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dans une Préface, qui m’a fourni non seulement les matériaux, mais aussi les expressions de cet■Article. Ce qu’il y a de bien digne d’attention, est que l’on ne íavoit pas de quelle Religione stoìt Jaques Corbinelli ( G). Cela peut faire soupçonner qu’il n’avoit que celle d’être honnêtehomme. Le Maréchal de Bassompierre s’est emporté contre lui (H).
publié en plusieurs Tomes un Recueil des plus beauxendroits qui íè trouvent dans les Ouvrages des beaux Es-prits de ce siécle ( 8 ). C’est pourquoi je le remarque.Quant au reste, je renvoie mon Lecteur à la Préface, oùI on trouve Mr. Corbinelli caractérisé d’une maniéré très-délicate , & qui lui fait beaucoup d’honneur. La peine,siuil s’est donnée de réduire les anciens Historiens en Ma-ximes, contribuera tout à la fois à leur gloire, & à l’ins-truction du public. L’Auteur de la Préface a raison deàe ,, que les Connoilíeurs prendront plaisir à voir qu’une» infinité de pensées, & de maximes, dont les Modernes-- í" e parent, ont été dérobées aux Anciens ; & que celai> seul pourra faire ouvrir les yeux sur le mérite de ces» gtands hommes, 8c guérir peut-être quelques esprits pré-» venus qui n’ont pas pour l’Antiquité tout le respect. 8c» toute l’admira'tion quelle mérite ”. Je ne doute pointùue íi l’on compare par pensées détachées les Anciens avecles Modernes, l’on ne se convainque facilement que l’avan-tage n’est pas pour ceux-ci; car je ne croi pas que l’on aitpensé dans ce siecle rien de grand 8c de délicat, que l’on neyoie dans les Livres des Anciens. Les plus sublimes concep-tions de Métaphysique 8c de Morale , que nous admironsdans quelques Modernes, se rencontrent dans les Livres desanciens Philosophes : ainsi, pour faire que notre siecle puisseprétendre à la supériorité, il faut comparer tout un Ouvrageà tout un Ouvrage. Car qui peut douter qu’un Ouvrage,qui en ce qu’il a de beau ne cède pas à d’autres Ouvragesconsidérez ielort ce qu’ils ont de beau, ne leur cede si sesendroits foibles font 8c plus nombreux, 8c plus grossiers, queles endroits foibles des autres ? Qui peut douter que,quand mê-me Monsr. Des Cartes auroit trouvé dans les Livres des An-ciens toutes les parties de son Système, il ne mérite plus d’ad-miration qu’eux, puis qu’il a su ajuster ensemble tant de par-ties dispersées, 8c former un Système méthodique d’unc ma-tière qui étoit fans liaison ?
Notez que Mr. Corbinelli avoir un grand commerce deLettres avec Mr. de Buffi-Rabutin. Cela paroit dans les Vo-lumes des Lettres de ce dernier, où l’on a inséré divers frag-tnens de ce que Mr. Corbinelli avoit écrit: son nom n’y estmarqué q ue p ar UÎ1 q
( G ) L'on ne savoit pas de qûellè Religion étoit Jaques Cor-binelli .] C’est Mr.de Thou qui le dit: raportons le Passa-ge tout entier. Lion ne sçavoit de quelle Religion eftoit Corbi-nelli : c’eftoit une Religion politique , á la Florentine , mais il es-tait homme de bonnes moeurs f 9). Ce témoignage est degrand poids, pour deux raisons : 1, parce que Mr. de Thouétoit un homme grave 8c de probité; 1, parce qu’il con-noiíloit particulièrement le Sieur Corbinelli. Voions ce qu’ilen avoit déja dit : J’ai fort cogna le Sr. Corbinelli Florentin.C'eftoit un fort bel esprit, ll eftoit trìs-capable des affaires ditmonde, 1 z? y avoit un merveilleux jugement, ll espoufa uneAngloifie, dont il a eu des filles, qui font encore à la Cour, auservice de quelques Dames. La Comtesse de Ftesque en a une.Il avoit peu de moyens, mats il vivoit avec un tel mesnage ,&eftoit fi nettement C 5 “ proprement habillé que rien plus. ll eftoitgrand amy de l'Abbé d’hlbcne ( 10).
(H) Le Maréchal de Bassompierre s'tft emporté contre lui.]C’est au sujet du Passage de Dupleix que j’ai raporté ci-des-sus. Voici comment ce Maréchal le critique (n), d n ya rien de plus froid e/ de plus impertinent, que tout ce chapi-tre : il n y avoit point d'autres bons François à nommer, fansalléguer ce banny de Florence pour trahison, •la belle inventionde porter fies advis dans fia main, qui eftoient fort important ;puisque celui qu il décrit par excellence eftoit son venez > venez,venez, le Roi euft esté bien fin de s’embarquer fur cet advis.L’Histoire de France a bien affaire d’estre remplie de l’extractionde ce Corbinelly , e T ce devroit tflre quelque homme de bien,d'eftre de la conspiration de tuer son Prince avec le Chef Pan-dolfo Puccio, qui fut pendu en un croc pour son forfait, gjr ceaux feneftres du Palais. Remarquez bien que cette conspi-ration, quelque atroce quelle ait pu être, ne réfute pointce que d’autres disent des bonnes mœurs de Corbinelli.Les conspirations d’Etat font les plus grans crimes qu’onpuisse commettre ; 8c néanmoins il y a des gens qui s’ylaissent entraîner par des motifs qu’ils croient très - bonsmoralement parlant : tant il est vrai que la conscience del’homme est sujette aux illusions les plus déplorables. B tu-tus , 8c plusieurs de ceux qu’il engagea à l’assaíîmat de César,étoient des gens dont la vertu & les bonnes mœurs étoientéclatantes.
