sr») Plu-tarch. dePlacitisPhilosoph.Lwr. 1 ,8»*st- VII,pag, 880, E.
(30) TétrasPetitus,Observât.Miscellan.Lib. I, Cap . /,P--L- 7 -
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des Raisonsde Monsr.Petit.
(31) Non•videtur iswcttis in ty-rannttm CA ~dere qtealisfuife Critiasdicitar im-putons , scvsis J
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CRITIAS.
Je ne serois pas surpris que
des Auteurs médiocrement versez dans la lecture des Anciens
ignoras-
les hommes de pécher publiquement, mais non pas de faireen secret une action mauvaise , il s’éleva un homme d’es-prit qui conut qu’il rendroit un très-grand service au genrehumain , s’ii faisoit ensorte que les médians craignissentdetre punis, lors même qu’ils péchéroient secrètement, 8cqu’ils ne feroient qu’avoir de mauvais desseins. II inventadonc un Dieu, c’est-à-dire une Nature immortelle qui volt8c qui conoît toutes choses : il lui attribua le gouvernementdu Monde, le mouvement des Cieux , les foudres, 8c lestonnerres, 8c tout ce en général de quoi les hommes ontpeur : c’est ainsi, concluoit-il, qu’un habile homme fitacroire aux autres l’éxistence dune Divinité. Sextus Em-piricus raporte les propres paroles de Critias, fans citer l’Ou-vrage d’où il les tire. Nous savons seulement qu’il les em-prunte d’un Poème ; car il cite des Vers ïambiques. Cequ’il y a d’embarrafiant est que Plutarque attribue les mê-mes Vers à Euripide, 8c qu’il supofe que ce Poète redou-tant l’Aréopage, 8c à qause de cela n’osant publier directe-ment son Athéisme, fit débiter ce méchant Système par unpersonnage de Théâtre (29): - T^ay/utSWa/ss ««-
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Xv&tjvoet vófoosv eiretyayf,. 1 77 u y ces o ccucç t 4 Çctvspà 7 a:yâìix.r,fittTan ítpyety lSma .70 , xpvtpx te iSíxav 770 AAa; , títé t/jc-otpòç àrr,p t 77 err,rvt aç hï àù sttviïí 7 Àcyqj rvtpXarai tjj*ttÂÍ&ziM, --«/ 77 tirât tu'kj ùyS-pávryt;, íî’j ÈVl Sxípiar àpS-ÍT(aAaîAA-v» âiç: , O'j tosut’ àxoúei xxi S A iT e í qípoysi t’ aym. Eu-ripides tragteus Poeta aperte quidtm profiteri hanc frntentiamnon est ausus , metuens Areopagiticum judicium : indicavit ta-men hac ratione : Sifyphum introduxit , qui eam proferret , tp-seque ei patroetnatus est ,
Incondita olim vita fuit mortalium,
Et belluina, viribusque ferviens.
Legibus dcìnde posttis ait injuflitiam fuiste represtam. Sed eumha aperta postent flagitia prohìbere, multi aittem occulte fré-tera perpetrarent, tum quendam callidum virum prodiiste , quidocuerit veritati tenebras mendacio offundendas , hominibusquepersuadendum este,
Quod fit perenni vita aliquis vigens Deus,
Qui cernât ista, 8c audiat, atque intelligat.
II est évident que le Système raporté par Sextus Empiricus,8c celui que Plutarque raporte, font toute la même chose. Ilsne diffèrent qu’en ce que Plutarque ne cite pas un aussi grandnombre de Vers que Sextus Empiricus, 8c qu’il attribue àEuripide ce que l’autre donne à Critias. Mais les Vers quePlutarque cite font précisément les mêmes que quelques-uns de ceux que Sextus Empiricus raporte. Là-dessus onpeut demander fi par un défaut de mémoire trop fréquentparmi les Auteurs grans 8c petits , l’on a donné à Critiasle bien d’Euripide, ou à celui-ci ce qui apartient à Critias ;ou s’il y a quelque autre moien de résoudre la difficulté ? IIme semble qu’un Médecin de Paris a été assez heureux enConjectures.
