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Tome second. C - I.
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COLOMIES.

(f) Votez.^Esprit deMoni’r. Ar*naud, Tom.ïî ,pag. 297& fttìv*

(îo) V Au-teur met icien trois li-gnes , & en

gtOS CAYACÌe-

res , per Pau-lum Colo-meíîum Au-pellcnfetn.Ce derniermot cfl enpetits cartElt-res dans leTitre de /'!-COU.

(n) Espritde Monsr.Arnaud,Tom. II ,pag,* 98 » 299 .

r 96

terre, sans témoigner son dégoût du Parti Presbytérien , 6c fou penchant vers la CoramunioriEpiscopale. Le petit Recueil de certains Pasiages choisis, auquel il donna pour Titre, Tbeolo *gorum Presbyterianorum Icon , lui attira beaucoup d’ennemis. 11 fut fans doute blâmable de publierce Livret j 6c il y avoit même beaucoup d’imprudence à écrire contre des gens dont il sailoit en-trer dans le caractère une humeur si mal endurante , si ombrageuse , si entêtée. Cdla ne devoit-ilpoint l’obliger à ne rien dire qui pût l’exposer à leur colere ? Le meilleur moien de le réfuter étoitde ne dire mot ; car une si belle patience eût convaincu tout le monde qu’ils ne relîembloientpoint au portrait qu’il avoit fait d’eux. Auísi doit-on confesser à la gloire de ces Messieurs, qu’ilsméprisèrent cette incavtade -, mais, comme il est difficile que dans un grand nombre de gens iîn’y ait personne qui ne s’échape, il fe trouva en Hollande un Ministre Presbytérien qui sit uneInvective si atroce contre le pauvre Mr v Colomiés (£), qu’auprès de ceux qui jugeraient de toutun Parti par les défauts d’un particulier, il n’en faudrait pas davantage pour conclure que Y IconTheologorum Presbyterianorum a été tiré d’après nature. L’Auteur de l 'Icon avala l’infulte fans diremot. Ce n’eít pas qu’il ne lui eût été très-facile de repousser les injures de son Adversaire ( C ) -,

mais

que s endroits de la Critique de Mr. Simon , o? n a rien qui nesoit d’un homme fort modéré-, encore que Mr. Colomiés n ignoresas que Mr. Simon est ïAuteur de la Préface z? des Notes qutont paru dans la nouvelle Edition de fa Critique.

(C) Un Ministre Presbytérien fit une Inventive atroce contrelui .. . Il lui eût été tres-facile de repouster les injures de sonAdversaires J’ai déjà blâmé Mr. Colomiés d’avoir publiécet Icon. II auroit mieux fait de laisser épars les Passagesqu’il rassembla , 8c bailleurs il choilît très-mal son tems.Ce n’étoit point dans une telle occasion, qu’il faloit montrerles lieux foibles du païs : desorte que íì l’Auteur de l’ Esprit deMr. Arnaud s’étoit contenté de lui faire de tels reproches,& de le réfuter quant au fond, fans s’amufer aux injures per-sonnelles , il auroit mérité des louanges ; mais s’étant déchaî-né comme dans un violent accès de fureur , il s’est renduinexcusable, 8c a fait tort à sa cause. Sa dispute fournit auxLecteurs un divertissement de théâtre ; mais au lieu que,quand on va à la Comédie, on entend d’abord les grandespassions du tragique, 8c puis les badineries du comique ; iciau contraire on trouve les airs goguenards avant que de ren-contrer les transports de la colere, & de l’invective sérieuse.Les endroits où l’Auteur a voulu faire le plaisant font fi ridi-cules , qu’il pouvoit y être mortifié fans ressource pour peuque Mr. Colomiés l’y eût voulu attaquer. Je ne prétens pasqu’on m’en croie fur ma parole, j’en fournis les Pieces justi-ficatives.

