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Tome second. C - I.
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CRATIPPE.

heurs de ce Général Romain le rendoient mal propre à Te soumettre aux raisons qui eussent pu luiêtre alléguées II íâvoit J'^ijeu^ s’humamler â ^ ^ Í? défont

U Divination, 8ç y .-àà m.

1 lit , w.^ui rLuuit w , reiette ou a demi certaines doctrines: on

inconvénient qu on n evite presque ì^mais lo s qu on 1 q étoienc favorables aux sen-

- lui montra que les raisons qu’il emploioit poui loutenn ce qu » «isefonoit d ins Athe-

timens qu’il ne retint pas [d ). iVlonsr. Moren a dit lans nulle ìailon qu enlugnoit dans Ath

nese« 706 de Rome (/). CREMO-

(f_)IÎ étoìtêii*core a Mitylt~m après IaB ataille dePbarfale en705 , (& no%pas comme ditJonsius,/>4g.2vz, en 7065)& personne ntnom aprendqu? il en sortitVannée jai"

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^“tas causasJ'tofer cbtí-lik ‘ ! fln optimac *ncidit . Ci-'ero, Epist.Ai r LtbriH/ ad At-

lieuin.

[*) c Ilu*M C .

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Notre Cratîppe n’ignoroit point ce secret, 8c il sut très-bien le pratiquer envers Pompée. Ce grand homme n’é-toit point alors en état d’entendre raison sur le chapitre dela Providence ; sa plaie étoit trop fraîche : on eût augmen-té son dépit par une forte réfutation de ses murmures. Lacontradiction, n’auroit servi qu’à siniter 8t qu’à le cabrer.Us étoient un feu que l’on eût fait croître en le secouant,& que l’on pouvoit espérer de voir éteindre de lui-mêmepar faute d’agitation (8). II valut donc mieux renoncer àla dispute. Tout homme versé dans la conoissance dumonde eût pris ce parti ; mais un Savantasse , un Philo-sophe qui n’auroit été que Philosophe , auroit fait tout lecontraire. Notez qu’il y a des Ecrivains du XVII íiecle,qui asturent que Cratippe débita effectivement les réponsescontenues dans le Passage de Plutarque , que j'ai raportéci-deffus. Gens admirables ! qui se croient mieux inlhuitsde telles choses que les anciens Historiens: ou pour mieuxdire , qui ne prenant pas la peine de consulter les Ougi^naux , pervertissent Lc défigurent l’Histoire. Le Jésuitemsselius supose que Cratippe dit à Pompée , que vu lesdésordres de la République , il saloir que Rome peut amoins qu’elle ne fût gouvernée monarchiquement (9). IIajoute que ceux qui ouïrent cette réponse , demandèrenta . Cratippe ; Pourquoi donc les Dieux , s’ils font sages , ont-us mieux aimé accorder cette Monarchie à Jules Césarqu a Pompée ì 8c que ce Philosophe répondit, Savez-vousu Pompée auroit mieux régné que César ? les Dieux seulsle savent (10). Faut-il s’étonner que les Nouvellistes ra-Pprtent mal ce qu’on leur a dit? Les Auteurs raportent-ilsbien ce qu’ils ont pu lire dans Plutarque ? Ils ont pu y lireque Cratippe prit le parti de se taire , parce qu’autrementil auroit falu répondre ceci Lc cela, Lc ils ont l’audace d’as-àqt qu’il répondit toutes ces choses ; & qu’après les avoirdebitées, il se retira pour n’être pas obligé de répliquer desveritez ofenfantes. Inter hue ne Pompejo, se pluribus for-tuits impugnaturo , veridicis refponjìs moleftiam aggravant ,obtuuìt Cratippus, cy abìvit (11).

Disons en passant, qu’on a observé que Pompée ne com-mença d’être malheureux , que lors qu’il soutint le bonparti (12). Vous allez lire cela dans un Passage de la Mo-the le Vaier", où vous trouverez un jugement bien con-traire au mien fur la conduite de Cratippe. II y a une pru-dence qui est pleine de vanité , cy qui ose mesme dans faprésomption trouver à redire aux arrefls du Ciel , cy con-troller ses disposttions. Telle estait celle de Caton , quand il de-mandait ou estait la Providence d-'enhaut , qui soustrait quePompée fust invincible , lorsqu il ne saifoit rten de raisonna-ble , ey quil ne travaillait que pour sa seule ambition ; anlieu quaiant embrassé depuis le bon parti en faveur de laliberté publique , il n’avoit plus de bons faccìs , cy suc-combait sous César qui en estait l'ujurpateur (*). Pompéeluy-mesme abondant en son sens tint de semblables discoursan philosophe Cratippe dans l’Iste de Metelin après fa routede Pharsale. Plutarque loue ce Philosophe d'avoir condescen-du prudemment aux sentiment de ce grand cy infortuné Ca-

