C R I T I A S.
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(0 x travaillé âe toutes ícs forces à faire que ceux qui étoient chassez d’Athenes par la faction desphon' B °J 4r trcnce Tyrans, ne trouvassent aucun asyle dans la Grece (c) ; car on menaçoit de la guerre lesGiïco Geltis V ^ es ^ es recevroient (d). On avoit bani tant de gens qu’ils furent capables de former une. ïc ° r ‘ e fpece de petite armée , qui résolut de rentrer par force dans la ville , & de la remettre en liberté..tifs s ' em P at 'érent du Pirée fous la conduite de Thraíybule, & aiant été contraints de l’abandon-phist So ' n ? r » ne perdirent pas pour cela courage (<?) j ils soutinrent deux combats avec beaucoup devi S ueur 5 2c dans le dernier ils tuèrent Cfitias qui se batoit vaillamment (/). Voilà quelle futla fin de ce personnage, recommandable d’ailleurs par fa Nobleífe (D ), par l'on Eloquence (E) ,2c par ses Vers (F). II a été plus loué de Platon, que de Proclus (G) le Commentateurde Platon. On l'a mis au nombre de ceux qui dogmatilérent contre l’éxistence de Dieu (//).
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(D) II étoit recommandable ..... par sa Noblesse.] 11deícendoit de Dropide frété de Solon. Ce Dropide futpete de Critias, celui-ci de Calaeschrus, celui-ci de notreCritias. On prétend que Solon defeendoit de Codrus Roid’Athenes, ôc qu’en remontant plus haut on trouvoit Ne-lée & Neptune parmi les chefs de fa race ( ro). Pour ledire en passant, je fuis étonné que Proclus , fur un Passagede Platon très-capable de réfuter ceux qui assurent queDropide étoit frété de Solon, fasse un Commentaire où ilse déclare pour cette fraternité , sans répondre à l’Objec-tion que son Texte peut fournir. Critias y dit ( 11 ) queSolon avoit fait un certain Conte à Dropide ; car, ajou-te-t-il , Solon vivoit familièrement Sc cn bon ami avecDropide, si* jkív sv tÌKuoç x.xt (rpóè'ça, (piÁoçt Allegue-t-oncette raison s’agissant de frere à frere ?
(£) . . . par son Eloquence.'] Voici ce que Cicéron endit: Huic atati suppares Alcibiades, Critias, Theramenes, qui-bus temporibus quoi dicendi gémis vìguerit,ex Thucydtdis scrip-tis,quiipse tum fuit, intellïgi maxime potefi : grandes erant ver-bis , crebri sententiis, compreffione rerum breves, c 7 ob eam ip-sam causam interdumsubobsouri (12). Denys d’Halicarnaffea donné une idée avantageuse de l’Eloquence de Cri-tias (i z) ; mais il la fait d’un caractère tout différent de celuiSue Cicéron vient de décrire. II est visible que Cicéron aprétendu , que pour conoitre l’Eloquence de Critias , il nefaut que considérer le style de Thucydide. 11 a prétendu*ans doute que cette maniéré concise 8c sententieuse deS exprimer, qui régné dans ce fameux Historien, étoit à lamode en ce tems-là , & que Critias 8c les autres Orateursstu il nomme ne suivoient point d’autre méthode dans leursHarangues. Denys d’Halicarnasse au contraire nous assu-re que Thucydide n’avoit point d’imitateurs,, 8c pour leprouver il renvoie ses Lecteurs à Critias nommément. Adrot autem qui Thucydtdis orationem ad veterem atque illis tem-poribus ufìtatam dicendi rattonem teferunt, neque obscuro ne-que prolixe mihi sermone opus erit. Squibus illud dici potefl;cum multi effient Athents v Oratores, c? Philosophi, quo tem-pore hélium inter Peloponnenses atque Athenienses gercbatur,ne-minem tamen repertum ejse,qui hune dicendi modum usurpant,neque Andocidem , neque Antiphontem , neque Lystam, quiOratores erant : neque Critiam , neque Antifthenem , nequeXenophontem, qui Socraticam philofophandi rattonem fecíaban-tur (14). Cicéron , dans un autre endroit , change unpeu de ton ; il convient que Critias étoit moins concis queThucydide : je ne sai pourquoi il met quelque différencequant au tems entre Critias 8c Alcibiade ; car dans toute larigueur des termes, ils doivent passer pour contemporains.Je raporte les paroles de Cicéron; on y verra qu’on avoitencore de son'tems quelques Ecrits de Critias. Antiquiffi-mi feresunt quorum quidem scripta confient, Pericles, atqueAlcibiades, cr eadem Mate Thucydides, subtiles, acuti, brè-ves , sententiis magis, quam verbis