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Tome second. C - I.
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C O T I N. COTYS.

(*0 II Partie,

de l'Èdttionde 'Hollande,(b) Elies fontprécédées deLa Vie de <}tiel-

COTIN (Charles) Parisien, de l’Académie Françoise, si maltraité dans les Satires deMons. Boileau : voiez son Apologie ôc plusieurs particularitez de fa Vie dans les Parallèles deMons. Perrault (a). Voiez aussi les Lettres recueillies par Richelet {b). II mourut au mois deJanvier 1682 (c).

(c) Mercure Galant, Mars r 6 Sr, pag. 145.

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OmniumThracia re~gum quotquotunquam suc-rant deditifjì-mus voluptatiac delìciis.Athen. Libr.XII, Cap.VLll , pag. .531 .

fl) Idem ,ibidem , pag,5 3 z , exTheopom-po.

{3) Je Pavoisfait j & je rec-tifie i.i fautedans cettetrois ente E-dition , enAìant été ad-verti par Mr.Veyfsiere laCroie.

f 4) Votez, ci"dejfns , Cita-tion ( 2 ),le Grec deTheopom-pe, & la Ver-sion 4 e Dale-champ.

(5) Philip-pus JacobusMauílacus,Not. adHarpocra-tion. pag.

Zù 1 EditionisLngd. Bat.i 68 z.

(<■>) Demos*xhenes ad-vetf. Aristo-cratcm, pag.**• 445 > c.Votez, la 1 U~marcjtie fui-

( 7 ) Demofhibidem ,

446, c.

(8) Ibidem.

( 9) ibidem ,paf 44s. C.(10) Plutar-chus, de fuiLaude » pag.

542 ,£ -,&âc

gerenda Re-publica ,pag.$16, L.

(n) Libr.

65.

(12Ì Dc-mosthtji.adveríi sAtistocra-tem j pag.445 , B.

COTYS, Roi de Thrace, contemporain de Philippe pere d’AIexandre, régna vingt-qua-tre ans. D’abord il s’abandonna au luxe, & à une vie voluptueuse ; & puis la prospérité l’aiantrendu plus superbe , il devint si cruel qu’il fendit en deux sa propre femme , en commençant parles parties honteuses (a). Athenée , selon la Version de Dalechamp, ne raporte pas ainsi lachoie (A) ; mais cette Version est mauvaise, comme le docte Maullac Pa bien remarqué (B).Cotys périt de mort violente : un certain Python le tua , & fe retira dans Athènes , où son actionfut récompensée magnifiquement (b) (C). 11 fut aidé par son frère pour tuer ce Roi, 6c ils fe

portèrent à cette entreprilë , asin de venger leur pere. Aristote, qui m’aprend cela (D) , observequ’un certain Adamas fe rebella contre Cotys, pour se venger d’une injure qu’il en avoir reçuependant fa jeunesse. C’est qu’on l’avoit fait châtrer. Cersobleptes fils de Cotys succéda au Roiau-me dc son pere : il avoir une Sœur qui fut femme d’Iphicrate (£). Je croi que c’est de ceCotys que Plutarque a fait mention dans ses Apophthegmes ( F ). 11 a parlé ailleurs d’un Co-

tys, Roi de Paphlagonie , qui fit alliance avec Agesilaiis, & qui épousa par ce moien unebelle fille (c). Tire Live sait mention d’un Cotys, Roi des Odryses, qui combatif fidelle-ment contre les Romains pour Perfée Roi de Macedoine (d). Tacite a parlé de quelques Princes

qui

( A ) ll fendit en deux su propre femme. ", . Athenée, se-lon la Version de Dalechamp, ne raporte pas ainfi la chose. ]Aiant dit que Cotys, le plus voluptueux Prince qui eût ré-gné dans la Thrace ( i ), ne commença d etre malheureuxqu’après avoir offensé Minerve , il raconte ce que je vaisdire. Cotys prétendit un jour épouser cette Déesse : lefestin nuptial fut donné : la chambre nuptiale fut préparée ;il ne manquoit que Fépoufe. Cotys bien fou l’attendoitavec impatience, & ne la volant pas venir il fe fâcha fu-rieusement ; 8c, il envola l’un de ses Gardes pour savoir sielle ne s’ctoit point rendue dans la chambre qu’on lui avoirpréparée. Le Garde revint dire qu’il n’y avoir vu person-ne , ce qui outra de telle sorte ce furieux Prince, qu’il tuale messager. II en renvoia un autre , qui revint avec lamême réponse , 8c qui fut traité comme le prémier. Letroisième qu’il envoia , voulant profiter de leur malheur ,n'eut garde de dire qu’il n avoir trouvé personne ; i] assuraque Minerve attendoit le Roi depuis long - rems. Maisson imposture n’eut pas une destinée plus favorable queleur ingénuité: Cotys, saisi d’un accès de jalousie , com-me si ce troisième messager s’étoit servi de l’occasion quefimpatience de l’épouse lui pouvoit fournir , se jetta surlui, 8c le mit cn pieces^ à commencer par les parties hon-teuses. o êè fiAtriÁtvç èióç yroTe %ctt tyÁoTVTrr.c-ctç tî-v ccv'igs

