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CONSTANCE. COORNHERT. CORBI NELLI,
( i ) Span-heim, Mer-cure Suisse,t a S' 374 irsuiv.
„ tre le Régiment du Comte de Wolffegg, qui y estoit en„ garnison avant l’arrìvée des Suédois. La ville d’Uber-„ lingen leur fournit 200 hommes. Lindau 400. Bre-,, genz ico. Le Colonel de Merfy 1200. Le Régiment„ d’Embs $00. Celui d’Altringen autant. Le Colonel„ Comargo 1000. Le Sergent Major de Reinach 1000,,, & son Lieutenant 500. Les Suédois estimèrent qu’un„ secours si puissant & si souvent réitéré avec les provi-,, lions requises pouvoit suffire non seulement pour tenir„ ferme à l’abry de bons rideaux'contre 5 ou 6000 hom-„ mes , qui avoyent le front de les assiéger parmi beau-„ coup d’incommoditez , St en pays effranger : mais aussi„ pour leur faire quitter la campagne , si ces trouppes sub-„ fidiaires eussent esté autant curieuses du point d'honneur„ que de la conservation de leurs personnes ( 2 ).
Vous volez que ce Ministre rejette comme des fausse-rez une partie des Miracles dont les habitans de cette villeassiégée se glorifièrent. L’autre partie est dune telle naturequ’il n’y a point de pais où l’on ne puisse observer quesemblables choses, les vents , les pluies, la crue des riviè-res , &c , ont favorisé ou renversé les entreprises militai-res. Or comme il n’y a nulle aparence que Dieu dérogeaux loix générales de la nature, que dans les cas où le salutde ses enfans le demande , il ne faut point prendre pourdes Miracles ce qui arrive également parmi les infidèles ,8 c parmi les fideles. On est cependant fort enclin danstoutes les Religions à se croire favoris® des bienfaits mira-
culeux , & peut-être que si Frédéric Spanheim avoit faitl’Histoire d’un Siégé heureusement soutenu par une villeProtestante , il eût fait des Observations qui n’eussent pasmal ressemblé à celles qu’il a réfutées ( 3 ). II y a des Mi-nistres , à qui tout paroit Miracle dans ìes événemens quiconcernent leur Parti. Mr. Jurieu , par éxemple , en trou-ve partout (4) , & en dernier lieu dans ce qui est arrivéaux habitans des Cevennes ( 5 ). Mais des gens qui saventl’Art militaire, & qui conoissent la situation du pais, 8 c ladisposition où étoient les villes voisines, & tout le détailde ce qui concerne le soulèvement des Cevenois, ne trou-vent rien que de naturel dans fa durée & dans ses circons-tances. Je n’entre point dans la question si un homme per-suadé qu’un certain concours de causes secondes a ruinéles entreprises de l’ennemi doit faire acroire qu’il y a eu làdes Miracles, & s’il se peut justifier par la raison qu’il ex-cite plus de confiance dans les esprits, 8 c plus de reconois-sance pour la Protection divine ; mais j'ose bien asseurerque s’il espere par-là d’engager les Souverains à une guer-re , il se fait beaucoup d’illuíìon. Mr. Jurieu aura beau crierque la conservation des Camisards est une fuite continuellede Miracles, les Princes ne s’en ébranleront guere, si d’au-tres raisons de Politique qu’ils conoissent mieux que lui ,& dont ils n’ont pas besoin qu’il les avertisse, ne les enga-gent à secourir ces gens-là. Ils veulent voir clair dans uneentreprise. Or les Miracles à venir font un objet de foi,8 c par conséquent un objet obscur.
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rez. ce *été dit dansU Conti-nuation desPensées «t-verses,
312.
( 4 ) Voie*- l*mtme Cost"
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(z) Dupleix,Hist deHenri IV,ÀPunn. 1 ; 8 §,num. 1, ditque JaquesCorbinelli ,homme derare doctrine, avoiteste auprezdu Roi Hen-ri m en Po-logne •. l’en-tretenir debonnes Let-tres.
(b) Livr . VI,pag. m. Z5O&l y ann.l$79:le Duc d? *4n-
{tì Ceìle de SHistoiresTragiquesde nostretems, Livreimprimé klíouen , I64T.
