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Tome premier. A - B.
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BRUT

U 8.

( * ) Grdvita-um Bruti.Quintil.

Libr. XII,Cop. X jt*g. ï 80.

(d) Voiez.Cicéron , inErilto, inPhiJippicis,

èy alibi .

t ' 1 Plut. inBruto, paf.98 J. VaitZaii jsi in

Pompeio,k-à- S SÌ.

f Í5 ) DioCaffius,

Libr. XUV,P«L- 273.

(t 6 ) Tir I deDion Cas-sius , LivreXLIV, antommcnce-

(i 7 ) Xiphil.Epit. Dion.Libr. XUV,imt. pag. 2 $.

( 18 ) Eacir.Annal. Libr.J, Cap.

VIII.

íu) Plut.in Bruto,pag. looo > E,

(ïo) Ciceroad Attic.Libr. XII,

EM. v.

f 2 r ) Idem ,

ibid. Epia.

vin LilriXIII.

(22) Seneca,EpiL XCV.

(23) Cicero,Tuscul. 1,

& de Fjnib.

I.

(24) Sencca,Consol. adHelviam,Cap. IX.

(23) UpniCicéron.EpiL XLVIad Attic.Libr. XII.

(26) Plut.in Bruto >pai. 98í, £.

(27) Dialog.de Cauffis*orr. Eloq.

s 28 ) Quin-til. Libr. IX,Cap. IV,pag. 448.

(19) Ciceroin Bruto,

f*í- 447.

(30) Idem,ibid. pag. 343.

(31) Sigon.in Fastis.

( 32 ) Pater-cul. Libr. II,Cap. LXXII.

(33) Dionis.Halic. Libr.V.

(34) £î '«»‘

T<WJ> TUfaLOl-

iut ^S-Ge»ffidras k'A-7 «xo*t *5yeUe^PHTi»

Vt quiciùs rss T{o~pitnas inves-ti garum ,

fcripîs tradi-

dtrwst.

Il suivit la Secte des Stoïciens : il aimoit les Livres & en faisoit (G). II êtoit bon Orateur, &comme il avoit choisi pour fa part lestyle concis & grave (r), il ne faut pas s’étonner qu’il trou-vât destituée de nerfs l’Eloquence de Cicéron (H). II a eu un excellent Panégyriste en la per-sonne de cet Orateur, dont il fut infiniment estimé'dès son enfance {d\ II étoit plus âgé quePaterculus ne dit ( f). II ne faloit pas décider qu’il defcendoit de ce Brutus qui chassa Tarquin(K ), & qu’il avoit été adopté par Jules César ( L). C’est néanmoins ce que Moréri décidé. Jene dis rien de fes péchés d’omiísion.

Je ne faurois passer fous silence la preuve que notre Brutus donna de son amour pour lajustice au commencement de la guerre de César & de Pompée. II étoit fils d’un homme quePompée avoit fait mourir, il avoit donc le plus grand sujet du monde de haïr Pompée : il n’avoitpoint caché la haine, il n’avoit jamais daigné ni le saluer, ni lui parler. Cela fit croire qu’il s’at-tacheroit à la faction de Jules Ceíar : néanmoins, il entra dans le parti de Pompée, parce qu’il leprit pour le meilleur, & pour le plus juste ( M ), 6c qu’il jugea qu’il faut préférer les intérêts dcla patrie, aux ressentimens 6c aux intérêts personnels (e). Je ne parlerai point de la tendreílè

que

berté Républicaine, & encore plus impossible qu’en ne ré-frénant point leur cupidité, ils s’accordassent entr’eux.A ó'úncTav ftiv k» sruoy.axTioe ,ùiïv')u.Tántpev o c, pan

Fa<P^óvS<reev è/a»,ey t imi. In populari reipublica JlatH impojfibileerat cives animis fuis moderari; atcput continent M Jublat a utconcordes permancrent , id adhuc minus fierì poterat (15}. Quefi Brutus 8c Cassius avoient bien considéré ces choses, ilsn’eussent jamais tué le chef de la République, ni plongé parlà leurs personnes, & tout l'Empire Romain dans une infinitéde malheurs (16). Notez que Xiphilin a defaprouvé enceci Dion Castras (17) ; mais je ne croi pas que person-ne puisse raisonnablement nier , qu’au point de grandeuroù les Romains étoient parvenus, qui les avoit accoutumezau luxe 8c à l'ambition , ils eussent pu jouir d’aucune tran-quillité, ni dans les Provinces, ni dans la ville capitale, fousle Gouvernement Démocratique. II y avoit assez long-temsque Rome n’étoit République que de nom. Le change-ment de Gouvernement fera toujours inévitable dans lesEtats populaires qui s’amuseront à conquérir. Ils doivent,s’ils veulent fe conserver, fuir comme la peste toutes lesguerres offensives, 8c fe contenter d’une petite étendue depais: ils doivent s’agrandir, fe fortifier, intensive, & nonpas extenfive, s’il m est permis d’emploier cette distinctionde l’Ecôle.

