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Tome second. C - I.
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C R I T O N.

C RI T O N. Plusieurs anciens Auteurs ont porté ce nom. Jc ne répéterai point ce que Monír.Moreri en dit j je me contenterai d’y corriger quelques fautes (^).

(i) Xeno-phon , deFait. &Dict:. So-ciatis, Libr,I,p. m. 41 S.Volez. aujjiSuidas inKgí'rm.

(1) Vossius,de Philofo-phia, Cas.IX, W- 74 -

(3) S"poséqu’il soitFauteur d)te Poème ,

(4) Vossius,de Philoso-phia, Cap.XI,peig. 86,87.

(A) Je me contenterai de corriger quelques fautes de Mo- tre chose que la Cosmétique. Mr. Moreri avoir lu sans doutereri.] I. Criton l’Athénien a vécu à la vérité dans la 94 dans quelque Livre , que Criton avoir enseigné artem po-Olympiade, mais non pas l’an 150 de Rome : il saloir met- liendi cutern , l’art de rendre la peau douce , d’en ôter lestre lan 35b. II. II étoit, je l’avoue , un des Disciples de taches, 8cc. II ne prit point garde à cutem , & il fit duSocrate , mais il est faux que Diogene Laërce nous la- reste le prétendu art de politestë. Mais Voslìus , qui étoitprenne; & cependant c’est le seul Auteur que Mr. Moreri fa source continuelle, son oracle perpétuel, ne pouvoir-ilcite; il saloir citer Xenophon (1). J’éclairciraì ceci à la pas ici le redresser facilement? V. Ce n’est pas bien tra-fin de cette Remarque. III. Criton n’avoit point de fils duire Vostìus-, que d’assúrer que Galien fa'tt le dénombrementqui eût nom Chesippe : il saloit dire Ctefippe. IV. Cri- des Ouvrages de Criton (5). II eût mieux valu dire qu il

ton le Médecin n enseigna pas un art de politejfe, que Galien en donne le sommaire. VI. Prétendre que ces paroles de ^ssiroruni

dit qu il faut excuser, parce que Criton exerçoit la Médecine V oílius docuit artem xocrei^zixh , lignifient que Criton efi le e j us e.«h>'prés des Rois zy des Dames. Ne diroit-on pas que ce Médecin prémier inventeur■ de la Cosmétique , est une mauvaise pré- ber q»>e-composa des Livres > non pas de la Civilité puérile , mais tension : il y a une énorme différence entre un Médecinde la Civilité des hommes faits, mais dune Civilité encore qui sait son étude principale d’une certaine partie de la Me- ^* t * T vo<-plus relevée que celle du Galatée de Monfignor de la Casa ? decine , 8c un Médecin qui est le prémier Inventeur de J-",™ deNe diroit-on pas qu’st fut le Chevalier de Meré de son cette partie. Criton se trouvant Médecin de Cour, 8c philosep* 1-tems, 8c qu’il publia des Traiter, de la Délicatesse plus di- votant que les Princes 8c les Princesses n’ont pas moins d’en- cap. Xh!^'gnes de leur Titre, que l’Apologie du Pere Bouhours con- vie de faire passer une rougeur, ou une rousseur, 8c en * 7 -

tre Cleânthe ? Cependant, st ne fit rien de tout cela, il se général tous les défauts de la peau , que de guérir d’une

contentoit d’enseigner cette partie de la Médecine qu’on maladie , s’apliqua tout entier à la Cosmétique. Ce n’estnomme la Cosmétique. C’est celle qui entreprend de com- pas à dire qu avant lui personne n’en eût traité. VII. Enfinbatre la laideur 8c les autres défauts du corps , qui font ca- Mr. Moreri définit la Cosmétique très-mal. C’est, dit - st,pables de dégoûter les gens mariez les uns des autres. Cette / art qui a foin de la beauté z? des ornemens du corps. Selonpartie de la Médecine n’est point la plus cultivée , mais on cette définition, la Cosmétique embrasseroit l’art de se ’coif-prétend qu’elle peut être de grand usage , même par raport fer , de choisir une garniture , d’assortir des pierreries ; enau salut de lame , veu qu’elle peut prévenir les adultérés, un mot, toute l'industrie des femmes qui habillent uneAd medicinam etiam pertinet Cofmetice : qua ars non dtbet re- fiancée le jour des noces. Or cela est très-faux.prehendi, fi qui s reife utatur. Nam z? mariti quandoque h- Volons fi j’aì eu raison dans le deuxieme point de cet-vibus uxorum vjtiis ojfenfi amorem ad concubinas, vel etiam te Critique. On m’a objecté (6) que Diogene Laërce en (6)meretrices, mo zy aliénas uxores applicant. &uandoque zy ho- parlant de l’affeâìion de Criton envers Socrate, zy en le ren- /- More»mines bene natos inque honore constitutos pudet cum ejusmodi géant au nombre des Socraticiens, dit astez. clairement ce quevitiis in publicum prodirt. Itaque nec Galenus dubitavit in Ar- Moreri lui attribue. Je répons que les Disciples d’un Phi- ’ £■

