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CRATERUS. CRATIPPE.
res là-delîus que celles que Vossius lui avoir fournies (C),ehant Craterus le Favori d’Alexandre (b).
Monsr. Moreri s’eít fort trompé tou-
Ternit 1 !'
(jP) .... Pinedo ria point eu d'autres lumières là-deffusque celles que Voffius lui avoit fournies. ] Ce que Voffius adit de Craterus Y Arreftographe revient à ceci ; c’est que Plu-tarque l’a pris à témoin , qu’Etienne de Byzance a cité leIII & le IX livre de ses Arrêts (n) , & qu’Harpocrationfous le mot Á'vípm a cité ce même Ouvrage (12). CeSieur Pinedo aiant marqué les endroits où Stephanus deByzance cite Craterus , & un endroit où la Citation étoitcorrompue, nous renvoie à Voffius , & conteste de'bonnefoi qu’il s’arrête-là (13). Je fuis fur qu il ne s’y feroit pasarrêté , s’il avoit su les Remarques de Maussac. Ce sa-vant Critique observe que les Copistes ont changé assez sou-vent le mot Craterus en Carterus (14). II en donne pouréxemple ces mots de Pollux (15) , KuprécM wií-êúe/* ty rà,d/r,<pí<rt 4 cn«. cviclyom , & il releve une bévue du Traduc-teur , qui au lieu de dire ajouter foi à Craterus le Compila-teur des Arrêts, Cratero fidem habere qui Décréta in unum col-legit, a traduit ajouter foi à Carterus qui recueilloit les suffra-ges , Cartero fidem habere fuffragia pofcenti. 11 corrige dansSuidas une faute remarquable. Craterus y (16) est cité auIX livre des Sophismes : voilà comment les Livres fe mul-tiplient. Combien de gens ont pu croire que Craterus, ou-tre la Compilation d’Arrêts , avoit fait aussi celle des So-phismes ? Le changement d’une syllabe (17) a pu produi-re cette multiplication. Maussac conjecture qu’au lieu deK ptxrivoi £» to~ç fit <P‘<ruart , il faut lire KpuT ípco ( 18 ) danSun endroit d’Harpocration (19). II est vrai qu’il croit auífique Cratinus le Comique composa peut-être une Piece deThéâtre intitulée Mr. Valois décide qu’il faut
effacer Cratinus, & mettre Craterus (20). Voici quelquechose de plus digne d’attention. Maussac observe qu’Alexisavoit composé un Cantique contre Craterus , tout de mê-me, dit-il, qu’Aristote en composa un contre Hermias (21).Je ne m’arrête point à ces deux petites fautes qu’Henri Va-
mil. Foitus, ,
imprimé à Geneve, l'an I«, 9 . (17) Non a-itirfíctm , fed Craterus llle
coêier.:t. Maussac. >» Harpocrat. Voie A"ïtçair. (iS) Mauslac eut dû dire Kjíts-pcèt (19) /» F'ocí A'ç* 7 iùont. (20) Vales. Not. in Notas Maussaci, pag. SZ>.
(21) Maussac. í» Harpocrat. Voce Niyipatiu».
( 11 ) Cita tter t ntm &nonum è Cra-teri libris 7 tip\
f raiv ì de fcìtis ,five decretis.VofÏÏus deHist. Grxc*347 .
(ii) Idem,
M* 462.
(13) Vide fîtVojfmm defíijì. Gracislibr , z. îb* Mb,4. cap, 9. Egoenim nihil deeo mcmoratudignttm ha-beo dicere,ïinedo, inStephan.
759 .
(14) Maus-sac. in Har-pocrat. Voce
/iVtfgtoV,
(15) Libr.VIII> Cap, '
X.
(16) In Voce.iiúfAtyxtov.