J’ai dit dans le corps de cet Article, que plusieurs Ro-mains desaprouvérent Faction de Brutus: il faut en alléguerun témoin. Die funeris (Augusti) milites velut prafidio ste-tere , multum ìnrìdentìbus qui ip(ì viderant , quìque a parenti-bus acceperant dietn illum crudi adhuc fervìtìi, ex lïbertatìsimprofpere repetita, cum occifus Diilator Ceifar ,aliis pess i-m u m ahis pulcherrimum facinus videretur (18). ConsultezForslnerus fur ce Passage de Tacite,8cBoeclerus fur le cha-pitre LVI du II livre de Paterculus.

(G) ll aimoit les Livres ex en faisoit.'] Plutarque raconteque Brutus, au plus fort des guerres civiles, emploioit unepartie de la nuit à étudier (19). II abrégea l 'Histoire Romainede Fannius (20), 8c celle d ’Antipater (zi ) : il fit un Livredes Devoirs, de Officiis, cité par Charifius, 8c par Priscien.C’est sans doute celui que Seneque apelle rrep) xaS-é.xov-tos (zzj. Cicéron (23) ,8c Seneque (24) .parlent de celui deVirtute : Diomede fait mention de celui de Patientiâ. IInous reste encore,qwelques-unes des Lettres de Brutus, soiten Grec qui ont été imprimées à part, soit en Latin parmicelles de Cicéron. II avoit fait Y Eloge de Caton, 8c César«'avoir pas trouvé cette Piece trop bien écrite. . Bruti Ca-tone le5îose sibi visum disertum (25). La Harangue, qu’il fitdans le Capitole, touchant le meurtre de César, plut beau-coup à Cicéron, encore qu’ils n’eussent pas le même goûtfur l’Eloquence. Voiez la I Lettre du XV livre à Atticus.]e ne sai s’il acheva Y Abrégé de /’ Histoire de Polybe, auquelil travailloìt dans le camp même de Pompée, la nuit quiprécéda la bataille de Pbarsale. (26).

{H) ll trouvoit destiiuée de nerfs l'Eloquence de Cicéron.]L’Auteur du Dialogue de Caujis corrupta Rloquentit nousaprend cela: Ciceronem, dit-il, mâle audivijfe à Bruto , utipfius verbis utar tanquam fraélum atque elumbem. Cicéronlui rendoit le change : il trouvoit le style de Brutus négligé,8c mal lié : Ciceroni visum Brutum occifum atque disjuntlum(27). Le style de Brutus avoit un autre défaut; c’est qu’ilétoit plein de Vers : Versus hifer'e excìdunt, quos Brutus ipfocomponendi duílus studio fapiffìme facit (28). Cicéron avoueque Brutus desaprouvoit assez franchement le goût de luiCicéron en matière de bien dire. Voiez la XX Lettre duXIV livre à Atticus.,

(/) ll étoit plus âgé que Paterculus ne dit ■ ] II naquit dixans après qu’Hortensius eut commencé de plaider (29).Hortensius fit cela fous le Consulat de Lucius Crassus 8c deQuintus Scsevola (30); ce Consulat tombe sur Fan de Ro-me 658 (31): H faut donc que Brutus soit né Fan 668,8c quêtant mort Fan 7 11 » >1 ait vécu quarante-trois ans.Paterculus a dónc eu tort de ne lui donner que trente-septans de vie (.32). ,

(K) ll ne faloit pas décider qu n defcendoit de ce Brutus quichajfa Tarquin. ] Denys d’Halicarnasse soutient que notreMarc Brutus n’étoit pas issu de celui-là ( 33 ). C’est l'opi-nion, dit-il, des Historiens qui ont recherché ces chosesavec la plus grande exactitude (34) ;& ils aportent plusieurspreuves dc ce fait, 8c entre autres celle-ci. Les Junìus 8cles Brutus, qui ont paru dans la fuite, étoient de famillePlébéienne, comme il paroit parles Tribnnats du peuple

qu’ils ont exercez. Or il est certain que les Junius dutems de Tarquin étoient de Maison Patricienne. L’His-torien que j’ai cité trouve que cette raison est très-forte.

Tek/i«■£<«» bovxi]i/.:rTr.y. Stgnum cui facile contradici non pof-fit. Dion déclare nettement que le prémier Brutus fit mou-rir les deux seuls enfans qu’il avoit, qui étoient encore pe-tits garçons (35). Cela fans doute est de plus grand poids (3f) Dl0 ’que F autorité de Plutarque, qui dit que ce Brutus avoit Llbr ' XLl '"grand nombre d’enfans. yâo ccùtus o b çQto$ nxe

