix. Maïs, peu après , fur le bruit qui courut quele Charolois avoit esté tué à Montlery , ils reprirent les armesavec plus de furie. . . Ceux de Dinan , ville fameuse c? richepar ses ouvrages de cuivre , s'emportèrent à mille outrages con-tre le Charolois, jusqu à l’appeller baftard es à le pendre en ef-figie. Le chastiment suivit de près leur outrageuse insolence : leDuc mit le siège devant Dinan , son fils commandoit l'Armée.La ville fut emportée d.’assaut er bruflée , huit cents de ses ha-bitans noyés dans la Meuse , (S le reste abandonné à une ex-trême mifere (11). Louis Gollut dit que ,, la Ville fut dé-„ molie, 8c tellement rasée, que l’on n neut peu recognois-„ tre les vestiges. Aïnfi en prent-il ordinairement à ceux qui„ osent faire opprobre cr villenies aux grands Princes (12)Ces dernieres paroles ne font véritables que trop souvent;8c néanmoins je ne pense pas que l’on guérisse jamais dél’infolence avec laquelle on fe porte dans les Etats libresà déchirer par des Libelles, par des Tailles-douces, 8cpar d’autres voies, l'honneur d’un Prince ennemi. Lessages têtes ne sauraient assez réprimer la fougue d’une po-pulace , st elles l’entreprenoient ; 8c peut-être ne trouve-t-on pas à propos d’y em piolet son autorité : on s'imagine quecette efpece de déchaînement nourrira la haine, 8c don-nera du courage , 8c fera ouvrir les bourses ; toutes cho-ses bien capables de faciliter les moiens de résister. Maisquand on succombe, que ne donneroit-on pas pour avoirtenu une autre conduite ? Notez qu’une faussé nouvellecrue trois jours n’est pas moins capable de perdre un Etat,que de le sauver. Ceux de Dinant ne périrent , que pouravoir cru trop légèrement la fausse nouvelle de ía mort duComte de Charolois.

(Z>) La ville de Liege fut prise d’assaut . &

traitée cruellement.] „ Une grande partie du peuple s’en-„ fuit par fus le pont de Meuse dans les Ardennes, où plus„ de la moitié mourut de faim Sc de froid : l’autre fe fau-„ va dans les Eglises , ou fe cacha dans les maisons (13)”.Le Duc fit noyer mille ou douze cents de ces malheureux quiavoient esté pris dans les maisons de Liège , cr mettre le feu àtoute la ville, horsmïs aux Eglises z? à trois cents maisons àtour, qu'on réserva pour loger les Ecclésiastiques (14). Le Cos-mographie Munster assure que le Duc fit mettre à mort tousles habitans de Liege que l’on rencontra ; qu’on n’eutégard , ni à l’âge , ni au sexe ; que les Prêtres furentégorgez dans les Eglises , 8c même pendant la célébra-tion de la Messe : qu’on jetta dans la riviere douze millefemmes, 8c qu'on tua dans la ville quarante mille hom-mes. Dux obtentâ civitate fecit proditores omnes deccllariun a cum aliis promìfcuis ex hominibus quos omnes in-terfectt, nullo habito àeleVlu inter fœminas es viros , pueroses sénés. Confodtebantur etiam facerdotes es monachi in tem-plis es in mifiarum folemnïìs. Colligebant mulieres à, tergo eSprojieiebant in subjeffum Most fluvìum. Vltimo exurebant ci-vttatem , eS diruebant murum. Numerantur quadragintamilita homïnum in civitate trucidati , es duodecim milita mu-lierum qua in aquas projetlí. sucrant atque submerse. ( r t )•Un Historien observe que les soldats ne tuoient les fillesqu’après les avoir violées ; Neque etiam à virgmum saccrdo-tum cs.de satis temperatum est , quas bene fiupratas prius , effi-rus miles jugulare esc (16).

(10) Vv'tz,Gollut, M 4 'moires deBoiirg°g“ e-fdg, 2«Z,

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