(i) Florus,Libr. l , Cap.
X.
(r) C'c ft Ainsi<jhc s'apelloitte Fils deTsrquin.
(3) Livius,Libr. II,Voìez. au$iDenys d* H a*licarnasse,Livr. V, drPlutarque inValcr. pag.loi.
(4) Livius,l.ibr. II.ïlut. in Val.Public, pag-S8.
f S-) Dion.Halic. Libr.
V.
(s) Livius,Libr. U.
Vide quoque
DionyC
Halicarn.
Libr. V, dr
Tlutarch. „Valet. Pu-blic. ya,'. 99,
(7) Libr. IV.
(8) Livius,Libr. I , p ag,
84 -
bruschius. brutus.
683
parvenu au Papat. Voici ses paroles : Joannes . . . Regio-montanus . . . d'tu ante id prsmonuerat , quatuor verfíbusseurbythmis vernaculà linguâ exaratis, qui in CastellenfisuperionsNoria coenobio hodie leguntur , ante XXXV annos d GafpareBruschio Egrano, cum Engelberti Abbatis Admontenfis, quifubHabfpurgio floruit , LibelLo de ortu e? fine R. Imperii publicati,quos cum ille interpretaretur , quod mihi mirari fitpiussubïtt ,quanquam minime l'mgua sua ignarus , tamen dum verba Ger-manica aliter , quam script a erant, latine reddit , tvaticiniumRegiomontani longe alio majore cumulavit. Si quidem id > quodab iiy pradìtturn erat , sub Sexto quodam eventurum t r a dit ;atqui diu eft,.ex quo Bruschius fatis concejfif, anno videlicet hu-jus seculi LIX à sicariis juxta Rotenburgum ad Duberam inter -
seSíus , multo antequam Sixtus Vsummum magistratîm in ec-clefia iniret, & Verba Regiomontani ,ficuti dixifid minime fìg*nificant ( 14 ). Notez qu’on a cru que des Gentilshommes,contre qui notre Bruschius devoir écrire quelque choie , lefirent assassiner. 11 s le firent tuer dans la forêt de Schlin-genbach , entre Rotembourg fur le Tauber , & Winsheim.Volez Crusius dans ses Annales de Suaube (15). Si l'on eûtdonné à nôtre Poète l’avis que reçut Horace de s’absteniíde médire , puis quautrement on le tueroit (16), cet aviseût été pour le moins aussi prophétique que les quatre Versdont parle Mr. de Thou.
(16) O pv.tr ut su Vitalh metuo , t majerum ne qui s atnicus Fr Igor t 1,Sat. I, Libr. II. f. «o.
BRUTUS (Lueurs J u n i u s ) fils d’une sœur de Tarquin la ), fiít oblige dé contiefairéle stupide , afin.de ne-passer point pour capable de venger la mort de Ion pere ct de on ieie;car fi Tarquin , qui les avoit fait mourir , lui avoit trouve de Tesprit & du courage , st ne au-roit pas laissé vivre (b). Cette stupidité aparente lui procura le surnom de Brutm (s). Sous ccfaux semblant de bêtise , il attendoit avec impatience l’occasion de chafier Tarquin. 11 la trou-va , lors que Lucrèce se fut tuée après l’injure qu’elle avoit reçue du fils aine du Tyran > ot n "tfi bien valoir cette occasion , qu’en peu de tems la ville de Rome se trouva métamorphosée deMonarchie en République. Cette Révolution arriva l’an 2.4s de Rome. On institua la dignitéde Consul, qui devoit être conférée pour un an à deux personnes. Lui, St Gollatin maii déLucrèce , furent les premiers à qui on la conféra. II ne survécut pas long-tems à íbn Ouvrage,je veux dire à l’établislèment de la liberté , puis qu’avant que Tannée de son Consulat fut expi-rée , il périt dans une bataille (A) , s’étant attaché à un si rude combat de corps à corps contrél’un des fils de Tarquin (B) , qu’ils demeurèrent tous deux fur k place. J1 avoit eu le tems defaire voir par une action de vigueur , qu’il préféroit fa patrie à ses propres fils (d) (C). Les Da-mes Romaines portèrent le deuil de k mort pendant un an , à cause qu’il avoit si bien vengé lapudicité violée (e). Je ne critique qu’une seule chose à Mr. Moréri (D).
