B R U T U S.
( 15 ) TitusLivius ,
Dic. I, Libr.I, pag. 30 ,
3 t.
(16) Titusìivius ,
Dec. I, Libr.II, ìnit. pag.37 .
(* t Votez.Plutarque,dan: U V z
de ËlUtUS.
( t) Appiaiï.de BeilisCivil. Libr.III,pag. 2 ÍÌ,
(*J Tarît.Annal. tibr.IV, GCp.XXXIV,
pu s’afermir , 5 c se seroit dissipée par les factions, & par les discordes que les Tribuns du peupleexcitèrent à tous momens fous le spécieux prétexte de la liberté (F). Ii n’y a rien de plus beaudans tous les Romans qui ont paru fous le nom de Monfr. de Scuderi, que ce qui concerne Bru-tus dans le Roman de Clelie.
Quelque austere & quelque farouche que fût fa vertu, il ne laissa pas de mitiger si nota-blement un Article de Religion , qu’au lieu de victimes humaines , il n’en couta que des têtes depavot (G).
étoit un tyran à double titre. ] II ne faut donc pas donnercette conduite des Romains comme I exemple d’un droitdes peuples exercé contre un Souverain légitime qui abusede son pouvoir. Tarquin le Superbe étoit non seulementim Tyran d’administration, mais aufli un Tyran d'ufurpa-tion. Lisez ces paroles de Tite Live: Conscius deinde mailquerendi regni ab se ipso adversus se eximphtm capì passe,arma-tìs corpus circumfepjit. Neqtie enïm ad jus regni qmcqùam pra-ter vim habebat ; ut qui neque popul't jujsu, neque authoribuspatribus regnaret. Eo accedebat , ut in charitate civium nihilspei reponenti metu regnum tutandum ejset : quêta ut pluribusincuteret , cognitiones capitalìum rerum fine conflits per se solusexercebat , per que eam causam occidere, in exilìurh agere, bonismulâlare poterat ,non suspeSlos modo aut invisos,sed unde nihilaliud qukm prttdam sperare posset. Ita patrum pruìpue numéroimmmuto , jlatuit nullos in pâtres legere, quo contemptior pau-citate ipsa or do ejset', minusque per se nihil agi indignarentur.Hic enim regum primus traditum àprioribus morem de omnibusSenatum consulendi solvit ; domejìicis confiliis Rempublicam ad-miniftravit : hélium , pacem, fœderâ , societates per se ìpse cumquibus volait, injujfu popul't ac Sénatus fecit , diremitque (15).Voilà une Description très élégante de la Tyrannie.
(F) Si Rome avoit eu plutôt un Roi tyran , ou un Citoìen telque Brutus , .... elle se seroit dissipée par les faSiions ....émues par les Tribuns du peuple fous prétexte de la libertéi] Cet-te Réfléxion ne vient point de moi : elle est de Tite Live,8t marque îe jugement & le grand sens de cet Auteur. Ne-que ambigitur ,dit-il (l6), quin Brutus idem, qui tantum glo-ri& Superbo exatlo rege meruit ,pejjimo publicoidfaClurus fuerit,fi Ubertatis immature cupidìne priorum regum alicuì regnum ex-torfijjet. S}uid enim futurum fuit , fi illa pastorum convena-rumque plebs transfuga ex fuis populis ,jub tutela inviolatì tem-pli aut libertatem aut certe impunis atem adepta ,soluta regio me-ta , agit art cœpta ejset tribunitiis procellis ? est in aliéna urbe cumpatribus serere certamina , priusquam pignora conjugumac libe-rorum , charitajque ipjius joli , cui longo tempore ajfuejcitur, ani-mas eorum consociajfet ? dijjipatx. res nondumadulta difeordiafo-rent; quasfov'tt tranquilla moderatio imperii, eoque nutriendoperàuxit , ut bonam frugem lìbertatis maturis jam viribus ferrepojjent. Les premiers habitans de Rome avoient besoin d’unMonarque. Leur nouvelle Ville eût été ruinée bientôt fl elleeût été exposée de bonne heure aux contestations conti-nuelles des Patriciens, & des Plébéiens. C’est une especede miracle, qu’elles lui aient permis de se maintenir & des’agrandir.
