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Tome premier. A - B.
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B R U T U S,

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„ - i K-ìtiiUe de Pharsale , par les ordres qu’il donna à ses Capital-

que César marqua pour lm avant >abata-U° de h „ V er en cas qirtls f ne rustl „ c k réfoll 5 rc *

nés de lm faire bon quartier , ou meme de le ïamei ceunpc c i , . -, f f) rim.

sp rendre ( f) Te ne carierai point non plus du bon accueil qu il lui fit api es la bataille > m >» Bmto,le ìendie [s), je ne pailei p t, -: au yj cut avec lui fur la route que Pompee pouvoit p^sts.

ie dirai quelque chose de l’entretien paiticuuei qu u eut p 1 , . / ■ , „ n

;u?ur. st « j ,msau m»,

donné ces ouvertures au vainqueur (A 7 ).

(4S) Plut.,'n Iituto,p*g. 997 > e>.

(4Í) Idem,itiid. pag. 987,

O.

(47) /ifo»,»*>'<*> Mi 997*

{ 48 ) Iitm,*W. png. 991 >

■O.

subsre potins ad quarenâam fibi potentìam, q u a m civibuslibertatem (45). On peut confirmer cela par un autre en-droit de Plutarque. A AA« K.i£ 7 irioç , ùyjg S-vy.ûetê'yç , eccx.1fiaXXey lèíx fiitroxceÍB’ciç ì'j xouît (UG-oTÓçctmiç , l^lyxvtrtt xaiteetltf'Trstítey. Afyctítí d s Bg&Toç y£v tîjv cìgxrE [ 5 ocçov£G’B'UI ,K«í á-5-ioç da 7ov «f%ov 7 «í y-io-Ht. Vertim ferocis w animt Cas-/i»j , magisque privatim Cafari , qaam pubïice tyranno infes-tas , incendit esr stimulavit Brutum. Dicitur Brutus regnumnon tuliffe , Cajfms oâijfe regem (46). On ne croioit pas quePompée en eût bien usé , s’il eût gagné la victoire : il sescroit maintenu dans l’autorité fous le titre de Dictateur,ou de Consul perpétuel , ou sous le nom de quelque autreCharge moins odieuse. Cinna, Marius, Carbon , n’avoientpris les armes que pour devenir tyrans : la conquête de lapatrie étoit le prix qu’ils se proposoient de remporter ( 47 )»mais on avoir une tome autre pensée de notre Brutus.Ses ennemis mêmes le disculpoient là-dessus : plusieurs per-sonnes avoient ouï dire à Marc Antoine , que c’étoit leseul des Conjurez qui eût été dirigé par la beauté aparentede cette action. Les termes de Plutarque ont beaucoupde force. Bçúrx de XÉyísrtv y'oûì 7 hç vrçoo-lvtfsAAf/v

7'0íeficÍ7-íjv y.ET ctfaoAïîV. «AA Mvimlnys uui vtoAAííç àj&èso-cct Xeyoy-Tdç, L>g yóvov oiot]o B PÎS 7 Q'/ ÌttiB-Ét-S-ui ICxlcagi » erçoci% 3 -£VTei7n XxfíneÓ 7 >í]i Ktti TÛJ cpxnoy.£vtfi r.xXôí 7 !î; 7 rçáì-£aç,TtSí £ a A-ÁSSÇ £ 7 r) 70 V VLV^VL TVTWCtt , 7 XÇ XXI Ç>& 0 vèsv]C£ç % At BfUtO

perhibent nehostes quidem eam objeíîaffe varìetatem : itnò exAntonio etiam multos audiviffe , quum diceret foliim fe putarèBrutum aàortum Cœfarem faiïi fplendore zjropinatobono adâuc-tum , altos in illum conspirasse odio provetíos & invidiâ (48).

Ce fut peut-être ce qui obligea Marc Antoine à fendre ■bien des honneurs au corps mort de Brutus (49), & Oc-tave à laisser en son entier dans Milan la statue de cetillustre Conspirateur (50).

