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Tome second. C - I.
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CONECTE. CONON.

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femmes neTinrent lon-guement faresite aprh sonptrtemcnt :reprtnrentfmdfiinemcntles cornes*vec a,rrer<t~ges, c'eft-à-

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bruloit les habits superflus, les tabliers, les dez, les cartes êcc (c ), & nç fe faisoit vòir à per-sonne qu’cn chaire. C’étoit agir prudemment ; car il íè scroit peut-être relâché un peu dans lesdiscours familiers, ce qui eût diminué la haute opinion, que l’on concevoir de lui. Après un as-sez long séjour dans le Pais-Bas, il s’en alla en Italie, & reforma l’Ordre des Carmes à Man-îoue (c/), non fans trouver des contredisons (F). De Mantoue, il s’en alla à Venise, & s’y fitconsidérer; car les Ambassadeurs de la République auprès d’Eugene IV, lesquels il suivit à Ro-le recommandèrent sort à ce Pape, comme un homme de sainte vie & rempli de zèle; maisils vérifièrent la Maxime, Pejjïmum inimìcorum genus laudantes , quoi qu’ils y allaílent bonnement.Ec Pape , aianr su que ce grand Prêcheur de réformation étoit à Rome, donna ordre que sonProcès lui fût fait. . II fut trouvé coupable des plus dangereuses Hérésies que l’on eût pu ensei-gner en ce tems-lâ: il blâmoit la dissolution du Clergé, 6c celle de la Cour de Rome: il avoità qu'û so faisoit bien des abominations dans cette Cour; que l’Eglife avoit besoin de réforme;fltt’il ne sout point craindre les excommunications du Pape, quand on fait le service de Dieu ; queles Religieux peuvent manger de la chair, &. que le Mariage doit être permis aux Ecclésiastiquesflui n’ont point le don de continence. 11 souffrit la peine du feu avec beaucoup de constance, &.sans fe dédire. De grans personnages parmi les Catholiques ont dit avec assez de liberté, qu’on lefit mourir injustement. Baptiste Mantoûan (e), qui a été Général des Carmes, en a fait un vraimartyr (f ). Les Protestans n’ont garde de l'oublier, quand ils font la Liste de deux qui en diverstems ont souhaité la réformation de l’Eglise.

Mais il faut noter qu’il y a des Protestans qui n’en parlent que comme d’un vrai Tartufe (G).

(c) VoiehU 1ìetnaryM(E ), versla fui .

(d) Va*

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(s) Ses paré ~les , tirées dÁLivre de Vi«tâ beatâ,

*nt été citées:par BertranddArgentré » .Histoire deBretagne,.

Livr, X ,Chap. XLlT m

(f) Tiré dci’Histoirede Eretagtiftde Bertrandd*Argentré *

Chap. XLÏU

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devant ( 11 ). Ainsi firent les dames : car les Hennins cy atoursne surent jamais plus grans, plus pompeux , cy superbes, qua-pres le partement de frere Thomas. Voilà que l on gaigne de s op-pïniastrer contre V oppiniastrene d'aucunes cervelles. Croiioit-on que cet Auteur trois ou quatre ligues aptes eût ete ca-pable de dire que Frere Thomas profita tant contre lesatours , que les dames mesmes les lui apportoyent en plain ser-mon,' sur son eschaffaut les brufloit publiquetnent en un grandfeu quìí alìumoit auprès de fa chaire? N’eil-ce pas fe contre-dire manifestement ? II pouvoit éviter la contradiction avecpeu de peine : il n’avoit qu’à dire que toutes les Dames nequutercnt point leurs atours par la crainte d’être huées & la-pidées ; & qu’il y en eut quelques-unes qui eurent une véri-table componction de cœur.