(G) ll mitigea [ì notablement un Article de Religion , qu aulieu de viêlimes humaines, il n en couta que des têtes de pavot.]Tarquin le Superbe aiant rétabli, selon l’ordre d’Apollon,
les jeux compitaux, en Thonneur des Dieux Pénates & .dela Déesse Mania, on se crut obligé de sacrifier des Enfansà Mania la mere des Lares, pour le bien commun des fa-milles ; car TOracle avoit répondu qu’il faloit o frit destêtes, fi Ton vouloir conserver des têtes. Cette coutumedura quelque tems: mais Brutus, après Texpulfion de Tar-quin, interpréta favorablement les paroles de TOracle, &ordonna qu on ofrît des têtes d’ail 8c de.pavot; 8c il abolitpar ce moien la cruauté du Sacrifice. C’est Macrobe, quinous Taprend : Sfualem nunc permutationem Sacrifiât .... me-morajlì , invenio postea Compitalibus celebratam ; cui ludi perurbem in compitis agitabantur, rejlituti.jcilicet a Tarquinio Su-perbo Laribus ac Mania , ex rejponfo Apollinis : quo praceptunrest ut pfo capitibus, capitibus suplicaretur ; idque aliquandiuobjervatum , ut pro familiarum sojpitate pueri maHarenturMania Dea matri Larum: quod sacrifiât genus Junius BrutusConsul, pulso Tarquinio, aliter conftituit edebrandum -,nam ca-pitibus allii es? papaveris supplicari jujjit , ut responso Apollinissatisfieret de nomme capitum, remoto scilicet scelere infaujla sa-crificationìs (17), Cet Auteur ajoute, que Ton pendoit à laporte des maisons Tessigie de Mania, afin d’éloigner les pé-rils dont la famille pouvoit être menacée. 11 ne faut pointdouter que cette effigie ne fût hideuse; car les masqueslaids , 8c qui faifoient peur aux enfans, croient appeliezMania (18). Je voudrois que Macrobe eut essaié de résou-dre une Question que Plutarque se propose, Pourquoi l'onprio'tt la Déejfe Geneta Mana (c’est la même que Mania, c’estcelle qui préiidoit aux naissances, ) que rien de tout ce quinaitroit dans le logis ne devînt bon (19I. Les Réponses dePlutarque ne contentent guere les esprits un peu dificiles. IIdit, en I lieu, que peut-être cela ne s’entendoit que deschiens, forte d’animal domestique, qu’on doit souhaiterméchante, 8c propre à se faire craindre, mais quelle apa-rence que les anciens fe fussent servis d’une expression gé-nérale (2.0), s’ils n’eussent entendu qu’une feule espece? EnII lieu, il conjecture qu’ils fouhaitoient que rien ne mou-rût, 8c il cite une Autorité, qui prouve que la Phrase ren-dre bon a lignifié quelquefois faire mourir. C’est bien tirerles choses par les cheveux. Un Ecrivain François (i 1) conjec-ture que la bonté fe prenoit là pour une fimplicité. grojfiere ,dont parle le monde, quand il dit c est un bonhomme. Boxhor-nius avoit déjà emploié cette Explication de Bérault ; maisil avoue qu’elle est plus subtile que véritable (rr). . val ra x
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cette Déejfe Genita Mana, k qui les Anciens faifeient des vaux s a fi4 que rien de b° n Vnafquit dans leur famille, ne quis naíceretur domi probus. On pourrait douter ■T’mot piobus, qui ne signifie point doux 5 c íimple comme le mot Xçns-óç de rlucarfle signifie quelquefois, est ici bien emploié. (22) Boxhornius in plmalkduin
Quaist. Roman. pag. 114.
( 17 ) M**crob. Saturual. Libr. GCap. VU,í“i-
Edition.
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(is) scho*liastes sec-íii in 5ar. .VI, Vtrf 56'
(19) Plu-tarc. inQtixst. Ro-jnanis,^277» Edition*Franco/, an»i6îo s vàtj.y ’a. deux f*‘ s
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minatoruflibonus Kar»Idem, ib>d.