kx) k c/Aóac, f| aìnr.c, érXeievctç. Sororem eorum (Vitelliorum)habebatBrutusìn matrimonio,ZXex eâ numerofam prolem (36). (36) FIm.Cicéron aiant parlé en Orateur dans fes Philippiques, 8c *" Va ! cr '^non pas en Historien, n’est pas bien propre à affaiblir le ^ 9 ’témoignage de Denys d’Halicarnasse 8c de Dion: mais, entout cas, il est propre à faire voir que les Brutus de foutems se disoient issus de celui qui délivra Rome de la ty-rannie de Tarquin; 8c Dion ne nie point que l’on n'abu-sât à Rome de la conformité des noms pour exhorterBrutus à conspirer contre César, comme l’ancien Brutusduquel il étoit issu, disoit-on, avoit conspiré contre Tar-quin le Superbe (37). Plusieurs seront bien aises de trouver O . 7 f Dl ?L ■ici les paroles de Cicéron. Fuerit ille L. Brutus, qui zx ipfe L ‘ kr ' XLl *regio dominatu Rempuilicam liberavit, zx ad fimilem virtu-tem zx fimile faílum ftirpem jam prope in quingentefimum an-num propagavit (38). Si auíiores ad liberandam patriam de- D s ) C,c£ ' 0 'fiderarentur illis auSloribus, Brutos ego impeilerem, quorum Ï * U ‘ 1 PP’uterque L. Bruti ìmaginem quotidie videret, alter etiam A- ■hala. Hi igitur his majoribus ab alienis potius con/ilium pe-ler en t quam à fuis, zx forts potius quàm demi ( 39 ) > On nepeut pas faire grand fond fur ces paroles, parce qu’un Ora- 1teur se soucie peu que de tels faits soient certains : il se con-tente qu’une partie du peuple les croie (46). Mais, voici ^un Historien, qui se range du parti de Cicéron, 8c qui al- V“légué des preuves. Plutarque affirme que Marc Brutus des- «*cas« i0S 'cendoitde celui qui chassa Tarquin ; 8c qu’il n’y eut que Famille»les amis de Jules César , qui, en haine de son assassin, di-vulguérent que le prémier Brutus ne laissa aucune postéri- l§)-té, 8c que les autres Brutus descendoient du maître d’hô-tel du prémier (41). H a joûte que le Philosophe Posido- U>) «“V*nius, dans Fun de fes Livres, assurent que Lucius Biutus y ita B ‘ ut l'avoit eu trois fils, dont le dernier fut la tige des autres Bru- ’T”’’tus; & que de son tems, il y avoit des hommes illustres 9 **de cette famille, qui ressembloient dc visage à la statue deLucius Brutus. Joignons à ceci, que la raison qui paroitfi forte à Denys d’Halicarnasse n’est point fans répliqué,vu qu’il y a des exemples que des Maisons Patriciennesfont devenues Plébéiennes (42). Un savant homme débi- (4U Suc . t0 'te, que selon Plutarque, les ennemis que Brutus s’étoit at- ne ’tirez par Fassafsinat de Jules César assuroient que cela étoit v-^d’Au-arrivé à la famille Junia. Sed zx fieri potutjje ut Junia gensa patriciis ad plebem transiverit, zx fcribìt Plutarchus id ab ntpMïis qui ob C*saris necem Brutis erant infenfifuijfejaftatum (43). t lc ld f . 6m ‘

Si Plutarque disoit cela, il choquèrent directement le sens 0ÍÍAV ‘"' 'commun. Que doit-on faire dans ce conflit de raisons. 8c /.,)Ablam-de témoins? Toute autre chose que Mr. Moiéri. On doit inCi« r -demeurer neutre: mais, fi l’on veut être décisif, il f au t rhilipp ic - *>préférer le parti de Denys d’Halicarnasse 8c de Dion, à ce- Wlui de Cicéron Sc de Plutarque.

(L) . . . . ni qu'il avoit été adopté par Jules César.] Jene pense pas qu’aucun Auteur digne de foi ait dit cela. II

eût falu dire que César Fapelloit son fils (44), 8c qu’il Q*} c ’t l tlcroioit même être son pere, à cause de ses galanteries avecServiha mere de Brutus. Voyez F Article de cette Dame,

Remarque (B).

(M) ll entra dans le parti de Pompée, parce qu il le-prit û”’<‘‘ r ‘ z "- npour le meilleur, zx pour le plus juste.] II n etoit point de ceux á"'o-p.qui haïssent le Tyran, mais non pas la Tyrannie; ou qui sxxXH*aiment non la liberté, mais la personne de celui qui se dé-clare pour la liberté. II haïssoit Pompée, 8c néanmoins il

le seconda: il avoit toutes les raisons du monde d’aimer •

César, 8c néanmoins il conspira contre lui; c’est qu’il crutque Pompée soutenoit la cause de la patrie, 8c que Césarétoit devenu Tyran. Cette droiture de ses intentions passapour un fait certain : on ne jugeoit pas ainsi de celles tleCassius son Collègue; car on fe persuada qu’il travailloìtbeaucoup plus pour son agrandissement particulier, quepour Favantage de Rome. navròí jkSaao» «o,™ 2r0Afw.iT» ,xai TrXctvctTh'at xacì xivé'iweóeiy , aùrùl ’zivcsS'vvecTe^ccvxaìctir-xeva^ofxsv ov, ùx l^evhoíav to 7{ oroXiraif. Omnin'o arbitra-bantur (Caisium) btlìum gerertzx circumcursitare, zx discri-mina