(9) Víkr.
Thuana,pag.m. 3 J.
(10) Là'mc-me, pag. 30.
(u) Remar-ques fur lesVies deHenri IV &Louis XIIIde Dupleix,pag. 11.
, CORCEONE (Robert de) Cardinal du titre de Saint Etienne au Mont Cclius,c . tolt Anglois. On parle de lui dans le Dictionaire de Moreri (a) -, mais on n’y fait point men-de ce que je m’en vais dire. Aiant été envoie en France par le Pape Innocent III, pour les-Maires de la Croisade tant contre les Albigeois que contre les Sarrasins, il célébra un Concile
(4) Sous iemot Cuifon.
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de s’engager par serment à ne pas prêter des Livres, bien entendu qu’ils prendroient leurs pré-cautions pour l’indemnité , ou pour la restitution. II leur ordonna aussi de ne point coucherdeux à deux (- 4 ), Sc il fit la même défense aux Religieuses, afin d’éviter , difoit-il, les dan-gers de l’incontinence. II célébra d’autres Conciles, il établit des Prédicateurs de la Croisade,Sc il tourmenta beaucoup les Hérétiques ; mais il fit paroitre tant d’aigreur contre le Clergé, &tant de facilité à donner la croix à toutes sortes de gens, que l’on en porta des plaintes à la Courde Rome. 11 fe rendit si odieux par ses entreprises contre les droits de l'Eglise Gallicane, quel’on apella de ses procédures, pendant le Concile qu’il convoqua à Beziers. Les Députez duClergé de France poussèrent l’apel avec vigueur, & confondirent de telle forte ce Cardinal dansune Assemblée générale qui se tint à Rome, que le Pape les pria de se relâcher sur les griefs énor-mes dont ils se plaignoient (b ). Corceone mena beaucoup de croisez en 1214 a Simon de Mont-f°rt, qui faifoit la Guerre aux Albigeois (c). II mourut dans la Palestine, où il avoit suivi laCroisade, comme on le peut voir dans Monsr. Moreri. II est Auteur entre autres Ouvrages d’unTraité fur la question si Origene est en Paradis.
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(«D II ordonna aux Réguliers de ne point coucher deux àdeux.'] Voici un Passage dc l’Abrégé du Thrésor Chrono-logique de Pierre de St. Romuald (1): „ L’an 12.11, on» célébré un Concile à Paris, fous le Cardinal de Corceone,-> “ont Monsieur de Sponde rapporte les Décréts > & entre» autres celuy cy, Interàtcimus Regularibus & Monialibus ne» bini, ve i p\ nsL f in leôío jaceant propter metum incontinentU.» On publia un petit Livre l’an 1643, fait par un pieux Pres-
tre, 8c approuvé par quatre Docteurs,portant pour Titre,Advis Chrestien touchant une matière de grande importance ,dans lequel i’Autheur désiré grandement que ce Decret-làsoit sérieusement gardé > à cause des inconvéniens qu’il„ spécifié le plus chastement qu’il peut ”. Aussi chastementqu’il vous plaira, mais ce Livre n’est capable que d’inspirerde l’indignation contre la Loi du célibat, puis qu’elle a dessuites de cette nature.
{b) Tiré desAnnalesEccléfiasti- •aues de Mr,de Sponde,4 l'ann. 121num. $•
(c) Idem ,Spondan.ib id. ad stntjm
IZldfftïum, 2 ,
CORDIER (Maturin) en Latin Corderius , vivoit au ^VI siecle» ^ ^t un desmeilleurs Régens de Classe que l’on eût nu souhaiter ; car il entendoit 011 len a .angue La-tine, il avoit beaucoup de vertu, & il s’apliquoit diligemment à ses fonctions, aussi soigneux deformer ses Ecoliers à la Sagesse, qu’à la bonne Latinité. II uia fa longue vie a1 enseigner Us en-fans tant à Paris qu'à Nevers , Bouràeaux , Geneve, Neufcbastel , Lausanne , &r finalement derechefà Geneve (a) où il mourut le 8 de Septembre (b) 1 frissi en l'aage de Sç ans^ ínjirutsant la jeunesseen la sixième Classe trois ou quatre jours devant fa mort. 11 étudia quelque tems en Théologie à Pa-ris dans le Coílege de Navarre, environ Tan ifi8, après y avoir regente une Classe j mais ilabandonna cette étude pour reprendre son ancien emploi de Grammairien (e\- II régenta â Ne-vers Tan ifj-4, if2f, & i (d). Calvin, qui avoit été son Disciple à Paris au College de laMarche (e), } u \ àlia son Commentaire fur la L Epître aux Thessaloniciens (/). On ne faitpas bien précisément la patrie de Maturin Cordier: les uns disent qu’il étoit de Normandie, &
1 les
(c) Lsun.'Htst. Col-leg. Navar,píg. 700.
(4) Id. ih •
(e ) Eeze, Viede Calvin,pe.g 4- Dantune Editionprécédente ilavoit dit quece ftit a u Col-lege de S.tìnc-te Barbe.
(f) Beze,vie de Cal-vin, ji.