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Tome second. C - I.
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C R E M O N I N* CRESPET. G R E S P I N. LL/

doue contre les Jésuites. Ses qualitez n’étoient pas conues à l’un des Historiens du Comte d’Ul-lefeld ( E ). Le Pere Rapin s’est fort trompé le faisant fleurir au XV íîecle (d) dans l’Acadé-mie de Pifo (s). ’

(L) Ses qualitez. rì étoient pas conues à, l’un des Historiens duComte d’Ullefeld . ] Cet Historien s’apelle RouiTeau de laValette : fa Nouvelle Historique intitulée Le Comte d’Ulfeldfut imprimée à Paris l’an 1677. On y trouve que ce Com-te aiant mérité par les folies de fa jeunesse que son pere le

chassât , fit rencontre du Seigneur Crehionini noble Vénitienà Padoue, lia avec lui une amitié très-étroite , 8c profitatellement de fa conversation pendant un an , qu’il a sou-vent avoué qu’il tenoit de lui la meilleure partie de ce qu’iìíâvoit.

j O R ESP E T fPiERR e) Religieux de l’Ordre des Celestins, & Prieur de leur Couventde Soiflbns, publia au XVI siecle divers Ecrits ( , qui faifoient voir qu’il lisoit beaucoup , &

fl u st compiloit force Recueils tant des Auteurs Ecclésiastiques , que des Profanes. On voit danse Moreri qu’il étoit natif de Sens (a) , ôc qu’il mourut l’an isÇf. 11 ne faloit donc pas ajouterqu st a vécu dans un siecle ok les belles Lettres étalent fort négligées.

{A) Il publia divers Ecrits.'] Son Jardin de Plaisir tir deRécréation spirituelle fut imprimé à Paris en 1 Volumes in8 , l’an 1602. C’est une Edition qu’il avoit revue 8c cor-rigée. Elle est divisée en cinq Parties , qui contiennentdivers Discours, tant de la nature, origine, conditions,ef-feéis, tir énormitez des Pechez ausquels on doit fermer l’en-trée ou les extirper du Jardin de t Ame: comme de la na-ture , effeéls admirables , dignité , tir excellence des Vertusqu on y doit planter , tir donner heureuse accroistance. IIy joignit un Irai il ê encomiasiique de l’excellence de la Ver-tu de Chasteté , Virginité , tir Continence , quoi qu’il eûtdéja suffisamment traiâlé de ces belles vertus es stx livres

de Continence , qu il avoit traduits du Latin de Monfieurd’EspenJe en l’Epistre liminaire desdits livres, tir derechef enfa Grenade mystique, Traiéïé 1 , Seâl. 9(1). L’Epitre Dé-dicatoire du I Tome de ce Jardin est datée du 1 d’Octobre1586, 8c celle du II Tome du 1 de Mai 1587. II citequelquefois dans ce Livre ses Discours fur l’origine » l’ex-cellence , 8c l’Immoitalité de l’Ame. II a fait aussi desDiscours de la haine de Satan , qui ont été souvent citezpar Martin del Rio dans ses Disquifìtiones Magies.. II pu-blia de plus en Latin Summa Ecclefiastics Disciplina C y to-tius suris Canonici.

diligence à l’impreflïon de plusieurs

Qexicon Grec & Latin (yf), & à celle du Martyrologe des Protestans {d). 11 mourut de peste

a Ceneve l’an if 7 Z ( e ). Ëuítache Vignon son gendre continua de faire fleurir cette Impri-merie (/). Valere André Deflelius raporte que Crespin fils d’un Jurisconsulte d’Arras étudiaClt n à Louvain, & qu’il y eut entre lui & François Baudouin une très-longue amitié, Scflust six (j es Notes p ur j es instjtutes, & un Traité des Apostats (B) &c (g). II ne dit rienun Ouvrage qui a été rimprimé fort souvent, 8c que Baudouin méprisoit beaucoup ( C),ous trouverez dans Moreri quelques faits que je n’ai pas voulu répéter , & quelques fautesque je marquerai ci-dessous (D). Je marquerai aussi celles de l’Histoire de l’Imprimerie (E).