{ 2 ) LipCEpist. VCentur. IIMisceiian.Mile ejl datéede Leide , en1586.
(O Idem,ibidem .
(4) Hôpi-tal. Bpist.VI.
H) Préfacedes Maximesde TiteLivc*
COORNHERT, Auteur Hollandois au XVI íìecle: cherchez Koornhert.
CORBINELLI (Jaqjjes) né à Florence, 8c d’une Famille illustre (A) depuis long- - ]m ìmt *i«‘tems, se retira en France sous le Régné de Catherine de Medicis. Cette Reine, dont il avoit A" ie f1> °'l’honneur’d’être allié, le donna à son fils le Duc d’Anjou comme un homme de belles Lettres 8c ,, dtde bon conseil (a). II lui lisoit tous les jours Polybe, Tacite, souvent les Discours 8c le Prince /-Admisede Machiavel, si nous en croions Davila (b). II ne flatoit point son maître en Courtisan foible ™ e e ^' u a r u ^8c intéressé, il disoit la vérité hardiment, 8c faisoit sa cour sans bassesse. On le regardoit comme 4 uun homme du caractère de ces anciens Romains ( B ), pleins de droiture 8c incapables de la moin-dre lâcheté. II eut beaucoup de part à l’estime du Chancelier de l’Hôpital (C). II étoit l’ami anciens ng8c le patron déclaré des gens de Lettres ; jusques-là que n’étant pas fort riche , il ne laistòit pas [° n r ' e r n e S dnitsd’emploier une partie de son bien à faire imprimer leurs Ecrits (D). Mais son talent ne se bor- en Maxí- ,noir pas aux exercices des Muses. II étoit homme de cabinet de plus d’une maniéré : il étoitmême homme de courage 8c de résolution, autant que de manege 8c d’intrigue (E). Raphaël ° nCorbinelli son fils, Secrétaire de Marie de Medicis, Reine de France, fut pere de Monfr. Corbi-nelli qui est aujourd’hui l’un des bons 8c des beaux Esprits de France ( c ) (F). Voiez son Eloge h0UIS -
dans
{A) II étoit d'une 'Famille illustre. ] Voici les termes dela Préface que l’on a mise au devant des Maximes de TiteLive recueillies par Mr. Corbinelli : „ II est originairement„ d’une des plus anciennes 8 c des plus nobles maisons de„ Florence, & ses ancêtres dans le tems de la République„ ont tenu les prémieres places parmi les Seigneurs du gou-„ vernement ,
Voiez Claude Malingre Sieur de S. Lazare dans une E-pitre Dédicatoire à noble cy illustre personne Me. Pierre deCorbinelly , Conseiller ct' Maistre d'Hoftel du Roy (i ). C’étoitun des fils de Jaques Corbinelli.
(R) On le regardait comme un homme du caraílere desanciens Romains. ] Dans la Préface dont j’ai parlé on citeces paroles de Juste Lipfe: Gcntem veftram amavi femper,cy ex ea illos maxime qui vetere illa Italia digni, qualem teeste, mi Corbinelli , video ( 2 ). Le Passage est tronqué , ilfaut qu'on le voie tout entier ; on y trouvera que PierreVictorius estimoit beaucoup nôtre Corbinelli. Qualem teeste, mi Corbinelli , nonstolum ex igniculis literarum tuarumquos stparstos colligo , video : fed etiam ex teflimonio viri magniViílorii qui de indole tua ad virtutem magna prédicat nec va-na. Cette Lettre de Lipfe nous aprend que Corbinelli avoitun frere dont la destinée fut malheureuse. Fratris tut puya-Xostóxa historiam cy triste exitium legi: quid miremurí hodieUU via, cy ntl nifi viàemus à plerisque h’ts Dynastie
( 3 ). C’est un grand hazard s’il ne périt à Florence sous quel-que entreprise Républicaine.
(C) ll eut beaucoup de part à l’estime du Chancelier de l'Hô-pital.'] „ Nous voyons dans l’Epitre en Vers Latins que„ ce Chancelier lui adresse , que Corbinelli étoit non feu-„ lement de tous ses amis celui dont la conversation avoit„ le plus de charmes, mais presque le seul courtisan que la„ Cour n’eût point gâté, 8 c qui sût préférer les belles con-„ noissances à l’intérêt 8 c à la fortune ’’. Ces paroles sontde l’Auteur de la Préface , 8 c voici quelques Vers de ceChancelier :
Corbinelle, lìbens te plus fruar omnibus uno
Prastentisque animum stermone obletíer amici.
