Band 
Tome second. C - I.
Seite
197
JPEG-Download
 

C O L O M I F; S. C O L O N N À*

(î2.) 'Remar-l ue (G) de* Article■Arn auld,DoA. dcSorbonnc.

Uìf

hiais àparêmment il eut peur d’efnpirer la condition par une Répliqué (Z>); íl fit comiíie lesautres qui avoient été déchirez dans le même Livre : il te tut , il imita leur patience, qui futfcrès-aíïurément une vertu mal entendue, & à contre-tems (E)* J’ai ouï dire, 1, que lors quel’on érigea à Londres l’Eglife Françoise dont Mr. Allix fut Ministre , Mr. Colomiés y fur ctabliLeé'teur (c). C’étoit une Eglise lélon le Rit des Episcopaux. II. Qu’aiant perdu remploidont il jouïssoit chez l’Archevêque de Cantorbéri (d) , quand cet Archevêque, qui s’opinìâtroita ne point prêter serment de fidélité au Roi Guillaume Sc à la Reine Marie, fut dépouillé de foutemporel l’an 1691 , il tomba dans le chagrin Sc dans une maladie dont il mourut quelque temsaprès : indignement digne de grossir 1 ' Appendix de Pierius Valerianus de Infdicitate Literatorum.On verra dans la prémiere Remarque la Liste de ses Ouvrages. S’il y a des gens qui trouvent queje dis trop de bien de lui, je les renvoie à deá Auteurs plus difficiles que moi, qui lui donnentbeaucoup plus d’encens (F).

Se sentant malade à Lambeth , il vint â Londres, où il mourut le 13 de Janvier 1692 (G).On découvrit, avant que de l'enterrer, qu'il avoit contracté à Lambeth un mariage de consciencea yec une fille de basse condition. II lui laissa un legs de trente livres sterling, ce qui la fit reve-nir de l’affliction qu’elie avoit fait éclater avec des cris extraordinaires le jour de l’enterremcnt.Beaucoup de gens ont soupçonné qu’il mourut Socinien.

II a été traité de grand Homme par un Auteur , qui observe qu 'on a dit avec autant de vé-rité que d'esprit que c’étoit le grand Auteur des petits Livres (e). C’elt lui faire honneur d’unè chosequi n’avoit été dite que pour se moquer de lui (f).

(c) Ilijitraite deP.-êiUdzfÈ-

Htne d.sus UXU, - ’ota-nte íi U Bi-bliothèqueUuiveiíelie,P“S- 3 3 8.

(a) c’etoit

celui de Bi-bliothécaire .*Bibliotheca:Lumbetha-nx Curator.

(e) Votez, leMçicuieGalant deJuillet 1702,pA S . 87.

(f) Votez, ci-el ejj'í u , cita-tion (7).

facilement réfutée. Mr. Justel écrivit en ce tems-là une Let-tre que j’ai lue, où il difoit que l’on avoit eu grand tort detraiter Mr. Colomiés de parasite ; & que les mœurs de cethomme, & la maniéré dont il subsistoit en Angleterre, ré-futaient pleinement toute cette Accusation de l’Esprit deMr. Arnaud. .

(D) . . . mais aparemment il eut peur d'empirer fa conditionpar une Répliqué. ] Je n’ai jamais Ouï dire qu’il ait couru demauvais bruits contre l’honneur de Paul Colomiés, ni con-tre celui de ses parens; mais enfin, où sont les gens dontla jeunesse & la famille soient éxemtes de toute tache pe-tite ou grande , ou qui ne puissent craindre les mauvaisMémoires d’un ennemi. Je m’imagine que Colomiés fitréfléxion que s’ìl irritait davantage l’Auteur de l’Esprit deMr. Arnaud * il l’obligeroit à écrire à la Rochelle pourdemander des Mémoires, & qu’on lui en fournirait dansla vue de décrier un homme qui avoit tâché de rendreodieuse à toute l’Europe 1 a Religion Presbytérienne. II setut donc, pour ne se pas exposer tout de nouveau à laMorsure d’un fi dangereux ennemi. Voter ce qu’on a ditci-dessus (22):