Conrad

(A) ll s’apliqua ... à l’ìmpreffion . . . d'un Lexicon Grttir Latin.] Ce ne fut pas en 1595, comme Valere André (1) , Sc Mr. Konig (2) rassurent; car il mourut l’a1572. II y a beaucoup de Bibliographes qui bronchent à celte pierre : ils attribuent à un homme les Editions mêmes dson Livre qui ont été faites après fa mort.

[S) ll fit ... un Traité des Apostats. 1 C’est un Commentaire fur la troisième Loi du Code de Apostatis. II 1fit en faveur de Calvin contre Baudouin ; 8c pour l’oposer aiCommentaire de ce dernier fur les Loix de famosis Libelli.Baudouin s’en plaint aigrement, 8c se déchaîne contre ceancien Ami avec lequel il avoit fait ses études, (3 ).

(C) ll ne dit rien d’un Ouvrage quia été rimprimé forsouvent, tir que Baudouin méprisoit beaucoup.] Crespin y étala son zélé contre le Papisme, 8c pour l'instruction des Réformez. C’est un Livre intitulé L’Estat de l'Eglife avec ldiscours des temps depuis les Apostres jusques au présent. Jl’ai cité quelquefois. L’Edition dont je me fers est celle dBergue-op-7.oom 1605 , in 4 , revue 8c augmentée paJean Taffin Ministre de l’Eglife Françoise de Flessingue:Voici le jugement injurieux que Baudouin faisoit de ctOuvrage de Crespin : Si qua unquam suit putida tir insuljfarrago vanitatis atque falfitatìs, st qua impur a sentina fabularum atque âviropyciaç, illam proseélo este altistima voce projteri cogimur (4). Notez que Baudouin parloit alors commun ennemi de l’Auteur.

(Dj Vous trouverez . . . quelques fautes dans Moreri, quje marquerai ci-destous. ] I. Crespin ne se retira pas à Gentve dans le destein d’y faire imprimer des Livres. 11 s’y retirpour la liberté de conscience. II est vrai que lui 8c Thecdore de Beze songèrent d’abord à s’associer pour dresseune Imprimerie (5) , Lc que Beze aiant trouvé un autremploi, Crespin éxécuta seul l’entreprise. Mais cela ndisculpe point Mr. Moreri; car ses paroles ne représensent tien moins que ce qu’il faloit aprendre aux Lecteur:Elles signifient nettement que Crespin alla à Geneve pouY chercher des Libraires qui voulussent imprimer les Liv jes ou qu’il avoit faits, ou qu’il avoit ramassez. II. 1n est point vrai qu’avant que d aller a Geneve il eut dej,publié Hésiode. Nomenclatura aâlionum. Institutienum Imperialíum Hé. /p-, ]]{ jsjs qu’à Geneve la pauvreté 1 ai

obligé de servir pour avoir dequoi vivre. IV. Ni que Balduiiaprenne cela. Si nous voulons trouver la source de la plupart de ces fautes, nous n’aurons qu’à jetter les yeux suces paroles de Valere André: Vixit dein in Gallns profeffiontypographies ac literaris exercitationis clarus: u s us dnnos mut° s st f co Franc. Balduino, quoeum d pueris educatus suerai

ïo™£ tamen P 0 stea omnis humanitatis non minus quan

juris oblitum fuisse, ex quo factus est scrvus Allobrox, scri-bit Bald. in Responfione sua ad Joan. Calvinum p. 89 (6).Voilà ce qui a fait dire à Monfr. Moreri que Crespin avoitpublié des Livres avant que daller à Geneve, 8c qu’aprèscela il fut valet. II n’a nullement compris le sens des pa-roles de Baudouin. Elles signifient que Crespin avoit ou-blié tous les devoirs de l’humanité & de la justice, depuisqu’il s’étoit soumis au joug de Calvin. Je m'étonne queMr. Moreri n’ait cru que Baudouin a voulu dire que Cres-pin oublia depuis fa révolte tout ce qu’il favoit de Jurispru-dence. II y eût eu là du merveilleux, 8c ce ne feroit pasla prémiere fois que l’on auroit débité que le changementdé Religion fait perdre aux gens leur esprit, leur style, leurscience, 8cc.