II croit qu’il y a une lacune dans Sextus Empiricus, c’est-à-dire que les Copistes ont fauté quelques Périodes qui con-tenoient ce que l’on avoit cité de Critias, 8c l’Avertisse-ment qu’on avoit donné qu’Euripide imbu de ce même sen-timent , l’avoit expliqué au long dans une Piece de Théâ-tre. Mihi probabilités videtur mutilum este Empirici librumquarn Plutarchi, nec ea modo qu/t ex Critia citabat avo subs-tradîa ,sed etiarn ipfius verba illa quìbus Euripidem eorum ver-fuum aieSlorem laudabat antequam versus ipfos poneret. Spuofane faílum putanàum est ut iis qui lacunam non adverterent,iidem versus Critia adscribi , ac nomine ejus citari ab Empiricoviderentur ( zo). Ceux qui lavent que de fort anciens Ma-nuscrits 8c assez bons ne contiennent pas tout ce qui setrouve dans d’autres, 8c que néanmoins on n’y a laissé rienen blanc , conviendront qu’il est fort possible que les Ma-nuscrits d’Empiricus soient mutilez en cet endroit-ci, en-core que récriture y soit continue. Mais quoi que j’a-quiesce à la Conjecture de Mr. Petit, je n’admets pas tou-tes ses raisons, 8c je m’en vais indiquer celles qui me sem-blent fausses.
I. II dit que , selon Plutarque, la raison qui contraignitEuripide à débiter son Système sous le personnage de Sisy-phe , fut la crainte de l’Aréopage: or, ajoûte-t-il, cettecrainte n’est pas vraisemblable dans un homme tel que Cri-tias , Tyran cruel 8c violent, 8c qui se moquoit des Loixdivines (31). Cette raison n’a aucune force; car la tyran-nie de Critias ne commença qu’après la prise d’Athènes:avant cela , il n’étoit considérable qu’à proportion de sesintrigues, 8c il étoit aussi responsable qu’un autre de fa con-duite ; desorte que s’il eût voulu composer une Piece de
jtetis humant eblittts, (y Deorum contcmptor. Petit. ìbid, pag. 5.
Théâtre, il eût été obligé de se ménager tout comme Eu-ripide plus ou moins. Le peuple d’Athènes 8c les Tribu-naux le pouvoient mettre à la raison, aussi aisément qu’ony mit Alcibiade sous prétexte d’impiété ( 32 ). II est fortprobable que si Critias avoit fait des Tragédies, ce n’eûtpas été depuis qu’il se vit au nombre des trente Tyrans, maispendant qu’il jouïssoit d’un plus grand loisir. Au pis al-ler , il est très - possible qu’il les ait faites avant que d’êtreTyran , 8c cela suffit pour réfuter la raison que j’ai ici àcombatre.
II. En voici une autre qui n’est pas plus forte. Critiasn’étoit point assez bon Poète , pour qu’on doive lui attri-buer d’auíli beaux Vers que ceux qu’Empiricus cite. Com-ment accorder cela avec Athenée, qui raporte tant de bonsVers de Critias, 8c qui le régale même de l’épithete detrès-bon (33), 8c qui enfin cite une Piece qui passoit oupour un Ouvrage de Critias, ou pour un Ouvrage d’Euri-pide? Lors que le public doute fi un Poème est d’un despremiers Auteurs qu’on connoisse , ou d’un autre , il fautque l’on soit persuadé que cet autre est un très - bonPoète.