Je ne trouvepoint cettefaute dans leSuidas d y IE-
lois n’a point censurées : lune, qu’il falloit dire Alexinus,& non pas Alexis; l’autre , qu’Aristote fit une Hymne enl’honneur d’Hermias, & non pas contre Hermias. Lais-sons cela, & disons que cette Remarque de Maussac four-nit un moien de faire des conjectures fur le teins où notreCraterus vivoit ; tems fur quoi Voffius n’a pas même osédeviner. De quelque façon qu’on explique les paroles d’A-thenée , il semble qu’on en peut conclure que Craterus &Alexinus ont vécu en même tems : car il n’y a guere d’a-parence qu’Alexinus eût voulu composer une Hymne , oucontre Craterus, ou à la louange de Craterus, s’il n’avoitjamais eu de relation avec lui. b’ in --«ì i eì s k pu-
vepòv tûji Muxèbovoe ypocÇtiç , ov irexs^vceTo A’?\£%Ïvqç ò btsc-àexTtxûç .... ccbeTUt bè xrit ároç iv AeXtpoYç ?.vol(jao 7 oç
yí ?ttoç rruiíéç. Est v P dan scrìptum carmen in Craterum
Macedonem quod Alexinus DialeHicus composait . Ca-
nitur ille Delphis puero lyram puisante (22). Je sai bien qu’A-lexinus, grand Disputeur (23) , & subtil Dialecticien , au-roit attaqué & les vivans & les morts quand il s’agissoit dePhilosophie ( 24 ) ; mais Craterus n’étoit point dans ce cas-la. Or s il a vécu au tems d’Alexinus, on le peut met-tre^ vers la 120 Olympiade ; car Alexinus fut Discipled’Eubulide , qui vivoit en même tems qu’Aristote. Voiezle II livre de Diogene Laërce à la Section 109. Mr. Va-lois vient ici troubler la fête (25): il'prétend que Maussacfe trompe en prenant le Craterus du Passage d’Athenéepour Y Arreftographe : c’est contre Craterus le successeurd’Alexandre, dit-il, que l’Hymne fut composée. II n’endonne point de raison , & il ne cite personne. On pour-roit dire bien des choses & pour & contre son sentiment,mais ce feroit disputer fans espérance de trouver la certi-tude. Quelque homme de loisir s’amusera peut-être à cesdiscussions. Je finis ceci en disant que le Scholiaste d’Aris-tophane a cité notre Craterus pour le moins deux fois, àl’occafion du Decret que l’on fulmina contre l’impie Dia-goras. Voiez l’Article Diagouas (26).
íius, Not. in Notas Maussaci, pag. 99 . (26) Surnomme l’Athc’e j
'Remarque ( L) ).
( 4 ) Voiez, la7 \eraarque
{A).
(fc) Voiez, lamême T{e-marque.
(c) Í2‘f noT-(Àxih, <TÍÌV
ft’oAjy. Sicutornamento ur-bis. Hut. inCicérone,pag 873
( t ) Cícero ,de Universi-tate, Cap, L
(2) Van doTÇomt 702,
(3) Cicero,de Oflîciis,Libr. /, mit.Cap. I,. Votez,aujjì le Cha-pitre II duII Livre dumime Ou-vrage.
(4) Idem yibidem y Libr.IIIy Cap. II ypag. m. 283.
(î) Plut. inïompeio,pag. 6 $t,
CRATIPPE, Philosophe Péripatéticien, eut beaucoup de réputation (4). 11
étoit de Mitylene, & il enseigna la Philosophie. II paíla ensuite à Athènes (a), pour y exer-cer le même emploi, & y eut,entre autres Disciples,le fils de Cicéron. Ce grand Orateur l’esti-ma beaucoup (b) , ôí lui obtint de César la bourgeoisie Romaine, après quoi il porta l’Aréopa-ge à faire un Décret pour prier Cratippe de demeurer dans Athènes comme un ornement de laville (c) , 6c d’y faire des Leçons à la jeunesse (d). On peut se persuader qu’il en faisoit de fort ^ i-im. >"bonnes, puis que Brutus fe préparant à la guerre contre Marc Antoine les alloit entendre (e). ckeron^On a des preuves qu’il n’étoit pas de ces Profeíîèurs qui ne savent pas leur monde j car il ne s’o- ;»
piniâtra point à disputer avec Pompée sur la Providence divine (£ ) , dans un tems où les mal- Bmro.W
heurs í '