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Sslat «f|á«fvoç. Tum rex zelotypia percitus ne quid in uxo-rem fuamaufus ille fuijset, mambus fuis militem conftidit acdifcerpfit àpudendis exorsus (i). Voilà le Récit d’Athenée,ii l’on veut suivre son Traducteur : mais il ne le faut pointluivre (z); il n’a pas pris garde que les paroles O' èìSríç 7 rùTe font le commencement d’un autre Conte,8c qu’el-les signifient Rex iste aliquando.

(B) ... Le doíle Maujfac U a bien remarqué. ] II prétend

que Theopompe dans Athenée assure la même chosequ’Harpocration, savoir que Cotys mit en pieces fa proprefemme ; 8c il censure Dalechamp d’avoir traduit Athenéecomme si ce traitement barbare avoir été fait au troisièmemessager, 8c non pas à la Reine même. Eruditiffimus Da-lecampius longiffime erravit à veritate historia cum bac Gracaverba Theopompi .... ita vertit (4). Imo e contra-

ria mulierem proprtam difcerpfit : ut optime habet Harpocration,quod designant evidentiffime illa verba txv atOgaTrov : falfijfi-murn autem est eum confcidiffe tertium militem. Brandi fuitfine dubio er.uditijfimo Mi interpréts vox aiiqa’yrav^ui non anim-advertit confimdtum effe artieulum v-ì», GX hoc in loco mulie-rem fignificare. Hac velim diâîa in favorem ruàiorum ( 5 ).

(C) Un certain Python le tua , er fe retira dans Athènes ,ou son aâlion fut récompensée magnifiquement. ] Lors qu’il fitce coup , il fut assisté par Heradite son frere ( 6). Aprèscet assassinat, il n’eût pas trouvé par tout un lieu de fure-té ( 7 ) ; mais il crut qu’Athènes feroit un très-bon asyle ,à cause des longues Guerres qu’elle avoir eues avec Cotys.II s’y retira donc , 8c pria que le droit de bourgeoisie luifût accordé (8). Non seulement il obtint ce privilège (9),mais aussi une couronne d’or ; & on le combla de tantd’éloges dans des Harangues récitées devant le peuple, quecomme il eut lieu de s’aperccvoir qu’on l’exposoìt à l’en-vie , en relevant jusques aux nues la gloire de l’assassinatqu’il avoir commis, il chercha une invention pour cal-mer la jalousie qui s’élevoit contre lui (10). II fe présen-ta au peuple, 8c déclara qu’il ne prétendoit jien à la gloi-re de cette action, qu’il n’avoit fait que prêter son bras àune Divinité , & que par conséquent c’étoit à cette Divi-nité qu fl en saloir attribuer tout le mérite. Diodes dansDiogene Laërcc (n) dit faussement que ce fut le Philo-sophe Pyrrhon que l’on honora de la bourgeoisie d’Athè-nes > en récompense du meurtre de Cotys. La Guerre avoirbien c, .ange le cœur des Athéniens ; car autrefois ils avoientdonné a. Cotys droit de bourgeoisie & une couronned’or ( 11). On prétend que pour leur montrer qu’il ’s’eili-

moit autant qtl’eux, il leur donna la bourgeoisie de Thrace.Capax generofi fpiritus illud quoque diSlum régis Cotys ; utenim ab Athenienfibus civitatem fibi datam comovif, Et ego,inquit, illis mea gémis jus dabo. Aquavit Athenis Thraciam,ne viciffitudine talis beneficû imparem fe judicando, humiliusde origine sua fentire exijlimaretur (13).