De toutes les entreprises qui ont été si souvent formées pour changer le Gouvernement, Scpour déthrôner les Rois , il n’y en a presque point d’aussi raisonnable que celle-ci ; car enfin ceRoi de Rome , que notre Brutus travailla avec tant de succès à faire tomber du Thrône , étoit unTyran à double titre [E). II régnoit injustement Sc violemment, Sc il avoit usurpé la souverainepuissance : il en avoit dépouillé son beau-pere qui la possédoit légitimement, il T avoit fait maíla-, il avoit agi en cela contre Tintention du peuple , Sc il n’avoit jamais fait légitimer son usur-
fi4) thtîaÉÍLibr. A C j tinit . pag,176.
six) FarteItlyL’br.X »Cap. VII,apud Zeìllet,de Histoi.pag. 17.
sériât, Hotaîì
( 4 ) Vûier. U1Umarqut(.D).
(b) DionyhHalicamaff,Libr. IV.
(e) Idem ,ibid. LiviuS,Libr. /. Plut,in ValeiioPublic,
crer
pation y mais au contraire , il ne s’étoit maintenu que par toutes sortes de violence. Ce fut unbonheur pour Rome de n’avoir pas eu avant ce tems-là , ou un Roi tyran , ou un Citoien aussiamateur de Tétât libre que Brutus ; car si on Tavoit réduite en Démocratie fous les Regnes pré-
amateur de 1 état libre que _
cédens , lors qu’elle n’étoit point encore parvenue à un état de consistence, elle n’auroit jamais
pu
II est constant qne Brutus étoit sort jeune, lors que son pè-re fut tué (9) : il étoit à peu près de l’âge des fils de Tar-quin , 8c on l’éleva avec eux : il est Vrai que ce fut afinqu’il leur servît de jouet, plutôt que pour autre chose (ro\II est d’ailleurs certain que son pere ne fut mis à mort quedepuis Tusurpation de Tarquin (n) : on peut donc légiti-mement suposer que Brutus n’avoit que quinze ans, lorsque Tarquin s’empara de la couronne. II auroit donc faluque fa mere eût été bien vieille , lors qu’elle acoucha delui, si elle avoit été fille de Tarquinius Prifcus. II auroit faluqu’ellé eût été fille de Tanaquil; car Tarquinius Prifcusn’eut point d’autre femme que Tanaquil. Ce Tarquinius*par le conseil de sa femme, vint à Rome sous le Régnéd’Ancus Martius. II avoit tenté en vain d’avoir part auGouvernement dans fa patrie. De la maniéré qu’elie rai-sonna avec son mari pour l'engager à ce volage de Ro-me (iz), ce ne pouvoir pas être une femme de quinze à vingtans; elle en avoit bien vingt cinq : son habileté à expliquerles augures confirme ma fuposition. II saloir qu’ils fussentmariez depuis bien du tems, puis qu’ils n’efpéroient riendans leur païs. On ne fe rebute qu’après plusieurs tentati-ves. Ils vécurent à Rome plusieurs années, 8c s’y firentconsidérer à un tel .point, que Tarquin nommé tuteur desenfans du Roi emporta la succession d’Ancus Martius. Cen’est pas trop que d’attribuer dix ans à un séjour qui eutdes suites si avantageuses. Disons donc qu’ils arrivèrent àRome dix ans avant qu’Ancus Martius mourût. De cettemaniéré , Tanaquil aura eu trente-cinq ans, lors que sonmari devint Roi de Rome : on ne peut donc reculer sondernier accouchement que jusques à la quinzième an-liee du Régné de son mari. Disons donc que la prétenduemere de Brutus, fille de Tarquinius Prifcus, naquit l’anquinzième du Régné de son pere. Elle avoit donc vingt-trois ans, lors que son pere mourut (13), à quoi si nousajoutons les quarante quatre ans que Servius TulUus régna,nous trouverons qu’elle avoit soixante-sept ans lors que Tar-quin le Superbe s’empara du Thrône. Or nous fupofons queBrutus étoit alors âgé de quinze ans : il faudroit donc qu’ilfût ne fa mere en aiant cinquante deux. Si cela n’est pointimpossible , il est du moins peu aparent. Or jamais unHistorien judicieux ne s’embarasse , fans une extrême né-cessité , à une Chronologie qui choque les aparences. C’esttirer pour ainsi dire le Diable par la queue , que d'être obli-gé , afin d’ajuster ses comptes, de mettre le mariage desfilles à leur douze ou quinzième année, & à les suposer fé-condes jusqu’à l’âge de cinquante ans. Voiez Laurent Val-le , qui a trouvé que si la mere de Brutus avoit été filîe deTanaquil, on devroit conclure que la mere d’un jeunehomme auroit eu plus de quatre vingt dix ans (14!.