Tu fervare modum nosti prope solus in aula,
Et pr us erre bonus inhonestis quastibus artes (4).
(X>) Il emploioit une partie de son bien à faire imprimerdivers Ecrits.] „ L e Livre du Dante fur la Langue Italien-„ ne àt mis en lumière par ses soins («), fans compter beau-„ coup d autres Ouvrages curieux qui feroient demeurez„ dans l’oubli, s il ne les avoit fait paroitre (5) ”.
§. (<*) Non seulement il publia ce Livre du Dante sur un
Manuscrit unique qu’il en avoit, il l'enrichit même d’Anno-tations Italiennes, qui se trouvent à la fuite du texte, dansl’Edition in 8. Paris, 1577. Un endroit des Rem. du Ma-réchal de Bassompierre fur quelques Vies de l’Historicn Du-Pleix, raporté dans la Rem. H. de cet Article,suppose commeune chose constante que cet Homme avoit été banni de Flo-rence pour crime d’Etat : ce qui est bien contraire à ces pa-roles de J. A. de Bais, dans son Epitre en Vers au Roi Hen-ri III, où parlant du même Corbinelli, Sans aucun sien mef-faït exilé de Florence, dit ce Poète. Cette Epitre, au reste,fait le feuillet 4 du Livre en question, intitulé : Dantis Ali-gerii pr&cellentijf. Poeta de vulgart Eloquentia Libri duo.
Nunc primum ad vetusti esc unici feriptt Codicis exemplar edi -ti. Ex Libris Corbinelli: F.jusdemque Annotationibus illus-trati. Ad Henrìcum Francia Poloni/tque Regem Christianistì-mum. Paris, Jo. Rorbon. 1577. Rem. Cri t.
(E) Il étoit homme de courage er de résolution, autant quede manege cy d’intrigue. „ Au raport de Pierre Matthieu,
,, dans son Histoire de Henri IV, le Roi s’aprocha de„ Paris pour une entreprise tramée par ses serviteurs qui>> l’assûroient de lui ouvrir une porte. II savoir d’eux,
>> ajoûte I Historien, tout ce qui se passoit ; & les plus se-» crets avis étoient portez par Corbinelli, homme dé-„ terminé & brûlant de zèle de voir la cause du Roi vic-„ torieuse de la Rébellion. Corbinelli, dit encore le mê-„ me Historien, écrivoit tout ce qu’il aprenoit, & le por-„ toit à découvert en fa main , comme un papier com-,, mun d’affaires ou de procès. Son front si hardi & ii as-» sûré trompoit les yeux des gardes qui étoient aux por-» tes; 8 c en montrant qu’il se fioit à tous, il ne donnoít» de la deffiance à personne (6) ”. Un autre Historien (<s )en parle de cette maniéré : le Roi avoit bon nombre de fide- «“•les serviteurs dans la Ville, qui l’advertistoient ponpluellementde tout ce qui se pastoit, cy se tenaient prefts pour faciliter sonentrée. Entre autres saques Corbinelly y contribuait toute fortede diligence cy d’artifice, ll portoit toufiours en fa main ses ad -vis, comme des pieces d’un procès, afin de les rendre moins sus-pe 6 ls par cette hardieste. Prestant fa Majesté fur l’exécutionde son deffe'm, il ne luy escrivoit que ces trois mots , venez,
Venez, venez, escrits dans autant de papier qu’il en falloitpour les contenir,cy les mettoit dans un tuyau de plume cacheté,que le mestager portoit dans fa bouche. ... Ce Corbinelly es-toit Italien des plus anciennes cy nobles maisons de Florence. lls’estoit réfugié en France , pour avoir esté complice de la conju- . p U -ration de Pandolfo Puccio, ainfi que Monfieur de Thou a rt- pj e j X ,marqué en son Histoire (?)- , _ <ie Kf llli IV ’
(F) Mr. Corbinelli . est aujourd’hui l’un des bons cy /’<*?■**’gy,
beaux Esprits de France.] La Préface ne marque point qu’il lS
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