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Tome second. C - I.
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LIS

C O N O N.

(d) Ex Vos-sio de Scient.Mathem.Cap.LlV,twm. 5 , P a g*3 Z 7 > 328.

(e) Chap.CLXXXVl.

(f) Voílìus,de Histor.Grœc. Libr.J, Cap. tilt.pag. rn. 162 .

(g) Joseph,contra A-pîonem,Libr. /, pag.1051.

(h) Apoll.Schol. inLibr. I.

(/) ServiusînJEncìà. Libr.VII, Vers ;738 .

(a) Van 4de la 93Olympiade.

(b) ^fpudcAEgos fiti-men. Coni.Nepos, inConone,Capite I.

(c) Hune (A-gcsilaura)adverfusPharnabaz.ushabitas estimper at or ; requidem vera

«xercitui pra-futt Conon ,tjusque omntaarbitrio gesta

(1} Votez. leCommen-taire 6eKirchmaiersur Corné-lius Neposin Conon.pag. m. 43 3 »434 *

(2) C. Ne-pos, in Co-none, Cap. I.

(3 ) Votez.Justiit. Libr.V , Cap. VI.

(4) tìincmagnis mune~rébus donatits(Conon)ad mare estptifsus , utCypriis &Phcenicibuscaterisquernaritimisçivìtatibusnaves longasimper.'ret.

C. Nepos,in Conone,Cap, IV.

(z) Xenoph.Libr. IV deRébus gestisGraccor. pag.m. 314.

(6) Xenoph.Libr. U,pag.268. Votez,aafi Plutar-que in Ly-landro.

(j) Volez,Kitchmaier

in C. Nep.Conon. pag.

434 -

Archimede en expose pîus clairement les propriété? , il fit oublier le vrai nom de Tlnventeur ;car on Pa nommée, non pas la volute de Conon, mais la volute d’Archimede (d). Pour cequi est des conoissances Astronomiques de Conon, je vous renvoie à Catulle ( B )', qui les décritau commencement de son Poème sur la chevelure de Berenice sœur & femme de Ptolomée Ever-getes. Notez que Conon fut assez flateur pour débiter que la chevelure de cette Reine avoitété changée en constellation. On trouve dans la Bibliothèque de Photius (e) les Extraits d’unLivre qui contenoit une cinquantaine de Narrations du tems fabuleux. L’Auteur s’apelloit Co-non, & dédia cet Ouvrage au Roi Archelaiis Philopator , d’où Voífius (/) a pris droit de lefaire vivre vers le commencement du VIII siecle de Rome j car il croit que Strabon, Dion,& les autres Historiens fournissent des preuves d’où l’on peut inférer que ce Roi Archelaiis futun des Princes qui suivirent le parti de Marc Antoine contre Octave. Si cela étoit , il faudroitdistinguer ce Conon d’avec celui qui au raport de Jofephe avoit fait mention des Juifs (Z). Eneffet, Jofephe fe fût rendu ridicule, s’il eût voulu fe glorifier du témoignage d’un Historien fimoderne. Ce que l’on peut dire de probable est, I, que le Conon Auteur d’un Livre touchantla ville d’Heraclée, cité par le Scholiaste d’Apollonius ( h ) , ne difére point du Conon Auteurd’un Ecrit touchant l’Italie, que Servius a cité (t). II. Que le Conon de Photius, ouïe Cononde Jofephe, ne diférent point de celui-là.

(B) Pour ce qui est de ses connoistances Astronomiques,je vousrenvoie à Catulle, j Voici le commencement de son Poëme:

Omnia qui magnì dispexit lumìna mundì,gai ftellarum ortus comperit , atque obitus :

Blammeus ut rapidi Solis nìtor obscuretur,

Ut cédant certis fìdera temporibus ,

Ut Triviam furtim sub Latmia saxa relegansDulcis amor gyro devocet aério .-Idem me ille Conon edefti lumine viditE Bereniceo vertice cafariemBulgentem clarì ( 5 ).