I. Mr. Colomiés marqua son nom à la tête de son Ou-vrage, p E R P* a vl V m Colomesium RupèlUnfem. Surcela l’Esprit de Mr. Arnaud fait une plaisanterie froide com-me glace. On voit bien par la grandeur du nom de ce grandhomme, que le ciel le destìnoit à être Auteur. Car entre tousles anciens ZA les modernes on ne trouvera pas de nom st propreà faire une belle figure d la tête dfun Ouvrage , ZA dans laprémiere page d’un livre (îo) . . . . ; il faut avouer que celaremplit la bouche ZA les yeux ; za quand on ri auroit autrechose à faire voir au public , on mériteroit d'être imprimé (r r).Cela sent un homme qui dans la crainte d’être court, nese peut résoudre à congédier aucune pensée qui se présente.Peut-être vaut-il mieux dire que cela marque un grand dé-faut de discernement, & un goût entièrement émoussé parraport à la raillerie. Quoi qu’il en soit, on ne sauroit mieuxfaire paraître son mauvais goût, qu’en témoignant qu’ontrouve ici quelque grain de sel, & si j’avois à répondre àune si faufle plaisanterie, je ne prendrois point d’autre voieque celle d’ouvrir d’un grand sens froid ks premiers Livresqui me tomberaient fous la main dans une Bibliothèque.Le malheur m’en voudrait bien fi je ne trourois bientôtdes noms auísi propres à remplir la bouche za les yeux , quecelui de Paulus Colomefius Rupellenfis. J’en trouverais en-core plus aisément parmi les personnes qui ne savent rien,après quoi toujours d’un air fort sérieux j apostropheraismon homme: Vous disiez qu entre tous les anciens ZA les mo-dernes on ne trouvera pas de nom fi propre à faire une belle fi-gure à la tête d’un Ouvrage . . . ; ZA que quand on ri auroitautre chose à faire voir au public , on mériterait d'être impri-mé. Vous ne parleriez pas de la forte fi vous conoifpez beau-coup £ Auteurs , z? l’on voit bien que ni les anciens ni les mo-dernes ri ont été guere les objets de vôtre vue , ZA de vôtreméditation. Allez plaindre la destinée d'une infinité de pai-fans qui ne mettent point leur nom d la tête cPun Ouvrage ,encore qu’il mérite d’être imprimé , qu il le mérite, dis-je, parla raison quil est composé de plusieurs lettres. C’est vôtre prin-cipe. Jamais les bons railleurs ne fondent leurs plaisante-ries fur un fait évidemment faux , jamais ils ne tournenten ridicule un Auteur fur des choses qui lui font commu-nes avec des Hommes illustres, sirns quelles aient en luirien qui soit particulier. Or, je vous prie, David Blondel-lus Catalaunensts , Dionystus Petavius Aurelianenfis ,DionyfiusLambìnus Monfirolïenfis , 8c cent autres que je pourrais al-léguer > donnent-ils plus ou moins de prise que Paulus Colo-tnestus Rupellenfis ?

II. Les plaisanteries q'ue l’Auteur fonde fur ce que Mr.Colomiés s’est surnommé Rupellenfis ne font pas meilleures.Asm qu une raillerie soit bonne , il faut que celui qu’onranle mérité d’être raillé : or c’est ce qu’on ne peut dired un homme qui ne fait que suivre Tissage. Quand onraille quelcun sur fe habits, on fe rend foi-même très-ridi-cn . e ’ 2 moins qu st n y ait dans ees habits quelque chosequi sort des réglés, & de h mode. Afin donc que 1a rail-Iciic jettee fur lc Rupellenfis fut bonne , il feudroit*que cc

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ne fût pas lé train ordinaire des Auteurs qui écrivent enLatin , d’ajoûter le nom de leur Ville à celui de leur fa-mille ; mais il est certain que c’sst leur coutume , 8c parconséquent Mr. Colomiés n’a fait que suivre un usage bienétabli (n). Concluons que toute la raillerie retombe furson Auteur, & le rend suspect d’être étranger dans la Répu-blique des Lettres.

