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Tome second. C - I.
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229
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ignorassent cette vérité de sais, mais je trouve un peu étrange que lesavant. Mr le Fevre nel’ait ooint soë ([) L’endroit où Sextus Empiricusen parle a exerce 1 un de nos trinquesdernes { g ). Mr. Moreri a été fort peu éclairé sor cet Article ( K ), L- Voffius ne pouvoit passoi servir d’assez bon guide ( L ). CRITON.

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ter les peuples (39), il est néanmoins probable que, com-m e l’on ne prévoir pas tous les inconvéniens qui peuventnaître dune invention , les Souverains intelligens 8c habi-les auroient fait forger une Religion, s’ils n'en avoient déjàtrouvé une toute établie. Que veut donc dire Mr. Petit,quand il supofe qu’Euripide, pour faire sa cour aux Tyrans,& en particulier à Archelaiis Roi de. Macedoine, a fait dé-biter un long rôle fur le Theatre- dans la vue de détruire laReligion ? Y a-t-il rien de plus propre à la ruiner , que defaire acroire aux peuples qu’elle n’a été inventée que pourleur servir d’épouventail , 8c qu’aú fond c’est une chimereque de prétendre que la foudre, que la grêle, que la tem-P e te font des châtimens dont Dieu fe sert contre le crime?Mf- Petit s’est réfuté si visiblement lui-même, qu’on ne sau-toir n’en être pas étonné: les Tyrans, dit-il (40), se mo-quent de la Religion, ils n’y ont aucun égard ; mais ils nelaissent pas de se servir de tous les moiens imaginables pourfaire que leurs Sujets obéissent éxactement à la Religion : &Par conséquent, lui doit-on répondre, Euripide auroit faittrès-mal fa cour aux Tyrans, s’il avoir débité fur le Théâtreun Système aussi impie que celui que Sextus Empiricus 8cElutarque ont raporté.

Mr. Petit a oublié , ce me semble , une des tassons quiprouvent le mieux que c’est Euripide, 8c non Critias, quidogmatisa de la sorte. II auroit dû alléguer que c’est assezla coutume d'Euripide , d’amener des personnages fur laScène qui débitent des impiétez. Son Bellerophon invec-tive le plus hardiment du monde contre la divine Provi-dence , 8c conclut à la nier, vu les désordres qui fe voientdans l’Univers, 8c l’opresiìon continuelle de l’innocence (41).le finis cette Remarque par dire que Monsr. Petit a cité unlong Paflage de Seneque , qui prouve que ce Philosophen . e regardoit que comme une fraude pieuse ce que les An-ciens ont dit de la foudre de Jupiter. §uïd tam imperitume fi > quant credere fulmina e nubibus Jovem mittere . ... ut!m punìtis sacrilegis , percujfis ovibus , incenfis ans , pecudes in-n »xias sériât. ... Si quaris à me quid fentiam, non exijìi-’fo tam hebetes fuijfe, ut crederent Jovem , aut non aqu.t vo-iuntatis , aut certe minus paratum ejfe. Utrum enim cum emijìtì u ‘bus innoxia capita perexteret, scelerata tranfiret, autnoluit justius mittere, aut non Juccejstt? Quid ergo secuti sunt,c um h oc dicerent ? ad coërcendos animas imperitorum sapientijp-^ lr j judicaverunt , inevitabilem metum , ut supra nos alt-‘ÌMd timeremus. Utile erat in tanta audacia fcelerum , aliquide J]e adverfum quod nemo jibi satis potens uideretur. Ad con-terrendos itaque eos, quibus innocentia niji mettt non places,posucre super caput vmdicem z? quidem armatum ( 4i). No-tez que Seneque ne nie pas que Jupiter ne lance la foudre,si par Jupiter on entend lame du monde , qui a produittout, qui conduit Sc qui réglé tout, qu’on peut nommerdestinée, providence, nature, inonde, 8c qui, à propre-ment parler, n est autre chose que l’univers même. Ipfeenim efi totum quod vides, totus fuis partibus indìtus , cr fesustinens vi sua (43). Les Spinozistes s’accommoderoientaisément de cette pensée. Quand on demande à Senequepourquoi ce Jupiter frape ce qû’il faudroit épargner, 8cépargne ce qu’il faudroit fraper, il demande du tems pourpréparer la réponse. At quare Jupiter aut serienda transit,aut innoxia ferit ? In majorem me qmsttonem vocas, cui suuslocus, suus dies dandus est (44).