(A) Le Roi, que Brutus fit tomber du Thrône ,
Rrrr z ítok
(á)Dionys.Halic. LibrifIV & V.Livius»
Vbr. I fr n.Plut, in Va-lerio Public,
(í) Matronetnnum utpdrentem cumluxermT t ^u»dtdm acer ul-tor violât <epudiettixfiiijsct. Li-vius , Libr.
(A ) Avant que tannée de son Consulat fut expirée, it péritdans me bataille.'] Tite Live, St Denys d’Halicarnasse, le di-sent expressément. Florus a donc commis une lourde faute,que je ne vois point censurée dans le Variorum de Hollande.II prétend que la mort de Brutus suivit la paix que Porsennat avec Rome. Et rex quidem tot tantisque virtutum territusmonfiris valere liberosquc ejse jujsit. Tarquìnú tamdiu dimica -veruntdonecArumemfiLum régis manu sua Brutus occidit,su-
âL
(B)... s’étant attaché à un... combat ...de corps à corps con-tre l’un des fils de Tarquin.] Le Passage de Florus , qu'onvient de citer , pourroir nous induire à prendre ces mots aupied de la lettre; cependant il vaut mieux ne les prendre pasà la rigueur; car il est certain que Brutus 8t Aruns (z) fe bâ-tirent à cheval, Sc qu’ils coururent l’un fur l'autre avec leurslances. C’est ainsi que Tite Live , 8c Denys d’Halicarnas-se , le racontent. Avec toute la violence dont Brutus étoitanimé contre les Tarquins , ce ne fut point lui qui provo-qua : ce fut Aruns , qui aiant démêlé Brutus, courut verslui, l'insulta, l’injuria, 8c le provoqua à un combat singu-lier. Mais Brutus, qui accepta le défi, ne fe rua pas avecmoins de force fur son aggresseur, que celui-ci fur Brutus.Ils ne songèrent chacun qu a tuer son ennemi, 8c nulle-ment à parer les coups. Adeo infestis animis cttncurrerunt ,neuter dum hojìem vulnerctret fut protegendi corporis memor , utcontrarie iblu per parmanr uterque transfixus duabus harenteshast'ts moribundi ex equis lapfi fint (3).
(C) ll fit voir . qu’il préféroit Ja patrie a ses propres
fils.] II avoit épousé une femme de la famille Vitellia (4),Sc en avoit deux fils qui étoient à peine parvenus à l’âgede puberté (j). Ils fe laissèrent engager par deux de leursoncles maternels, 5 c par quelques autres qui aimoient mieuxla Roiauté que la République , à comploter pour le rapelde Tarquin. La conspiration fut découverte , 8c Brutuscondamna lui-même ses enfans au dernier fuplice, 8c les fitexécuter en fa présence. Confules in fedem procejfere suam :mifftque liâlores adsumendumsupplicium nudatos virgis c&àuntsecurique feriunt : cum inter omne tempus pater-, vultusque esos ejus fpeSlaculo ejfet , emìnente anima patrie inter publica pee-na minifierium (6).
(<D) Je ne critique qu une feule chose à Mr. Moréri.] II ditque Brutus étoit fils d’une fille de Tarquinius Prifcus Roi deRome. je conviens que c’est le sentiment de Denys d’Ha-licarnasse. Brutus, dit-il ( 7 ) , étoit fils de Marcus Juniusdescendu d’un des compagnonsd’Enée, 8c il avoit pour mereTarquinia , fille du premier Tarquin. Cela ne m’empêchepas de dire que' Mr. Moréri avance une fausseté , 8c qu’ildevoit dire avec Tite Live (8), que Tarquinia mere de
xoiw 10 / sœUr du dernisr lìsià. Voici ma raison.
( 9 ) Idtne,ibid. Dionyí,Halicarn.libr. iv.
(so) ldietì,ibid.
(n) Dion,Halicarn.Libr, IV,
(rz) Liyioj^Libr. 1, p a g y23 .
(tt)LeT(egncde TarquiniusPrifcus dur 438 ans.