(D) .... Python zv son frere fe portèrent à cette aâîion,pour venger la mort de leur pere. . ■ . Aristote . . . maprendcela. ] C’est au Chapitre X du V livre de fa Politique. IIy faut corriger quelque chose. Sè --«< hVkAeúîij;

oi Aïvtoi IC itvs iïiitpêufctv , 'xatfi itfiupSrTSt;. Jam Pa-ro z? Heraclida Anìi Cotyn interemerunt, patris injuriam ul-eifeentes. C’est ce qu’on lit dans mon Edition d’Aristo-te (14) , qui est celle de Geneve 1605. 11 faut mettreTiúOniv au lieu de 17 --/>»„, 8c traduire ainsi, Jam Python zsrHeraclidès , &c. N’oublions pas que Plutarque observe queces. deux meurtriers de Cotys avoient été Disciples de Pla-ton ( 15 ). Voiez aussi Philostrate au I chapitre du VII livrede la Vie d’Apollonius, où il dit qu’ils étoient de la Sectedes Académiciens.

(£) Son fils .... avoit une Sœur, qui fut femme d'Ipht-crate.j Menesthée, qui sortit de ce Mariage, dit un jourqu’il fassoit plus de cas de fa mere que de son pere, parcsque sa mere avoit fait tout son possible pour le faire Athé-nien , au lieu que son pere avoit fait tout son possible pourle faire Thrace. Menestkea filium reliquit (Iphicrates) exThrejfa natum, Coti régis filìâ. Is còm interrogaretur, utrumpluris matrem patremve faceret ; matrem, inquit. id c'umomnibus mirum videretur : ât ille , meritò, inquit, fado.Nam pater quantum in se fuit, Thracem me genuit: con-tra mater, Atheniensem ( 76). Voilà quelle étoit la gloi-re des Athéniens ; ils préféroient leur bourgeoisie à la qua-lité de gendre 8c de'petit-fils de Roi, 8c ils récompen-loient hautement les assassins d’une tête couronnée. De-mosthene nous aprend qu’Iphicrate , comblé d’honneursdans fa patrie, ne laissa pas de s’engager à une bataille na-vale contre les Athéniens, pour les intérêts de son beau-pere. II ajoûte que Cotys, trés-méconnoissant de ce ser-vice , ne tâcha par aucune honnêteté envers le peuple d’A-thenes de faciliter l’amnistie d’Iphicrate. Au contraire , ille voulut engager à irriter de plus en plus les Athéniens,en l’emploiant à l’attaque de leurs autres places ; 8c parcequ’il ne put obtenir cela de lui , il le dépouilla du comman-dement de ses troupes, 8c le réduisit à la malheureuse néces-sité de chercher un coin de terre pour fa retraite: car quandIphicrate fe vit disgracié à la Cour de Cotys, il n’osa pointse retirer à Athènes: il y avoit trop peu de tems qu’il avoitporté les armes contre fa patrie (17). J’ai oublié d’obser-ver que le Poète Anaxandride plaisante dans Athenée (18)fur le festin que Cotys donna le jour des noces de fa fille avecIphicrate.

. ( E) Je croi que c'est de ce Cotys que Plutarque a fait men-tion dans ses Apophthegmes.'} Le Cotys de Plutarque étoit unhomme colere , 8c qui châtioit cruellement ses domesti-ques quand ils fa isolent quelque faute. On lui envoia un-beau présent: c’étoient des vases de terre fort fins, 8c or-nez de plusieurs peintures avec beaucoup d’artifice : il ré-compensa celui qui les lui donna ; mais il les fit tous cas-ser (19) , parce qu’il prévit que ses domestiques ne pour-raient pas éviter de mettre en pieces une matière aussi fra-gile que celle-là , 8c qu’en ce cas.il ne se pourrait pointempêcher de les punir trop sévèrement ( 10). Cela ne con-vient pas mal à notre Cotys. Mr. Moreri l’aplique à unautre Cotys, qui prit le party de Pompée, dit-il : les endroitsqu’il cite ne contiennent rien de semblable, 8c je ne doutepoint qu’il ne se trompe. On verra dans la Remarque sui-vante ses autres fautes. Remarquez bien que je ne dis-conviens pas qu’il y eut un Cotys Roi de Thrace ,qui envoia son fils (11) à Pompée à la tête de 500 che-vaux.

(a) Harpo-cration, 1*voce ivoTVt*

(b) Demos-thenes, s**'vers Atis-tocrarem.

M ^ Y**

Agefilai,pag. 60 1*

(d) LiviufcLibr. XLli-

(rt) Valet*Maxim us ’Libr. Hé,C*p. VU >cirea finem-

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