( A) Il eut beaucoup de réputation. ] Ces paroles de Cicé-ron le témoignent. Cratippus Peripateticorum omnium quosquidem ego audierim , meo judicio , facile princeps ( 1 ). Mar-quons à propos de quoi on lui donna cet éloge, ce fut endisant qu’il étoit allé de Mitylene à Ephese pour saluer Ci-céron, qui s’en alloit commander dans la Cilicie (2). L’é-xorde du prémier livre des Ofices de Cicéron est un autretémoignage du mérite de Cratippus. Quamquam te, Marcefili, annum jam audkntem Cratippum, idque Athenis, abun-dare oportet praceptis inftitutisque Philosophia,propter summumer doâíoris auHoritatem ,& urbis, quorum alter te scientia au-gere potest, altéra exemplis, tamen &c (3). On trouve unéloge encore plus fort au troisième livre du même Ouvrage.tfiluamquam à Cratippo noflro, principe hujus memoria Philo-fophorum, hac te ajstdue audïre atque accìpere confido, tamenconducere arbìtror talibus aures tuas ■vocibus undique circumso-nare . . . suscepisti onus prœterea grave c? Athenarum cr Cra-tippï : ad quos cum tanquam ad mercaturam bonarum artiumfis proseSius y inanem redire turpijfimum est dedecorantem erurbis autloritatem er magistri (4V
( B ) il ne s’opiniâtra point à disputer avec Pompée fur laProvidence divine, j Pompée, après la bataille dePharfale,fe fit mener à Mitylene pour y prendre son épouse ( 5 ). Hn’avoit pour toute Flotte qu’un Vaisseau d’emprunt. Leshabitans accoururent au rivage, 8c le prièrent d’entrer dansleur Ville. II les en remercia. Le Philosophe Cratippusfut un de ceux qui allèrent le saluer. Pompée fe plaignit erdisputa un peu avec luy touchant la Providence divine : en quoyCratippus luy cedoit tout doucement, le remettant toufiours enmeilleure espérance, de peur qu il ne luy fuft trop ennuyeux L?importun s’il eust voulu à bon escient contester a l encontre deses raisons: source que Pompeius luy eut peu demander quelleProvidence aes Dieux il y avoit en son fait, & Cratippus luytust respondu, que pour le mauvais gouvernement des affaires àRome, il eftoit besoin que la chose publique tombaft entre lesmains d un Prince souverain : puis il luy eust à l aventure
demande. Comment , c o“ à quelles enseignes veux-tu Pompeius,que nous croyons que tu eusses mieux usé de la fortune, st tufusses demeuré vainqueur, que ne fait ou fera Césars Mais il
faut laisser cela ainst comme il plaift aux Dieux en ordon- («) ri? 1- 1ner (6). Cratippe fit là un coup d’habile homme. Si toute Pom ?L°’fa science eût été celle du Coilege, il eût poursuivi Pompéejusques au rembarquement, Sc eût voulu avoir le dernier. 4 , 1 ,
11 eût poussé ses Lieux communs jusqu a la dixieme repli- d’ And 01-que, & il se fût fait un point d’honneur de le vaincre dans ladispute plus pleinement que César ne l’avoit vaincu dansune bataille rangée. 11 n’eût point compris que les circons-tances du tems ne demandoient point cela , & qu’il fauttraiter les passions de lame comme les maladies du corps.
La purgation & la saignée, qui peuvent sauver la vie a unmalade, st l’on s’en sert à propos, la lui ôtent, si on lesemploie à contre-tems. Disons le même touchant les pas-sions; il faut bien prendre son heure, si l’on veut travail-ler heureusement à les guérir. II n’y a rien de plus impor-tun que certains Consolateurs, qui veulent à toute forcequ’on leur avoue que l’on a tort de s’afliger. Vous rédui-rez mieux à la raison les personnes afligées, si vous leurlaissez quelque avantage ; laissez vous vaincre quelquefois,ne répondez pas à toutes leurs réfléxions, ou si vous voulezles réfuter, faites-le de biais, & d’une maniéré indirecte, &assaisonnée de condescendance, 8c enfin soiez le prémier àvous taire, réservez-vous pour une meilleure occasion. Letems disposera le malade à profiter mieux de votre Philo-sophie.
Impatiens ariimus, nec adhuc traHabilis arteRespuit, atque odio verba monentis habet.
Aggrediar melius tune, cum sua vulnera tangisam finet, O 1 verts vocibus aptus erit.
G)uis matrem, nifi mentis inops, in funere nattElere vetet ? non hoc illa monenda loco.
Cum dederit lacrymas, animumque impleverit ngrum ;
llle dolor verbìs emoderandus erit. .
Temporis ars medicina sere est. data temport prosunt , (7)
Et data non apto tempore vina nocent. de ss el '' i f.
<suin etiam accendas vitia , irritesque vetando ; Arn °s r
Temporibus fi non aggrediare fuis (7). :IÎ ’
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