(/)... Mr. le F ivre ne l’a point su.'] II l’a témoignéévidemment dans fa Note fur ces paroles de Plutarque :Combien encore eùt-il été meilleur pour ceux de Carthage, d’a-t>oir eu pour leurs premiers Législateurs un Critias zy un Diago-re, qui ne croioient ni Dieu ni Esprits, que de faire à Saturneles sacrifices quils lui faisoient (45)? Voici fa Note: „ Je» fai bien que Critias fut un homme emporté, furieux, 8cs> injuste, enfin le plus sauvage des xxx Tyrans. Mais il est» ici question d’un Philosophe , 8c non pas d’un Tyran.» C est pourquoi je croi qu’au lieu de Critias il faut lire" Théodore, qui fut autrefois un des plus célébrés Athées” ne Grece. On me dira qu’entre ces deux mots Kçit/« s» & <S>!icu„ç, il n’y a presque point de ressemblance pour» les lettres qui les composent ; mais il faut fe souvenir» que les Copistes Grecs abrègent d’ordinaire les mots qui" eommencent par S-t» , de forte qu’ils écrivent ©IWsç" a ^ ec un petit tiret sur le ©. Quoi qu’il en soit, Critias” nlì une faute ”. Voilà un Arrêt définitif, qui ne seroitP as échapé à ce Critique , s’il avoit su ce qui fe trou-p e dans Sextus Empiricus touchant Critias. II y a unAthd'k (46) , qui a mis ce Critias au rang des

(K.) Mr. Moreri a été fort peu éclairé fur cet Article.] I. IIo? àR>it point parler au singulier d’une Elégie de Critias, puisMue Plutarque 8c Athenée fe font servis du pluriel. II. On

auroit point dit que Sextus le Philosophe raporte un beaufragment dt lui , si l'on avoit su que ce Fragment est un

dogme abominable , un Athéisme tout pur. III. Critiasfils de CalUschre ne devoit point faire un Article à part; ilest le même Critias qui fut î’un des xxx Tyrans. IV. Onn’a point de bonnes raisons de nous donner un Critias His-torien Grec différent du fils de Callaeschrus ; on le verradans la Remarque suivante. V. Le témoignage raporté parClouent d’Alexandrie n’est point tres-avantageux à cet Au-teur ; car ce Pere ne fait que citer (47) quelques paroles deCritias , pour le convaincre d’être Plagiaire envers Euripi-de. Ce qui a trompé Mr. Moreri est qu’il n’a pas entendutoute la force de ce Latin de Voffius, illustre hujus Scripto-ris testimonium adducit Clemens (48). Cela ne signifie autrechose, linon que Clouent d’Alexandrie• cite Critias fur unsujet remarquable. Or cela n’emporte point que l’on lotte8c que l’on estime Critias. VI. 11 ne faloit pas douter quecelui que Plutarque cite dans la Vie de Lycurgue ne soitle même qui a écrit sur la République de Sparte, 8c qu’^í-thenée cite deux fois. Nous verrons bientôt que c’est une vé-rité certaine.