(£) Je marquerai . ... les fautes de l'Hìsioire de l’Impri-merie.] On y voit (7) I, Que Jean Crespin aiant étudiécinq ans à Louvain, vint ensuite en France pour y aprendre leDroit avec François Balduin son intime ami, sous Gabriel Mu-dé tir autres Doâleurs en Droit. II. 'Qu’il s’y rendit très-cé-lébre dans l’éxercice de l'Art de l’Imprimerie. III. Qu’il yimprima très-correctement un nouveau Testament Grecen 1564, Homère 8c Theocrite en 1570. En IV lieu,qu ’ il fut obligé de fe retirer à Geneve pour le sujet de la Reli-gion oh il composa tv imprima Lexicon Crispini in folio tir inSjjtarto. V. Que Casaubon étoit un de ses Auteurs. Unmensonge de Valere André en produit ici plusieurs. II a eutort de dire que Crespin se rendit célébré en France parl’éxercice de ì’Imprimerie ; car Crespin ne commença cemétier qu’après fa sortie de France. Mais on a bâti d’au-tres erreurs fur ce mauvais fondement de Valere André.On fupofe que Crespin ne se retira à Geneve qu’après l’an1570. On veut qu’avant ce tems-Ià il ait imprimé enFrance plusieurs Livres, 8c que son Lexicon soit postérieurà l’année 1570. Cela tombe dès qu’on établit cette vérité,qu’il fe retira à Geneve environ jan 1548, 8c que son Le-xicon Grsco-Latinum parut avant 1 année 1562. Tu .

oblitus te aliquando Lugdnni fuisse Sebastiani Gryphiì manci-pium, bono tir honesio, id eft tui penitus distìmili viro ( Crìspi—no ) vitio vertis quod Lexicon Grsco-Latinum , quale ante edi-tum fuit, maximo tum sumptu tum labore in publicum emise-rit - ( 8 ). Voilà comment parle Beze dans la Réfutationd’un Ouvrage que Baudouin avoit publié l’an 1562. Lesautres fautes de l’Histoire de l’Imprimerie font telles queValere André n y a point de part. Il a dit de la maniérédu monde la plus distincte que ce fut à Louvain, 8c nonpas en France, que Crespin ouït les Leçons de Gabriel Mu-deus 8c des autres Professeurs (9). II n e dit point queCrespin alla en France avec Baudouin. Souvenez - vousE f bien

(e) Rapî* iRefìéx. sur1a philosop.

fier cftfiì jV-toit fait Celei '■tin de Paris ,

(r) Crespet,Jardin dcPlaisir ScRécréationspirituelle,

a U fin du H7orne 9 pag*m . 451.

primé en La~tin , in t , PanISS 6,&puistn^ 9 Pan1540.

(e) Beza,Epislola,LXIV ypctg,278 Tom. Ut

Opemm.

(f) ldem 9Prxfat. Tom 9ll Operum.

(g) Valer.AndréasDefTelins,Biblioth.Belg. pag,4 * 7 .

(6) Valer.Andréas,Bìbl. Bclg.

pag. 4Í7.

(7) BaCaiLle.Hist. del’imprime-lie i+í,

(í) Beza,Refpons. adFrancise.Balduin. psg.216 Tarn. llOperum.

{ \9jL0vaniti1umistus Oa-brielem Mn-dxum alios-que Anttcts-jires quin-quennium fa-tum a N t csditsm tìsl-ìiom AudivitiVal. Andr.Bìbl. Bel*.pag. 487*