III. Ce que Mr. Petit ajoûte, que puisque Platon (34)a reproché à Euripide d’avoir trop flaté les Tyrans, 8c d’a-voir loué la Tyrannie , la crainte de l’Aréopage convientbeaucoup mieux à ce Poète, qu’à Critias (35), me paroîtêtre un mauvais raisonnement. Car généralement par-lant , on ne voit nulle liaison entre préférer la Monarchieau Gouvernement Républicain , 8c n’oser dire directementsa pensée sur la Religion. Les louanges de la Tyrannie,qui ont été reprochées à Euripide, ne font autre chose quecertains endroits de ses Tragédies, où il décrit les avanta-ges du Gouvernement Monarchique : 8c st n’est pas étrangeque dans une Ville comme Athènes, où le GouvernementRépublicain étoit une source infinie de révolutions, 8c deconfusions, un homme d’esprit se laissât fraper par les Ma-ximes favorables à la Monarchie. Mais laissons cela, il nes’agit point de justifier le goût d’Euripide ; il s’agit de voirsi parce qu’il a parlé quelquefois de la Roiauté avec éloge,il a dû recourir à l’artifice que Plutarque lui attribue; c’estque n’osant se commettre avec les Aréopagites, il ne vou-lut point débiter lui-même ses impiétez , st les fit débiterpar Sisyphe dans l’une de ses Tragédies. On ne voit pasaisément que l’une de ces deux choses puisse être la consé-quence de l’autre: on voit clairement que s’il avoit décla-mé contre les Monarques, 8c pour le Gouvernement Ré-publicain , la prudence n’auroit pas laissé de lui dicter qu’ilfaloit craindre l’Aréopage, 8c se servir d’artifice dans le dé-bit d’une impiété. J’avoue qu’après un certain effort deméditation, on découvre qu’en donnant des louanges à laRoiauté , il eût pu devenir désagréable aux Magistrats desAthéniens, 8c que dès lors il eût dû croire qu’il devoir gar-der plus de mesures qu’un autre , 8c ne fournir point dematière de procès. Mais dans le fond, la Conjecture deMr. Petit scroit disputable (36); 8c en tout cas l’on ne mesautoir nier qu’il n’eût tenu son raisonnement sous trop d’en-velopes. Voiez la marge (37).
IV. Si le reproche que Platon fait à Euripide n’avoit étéallégué que comme un principe de la conclusion que jevais éxaminer, je n’eusse pas attaqué la Logique de Monsr.Petit de la maniéré que je viens de faire; j eusse vu facile-ment quelque liaison entre les deux choses qu’il a concluesl’une de l’autre. Voici comment il raisonne (38) : puisqu’Euripide a fait l’éloge de la Tyrannie, 8c qu’il a soutenuavec chaleur les intérêts des Tyrans, il est probable qu’il adébité fur le Théâtre les Maximes qu’on lui impute , carces Maximes font fort au goût des Tyrans. Tout va bienjusques-là; c’est-à-dire, qui admettra le principe, fera obligéd’admettre la conséquence ; mais le mal est que dans ceraisonnement il y a une proposition fausse. II n’est pointvrai que ce soit plaire aux Tyrans que d’enscigner des Ma-ximes qui tendent à effacer du cœur de l’homme les im-pressions de la Religion. Ceux qui font assez ignorans 8cassez déraisonnables , pour ne pas attribuer l’origine de laReligion aux impressions que Dieu lui-même a communi-quées à s esprit de l’homme , ne trouvent point de plusplausible suposition que de dire que ceux qui ont voulu do-miner ont inventé la Religion, a fin de tenir les peuples plusaisément sous le joug. L’Histoire nous fournit mille 8c milleexemples de futilité que les Princes ont tirée des supersti-tions du Peuple, soit qu’il falût l’encourager, soit qu’il sa-isit l’intimider : un Oracle de Delphes, une réponse desAugures, l’explication d’un prodige, ont été de grand usageen mille occasions pour les intérêts des Souverains. Ainsi,encore que par les mêmes machines on puisse faire révol-ter
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je demeure persuadé que Mr. Petit avance une |iae iue 1 ’
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Magistrats Athéniensmesures qu’un autrecette pensée est solidedans le fondlégere:
fous trop d’enveloppes. (38) Quidni igitttr Euripìdes tyrannis amtc#* »in j*lao Macedonum Régi haud fane admodv.m laudato , in amoribus , banctragœdia tyranmrum moribus consentaneam protulirtt : Htpote cfa-bits religi°ni/t machina theatralis ■, puaient posta habent m promptu , ad expedundttt^ Jpiam n$dnm * Petit. Observ. Miscell. Lìbr. J , pag, 7.
& en tout cas on ne sauroit me nier qu’il n’ait tenu son