(i). zy Voffius ne pouvoit pas lui servir d’ajfez. bon

guide. ] II a cru fans nulle raison que Critias fils de Callœs-chrus n’étoit pas le même qui composa des Elégies, 8c quifut l'un des xxx Tyrans ( 49). 11 est facile de voir qu’iln’y a point là plus d’un Critias, 8c je m’étonne que Voffiusne s’en soit pas aperçu : il a dit expressément que Critias leTyran avoit adressé une Elégie à Alcibiade (50): or í lu-tarque cite une Elegie de Critias fils de Callaeschrus, danslaquelle l’Auteur parioit à Alcibiade ( y t ) : n’est-il donc pasmanifeste que Critias le Tyran, 8c le Poète élégiaque, 8c lefils de Callaeschrus, font une même personne ? Voffius nel’a pas toujours ignoré ; car dans ses Historiens Grecs il areconnu que le Critias dont Plutarque raporte des Vers dansla Vie d’Alcibiade, est fils de Callaeschrus ( ;z ). Nous li-sons aussi dans Athenée que Critias fils de Callaeschrus a faitquelques Elégies. Quant à Critias Auteur d’un Traité dela République de Lacedemone , Voffius n’a pas dû croi-re (53), mais savoir que c’est lui que Plutarque cite dansla Vie de Lycurgue (54). Pour le prouver, il suffit de direqu’Athenée raportant la même chose dont Plutarque faitmention, allégué pour son garant Critias Auteur du Traitéde la République de Lacedemone. Voffius décide que ceCritias n’est point le fils de Callaeschrus; il n’en donne pointde raisons, & cela fait que, comme je ne voudrois pas af-firmer qu’il ait tort, je ne voudrois pas non plus garantirqu’il a dit la vérité. II se pourroit faire que le même Cri-tias qui fut Disciple de Socrate , 8c l’un des xxx Tyrans,voulut montrer au public qu’il étoit tout à la fois Poète,Orateur, & Historien. II avoit laissé des Harangues ; Ci-céron 8c Denys d’Halicarnasse les avoient lues : il avoitlaissé des Poèmes; Plutarque 8c Athenée (55) les citent:pourquoi ne seroit-il point celui qui compost un Traité dela République de Lacedemone ? Je remarque qu’Athenéecite un Passage des Elégies de Critias , où il est parlé desdifférentes maniérés dont on buvoit dans les festins. Cri-tias s’étend beaucoup fur les louanges de la coutume quel'on observoit dans Lacedemone à cet égard. On ne bu-voit à la santé de personne; on ne buvoit point à la ronde;on ne faisoit point d’excès ; on gardoit un certain milieu quiraniinoit l’humeur guerriere, 8c la gaieté de? conversations,8c qui en un mot faisoit du bien 8c au corps 8c à l'esprit, 8crendoit très-propre aux fonéìions d’amour, & provoquoit unbon dormir.

Oí A y. y.-aulu0 V AV c t y.cp'.l tcIvuti totutos,

Héçe tPpev’ tiç iXupùc àtrctrípu ttÚvt ùttctytit,

Eí’ç te (piMPfioo-úvzìi '/Xarta.1 uítçiív te yíXattt.

'Toia.vtri êe 77sri' trápLtcti t oict/ jc.íç,

Tvdptyi te , Ktécret te xuXuo eh éçy‘ A fpoaItct,nstí 0 ’ vtrvov , 70V uufaátmv Xiptevct.

Lacedamonii juvenes eousque bìbunt ,

Ut ad capiendum scutum alacres totum animum vertant :Linguam vero ad hïlaritatem, modefiumque risum ;

Ea nimirum potatio corpori utilis est ,

Ac menti : juvatque multum ad Veneris opus,

Nec parum ad somnum consert, qui laborum portus est ($6).

Je remarque auffi que le même Auteur cite l'Ouvrage deCritias fur la République de Lacedemone ( 57 ), pour mon-trer les différentes maniérés de boire: 8c il fe trouve quece Critias fait la même observation que j ai déjà raportee;c’est que les Lacedemoniens ne portoient point de fautez.Cela est plus propre à prouver qu il n y a ici qu’un Critias,qu’à prouver qu’il y en a deux. Notez que Julius Pollux,qui a cité Critias une infinité de fois fans spécifier aucun Li-vre, a spécifié une fois l’Atalante (58), 8c une fois le Trai-té des Républiques ( 59)-

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(?) Mr. ré-tif , Mídtùndt P.-.ris.Votez. Ia 7 ^»MartjHf (tì).

(47) Stro-mat. Libr.VI ,

620, o.

(48) Vossius,de Histoi.Gixcis,t>“g. 348.

(49) Id. del’oétis Gra:* .cis, />. 44.

(50) Ibidem «

soi) Plut.in Alcib.pag. tot,, E.

( SîlVoífius,de Hist.Giícc. pag.34».

( S 3) Puto8c eundemCritiam estscujus I’iutut-clius mentiouem fadein Lycurgo.Idem , ibid .

( 54 ) Pag.^s.

(ss) Adieu,

Libr. XI,MS- 46Z.

(56) Ti,LibràX, Cap. IX tP a S • 4? r.

( 57 ) ld. Libr,X/, Cap. líl 9

46;.Voífius 4cru

theiKe necite ce Livréque 2 fois .

Je le trouvecite' z fois*Harpocra-tion le citeau mot Aw-

(s 8) Kçtrínttf* h A t*.«

Jul.Pollux,

Lib. VII %Cap. X.

($9) TT itpstK^ItÍa gç-i»ïv f nt7ç ttc-XlTíívlÇ. Id,ibid. Cap*XUL