III. Nous allons voir la plus froide de toutes ses plai-santeries. Après avoir raporté en grosses lettres les noms& les surnoms de son Adversaire, il les compare avec d’au-tres. L’Aurelius Aogbsiinus Hipponensis,dit-il (13), L? le Sidonius Apoleinaris Claro-m o n t a n u s (14), rien aprochent pas. J’espere que la posté-rité , qui ne conoîtra pas Ji bien Mr. Colomiés que nous le con-noistons , fi persuadera que le Rupellensis Jignifie Mon-fieur l’Evêque de la Rochelle , comme l ’H ipponensis deSt. Augustin signifie l’Evêque d’Hippone. . Une raillerie ne peutêtre que très-mauvaise , lors qu’on l’apuie fur un fonde-ment absurde , & lors qu’elle est plus choquante pour desgens que Ton ne veut point railler y que pour ceux que Tonveut railler. Tel est le caractère de celle-ci. Rien 11e cho-que plus la vraisemblance, que de dire que lepithete Ru-pbuensis pourra un jour signifier Monsieur l’Evêque dela Rochelle-, & c’est faire un très-grand tort à nôtre posté-rité , que de la croire capable d’une si grosse bévue. 11faudrait que les Lecteurs dans les siécles à venir fussentcent fois plus barbares qu’ils ne Tétoient il y a trois ou qua-tre cens ans, s’ils alloient s’imaginer ce que T Auteur deTEsprit de Mr. Arnaud espere qu’ils s’imngineront. II nel’espere pas, me dira-t-on , il l'e sert d’une ironie. Je lefai bien ; mais il ne laissoit pas d’être obligé de raporter sonespérance prétendue 8c ironique a un événement vraisem-blable. Autrement ce ferait railler avec finesse un bour-geois Gentilhomme que de lui dire, Vous vous êtes fait pein-dre l’épée au côté , j'espère que nos defeendans vous prendrontpour un Duc za Pair. Mais enfin, me repondra-t-on en fa-veur de notre mauvais plaisant , puis que Y Hipponensis deSt. Augustin signifie l’Evêque d’Hippone, le Rupellensis pour-rait bien signifier l’Evêque de la Rochelle. La conséquencepeut passer, je Tavoue : mais le principe d’où on la tireest faux 8c absurde; car le terme d’Epifcopi est perpétuelle-ment joint avec celui £ Hipponensis dans les Titres de St. Au-gustin, 8c ce n’est nullement en vertu de Y Hipponensis quel’on prend ce Pere pour TEvêque d’Hippone, c’est unique-ment en vertu de l’autre mot (15). La multiplication desEvêques seroit furieusement à craindre dans les siécles àvenir, si la raillerie de notre Censeur étoit bonne ; carcomme je l’a-i déjà dit, c’est une pratique très-ordinaîre auxAuteurs qut écrivent en Latin de mettre le nom de leurpatrie à la tete de leurs Livres. Les Réformateurs n-’ontpas négligé cet usage (16). Un Professeur de Leide bienconu de notre plaisant s’y est conformé ( 17 ). C’est là quele Titre est propre à remplir la bouche 8c les yeux.

N’avois-je pas raison de dire que Mr. Colomiés eut puaisément ^confondre son Adversaire sur le chapitre des plai-santeries : N’eût-il pas pu sse moquer de lui comme d’unhomme qui faisoit le surpris , 8c l’étonné fur des chosestres-communes (1-8) , ce qui est à peine pardonnable auxdemi-savans ?

H ne lui auroit pas été moins facile de le confondre furtffl a litre point plus considérable que né font des railleries. de 35í * e ‘On Taccuíà d’être aux gages d’Ilac Voisins , 8c d’être son ( I7 ) A wparasite. Cette note étoit deue d ce grand Isaac pour le payerde la pension , ZA du logement qu il fournit d Mr. Paulus Colo-nresius Rupellensis ; car c est chez lui que demeure nôtre Au-teur. Il ne faut pas s'étonner que Mr. Colomiés soit un peu at-taché au party de Mestìeurs les Chanoines quil vivent paix ZAaise de la graijfe de la maison de Dieu,puis quil amajfe les mie-tes qui tombent de leur table , ZA quil est habitant du pais dé-coulant de lait ZA de miel . - - (19). C’est une lâche complai-sance de sacrifier ses freres d la passion de ceux qui lui fournis-sent quelque repas . . . (loj. Je ne fai de quelle religion estCet homme là , ZA ce que j’y voi de certain c est quil est de lareligion des parafìtes , toû]ours pour qtei plus lui donne (21).

Cette Satire désobligeante d’un côté pour Messieurs les Epis-copaux , 8c terrassante de T autre pour Colomiés pouvoit être

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(„) L’Es-prit de M*-Arnaud,Tom.ï99.

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proche souvent à ce même Auteur dans les Ecrits touchant laRotterdam. (1 9) Esprit de Mr. Arnaud, Tom, 11, p.o. , 02-303. (rtj Lk-mème, pa%. 304.

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