Jizj L*MoiVie \c

Dia-Iojmc VI de1 a Viouu-.r.A-dî, a U fA-vr 1 *4 duXIU Tomedc /ri OfW-vrrì. Votez.dttj]ì p<ig. 146,«ft ii réfuteceux e^ui eu-íuéem Craltp-t'-

(uj 'Eçvft.XXI UtirìXVI Cicé-ron. ad £ a-nuliases,

(r;) Epist.XVI L<triXII C.icero-nis ad Fami»tiares.

(z 6 ) Ibidem,Epist. XXI,Libri XVI.f a S- 4S7-

(i?)Jonsius }de Scriptor.Hist. îhii.pag. 203.

Professeur : il saifoit de bons progrès fous un tel Maître , &c’est pour cela que Trebonius le voulant mener en Asie, ré-solut d’y mener aussi Cratippe (15). Celui-ci avoit amenéde Mitylene à Athènes qu .lques Savans qu’il considéraitbeaucoup. Je ne doute point qu’il ne les eut élevez. SonDisciple écrit comme une bonne nouvelle, qu’il a voit aveceux une grande liaison. Utor samiliaribus cy quotidìanis con-viâíoribus quos secum Mitylenis Cratippus addnxit bominibusey doclis cy illi probatijstmis (16). Regardez cela, íi vousvoulez , comme une marque que Cratippus saifoit de bonsEcoliers. Notons ici une erreur de Jonlius ; il dit que lefils de Cicéron eut beaucoup de part à la familiarité de cePhilosophe à Athènes l’an 708 (17). Mauvaise chronolo-gie ; car le Traité des Ofìces , composé après la mort deCésar , fait foi qu’il n’y avoit qu’un an que ce jeune hom-me étudioit à Athènes fous Cratippe.

(D) Les raisons .... pour soutenir ce qu il retint, étoientfavorables aux sentimens qu il ne retint pas. ] II admettoit ladivination des songes , & celle de 1a fureur , & voici sonHypothèse. II disoit que lame de I’homme tirait en partie'son origine d’un entendement divin qui est hors de nous,

& que la partie de notre ame qui sent, qui se meut, &qui deíìre , n’est point séparée de faction du corps ; maisque la partie, qui est douée de raison & d’intelligence , aplus de vigueur lors qu’elle est moins attachée à la matiè-re (18). II se fondoit sur une opinion d’Aristote qu’Aver-roes a dévelopée , pour en tirer la doctrine monstrueused’un intellect universel qui soit le même dans tous les hom-mes. Après cela , Cratippe ramassoit des expériences, ilraportoit que l’événement avoit confirmé tels 8c tels son-ges , telles & telles prédictions , & puis il raisonnoit decette maniéré. On ne peut voir fans les yeux , & il arri-ve quelquefois qu’ils ne font pas leur devoir ; mais pour- 'vu qu’ils nous découvrent une fois la vérité, il est sûr quenous avons des organes qui la voient. Pareillement , s’iln’y avoit point de divination , on ne pourrait jamais de-viner ; mais de ce qu’il y en a il ne s’ensuit pas que l’ondevine toujours : or on devine quelquefois, il faut donccroire qu’il existe une faculté de deviner (19). Qu’il mesoit permis de dire que Cicéron se soucia peu de Inexacti-tude dans cet endroit de son Ouvrage: je ne pense pas qu’onpuisse exposer avec plus de négligence l’opinion d’un hom-me : je le prouverais aisément 11 c’étoit ici le lieu de repré-senter les loix exactes du parallèle, ou des antithèses. IIréfute plus nettement la comparaison de Cratippe & sesconséquences. II dit que les yeux qui découvrent la véri-té , font dirigez par la nature & par le sentiment ; maisque si notre ame devine la vérité ou par des songes , oupar des extases, c est un cas fortuit (zo). Les conséquen-ces de Cratippe étoient fondées fur l’Hypothese que ce n’é-toit point le hazard qui avoit fait que tant de songes, &que tant de prédictions s’étoient trouvées véritables. Ci- . , , . .

ceron lui nie cette Hypothèse , & lui soutient que le ha-zard avoit toujours fait cela , Lc puis il se sert d’un Argu- vatkinand,ment ad hominem : Vous rejetiez , lui dit-il, les Divina-

(i 8) Cicero*Liir. I deDivinat.Cap.XXXIf*

(i 9) 1 dm }ibid .