„ (F) ... Il fe tut ... ce fùt tine vertu mal entendue , cra tontre-tems. j La démence , cette vertu fi aimable , siutile , fi nécessaire , si divine, devient pernicieuse en cer-taines occasions. 11 y a des maux qui demandent la ri-gueur d’un châtiment éxemplaire : l’usage de la débonnai-rete n’est point alors de saison, il ouvre la‘ porte à de nou-velles miseres. Si cela est vrai dans les Etats politiques, ill’est aulfi dans h République des Lettres. Les Auteurs quiosent publier des Livres semblables à l’Esprit de Monsr. Ar-naud ne méritent point de grâce : oh ne peut les laisser im-punis , fans exposer au brigandage la réputation des gens.C est contre de tels Auteurs que Boccalin auroit dû feindrequ’Apollon tenant ses grans jours, Sc séant au lit de justice■Convoque le Ban & l’Arriéré - ban du Parnasse. Il devoitpour le moins feindre qu’Apollon envoie contre eux laGarde Prétorienne , ou plutôt la Maréchaussée des PoètesAllemans , aVec ordre de les apréhender, & de les consti-tuer prisonniers (13). Cela est nécessaire pour la sûreté desgrans chemins dans la République des Lettres. Et néan-moins parmi tant de gens qui ont été déchirez dans l’Espritde Mr. Arnaud, ïl né s’est trouvé personne qui n’ait gardéîe silence ; car on ne doit compter pour rien, ou une Let-tre qui se montre au bout de dix ans, ou quelque mot in-féré dans un autre Ouvrage. C’étoit là le tems de crier;ceux qui avoieht reçu des blessures 1e dévoient faire ; &ceux qui n’en avoient point reçu , leur dévoient servir deseconds en faveur de l’intérêt général : il eût sain mêmeimplorer le secours des Loix. C’est ainsi que l’antiquité enusa (24 j. L’impunité n’a servi qu’à augmenter la hardiesse

de cette plume; 8c sans doute fi les Spons, si lesÁTíix, siles Merlats , pour ne rien dire de tant d’aulïes qui ontimité leur patience , avoient vivement repoussé les insultesde cet homme, il n’auroit point porté ses Satires jusques àdes attentats fur la vie de lés Collègues , par des Dénon-ciations de Cabale, où il fourre tous ceux qu’il lui semblebon. Si ceux qui ont eu tant de patience l’ont rédouté en-tant qu Auteur, ils oût été bien dupes ; car il n’y á eti riende plus facile que de le réduire au silence. Dès ía prémierefois que l’on écrivit contre lui au sujet de la Cabale, on leterrassa de telle forte qu’il fe vit réduit à suplier très-hum-blement les Magistrats qu’il lui fût permis d’écrire, & qu’ilfût fait défense à son Adversaire de répliquer (15). C'estde quoi on parlera plus au long dafts quelque autre Ar-ticle (26).

(F) Des Auteurs plus difficiles que moi , . . . lui donnentbeaucoup plus d’encens. ] J’aurois tort de me comparer aMr. Bailler: je lui cede volontiers , & avec connoissancéde cause, le droit de Censure'. S’il juge plus librement quémoi, & st j’ai plus d’indulgence que lui , c'est que je neConois pas auffi sûrement que lui le bon, le meilleur > lesgrans défauts, lès petites fautes. C’est lui qui me servirade preuve dans cette Remarque; lui, dis-je, qui a donné,bien des louanges à Colomiés, comme on le va voir.. C'estfaire justice à cet Auteur, que de le reconnoitre pour un des plusintelligent qui soient aujourd’hui dàns la connoistance des Li-vres. Il paroit même que son principal talent consiste dans lédiscernement des bons Livre ; d'aveo’îes mauvais, c? de tout cequ il y a de- rare CV de curieux dans la belle Littérature ; &comme laplûpart de ses Livres ne font que de Critique, la re-connaissance m oblige d’avouer que je me fuis trés-utilement ser-vi de plufieurs de ses Ouvrages ( 27 ). En parlant dll GallidOrientalis en un autre endroit ( 28 ) , il dit, Sjue ce font d’ex-cellent matériaux ramassez avec beaucoup de foin, qui pour-ront être d’un tres-grand usage à ceux qui entreprendront IdBibliothèque universelle des Écrivains de France (29).