CONON, Général des Athéniens pendant la guerre du Peloponnese, s’étoit rendu si illus-tre parles beaux exploits, qu’on lui donna le commandement fur toutes les Iles (A). 11 com-

mandoit l’armée navale 1a derniere année de k guerre; mais il ne fut point présent au combat quisuc si funeste aux Athéniens (B). Son absence contribua beaucoup à l’avantage décisif que ceuxde Lacedemone remportèrent (a) fous la conduite de Lyfandre à k rivière de k Chevre (h).Conon, aprenant après ce malheur k prise de fa patrie, fe retira chez Pharnabaze Gouverneur del’Ionie & de k Lydie (C), & s’insinua dans fes bonnes grâces, afin de pouvoir nuire aux La-cedemoniens. Ceux-ci rompirent avec Artaxerxes Roi de Perse , ôc portèrent k guerre dansson pais fous k conduite d’Agcsilaùs. Ils firent de grans progrès , & auroient aparemmentsubjugué toutes les Provinces de deçà le Taurus, si Conon , par lc conseil de qui Tannée Per-sane étoit conduite (c) n’eût traverse leurs desseins (D). II n’eut point de peine à s’apercevoirque Tissapherne trahissoit le Roi des Perses: cela étoit trop visible; néanmoins, le Roi, qui avoitde T obligation à Tissapherne, étoit si prévenu pour lui qu’il ne vouloir point le croire coupable.

C’cst

{A) On lui donna le commandement sur toutes les Iles.] Oncroit que Cornélius Nepos a commis ici un petit Anachronis-me (O; car les autres Historiens ne commencent guere àparler de Conon, que pour dire qu’il fut mis à la place d’Al-cibiade : or depuis ce tems-là jusques à la fin de la Guerre, ilsne disent point qu’il ait eu la charge dont il s’agit> & ce ne-toit point une charge que les Athéniens fussent en état decréer: en tout cas, celui qui en auroit été revêtu n’auroitpas fait de conquêtes, comme fit Conon : In qua potestatePharas cepit coloniam Lacedamoniorum ( z ). Ç ctoit beau-coup en ce tems-là, s’ils fe pouvoient tenir fur la défensi-ve ( 3 ). On croit donc que l’Historien anticipe & con-fond les tems, & que Conon n’a eu cette autorité fur tou-tes les Iles, que lors qu’il l’eut reçue du Roi des Perses. Sicet Auteur avoit commis cette faute, il auroit très-malrempli les devoirs d’un Historien. II feroit en quelque fa-çon digne d’excuse , s’il avoit pris un tems pour un autreà l’égard dune dignité que la République d’Athènes auroitconférée : mais fupofé que 1a censure soit juste il a bienfait pis; il s’est trompé, & quant an tems, & quant à ceuxqui ont conféré la charge ; il a donné aux Athéniens ce quin’a été fait que par Artaxerxes; & st n’a pas laissé de parlerà part de ce que fit Artaxerxes (4). On me répondra peut-être qu’il ne spécifie point de qui Conon reçut cette char-ge , & ainsi la charité veut que nous fupolîons qu’st pré-tend parler du commandement qu’Artaxerxes conféra à Co-non : mais rien ne fauroit être plus absurde, ni plus contrai-re aux Loix de l’Histoire, que de placer en cet endroit-là,de la maniéré qu’on l’y trouve, la charge dont le Roi dePerse honora cet illustre Athénien. Disons donc que Cor-nélius Nepos s’est embrouillé. Xenophon marque expressé-ment que Pharnabaze & Conon ravagèrent le territoire dePhere ( 5 ). Ce fut quelque tems après la défaite des Lace-demoniens à Cuide.

(B) ll ne fut point présent au combat qui fut st funeste auxAthéniens. ] Voici une nouvelle faute de l'Historien. IIn’y a point de Ledteurs qui en vertu de fes paroles ne s’i-maginent, que la Flotte des Athéniens fut attaquée pen-dant que Conon étoit allé faire un voiage, ou qu’il s’étoitfait porter dans quelque Ville pour des raisons de santé;mais ce n’est nullement cela : l’absence de Conon consisteen ce qu’aiant bien prévu que l’ennemi remporteroit unevictoire complété , il se sauva de bonne heure avec neufVaisseaux (6 j. II est vrai que ce ne fut point de peur ,mais parce qu’il vit qu’à cause de la mauvaise discipline destroupes, elles étoient dans une situation où il n’étoit paspossible qu elles résistassent. Les Commentateurs qui tâchentde justifier Cornélius Nepos font pitié (7 ).

