Band 
Tome second. C - I.
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211
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G O N O N.

Justin.

Libr. yj

a ï- iu.

ih 7) Xen °'

J u stin.

iîl

G’est ce qui obligea Conon à faire un voiage à la Cour de Perse. 11 y fit tellement conoîtrc latrahison de ce Général, qu’il en convainquit le Roi. II reçut la commission de faire équiper desvaisseaux de guerre contre les Laëedemoniens ; & par ce moien, il eut une flotte fous l'on com-mandement, qui remporta (d) fur eux une victoire signalée (c). II songea principalement àprofiter de l’occasion en faveur de fa patrie (E): il fit voile vers Athènes avec une partie de laflotte victorieuse, il distribua aux habitans les sommes que Pharnabaze lui avoir comptées , & ildonna ordre que l’on rétablît le Pirée & les murailles de la ville. S’il n’eút fait que cela , il n’eûtP a s été blâmable j mais il s’oublia jusques au point de faire ensorte que l’Ionie & l’Eolide fussentotees aux Perses , & revinssent au pouvoir des Athéniens. Cette trame ne put être conduitesi secrètement que les Perses ne s’en aperçussent. Sur cela, Teribaze, Gouverneur de Sardes,sit savoir à Conon, qu’il avoit à lui communiquer de grandes affaires, pour lesquelles il le vou-loit envoler au Roi. Conon se rendit à Sardes , & y fut arrêté prisonnier. Quelques-unsdisent qu’on l’amena à Artazerxes, & qu’il périt en ce pais - là j mais d’autres assurent qu’il scsauva de prison , St doutent fi Teribaze n’y consentit pas (/). Mr. Moreri ne devoit donc pasassurer que Teribaze envieux de sa gloire le fit mourir ; car Xenophon avoue , I, que Teribazene l’arrêta qu’après avoir avéré les crimes dont les Lacedemoniens l’accuférent ; II, qu’il de-manda ensuite au Roi son maître ce qu’il en feroit (g ). Conon lâifla un fils nommé Timothee,qui fut un grand Capitaine, Sc qui éprouva l’ingratitude ordinaire de fìi patrie (h). Ce Timo-rée fut Disciple d’Ifocrate (F). II sc tira galamment d’affaire, quand on lui reprocha 1a mau-vaise vie de fa mere (G). II laissa un fils nommé Conon, qui fut condamné à rebâtir unepartie des murailles de la ville {H). On ne trouve pas une grande éxactitude, ni dans Justin,ui dans Cornélius Nepos, par raport à nôtre Conon, soit qu’on les compare ensemble (/) , soit

que

( E ) Il songea principalement à profiter de Voccasion en sa-peur de sa patrie.'] Justin & Cornélius Nepos se sont servisd expressions trop fortes, quand ils ont parlé de Tétât dontConon délivra la Ville d’Athènes. Justin supose que quand: es Lacedemoniens perdirent la fameuse bataille de Cnide,.Jenoìent la Ville d’Athenes fous le joug de la servitude;à y avoient garnison ; en un mot, que c’étoit un deí?. rs Pais conquis. Vidi Laced&monii fugam capejsunt, pr&-J l M "oflium Athenis deducuntur , populo restituta dignitateconditio servili s eripitur ( 16). Non seulement c’est outreres choses, mais auffi débiter un grand mensonge ; car six oue Pt ans avant que Conon eût batu Tannée navale des La-cedemoniens à Cnide, les Athéniens avoient recouvréeur liberté ; la domination des trente Tyrans avoit étéabolie , Tamnistie avoit été publiée > T état populaire avoitete rétabli , &c (17). Ce fut Thrafybule, qui produisit«sgrans changemens la troisième année de la 94 Olym-piade (18): or la bataille de Cnide se donna la deuxiemeannee de la 96 Olympiade. De plus, n’est-il pas certain,stue 1 année qui précéda cette bataille de Cnide, les Lacede-moniens furent batus auprès d’Haliarte par T armée des Al-ìiey. . Les Athéniens n’étoient-ils pas l’un des peuples quisetoient liguez contre les Lacedemoniens? Auroient-ilspu faire cela s’ils avoient eu dans leur Ville une garnisonLacedemonienne ? Cornélius Nepos n’a point fait T Ana-chronisme de Justin, il a fort bien su que les Thébains &íïïwìl àneinens avoient déclaré la Guerre à ceux de La-cedemone avant la bataille de Cnide. Posteaquam domuma/ms civibus revocatus est (Agesilaus) qttod Bœotii V- Atbe-71 Î 671 JBS L&ccd&jwoTT-Us bellutn indìxercint , Conon vtihìlo foetus