(20) O cuit"vera cernenttiutuntur na -turc1 atquefenfu. c^ 4 nimi

pìtaine , se contentant de luy donner quelque esperance pour tions des augures , Lc des haruspices , celles des AstraloV avenir. Mais je trouve q /,l eufi mieux fait d'avoir moins gués. Sx ; néanmoms estes ont «« q^quefoB 1^onfo mesde cette prudence mondaine , cy que représentant à Pompee aux evenemens : il faut onc ou q ■ J deux es-

le restJaui *(l st'» becrets du ToutpmJJant , il eufi à-propos, ou que vous admettiez fans raison vosdeux.es

c respeSt ejî deu aux —w#»

pu V éloigner mieux de son impiété , qui le saifoit blasphc .

contre des ordres dont noftre humanité ne scauroït compren-dre les motifs ni la fin , quoiqu ils tendent toujours au biengénéral de tous les hommes . La Philosophie de Cratippen eufi pas efté , ce me semble , moins prudente , ni moins con -folative , U prenant de ce biais-là ; & fi elle eufi efte pluss a ge , naìant rien de lafche, ou qui fiattafi les emportemensde Pompée , qui ne faifoient qu irriter davantage Dieu con -tl-C % (! 3 ).

peces de deviner. Je ne vois point ce que Cratippe eûtpu répondre. Exportons les propres termes de Cicéron,ils le méritent bien : Affumit Cratippus hoc modo , surit au-tem innutnerabiles prasenfiones non fortuite. : at ego dico nullam.Vide quanta fit controverfia , jam ajsumptione non concejsa nul-la conclusto est. At impudentes fumus , qui quod tam perspi-cuum fit non concedamus. §uid estperspicuum ? Multa vera ,inquit , evadere. <çstuid quod multo pturafalsa? Nonne ipsa.varietas qut est propria fortune, sortunam este causam non na-

veljomnìand&vera vide -runt,ufi fìtntfortuna atqueca(ù* Idem »ibid. Libr .II, Cap.

A LVUU

( G ) Il savoit charmer ses Disciples par les agrémens de fa turam este docet ? Deinde fi tua ista conclusto , Cratippe , vera

V lUp*‘ Cn JI.xirÁ.• Ai 1 n ~ a—i- L 2 - '7 __ VT .... n f . _ ‘ __ nsi s\v>v> n tv> t- oì ! f rr t e n si A n , J.'. J. » tT-

conversation dégagée de cette gravité péâantesque. J Nous trou-vons cela dans une Lettre du fils de Cicéron. Cratim mefiito, dit-il (îa), non ut difiipulum, sed ut filium este con-junSlistìmum nam cum & audio illum libenter , tum etiampropriam ejus Çuavitatem vehementer amplcílor. Sum totos diescu ”* eo , noclisque fetenumero partem. exoro emm ut mecumsapistìme cœnet. Hac introdutta consuetudme , stpe in-fijentibus nobis & coenantibus obropit , fubUtaque seventatephilosophie , humanisme nobifeum jocatur. §uare da operam«/ hune talem. tam jucundum, tam excellentem vtrum w

deas

quamprimum. Voilà un grand éloge qu’il donne à son

est (tecum enim mihi res est) nonne mtelltgis eadem uti poste eyaruspices, cy ftdguratores interprètes ostentorum , or augu-res , ey fortilegos , cy Chaldtos , quorum generum nullmnest. ex qtto non aliquid , stcut pradiéïum fit , evastent ? Ergoaut ea quoque généra divinandi f un t. que tu reblistme impro-bas : aut st ea non fant , non intelligo quur hec duo stnt quarelinquis. S[ua ergo ratione hec inducis , eadem illa pos-funt este que tollis ( zi )- Je ne doute point que le Cra-tippus que Tertullieii a mis dans le Catalogue de ceux,qui ont fait des Livres fur les songes (zz) , ne soit lenôtre.

(21) Idem,ibidem,

( 22 ) Tertul-lian. Libr, dffAnima*