abundantes. Non potuis-set accidere, ut unum esset omnium genus , nìfi aliquem fibiproponerent ad imitandmn. Consequuti sunt hos Critias, The-ramenes , Lyfias. Multa Lyfi/t scripta sunt, nonnulla Critis ,de Theramene audivimus , omnes etiam tum retinebant illumPericlissuccum, sed erant paulo uberiore filo (15). Le PereCauíìïn compte Critias entre les anciens Sophistes, & lelouë beaucoup. Non obscuri quoque nominis inter veteresSophistas Critias qui in gravi genere dicendi exercitatiffimusfuit. Nec tamen gravitatem verbis poèticis aut dithyrambicisrnetiebatur, sed vocabulìs maxime propriis ut natura poflulat,c °ncinnabat orationem. lnfìgni pr&terca brevitate d magna■Atticifini temperie loquutus , nihil habet insolens aut ineptumD6). I] c it e Hermogene en fa faveur (17): j’aimerois mieux«ire remarquer à mes Lecteurs que Critias fut l’un des trenteí y s ans d’Athenes, que de l’apeller simplement Sophiste. Jeuerneure néanmoins d’accord que Philostrate donnant trop^.fendue à ce mot, a mis Critias parmi les anciens So-phistes. Nous avons vu qu’il en fait un scélérat, 8c nousallons voir qu’ìl le loue extrêmement du côté de l’Elo-quencc. Ti,» ií icéia Ttf r.íyit boy/íxaiítt; b Kçitimç ycci 7 tù-
, o-tU'/oMyr.ra.i te \/.usdnaraç , d Tr,v S&upaufiácii,r p(tn)Myl cu , y.a.su<f>íúyn<rus èf rù srecvóuuru ,
«aA i K Ta», xvpiurásm o-vyx-ciftsvw K «.ra (pont ,
V" riít cab p u. **', {iça.xv>.oyissTa. r - at °e>»L; , xubaTrac-
P-.tot uzroXoy icaç j c/.myis.'jru te ar- uy.çuT&iç , xbr ex 0 av-F enu s vero orationis Critk fuit sententiarum gravitate wjutlici, ornatum. idem in gravi dicendi genere exercitatiffimus’ 1 ss am quidem gravitatem non dithyrambis intonabat, ne-que ad poëtica verba confugiebat,sed vocabulis maxime propriisut natHra postulabat. Video namque hominemTOMe'^T ^ oc ï Uent em, C in defenfione altos subtiliser car-
pentem. item neque maie neque immoderate attìca lingua diJse->rentem (18). Je laisse le reste de son caractère raporté pirPhilostrate : il se plaisoit aux paradoxes, & à représenterune même idée par plusieurs traits détachez (19). Le ventde son Eloquence tomboit souvent , mais il étoit toûjoursplus doux 8c plus agréable que les zéphyrs (10). Une Let-tre de Philostrate nous aprend que Critias & Thucydideprirent Gorgias pour leur modele, 8c qu’ils lui furent rede-vables de l’élévation de leur Eloquence , accompagnée defacilité dans l’un , 8c de force dans l’autre. Kjití'«s bi
OéíKvbídijC b'K âysoisyreti 70 fiiyccr. 0 ytoiu.ot r-cci ?nv c í f- v »ccv-ù K£%. 7 r,fi£)/or fcsTcczrotbvTtc ël ccblb tìç ro oiy.siot , o fett
V 7 r toyrwrríatç , ó ò" xv V 7 tò iáuyç. Critiam vero cr Thucy-didem non clam est magnitudinem animi c? supercilium ab eo( Gorgia) acccpisse. Tranfiulerunt autem ad propria, alter adlingua promptitudìnem, alter ad robur ( z I ).
(f) . . . vparses Vers.] Plutarque raporte un endroitdes Elégies de Critias , dans lequel l’Auteur íaisoit souve-nir Alcibiade que c’étoit lui qui savoir fait rapeller, je veuxdire qui avoit proposé au peuple d’Athenes la loi qui le ra-pella. On ne peut pas prétendre que l’Auteur de ces Elé-gies soit un autre Critias, puis que Plutarque le surnommefils de Callaeschrus (zi) , 8c qu’ailleurs en citant le mêmeOuvrage il l’attribue à Critias l’un des trente Tyrans (13).11 s’est glisié une faute dans s Alcibiade d’Amiot : au lieude Critias fils de CalUschrus, on y voit Callias fils de Call&s-chrus. La même faute se trouve dans le Platon de Jean deSerres au Dialogue intitulé P r ot agoras. ìíotrucç est dans leGrec, & Callias dans la Version. Plutarque n’eít pas le seulqui ait cité les Elégies de Critias , vous en trouverez plu-sieurs morceaux dans Athenée : cherchez au livre X pageqzz, 8c au livre XV pape 666. Ce dernier Passage nousaprend que celui du livre 1 page a8 est tiré du même Ou-vrage de Critias. Je ne doute point qu’il n’eût composéd’autres Poésies. On ne sirvoit pas au vrai s’il étoit f Auteurd’un Poème intitulé Pirithdús .- les uns le lui attribuoient,les autres le donnoient à Euripide (24). Nous verrons ci-dessous s’il doit être distingué de l’Auteur du Livre de Pa-litia Laccd&tnonìorum.