te sua tradere complura, que. ad artem xeru.tiTtr.hi pertinent: losophe ne font pas les seuls qui puissent lui témoigner beau- 44, * 16? ? *

ut de iis qua pulcrum vultui colorem concilient: que maculas, coup d’amitié; 8c qu’ainsi , ce que Diogene Laërce raporte

feabritiem ,aut rugas tollant : que capillis colorem mutent: que de l’asteâlion de Criton envers Socrate n’est point une preuvedentes albos reddant (z). Les Médecins la distinguent ordi- qui favorise Moreri. J’ajoûte qu’st a mis entre Socrate 8cnairement de cet artifice mal-honnête qui fournit le fard, Criton quelques Philosophes qui n’ont été ni les Disciples,

8c toutes ces belles drogues qu’Ovide d volt étalées dans son ni les Sectateurs de Socrate, 8c par conséquent on ne peutPoème de Medicamine Faciei (3). On a tâché dans le Mo- conclure qu’st ait rangé Criton au nombre des Socraticiens ; onreri de Hollande de corriger cette faute; mais on n a pu y ne le peut, dis-je , conclure de la place qu’il lui a donnée fr)

réussir , parce qu’on n’a pu se persuader quelle fût aussi dans son II livre. Bien plus , il observe expressément que *f err „, ,r>>

grossière qu’elle l’est. Il enseigna son art avec de la politejfe les fils de Criton furent Disciples de Socrate , o! iì '

que Galien dit qu il faut excuser, zyc. C’est la correction du uiv>û Siftnzu, Xaxeá-ruç, ipfius liberi Socratis auditores sue- (s)

Passage de Moreri : mais st est sûr quelle n’est point bon- re (q). N’aiant rien dit de semblable touchant Criton , il m A P ol0 °

ne , 8c cela est bien excusable ; car qui auroit pu s’imagì- est assez naturel de croire qu’il n’a point prétendu nous

ner que puis que trois lignes après on trouve que Criton aprendre le fait pour lequel on l’a cité dans le Moreri. Re- rtí ' , «

fut l’Inventeur de la Cosmétique , il ne saloit point distin- marquez même que Platon introduit Socrate disant que Cri- (s)guer en lui la politesse 8c la Cosmétique. La bévue de ton étoit aussi vieux que lui , 8c pere de Critobule Disçi- ir

Mr. Moreri ne paroît dans toute son étendue , que quand pie de lui Socrate (8). Toutes sortes de raisons deman- „■/*/,• ph*'on examine l’Auteur qu’il à-copié. C’est Vossius. Or voici doient alors que ce Philosophe mît au nombre de ses Dis- drus, C ’'Pce que l’on trouve dans Vossius; Hic Crito docuit artem ciples aussi bien le pere que le fils; 8c néanmoins il ne prinaft lr ìt

fiivTixh, five comtoriam vel exornatoriam : qua in re , ut donne cette qualité qu’au fils. Cependant je tombe d’ac- mcnt

Galenus ait,veniam meretur quia apud reges zy reginas medici- cord que Platon a fait entendre clairement en d’autres en-nam faceret (f . II est visible par ces paroles, que fart préten- droits (9), que Criton doit être compté parmi les Dssci- àdu de politesse que Galien vouloit que l’on excusât, n’est au- pies de Socrate.

CRITON (George) fa), Ecossais, a été Professeur en Langue Greque à Pa-ris dans le College Roial. II étoit un fort bon Papille (yf). II avoit épousé la fille d’un Ecossfois , Conseiller au Présidial de Poitiers , laquelle fe remaria avec François de la Mothe le Va-yer (B) , après avoir refusé un frere du Connétable de Luïnes (C). Criton mourut le 8 d’A-vril ióii ( b ).