apud pr&seêios régis verfabatur. Cet Historien ensuite de cesparoles raporte comment Conon fit un voiage à la Courde Perse, 8c obtint Ta commission de faire équiper des Vais-seaux de Guerre, afin de tenir la Mer Tannée suivante. Cefut avec cette Flotte que Conon bâtit les Lacedemoniensà Cnide. Justin a tout confondu : il s’est imaginé fausse-ment que les Thébains, les Athéniens, 8c leurs Alliez,ne déclarèrent la Guerre à Lacedemone, qu’après Ta bataillede Cnide (19). II ne faut pas s'étonner que les termes deCornélius Nepos soient moins faux que ceux de Justin;^Anachronisme de ce dernier ne se trouve pas dans l’autre.Nous pouvons néanmoins prétendre que Cornélius Neposs est mal exprimé. (2,0); car on ne peut pas dire, propre-ment parlant > qu’un peuple qui fait la Guerre à un autre,jss 11 ) £ a S ne ^ es batailles fur un autre , soit sous la servi-tude de cet autre. Les Athéniens étoient dans le cas avantla bataille de Cnide. F.n style d’Orateur on pourroit parlercomme Cornélius Nepos ; car un Orateur ne fait point dif-ficulté de dire Gustave mit en liberté toute T Europe esclavede la Maison d Autriche ; mais dans un Historien, ce langageteroit très-impertment.

(F) TI MOT HE E, son fils, fut Disciple d’isocrate (zij.j

vnccron témoigne que Timothée égala son pere dans lesVertus militaires, 8c le furpafía en lavoir. Quod idem fecit Tt-tnotheus Cononis filins , qui oum belli laude non ïnferior fuiffetquàm pater, ad eam laudem dodlrinet ©- ingcnìi rloriam adie-Clt (zz). ,

(G) . . . Çt tira galamment d affaire, quand on lui rt-P/gsha la mauvaise vie de fa mere. ] Cette femme étoit de1 hrace, & avoit fait le métier de courtisane; mais depuisqu elle y e ut renoncé , on ne vit point de conduite plusg'ave ni plus exemplaire que la sienne, 8c c’est le propreue cette especc de femmes quand elles se convertissent denpnne-foi : c’est du moins 1 a pensée de T Auteur que je co-

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aù rototZrc&t f/ç ro erafiçov , 'TèSTùj

sìVí fiiXTÍac.Timotbei qui cum magna gloria Athe-r e sst urn dux exercituum fuit , mater erat Thracia genere ,me-

C ft. ’ ê rav dus c t laudatis moribus. Nam ejus conàitionìs

bOME U.

fcemìna chm ad temperantiam & continentîam sese applìcut-rint, aliis qui ob eas virtutes gloriantur, probiores sunt ( 13 )■Timothée, fe volant raillé d’avoir une telle mere, réponditqu’il lui avoit une grande obligation, puis quelle étoit causequ’il étoit fils d’un pere illustre (14). En effet, si cette fem-me ne fe fût pas mal comportée, elle n’auroit jamais couchéavec Conon; & ainsi Timothée feroit demeuré dans le néant.II devoit donc son existence aux déréglemens de fa mere;or cette éxistence étoit glorieuse, veu la figure que Cononfaisoit dans le monde. Cela me fait souvenir de ce que Ionconte de la mere de trois illustres Bâtards. Elle ne fe repen-toit point de ses fautes, volant qu’il en étoit sorti trois hom-mes de grand mérite. Consultez la Remarque (J 5 ) de T Ar-ticle Erasme.

( H ) CONON, son petit-fils , fat condamné à rebâtirune partie des murailles de la Ville.] Cornélius Nepos a mo-ralisé là-dessus par une antithèse assez jolie : Hujus ( Timo-thei) pofi mortem, quum populum judicii fui pœniteret ,mul 5 lanovem partes detraxit, ey iecem talent a Ccnonem filium ejusad mûri quamdam partem reficiendam juffit dare, in quo for-tune. varietas est animadverfa , nam quos avus Conon muresex hostium preda patrie reftituerat, eosdem nepos cum summaignomïnìa famille ex sua re familiari reficere coaflus est (15 ).