(G) Il a été plus loué de Platon , que de Proclus. ] Person-
ne dans cette ville n’ignore que Critias possede tout ce dequoi nOUS parloilS. K çtrlca ëé tov orávTtç cl ríiic 'ícrfiít tíol-vòç iêimrva ovret át réyoficv. Critiam vero omnes utique hacin urbe,nullius eorum , qui dicimus, ejfe imperitum scimus (25).Voilà l'éloge que Platon lui donne : or il venoit de parlerdes avantages que l’on tire d’un excellent naturel, & del’étude de la bonne Philosophie. Voions ce que Mr. Petita observé sur ce Passage. Proclus in comnnntario ad hune lo-cum : O Kçit(«ç r,t (lit yendiuc, ui chvTE«; , qarvn
èe xca CptroTÍpat o-vnsrtdv, xat e’k«Ae~to iëiárqç /ii, /» pnro-troCdotç , êi E» lëiárAtç , áç r, ír eooloc ^îjc-1», Erat
quidem Critias generosa & vehementi indole , nec philoso-phicarum expers disceptationum ; sed ita tamen ut idiotainter philosophos, philosophus inter idiotas vocaretur ; utquidem historia testatur. Quod signifient hune quidem nonsuisse perfedîum in philosophia , sed tamen ingénia aptum , crmulta eruditionis (26). Notez fur ces deux dernieres pa-roles de Mr. Petit, que les expressions de Proclus nesemblent point signifier que Critias eût beaucoup d’érudi-tion. On peut passer fins cela pour Philosophe parmi lesignorans. Inter cacos régnât ftrabus.
(H) On l’a mis au nombre de ceux qui dogmatisèrent contreVexistence de Dieu.] Sextus Empiricus ne s’explique pointfur cela en termes couverts. ©Eoù 5 y«g, dit-il ( 2.7 ) , 0 )ttoAAoi ipjM-í» cïtui. TivÈç Ìí oòx. ihccf èírartf ol ire ft A tocyoputròv MîjAia», xoct Gslëafiov , r.ctì K»ít/«» tò» A Swaiov. Za plu-part des gens croyent qu il y a des Dieux , mais quelques-uns ,comme Diagoras, Théodore ,czCritias l Athénien , disentqu il n y en a pas. II expose dans un autre Livre les pen-sées de ce personnage. Critias, Iun des trente Tyrans d’A-thenes , dit-il (28), scmble-âtre du nombre des Athées. IIprétend que les anciens Législateurs voulant empêcher quepersonne ne fit du tort en cachette à son prochain , feigni-rent qu’il y a une Providence qui prend garde fi les hom-mes vivent bien ou mal, & qui punit ceux qui font mal.Selon son Système il avoit été un tems où les hommes dé-réglez comme des bêtes, & ne récompensant poùju les bon-nes actions, ni ne punissant les crimes, ne suivoient aucuneautre réglé que la loi du plus fort. Ensuite, st y eut deshommes qui établirent des peines, & alors la justice éxer-Çoit son autorité fur l’injustice , comme un maître fur sonesclave. On punissoit ceux qui faisoient quelque mal. Puiscomme on se fut aperçu qu’à la vérité ks Loix empêchoienî
F f 2 j»
(e) Xenoph.de GestisGrec. Libr m11 .
(f) Cornes,Nepos inThrasybulo-,Caf, 11.
(18) pírî-lostratus, inVitis So-phistaium,P a & S 05.
(Tp - ) Kûtí reá'TWtfí'TÛDÇii %ûbpí(f>
Kç/tÌk eiif’d.Cyìiìa tjuoqucdécor est feo -pis d'jsolutisuni l'oea in -hírere. ld.ibtd. Voilàjuftement ce(jtfon pou.r~roit dire deSeneque.
(20) Ibidem .
(21) Phî-lostrat. inEpist. adJuliam Au-gustam ,pa&887.
(22) KçiríxtQ KûlXAstlV-
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CtVTOÇ b
Títìçs\eys ísuç7rí7rcín>te.
Ex CritiœCallafcbrifilii ro^atio -fie , ut ipfebifie Elegiiscecinit. Plut.in Alcib.pag. 20 9,E m
(23) KgJTZitff<TOfp TÇiSL*
MyTcL yt vó-
h
Tetiç 4>.e-ytieut îv%&-tau. Critiasex trigìntAtyrannis op-tât in Ele-giis, Idem»jn Cimone»(*£. 484, E.
(24) Athen.Libr . XI ,P-’g. 49S.
(zs) riato,
in Timaco,pag. m. 104 s,
eI
■ (26) PetrusPetitus,•Miscella-near. Ob-servât./). 6 .
(zy) Sexe.Empir,Pyrrhon.HypotyposiLibr.Ill,*5Í-
(zs) Id. ad-versus Ma-thematicos»p. 318.