Pendant qu’on imprime ceci ( 12.) , les Gazettes nousaprenent, qu'à la Cour de France un petit mot que le,Roia dit en passant a été d’un plus grand effet contre la hau-teur énorme des Coiffures , que toute l’éloquence des Pré-dicateurs. Us ont bien crié pendant douze ou quinze' an-nées contre cette partie du luxe des femmes , ils ont atta-qué ce colosse par toutes les figures de la Rhétorique, forti-fiées des plus solides raisonnemens de la Religion ; & aulieu de le renverser , ou pour le moins d’en enlever quel-que morceau , ils l’ont vu croître de mois en mois. UsVoioient autour de leur chaire une nouvelle forte d’amphi-théatre , qui eût été régulier fi les femmes d’une mêmecondition Ib fussent assises dans les mêmes rangs , & fi lesrangs eussent été moins éloignez du Prédicateur, à mesureque les fontanges fe íurpassoient les unes les autres ; mais,comme les places ne se distribuent pas selon cette propor-tion , l’amphithéatre n’avoit point de symmétvie. II vautdonc mieux comparer cela à un bois de haute futaie, oùîes arbres qui aprochent le plus des nues font mêlez avecceux qui n’en aprochent pas tant. Quoi qu’il en soit, lesPrédicateurs ne fe bat oient pas contre un ennemi absent;ils le voioient de fort près, il venoit se présenter à la bou-che du canon , & vis-à-vis de leuq foudre , & ne laissoitpas de croître cy multiplier. Leur epee a deux tranchâns fra-poit d’estoc & de taille > & cela n étoit suivi que de 1 effetdu travail d’un jardinier qui émonde un arbre, ses coups lerendent plus grand & plus beau ( 13") ; mais Vefficace de laparole roiale a été si forte & fi prompte, que dans un jourelle a mis presque au rez de chaussée ces montagnes or-gueilleuses. On n’eut pas plutôt entendu , je ne dirai pas'une défense ou quelque menace , mais un simple témoi-gnage de désagrément , qu’on travailla toute la nuit à laréforme, & que dès le lendemain on se montra au Monar-que avec une autre parure. Cette réformation fait des pro-grès surprenans : à vue d’œil elle passe de la Cour à la vil-le ; & comme ce fcroit, dit-on , une marque de roture

ou de bourgeoisie, que de ne fe pas conformer aú chan-gement, il .faut croire que dans peu de mois il restera peude traces de la mode qui avoit duré fi long-tems. Celamontre que fi les têtes couronnées conoissoient leurs for-ces à cet égard-là, ou si elles s’en vouloient servir, ellesferoient plus avec un mot , que tous les Prédicateurs ; &les Confesseurs avec une infinité de paroles (14). N’y au-ra-t-il pas une Médaille fur tout ceci ? Pour la chanson elleest immanquable , &je ne doute pas qu’il n’y ait des Poè-tes qui feront quelque allusion à ces Rois de Juda qui n’ô-toient pas les hauts lieux (i;)> & qui par-là laissoient im-parfaite la restauration de la Religion. Ici, diront-ils, laréformation commence par le renversement des hauts lieux.L’íngénieûx Ecrivain, qui réfléchit chaque Mois fur les Nou-velles (16) , nous dira fans doute quelque chose de bienjoli sur cette Avanture. L’abus étoit fi grand , qu’il deman-doit Un nouveau Thomas Conecte.

(F) Il réforma ï Ordre des Carmes . . . , non fans trouverdes contredifans. ] Nicolas Kenton, Anglois de nation, Pro-vincial des Carmes , écrivit contre cette réforme , & dé-dia ses Ecrits à Jean Facius Général de l’Ordre ( 17 ).