( s) On ne trouve pas une grande éxaôlìtude , ni dans Jus-tin , ni dans Cornélius Nepos , . . . soit qu on les compare en-semble. . . .] Voici 3 e narré de Justin (2.6). Les Lace-demoniens, après avoir subjugué la République d’Athenes,devinrent plus ambitieux qu’auparavant (2.7) , & ne son-gèrent pas à moins qu’à Ta conquête de toute T Asie. II sa-loir pour cela vaincre les Perses , tant ceux qui étoientcommandez par Tissapherne , que ceux qui étoient com-mandez par Phamabaze. L’entreprise parut trop grande àHercyllides Général des Lacedemoniens : c’est pourquoi ilcorrompit Tissapherne; ^il fit un Traité particulier avec lui,par lequel il s’engagea à ne le point attaquer, moiennantqu’on lui donnât certaines sommes. Pharnabaze fe plaignitde cette conduite : il représenta que Tissapherne, au lieude repousser les ennemis, achetoit d’eux une Treve qui leurdon noir le moien d’attaquer plus fortement les autres Pro-vinces de 1 a Monarchie; qu’il faloit donc lui ôter le com-mandement des Flottes, & mettre en fa place Conon, quivivoit en exilé dans T Ile de Cypve. Le Roi de Perse trou-va justes les remontrances de Pharnabaze, & il ordonna demettre Tannée navale fous le commandement de Conon.Sur cela , les Lacedemoniens demandèrent du secours auRoi d’Egvpte, & obtinrent plusieurs Vaisseaux, & résolu-rent d’envoier en Asie leur Roi Agesilaus avec une grandearmée. Voilà donc Conon & Agesilaiis commis ensembledans T Asie : la partie étoit bien faite ; sis étoient égaux entoutes choses ; auffi arriva-t-il que l’un ne vainquit pointl’autre. Non facile dïxerim quod aliud par ducum tam benteomparatum fuerit, quippe etas, virtus, constlium, fapientiautrique prope una, gloria quoque rerum_ gestarum eadem : qui-tus cum paria omnia fortuna dederit, inviHum tamen ab al-tero utrumque fervavit (2.8). Mais comme les soldats deConon fe mutinèrent faute de paie, 8c que les Lettres qu’ilécrivit au Roi fur cela ne produisoient rien, st fit un voia-ge à la Cour de Perse, & remontra si fortement le mau-vais usage que les Ministres. faifoient des Finances, que leRoi nomma un homme qui auroit foin de fournir à Co-non Targent nécessaire. Tout aussitôt Conon fut envoléà k Flotte, & fans perdre teins il alla faire des descentesfur le pais ennemi, le ravagea, y prit des Villes, y jettaune telle épouvante, que ceux de Lacedemone résolurentde rapeller Âgesstatis. Cependant, ils équipèrent une gran-de Flotte, & se crurent en état de bazarder une bataille ;mais ils furent batus par Conon. Cette victoire remit Athè-nes en liberté, & donna le courage aux Thébains de leur dé-clarer k Guerre: ils les bâtirent, 8c entrèrent après cela àmain armée dans le territoire de Lacedemone. Les Lacede-D d z mo-

lli) Là i

année de là96 Olympia-de , selonDiodoredc Sicile,

(ff) Hos Ca-non apud Cni *dam adortus7 nagno praliêfagat. Corn*Nepos, inConone,

Cap. IV.

{f) Tiré daCornéliusNepos ,da?isla Vie deConon.

CO Xenoph.de GeitisGrêecorum >Libr. IV ,pag. m. z 15.

(b) Votez, fa

Vie, dansCornéliusNepos.

(23) Ailier*.Libr . XIIL

Capite V > .pag. m. S 7 Ì*

(24) Idem$ibidem .

(2?) Corn*Nepos, inVira Timo~thei, Cap, IV*

(2si) Justin*Libr. VI. Cap»11 . & feq»

(27) Moreingenti hu-mant quo plu -ra habent eoampliora ch-fientes .

Idem, ibid*Cap. /.

(28) Justin,Liv.Vl.Chap .II. Son TA-MEN 'me pa-rait d 1 un très -mauvais Lo-gicien z carbien Lin qu?ilfaille trouvesétrange quedeux Capitai-nes égauxK N TOUT

n’aient pasvaincu Vunl 9 autre y ilfaudroit s*é-tonner quecela fût arri-vé. Voilàpourquoi jen*ai pas vou-lu dire scionle Texte deJustin, Néan-moins il ar-xivaquei’tmne vainquitpoint l’au-tre : j 9 ai mìiauíïì, à laplace de

néanmoins.