(N) Il s’entretint avec César de la route ... de Pompéeon lablâmé d’avoir donné ces ouvertures au vainqueurs] Je ne puisaqUiescer à i'Apologie que Don Francisco de Quevedo atâché de faire de cette action. II prétend qu’il étoit permisà Brutus , dans l’état où étoient alors les choses, de vengerla mort de son pere en découvrant à César le chemin qu’ilfaloit prendre afin de poursuivre le vaincu. S’il n’y avoirpas de meilleures choses que celle-là dans l’Ecrit de cet Es-pagnol (51) , il n’en faudroit point faire le cas qu’il méri-te. J’aimerois mieux alléguer pour la justification de Bru-tus , 1 , qu’il n’avoit eu auculre part à la confidence dePompée touchant le choix d’un lieu de retraite : 2, qu’ilne voioit pas qu’en communiquant ses conjectures à Cé-sar , il pût empirer la malheureuse destinée du fugitif;car peut-être s’imagina-t-il que l’Egypte paroitroit unst bon asyle qu’on ne se résoudroit pas à y aller attaquer legrand Pompée. Quoi qu’il en soit , admirons ici la saga-cité de son jugement ; il devina tout-à-fait bien quelleétoit la route que le Chef vaincu avoir choisie. 11 ne futpas moins bon Prophète dans une autre conjoncture : cefut lors qu’il condamna l’imprudence de Marc Antoine zqui aiant pri se faire compter parmi les Brutus, les Cas-sius > & les Catons, s’étoit uni comme un accessoire àOctavius. S'il n’efi pas vaincu avec lui , ajoûta-t-il ; on lesverra bientôt fous les armes l’un contre l’antre (jl).

( 49 ) Idimiibidem , pa £*1009, c.

(s°) Idem ;ibidem , pàg^

ioii, £>.

(si) c'est mCommen-taire íut unepartie de laVie de Bru-tus 1 compostepar Plutar-que. il a étitraduit <f£j-pattiol en 1 -a-un par Gras*winckel. Cet~te TraduétiottLatine sis timprimée à lAHaie , Can1660, in 4,<£r ne vaut patC Original»

( 52) Tlut. inUruto, pag*997 i F.

BRUTUS (Jean Michel) savant homme au XVI siécle, étoit de Venise, & ily eut je ne sai quoi qui l’obligea d’en sortir (J) , & qui pourroit le faire prendre pour un exilé.Î1 étudia à Padoue, & s’attacha particulièrement aux Conversations, & aux Leçons de LazareBonamicus (a). II voiagea beaucoup (B ) ; mais cette vie ambulatoire ne Pempêcha pas dedevenir docte , ni de composer. II écrivoit poliment, quoi qu’il condamnât les scrupules de laSecte Ciceronienne {b) , & il peut passer pour un fort bon Humaniste. Les Notes qu’on a delui fur Horace , fur César , sur Cicéron , ésc , en font de très-bonnes preuves. Nous verrons ce-il répondit à ceux qui lui imputèrent le Plagiarisme (C). II ne fe contenta pas de Lire des

Livres»

qu

(“) joli.Mich. Bru-tus, Epist.paj.S^ótEdit*an. 1 69g.

(6) ibidem 3588.

(í) IIdit dansIá page 1071:At 11e cuitamenvideareste oblítushaac mihtparriamèíïe.

(2) Voicz. Upage 1109 deses Lettres,Edit. de Ber -tint cn 1698.

MLà-

t a s-

ioôj.

QjJo.Mich.Brutus, Epis-tol p<iç.ioS4,Voiïz. aujjit« 3 - 432 .

(A ) ll é to it de Venise , CT it J Mt jé r.e fat quoi qui lobli-gead'en sortir.] Les paroles que je vitis copier, & qui fonttirées de la page 1067, de la nouvelle Edition de ses Let-tres , témoignent qu’il 'ne sortit pas volontairement de sonpais , & que néanmoins il le quitta fans qu’il y allât de sonhonneur ; Nam quod illâ { patriâ ) hoc tempore careo , nequeulla illtus culpa hoc , ncque dedecore ullo meo accidit , fid sor-tantt injuria. Ejus enim mìhì inìqmtate ereptus est i nter m eoslocis quem Majores fnei per C C C annos retinuerunt honestiffi-mum. ' Cela , dìrcz-vous, ne prouve pas qu'ìl fût de Ve-nise ; mais vous ne douterez pas qu’il n’en fût, st vousconsultez la suite de ce Passage : quidem , continue-t-il

parlant à un Vénitien qui l’exhortoit à écrire l’Histoirede la République de V enisc , cum adfum , non pojsutnaquo animo carere , fore ut aliquando eundem cum pristinâfortunâ recuperem , tuâ gratiâ freins non defpero. Sed ne huenos cura magnopere angat , quot patria nostra habet (1) , quihas ïlli partes pojfunt egregïc prifiare ? Ncque enim etfi eft_Petrus Bembus jam, V Andréas Navagerius mortuus , fummihommes , & quorum est apud posteras merit'o futurum femperillustre nomen , fimul etiam cum us est lumen eloquentu incivitate eximSíum.