(G) Il y a des Proteftans qui rien parlent que comme d’unvrai Tartufe.'] Jean Chassanion , Huguenot zélé, aiant ditque Y hypocrisie fe fourre cy fe meste parmy le pur & légitimeservice de Dieu, & qu ’attffi fait elle en la superstition cy ido-lâtrie, voire avecque parade cy ostentation, en aporte pourexemple frere Thomas , lequel par ses maniérés de faire cyfanfares abusa tellement le monde fous prétexte de quelque re-formation de moeurs , que par tout on le ternit four un fainslhomme (18). II raconte sur la foi d’Engucrrand de Monstre-let les voiages de ce Prédicateur , &c. Pour jouer fes far-ces , dit-il, (19) , on lui drejfoìt des échaffaus és plus beaux lieuxcy convenables, richemant tendus cy parez, : fur lesquels âpresavoir dit fa messe , il faisoit fes prédications. Par icelles blas-mant les vices d’un chacun , il reprenois spécialement le Clergé,à cause de leurs concubines cy putains (lo). En quoy il ne fai-soit que bien. Mais en cela il y avoit du moine cy de la manietout ensemble, cy de l’impudance sacrilege , quand il esmouvoitles petits enfans à crier contre les femmes pour leurs atours, leurprometant certains jours de pardon, comme s’il eut esté quelqueDieu. Enfin, il raconte qu’on le jugea Hérétique, & qu’onle brûla, & puis il dit , " Par ce moyen, Dieu qui se sert„ de tous instrumens, & qui fait bien mettre toutes pieces„ en befoigne , a voulu ainsi châtier & punir l’hypocrifie,, de ce Moine, lequel faisant du sainct homme, estoit un„ fol, estourdi & ambitieux (u)

CONON, Mathématicien & Astronome, étoit de Samos (a). II a fleuri environ la130 Olympiade. II mourut avant Archimede son ami, qui l’estimoit beaucoup , & qui lui com-muniquoit ses Ecrits, & lui envoioit des Problèmes (A). II eut des disputes avec le Mathéma-ticien Nicoteles, qui écrivit contre lui, 6c qui le traita avec un peu trop demepus (^). Apol-lonius de Perge í’avoue, quoi qu’il reconoiíle que Conon n’avoit pas été heuieux en Démons-trations (c). II inventa une forte de volute, qui diféroit de celle de Dinostrate : mais, comme

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(^í) Il mourut avant Archimede son ami, qui l’estimoit‘•■cy lui envoioit des Problèmes. ] Nous avons les preu-•' s "s cela dans les Ecrits d’Archimede. Debemus Cononeipjif em i tterí i n vulgíts : hune enim accepimus talia po-Jj lm% m poste deprehendere , cy ipfis accommodatam prof erre de-f > ff\ a . tíonem ( 1 )• Voilà ce qu’on trouve dans une Lettretrouve" 11 ^ 6 au commencement de l’un de fes Livres. Ondafti rff c ' ans une autre Lettre : Antea qmdem mìhi man-tisse tris 1 r™* 1 eor,lm problematum demonstrationem qust priustrMtheoref am C . onont . (O- H dit ailleurs ; §uot in Geome-capiunt? çf a V1 s a . P r,mum impcfstbïlia, îempore perfeBionemTO M £ ff nm fujficiens tempus fortitus in torum

disquifitìone, vitam cum morte commutavit, cy ea âubia reli-quït : quamquam omnia invenerat , ut cy alia multa quibusplurìmum Geometriam adauxit. Scimus quippe in illo fuiffe nonvulgarem Mathematicarum artium péritiam , laborisque supramodum tolerantiam ( 3 ). Raportons encore un Passage.Cum audìistim defunâîum este Cononem qui nobis reliquus eratin amicitïa , tìbique admoâum fuerat familiaris, puta in Geo-metria maxime, verfatus ; virum quidem mortuum amarèplanxi , ut amicìstimum cy hominem in Mathematicis plane mi-rabdem. Atque tune repente statuì mittere ad te Jtcuti antea adCononem folebam , geometricum theorema, quod nemo quidemprius est contemplât us (4).

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IV

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(D identEpift. pré-fixa J.ìbro díSpiralibus.

(4) Idemin Libr• daQuadrat.EàkolSi