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Tome second. C - I.
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Z 2.0

COTTE R U S. COUSIN. CRANTOR.

COTTERUS (Chiustophle) l’un des trois Prophètes dont Comenius a publié lesRévélations. Cherchez Kotterus.

COUSIN (Gilbert) en Latin Cognatus , né à Nozeret dans la Franche-Comté (a) ,Bibiiot. 11 ’ l’an isos, fut un savant personnage, 8 c le témoigna par un très-grand nombre d’Ecrits , dontGesnerï. on volt la Liste dans l’Epitome de la Bibliothèque de Gesner. 11 avoit été valet d’Erasme (A) ,(.i>) Thomi- & il trouva en lui un Maître qui rendit justice à ses bonnes qualitez. Erasme le considéra beau-gi“o Litera-' coup , & lui aprlt bien des choses ( B ). 11 lui procura un Canonicat à Nozeret, Lc lui offrit faiio, rmm. maison avec assez d’avantages , quand il le vit dégoûté de son Bénéfice à cause des procès qui en

ll^rivoM 7 naissoient. Voiez les Lettres XLVI, LI, 8 c LV du XXVII livre d’Erasme. Cousin étoitencore en vie l’an iy 6 z (C). II n’a pas été Plagiaire quant au Passage que Thomasius raportedeuxyiiutitri (£).j car ses Notes fur Lucien furent imprimées avant que les Adversarìa de Pierre PithourîZ"?* eussent vu le jour.

(A) ll avoit été valet d’Erasme.'] Voici ce qu’Erasmeécrivit à Louis de Vers, Abbé du Mont Sainte Marie, quiétoit parent de Cousin. Gilbertus Cognatus mihi jam plus-quam triennmm fidelem zy commodum prsftitit famulum, quemego tamen ob mores libérales non tam fro famulo habui, quampro conviffore , zy in studiorum laboribus focio. Proinde zy tuarévérends, amplitudini gratulor talem cognatum, zy illi multomagis tam amicum zy benignum patronum. Je tire ceci de laLettre XLVI du XXVII livre d’Erasme. Elle fut écrite l’on-zieme de Décembre x 53 3 -

(B) Erasme . . . lui aprit bien des choses.] Erasme comp-te cela parmi les utilisez que Cousin tira de son service, & ilprétend même savoir détourné du péril contagieux des nou-velles opinions. Spero autem fore ut illum ' temporis apud mepera6li non pxniteat, nam prster eruditionis fruéium quem ex

mea confuetudine coepit haud poenitendùm ...... poterat

alibi nonnihil attrahere contagii à feftarum amatoribus ,apud me vero etiam fi quid attraxijfet , purgari potuit ( i ).Je ne sai point quels étoient les sentimens de Cousin pen-dant la vie d’Erasme , mais je ne doute point que dansla fuite il n’ait été, ou Protestant, ou fauteur des Protes-tais (et).

§ («) La lecture de ses Adages porte fortement à le croire.Voiez entre autres le chapitre intitulé: Magis phantafiicusquàm Papa mula. Rem. C r i t i çc

(C) Il étoit encore en vie l’an 1563. J Cela paroit par l’A-vertissement au Lecteur que Marc Hopperus a mis au devantde l’Edition de Lucien publiée à Baie fan r;6z. II y donnebien des louanges à Gilbert Cousin, dont les Notes fur Lu-cien furent insérées dans cette Edition.

(r) Erasia-Epist. Xíss

XXVII ■

(s) Diogen.Laërt. Libr.IV, num. 24.*Ati lien dePolemon

on lit dansMereri fhí-lemon.

(b) Voiez,DiogeneLaërce, inXenocrate,Libr. IV,num. 14.

(c) Idem,ibidem.

(á) Laert.ibid. ni*m,z$.

(1) Diogen.Laërt. Libr,IV, num; 2J.

(2) Cicero,Tufculan.Libr. III.Cap . VI.

(3) Idem,de Orat.Libr. III,Cap. XVIil.

(4) d-dejsusCitation (42)de l*ArticleA R C ES I-L A S.

(5)

cdiíi d y. V Li-vre de Fíni-bus ,Cha(. I.

(d) Horat.Epist. ULibri I,Vers. 3.

(7) Cicero,Tuscul. I,Up.XLVIli.

C R A N T OR, Philosophe 8c Poète Grec ( A ) , naquit à Solos dans la Cilicie. 11 quitason pais natal , où il étoit admiré , 8c s’en alla à Athènes, Sc y fut Disciple de Xenocrate avecPolemon (a) (B). Celui-ci aiant succédé à Xenocrate dans l’Académie , vers la fin de la 116Olympiade (h) , eut le plaisir de voir au nombre de ses Ecoliers le méme Crantor qui avoit étéautrefois son condisciple. Cela lui étoit glorieux, car cet Ecolier étoit assez docte pour ensei-gner la Philosophie ; 8c l’on en étoit si persuadé, que lors qu’il se retira dans le Temple d’Es-culape pendant une maladie (c), plusieurs personnes s’y transportèrent, s’imaginant qu’il avoitdessein d’y établir une Ecole , 8c voulant se mettre sous fa discipline. Arcesilas son mignon n’yalla point dans cette vue, mais dans l’cspérance d’obtenir de lui une bonne recommandation au-près de Polemon. II obtint ce qu’il souhaitoit ; Crantor sc fâcha si peu de cette demande , qu’auf-fi-tôt qu’il fut guéri il devint lui-même l’un des auditeurs de Polemon (d). II passa pour l’undes piliers de la Secte Platonique (C) , 8c il fut le prémier qui composa des Commentai,es sur lesOuvrages de Platon (e). S’il n’cxpliqua pas plus clairement les autres choses que ce qui concer-ne la nature de notre a me (/), il avoit autant de besoin que Platon d’un nouveau Commentateur.II fit un Livre de Consolation qui s’est perdu, 8c qu’on estimoit beaucoup (D). II n’étoit pas