( b ) ll voiagea beaucoup .] II passa une partie de sa vie enEspagne , en Angleterre (1), en France , en Allemagne,en Transtlvanie , & en Pologne. II remarque qu’il eutbeaucoup de maux à souffrir dans son voiage d’Espa-gne (3) ; mais qu’fl avoir vu tranquilement la plu-part des Cours de l’Europe , Lc qu’il avoir acquis parce moien une assez grande expérience des choses poufpouvoir écrire l’Histoire. Magna quidam res est Histo-riant scribere : quâ quidem ego in re ità fum per multosannos verfatus » ut me longa jam exercitatio doceat , quâmprudenter ea fit cy cunfdanter attìngenda.' &uâ autem ego retonfiftts Z?scribere jarrt instituerim, or nunc quidem . . . feri-lendi studio inpstam , dicerem , fi id mïhi per meam modefiiamliceret : certe ut non me destituât Jpes eo perveniendi,quo conten-do , non ingénia confìdoynagis , cujus haud me poenitet t amen ,quâm diligentia C? studio , usu quidem rerum tanto , quantumeste in eo bomìne iquum est , qui magnam Europi partem , au-las fere Regum omnium maximorum per summum otium lustra-vìt. itaque fi qui. mihi incommoda ( id quod necejse fuit ) totterras obeunti ohtigerunt , fit quidem fruílu , quem ex hìs ca-ps > maxima quidem ac uberrtmo , eorum etiam ut mihi fitjucunda recordatio (4). n a raison de prétendre que leslumières qu'on peut aquérir en voiageant font très-utilesa ceux quí composent une Histoire. Ils devroient tousmériter qu’on leur aplìquât ce qui fe difoìt d’Ulysse,

§uì mores hominum multormn vidit & urées (5).

(C) On a fies Notes fur Horace , fur César , sur Cicéron,8íC. .*. . . On verra ce qu il répondit à ceux qui lui imputèrentle Plagiarisme.] Ses Observations'fur les IV Livres des Odesd'Horace, (Vfur VEpodon , furent imprimées à Venise, chezPaul Manuce , avec celles de Lambin , l’an 1566 , in 4.Ses Scholks fur Jules César avoient été imprimées chez lemême Manuce, l’an 1564, in 8. On les a insérées dansl’Edition de Jungerman , à Francfort , l’an 1606 , commel’observent les Journalistes d’Utrecht (6) , qui observentaussi qu’il fit imprimer , in douze , les Oeuvres de Cicéron,avec des Notes , chez Antoine Gryphius , l'an 1571. 11 s

raportent ce que j'ai à dire fur l’autre point de mon Tex-te. On l’avoit accusé de s’être servi des Observations deLambin fur Cicéron : il écrivit à Lambin , qu’il pouvoitaller aux sources aussi bien que lui ; & que lors qu’il em-ploioit les pensées d’un autre Ecrivain , il le citoit ponc-tuellement , par où il se mettoit à couvert de tout repro-che de volerie : car si c’étoit prendre , ce n’étoit pas dé-rober. ,, Valfam hanc opinionem Lambino eripere conatur, his», inter alia yerbis mens : Quisquis is est, qui me in his, quas„ scripta edidi, surripuiffe ab ullo affirmer , qure transfer-,; rem in mea ; is neque plané me novit, & facit ipse ut„ se prodat , tacente etiam me : ut enim qui aquâ indi-„ gent, ubi facilitas fit , è fonte sumere, quàm è rivo„ malunt ; egentes, dìvitum adiré , quàm infirmorum„ domus : Ità , mi Lambine , ut benè sis à literis 8 c ab», ingenio paratus , cùm mihi iidem fontes pateant, è qui-,, bus tu hausisti, (nondum enim exaruerunt) requè pateant,, eorum penetralia o/c, stultè faciarn , si de tuo surripiam,», non minus quàm tu , fi inducas anirnum íhrrìpere de,, meo (7). Poftea addit , fe fumpfijfe quidem ab aliis, non,, vira surripuiffe. Sumere enim eum , qui , à quo mutùetur,,, indicet ; & laudet , quem aullorem habeat : Surripere verb», qui taceat , qui ex alterius industrià frudlum esturat ; quod„ quidem à fe omnino alienum este dìcit ( 8 )”. Cjes Mrs. igno-rent fi son Livre de Instauratione ltalia a vu le jour : je n’ensâi rien non plus. II en fait mention dans la page fa o,ío07 , & 1071 , de ses Epitres, & il en raporte des Frag-mens. Au reste , ce qu’il compost fur César ne coníìstoitpoint uniquement en Scholks & en varia LeBHones. II endonne une idée plus avantageuse dans le Passage que je vaiscopier : Habeo in manibus Cœfaris Commentarios ,multis à m tAnimadverfionibus emendatos, quibus justum volumen accéder,in quo , certo ordine , polìtistìmì feriptoris voces phrafesq’te omtnés , tum , quod permagm facimdum est , rerum omnium des -

f ripthnts

(s) Horaf.de ArteToëticâ.f- M*.

(6) Au mvlide J h!! l et à‘a Aoîtt 169SMi- S 6 <5.

( 7 ) Brunnpag. s 99Epistolar.Edit, anniI 698 , citttíu-rneme»

(g) JOUMd’OrrechtJuillctftAi1698 - pag565 , Z6«