CRI-

(*) Il est ainsi nommé dans les Antiquitez de Paris du Pere du Breul, me Guillaume. Il est nommé Jaques dans le Sorberiana. Je c roi qu’ilp. m. $64. Lc Pere Labbe, Bibliotheca Bibliothec. p. m. 71. u „ tm . s’en faut tenir au Pere du Breul, (b) Du Breul, pag. 564.

(1) LettresFrançoifesescrites àScaliger,pag. z $ S.

( A ) C’étoit un fort bon Papiste.'] Voici ce que le SieurGstlot écrivit à Scaliger (1). ” II ne faut pas que vous igno-„ riez que ces jours passez Criton , Professeur es langues„ humaines, a voulu lé faire Docteur en Droict Canon, 8c,, a proposé des Theses en l’un 8c l’autre Droict pour dis-„ puter publiquement : lesquelles ayant esté veues par nos„ gens du Roy , sts y en trouvèrent une fort contraire à„ la vieille 8c bonne doctrine de France 8c de Sorbonne,„ 8c à la vérité, scavoir ; Nec Hierarcha Romanus (ad quem,, folum aiêevTÍa r jjç àitoroAir.h étuòoy.h JurisdiCtio fpiritualis„ in Christianos omnes, in patrimonio Ecclefia temporales etiam,, potestas pertinet ) nec Princeps folutus efi legibus tametfi uter-„ que altos h 'ts folvere poffit , zy hic comitïis , ille Conciliis fit„ fuperior, zyc. Et en une autre parlant de l’excommuni-,, cation, dict: quod nudâ cogitations nonnunquam incurri-„ tur, Zy ob unius noxam familiam omnem zy civitatem ple-„ rumque ferit. Et en vindrent faire plaincte à nostre grand„ chambre, qui fut fort bien receue, 8c fut dict que Cri-„ ton viendroit à l’heure mesme parler au Procureur ge-„ neral, 8c que la dispute seroit différée. Apres lavoir” ì e ^"demain > I es Docteurs en Droict Canon ouys,„ st fust ssict qu e ]es parties auroyent audience au premier„ jour, 8c cependant défenses à Criton de proposer , sous-” tem . r ’ n y --vputer lesdictes Theses. Cela a esté faict les„ xvy xvnj de ce mois de Janvier. Nous espérons passer" P lus avant ’ & à un bon Arrest de défenses aux Doc-

,, teurs, qui fera leu en Sorbonne , de soustenir de telles,, propositions contre la doctrine de l’Eglise Gallicane ”.

(B) Sa veuve fe remaria avec François de la Mothe leVayer.] J’avoue que je n’ai apris ceci qûe par la lecture duSorberiana. J’y ai trouvé ce qui fuir. ” Francisais Motha» Vahyerius , Manceau (1), épousa la fille d’Adam Bla-» cûodœus Conseiller à Poictiers , 8c homme savant : elle» étoit veuve de Jacobus Critonius , Professeur des lettres>» humaines à Paris. Le Vayer eut ses Recueils, dont il a» su faire son profit ”.

(C) . . . âpres avoir refusé un frere du Connétable de Luti-nes.] N’allez pas croire qu’elle ait été si délicate au teins queMr. de Luines étoit Favori 8c Connétable. S’il est vrai qu’el-le n’ait point voulu épouser le Sieur Cadenet, ç’a été avantque Mr. de Luines fût monté à la faveur. Je parle de celapar un J?, parce que je n’en ai point d’autre garant qu’un Re-cueil de Pieces contre la Maison de Luïnes. Or des Ecri-vains de cette espece de Satires, tout est à craindre. A touthazard, je donne ici ce que je trouve dans ce Recueil : Laprésomption de Cadenet n efi pas moins galante en la recherchequ il fit en l’an 1618 de Madame la Princeste d’Orange soeur dupremier Prince du sang, zy veuve d’un Prince souverain ; Ca-denet, dis-ie, auquel la nourrice du Roi n a voulu donner fafille en mariage, zy que la veuve de Criton, Profesteur en û*langue Greque à Paris , a refuse d espoufer : zy quelque temsâpres le voilà qui aspire à l’alliance du sang royal (3).

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