( 21 ) JkSllBéraul c, dansses Notes futl’Euphor-niion de .Bardai,
- dit dant J f”Epitre P‘s.
cataire ,]»' 1
n'a prej]»'trouvé petjfne qui n ait
‘Uíe^ï'f.
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BRUTUS (Marc Junius) fils de Marc Junius Brutus & de Servilie sœur de Caton,fur un des meurtriers de Jules César. C’étoit le plus grand Républicain que l’on vit jamais:il ne croioit pas qu’on fût obligé de garder la foi ni la religion du serment à ceux qui tyranni-soient k ville de Rome {A). II s’étoit coiffé de ces grandes Lc nobles idées de liberté, Scd’amour de la patrie, que les Auteurs Grecs Sc Romains ont décrites si pompeusement; il s’enétoit, dis-je, tellement coiffé, que ni les obligations qu’il avoit à Jules César, ni l’espérancecertaine de s’agrandir autant qu’il voudroit fous ce nouveau maître de Rome, ne balancèrent pointdans son esprit l’envie de remettre les choses au premier état, par le meurtre du Tyran, II cons-pira contre lui avec plusieurs autres, Sc leur trame fut si bien conduite, que Jules César fut poi-gnardé dans le Sénat le 1 y de Mars 70p. Le peuple aplaudit d’abord à cette action, Sc puistout d’un coup, comme une mer agitée d’une autre forte de vent, il s’anima contre les meur-triers. Ce fut à eux à chercher leur sûreté dans la fuite. Brutus Sc Cassius ne fe rebutèrentpoint : ils tâchèrent de soutenir le parti dans les Provinces. Us firent ferme dans la Macedoine,avec de tres - bonnes troupes ; mais la fortune sc déclara pour les oppreflèurs de la liberté. Cesdeux grands Républicains, qu’on a nommez les derniers Romains (£), furent battis par OctaveSc par Marc Antoine, Sc réduits à k nécessité de fe faire mourir eux-mêmes l’an 711. On a blâ-mé Brutus d’avoir emploié les dernieres paroles de fa vie à injurier k vertu (a) (C) : il n’avoit pas
tout
(A) ll ne croioit pas qu on fût obligé de garder la foi ... àceux qui tyrannisotent Rome.] Oiíh m róv ici V'copcatoiç, di-foit-il cn haranguant le peuple Romain dans le Capitole,ttooí Tvpánní, ûS' ’éìtpxoe: Cum tyranno Romanis nulla fides,nttlla jurisjuranâi religio ( 1). Cette Maxime a paru dérai-sonnable à Grotius : volez comment il Ta réfutée dans Teparagraphe XV du chapitre XIII du second livre De JureBelli zv Pacis. Boeclerus aprouve cette 1 Réfutation dans sesNotes fur le chapitreLVIdu II livre de Velleius Paterculus.En tout cas, cette Maxime de Rome Païenne seroit moinsinexcusable que celle qu’on dit que Rome Chrétienne a é-tablie dans le Concile de Constance,qu’il ne faut point gar-der la foi à un Hérétique.
(B) Lui er Cajfius ont été nommez les derniers Romains.]Cremutius Cordus, selon Tacite, n’a dit cela que de Cas-sius: Pofiulatur. ..quod editis Annalibus laudatoque M. BrutoC. Cajstum Romanorum ultimum dixijfet (r) ; mais, selon
(Û
Sueton,
Snetone , il Ta dit de tous les deux. objeflum & Historicoquod Brutum Cajfiumque ultimos Romanorum dixijfet {j}. CetHistorien, que .Suetone ne nomme pas, est indubitable-ment Cremutius Cordus. L’éloge qu’il donne à ces deuxRépublicains fut donné à Cassius par son camarade Brutus, v ,.lors que la nouvelle de fa mort lui fut aportée (4).
{C) ll emploia les dernieres paroles de fa vie à injurier lu ,c0Svertu.] Malheureuse vertu, s’écria-t-il, que f ai été trompea ton service! J’ai cru que tu éteis un être réel, (V j e mefuis attaché à toi fur ce pied-là ; mais tu ri états qu un vainnom c? un fantôme, la proie e? l’esclave de la fortune IIn’étoit pas le prémier qui fe fût servi de ces paroles. UnPoète Grec les avoit mises dans la bouche d’Hercule (y)-
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