(G) Il mourut à Londres, le 13 dè Janvier 1692.] C’estselon le nouveau style , car les Regîtres de l’Egîïfe de St.Martin , au cimetìcre de laquelle il fut enterré , portentque l’enterrement sc fit le 5 de Janvier 1691. On fait qú’ertAngleterre l’année commence à l’égard des dates des ActeSpublics le 15 de Mars: Ainsi , le ; de Janvier 1691, se-lon cés Regîtres de la Paroisse de St. Martin, est le 1 j deJanvier 1692 selon le style de Hollande. Or, comme leáenterremens sé font à Londres deux jours après le décès,j’ai dû me servir de la date que j’ai marquée. Je ne l’eùssepoint sue avec cette précision , li Mr. de la Roque, Mi-nistre François à Londres (30), n’eut pris la peine de m’eninstruire.

(25) Voyezla Préfacé dá

la Chimèredertiontrée ^

fàg. 6s.

(26) Dansla ‘Remarque( È) fer

P -Arde! eT A V E R-NIER.

f)Jugera,des Savans,Tóm. il ,nxm. 69,/Mg»32

(22) Lìí-mt-mt , 1 mm.

I;7 , p. 170.(29) Joknet*à cela les Elo-ges qu\n lutdonne dans léJournal desSavans duT7 d* Août157 5,p4g.riz; dansles Acta L-rudiCorumde Lèipfic yTom. Ulypag. 314J &dans les Mê -langesd’tìiílcîfe Ôcde Littéia-titte recueil-lis parMonsi. deVìgneul-Marville,pag, 269 E-dition de7 ipuïny 169p.(30 ) On a puconoître sonhabileté par leSermon surla faix qrfiíprêcha aLondres le zide SeptembreI697 y &fut imprimédans la mê-me Fille bieti*=têt après %

COLONNA (Pomîú) Cardinal Archevêque de Montréal en Sicile, & Evêque d untrès-prand nombre de lieux (A), a fait une grande figure dans le monde, " avec un gian mé-langé de mal & de bien. 11 favoit porter le chapeau ds Cardinal & le casque ega ement , o réprouva plus d’une fois les revers de la mauvaise fortune , Sc le retour ue la bonne. Jules il ledégrada de toutes ses dignitez, Léon X les lui redonna, le fit Cardinal, & lui confia planeursAmbassades. Clement Vil le dépouilla de 1 a pourpre, & puis la lui redonna. Un pietend qu illui étoic redevable de son exaltation au Papat , & qu’il ne voulut point reconoitre cette obli-gation en lui accordant toutes ses demandes. La réponse qu’on lupose qu il lut fit un jour mé-rite d’être raportée ( B )• Pompée Coloïma mourut Viceroi de Naples lan ïF 3 z j & fht en-terré

{A) Il était Evêque d’un trìs-graní nombre de lieux.j V.Ci fes titres dans Oldoïni, & dans Mando ï\ • Archteptfco}Montis Regalts w Sicilia , er Rojjan.enfis , Epfiopus ReattmSarfinenfis , Interamnenfis , Acerrenfis , Aquilanus >Polc n ttmAverfanus > Montis Marrant , b Catantnfis.

J £) La réponse . , . que lui fit Clement VU « • • *

A être f a portêe.'] Je me sertirai du mauvais ftylc^de lEcVaiii ou j ai lû cela. Le Cardinal Pompée Colonne s estant e

ployé & ayant saisi, que Clement septteme moniafi ait SaintSi&re Apostolique,à ce que le Cardinal Franciotto Qrstn n’y par-vint , depuis que Clement fut Pape Pompée obtint' de luybeaucoup de grâces V faveurs ; mais fe promettant qu’on neluy reftseroitchose qu il detnandafi, er /’ importunant une fois,de luy demander choses, que le Pape jugeait estfe injustes c* nepouvoir estre par fa SainSletí otìroyées à son honneur , Pompéene les pouvant impétrer , commença u luy reprocher que par sonBb 'Z moyen:

\