fort

{A) II étoit Poète Grec.] On remarque qu’aiant ca-cheté ses Poésies il les mit dans le Temple de Miner-ve à Solos ( i ). Comparez avec ceci ce que j’ai ditd’Heradite dans la Remarque (£) de l’Article d’EuRi-

P I D E.

(£) Il fut Disciple de Xenocrate avec Polemon.] CharlesEtienne, Lloyd, Lc Hofman disent à tort qu’il fut Disciplede Platon avec Xenocrate & Polemon.

(C) ll passe pour l’un des piliers de la Seâle Platonique. ] Ci-céron m’en fournit la preuve dans ces paroles : Crantor illequi in noftra Academia vel in primis fuit nobilis (z). II nel’oublie presque jamais quand il parle des premiers Succes-seurs de Platon. Speufippus Platonis fororïs filius, zy Xeno-crates qui Platonem audierat , zy qui Xenocratem Polemo zyCrantor, nihil ab Arijlotele qui una adierat Platonem, magno-pere difsenfit . . . Arcesilas primum zyc (3). Notez en pas-sant que cet endroit de Cicéron peut servir à réfuter lestrois Auteurs de Dictionaire que j’ai censurez dans la Remar-que précédente. Ils assurent que Xenocrate & Polemon rem-plirent de nouveaux dogmes l’Ecole de Platon. Vous trou-verez tout entier ce Passage de Cicéron dans fArticle d’AR-cesilas (4), avec quelques autres ( 5 ) q U j confirment ceque j’attribue ici à cet Orateur Romain; &: si vous voulezconoitre quel cas on faifoit de Crantor, vons n’avez qu’à lireces deux Vers d’Horace :

Sjui quid fit pulcrum, quid justum, qutd utile, quid non

'plenius ac melius Chryfippo zy Crantore dicit (6).

C’est d’Homere qu’on dit cela.

(D) Il fit un Livre de Consolation . , qu on eflimoit

beaucoup.] C’est fous ce Titre qu’il est cité dans le pré-mier livre des Tufculanes. Simile quiddam est in confolatio-ne Crantoris ( 7 ). Ce qui fuit dans Cicéron est une preuveque Crantor n’oublia pas le Lieu commun des misères decette vie , aussi n’est-ce pas une chose qu’on puisse passerfous silence dans de tels Ecrits : peut-on raisonner contreun pere qui pleure la mort de ses enfans, peut-on, dis-je,lui ramasser des motifs de consolation, sans se souvenir

des maux à quoi la vie l’homme est exposée , & qu’uneinfinité de gens eussent évitez, s’ils n’eussent guere vécu ìVoici la réponse qui fut donnée à un pere dans un Oracledes morts ( 8 ).

Ignaris homines in vita mentibus errant.

Ëuthynous potitur fttorum munere Uto ,

Sic fuit utilius finiri ipstque tibique :

Vous pleurez la mort d’un fils, & vous demandez la caused’un si grand malheur : sachez que les hommes font designorans ; il jouît d’une faveur agréable que les destins luiont faite. Son intérêt & le vôtre demandoient qu’il sortîtde cette vie (9)- Voilà un morceau du Livre de Cran-tor. Je croi que le Titre de cet Ouvrage étoit irepì ,de Lutlu ; car c est ainsi que Diogene Laërce l’a marqué :je raporte ses paroles parce quelles contiennent une louan-ge exquise ; Hè aòrS fíáxirsc /3 istXÍot io -z-ípì

orfOuc (10). On admire principalement son traité du Deuil (11).Par la même raison, je dois citer ce Passage : Legimus om-nes Crantoris veteris Academici de lu6lu,est enim non magnus,verum aureolus zy ut Tuberoni Panstius pr&cipit , ad verbumedtfcendus libellus ( 1 z ). II ne fera pas inutile de remarquera quelle occasion cela fut dit : ce fut pour prouver quel’ancienne Académie n’enseignoit point l’indolence, oul’insensibiiité dont les Stoïciens firent un dogme. L'inter-locuteur de Cicéron prouve le contraire par ce petit Livrede Crantor. II est certain que ce Philosophe n’aprouvoitpoint la doctrine des Stoïques, & qu’il disoit que 1 exemp-tion de passions couteroit trop, puis qu’on ne pourroit l’a-quérir que par la stupidité du corps, & par la férocité del aine: M >j mi-oiftít, (<?>ícÌv 0 ’Ax.aítìpiixxbp IÇávroj ) vu-

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tvel uìt rwv.a toivúv.v , crraZH» c 5 yf. Optandum est,inquit Crantor Academìcus, m sgrotemus. Sed fi in morbofimus, fenfus ejits aliquis adefse debet, five secetur pars nos-tri aliqua , five avellatur. Indolentia enim illa non fine

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