(C) Il fe retira chez. Pharnabaze, Gouverneur de l’Ionie& de la Lydie. J Nous avons encore ici une faute de l’His-torien : il fait tout ce qui est nécessaire pour persuader àses Lecteurs que Conon ne cherchant point un lieu de sû-

reté , mais un lieu où il pût rendre du service à sa patrie,s’en alla tout droit à la Cour de Pharnabaze. Non quasi-vit ubi ipfe tuto viveret , sed unde prastdio posset ejse civibusfuis (8). Tout cela est trompeur: ni le fait, ni la raiiondu fait, ne font véritables ; car ce Général fe sauva toutdroit à File de Cypre , auprès du Roi Evagoras bon amides Athéniens; il s’y sauva, dis-je, tant pour fa propre sû-reté, qu’afin de concerter avec ce Prince les moiens de ré-tablir les affaires. II § Eùayájí*» y Alls vofiuraç xeti z f <rá-fí*r 1 | 3 ;/ 3 íS!<stíÍt>j» thaï ztit nus íxatCfi xotzaVvyrí'i xa't zìj %-i-Zîi t«£ís-£í âi ùvtòii yivétr, 9 -ai fior.d-íni: Ad Evagoram ft con-tulijfe quod putabat fe apud eum o 1 faluti sua redijstmi consul•turum , & Reipublica erigenda adjutorem quamprimum habitu-rum (9). Tous les Historiens parlent de cette retraite deConon ( icj ; Lc il y a des Auteurs qui disent qu’il étoitencore en Cypre, lors qu’Agesilaus ravageoit F Asie. Ifo-crate assure qne Conon ne songea pendant quelque temsqua ses affaires^ particulières dans File de Cypre. Xpbm

[x£v zítA 7 reçt zyt zat ìêíœt Iwiydheioíi d'iírpifiev ( 11 ). II

étoit encore en Cypre, selon Justin (n), lors qu’on eutdécouvert que Tissapherne , trahissant le Roi de Perse ,avoit permis aux Lacedemoniens de faire des hoffilitezdans F Asie. Si Cornélius Nepos a fait une faute, lorsqu’il n’a point parlé de cette retraite de Conon , il eh afait une autre lors qu’il s’est mêlé d’en parler. II a dit dansla Vie de Chabrias, que c’est le défaut ordinaire des Répu-bliques de ne pouvoir souffrir un mérite distingué: Est hoccommune vitium in magnis liberisque civitatibus , ut invidiagloria cornes fit, er libenter de his detrahant quos eminere vi-deant altius. C’est pour cela, dit-il, que plusieurs grans hom-mes se sont absentez d’Athenes volontairement, Lc que ' Co-non a vécu long-tems dans File de Cypre. Cet éxemple nevaut rien ; car Conon se retira dans cette Ile après une dé-route si lamentable, qu’il eut peur (13) ou honte (14) deretourner à Athènes. Joignez à cela que cette Ville tombapeu après fous le joug de Lacedemone.

(D) Les Lacedemoniens auroient subjugué les Provinces dedeça le Taurus,, fi Conon . n eût traversé leurs des-

seins. ] Une ruse de Politique, dont son Historien ne parlepas, lui fut cent fois plus utile que tout son Art militaire : lavoici cette ruse. II persuada au Roi de Perse d’envoier debonnes sommes d’argent aux Orateurs de la Grece,afin qu’ilsexcitassent la Guerre contre les Lacedemoniens. Ces Ora-teurs ainsi gagnez excitèrent tellement les peuples chacun dansfa Ville, qu’il se forma une ligue formidable contre les Lace-demoniens (13); & alors Agefilaiis rapellé dans fa patrie futobligé de quiter tous fes projets de conquête, pour ne songerqu’à défendre les Etats de Lacedemone. 11 n’est rien telpour ceux qui veulent faire commencer, ou faire durer uneGuerre, que d’avoit à leur dévotion la langue des Orateurs.Aussi voit-on qu’ils ont un grand foin de. l’e ménager l’affec-tion de ces gens-là.

(s) Catul-lus, Epi? 1,LXVU,m. 134 -

simt. Cor®’

Nepos, <»Conone,Cap. U*