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Tome second. C - I.
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C R O 1.

rzr C R I T O N.

qu’il avoir sujet de se plaindre des Jésuites (C).

(C) Il avoit sujet de se plaindre des Jésuites .] Le PereJean Fourrier, Relieur des Jésuites d’Avignon, (c’est ainsiqu’on parle dans le Recueil des Articles proposez par Théo-r 1 im ri- P^à Eugene au Roy très-Chrestien pour la Réformationdes Jésuites en France (14)) ne veut recevoir en son Collegein 8. Voiez y le P. Creton Escoffois, ce venerable vieillard que la Reyne Eli-^.«4,65. zabeth d’Angleterre fit sortir des prisons pour avoir deflournéle parricide Paris, de l'attentat qu il avoit résolu contre sa per-sonne Royale. Ce fincere Religieux qui ne sçauroit parler du P.Personius Jésuite,grand remuant d’Angleterre, qu’il ne l'apellefaliieux, aliéné de son Roy, de présent Roy de la Grande Bre-taigne, pour l’auoír diffamé, zy négligé sa redultion à /’ Eglise,au grand préjudice des deux Royaumes d’Angleterre zy Escofie.Ce vieillard qui a travaillé long temps en Espagne pour moyen-ner la conversion pacifique de son Prince, zy qui mourroit volon-tiers tout blanc qu il est au sein de sa patrie. Ce bon pere est re-poussé du College d’Avignon: l’on craint qu’il ne procure des au-

mosnes pour les pauvres Escoffois exilez, de leurs maisons à causede la sainâle Foi Catholique Apostolique zy Romaine. Le P.Fourrier ne peut voir à la porte du College ces pauvres Chres-tiens réduits en pauvreté, pour la querelle de Dieu. Le P. Cre-ton P. de ces persécutez., zy confeffeurs de nostre fainùîe foy, estenvoyé à Carpentras, comme charge trop pesante à l'avaricedu P. Fourrier Reâleur. Il est entre les mains du P. Luce Ita-lien , Reâleur de Carpentras, qui se résout de luy rendre sa vieamere, zy le nourrir d'angoiffe, il meurt soubs le déraisonnérégné du P. Luce. Le P. Luce pour se voir reprins du P. Cri-ton des mescententemens qu’il donnoit au Seigneur Coponio E-vesque, zy à ceux de la Fille, ne peut durer qu il ne voye cefranc zy courageux vieillard hors de son College, le rebut , lamorque sourcilleuse du Pere Luce, contraignent le bon vieillardcaffé à demander retraicle en un autre College. Les chari-tables Relieurs s’excusent. A peine trouve-il un Relieur quilé retire.

CRITON (J a qjj es) naquit en Ecosse au X V I siécle. Ce fut Pim des plusextraordinaires prodiges d’esprit qu’on ait jamais vus (.?)• Mons. Moreri en parle assez am-plement.

(<i) Voiez Aide Manuce , Fils de Paul , dam l’Epnre^ Dédicatoire de ir non pas,comme a fait Monfr. Monri , Aide Manuce in Frisât. Cicer.ses Notes fur les Paradoxes de Cicéron. C’est ainsi qu'tl falloit citer, Ct Commentaire d .’Aide Manuce fut dédié À Jaques triton, Pan 1581.

(si) Colo-nnes, Gall.Orient, pag.« 4 .

(1) Colo-nnes , Gall.Orient./ntj.1I4, le nom-me Jean.

( z)Johannis,scriptis qui-tus dam clari,filius. Ibid.

(3) R ost

Avocat à

Vfiz.

(4) Colo-nnes, Gall.Orient, pag.185.

(s) Idem,

ibid.

(S) Idem,ibid. pag.

1 * 4 .

( 7 ) Votez,NatanaëlSotuel, inBibliorh.Script. So-cietat. Jeíu,pag. 122, oùil dit que ceLivre avoitété imprimé20 fois , &que i a der-niere Editionétait celle deNimesy r 660.

CROI (Jean de) en Latin Croïus , a été un des plus savans Ministres de France auXVII siecle. 11 étoit natif d’Usez («), & fils d’un Ministre & il exerça son Ministère

dans l’Eglise de Beziers , & puis dans celle d’Uscz. II publia en François plusieurs Livresde Controverse (B) -, mais ses Ouvrages Latins lui ont fait beaucoup plus d’honneur (C) , parcequ’ils ont fait paraître qu’il enrendoit admirablement les Langues, la Critique , l’Erudition Ju-daïque, les Antiquitez Ecclésiastiques, Sc tout ce que l’on comprend sous le mot de PhilologieLc de Polymathie. II se piquoit assez d’être universel , Sc il entreprit même de critiquer Monfr.de Balzac sur sa Langue maternelle (D). Lors que les Disputes de la Grâce universelle étoientle plus échauffées, chaque Parti s’efforça de le gagner. Les Particularistes furent les plus di-

ligens,

(A) ll étoit fils d'un Ministre. ] Qui s’apelloit François (1)de Croï. II s’étoit fait conoître par quelques Livres, ace que dit Mr. Colomiés (r). Je ne conois que celui qu’ilintitula, Les trois Conformités, savoir l’Harmonie zy Conve-nance de l'Eglise Romaine avec le Paganisme, Judaïsme ,ey lesanciennes Hérésies, 1605 , in 8. J ai ouï dire qu’il étoit issude l’iUustre & ancienne Maison de Croï, mais du côté gau-che. Celui qui me dit cela ne me fut pas bien expliquersi François de Croï avoit été Moine, il me dit seulementque le Ministre de Beziers venoìt d’un Moine qui avoitembrassé la Réformation , 8c qui étoit un bâtard ou issud’un bâtard de la Maison de Croï. François de Croï àla tête de son Livre des trois Conformitez se dit G. Arth.c’est-à-dire, Gentilhomme Arthesien : st étoit Ministred’Usez.

Notez qu’un fort honnête homme de ce païs-là m’a faitsavoir qu’aìant écrit d’Amsterdam au fils de notre Jean deCroï ( 3 ), ce que j’avois raporté fur un oui-dire touchantson extraction, on lui avoit répondu qu’on descendoit de laMaison de Croï par la voie légitime, 8c qu’on le pouvoirjustifier en bonne forme. Je répondis que de tout mon cœurj’insérerois dans mon Ouvrage le Mémoire que l’on voudroitme communiquer, tant fur cesujet-là, que sur l’Histoire &les Ecrits de cet habile Ministre imprimez 8c à imprimer. Jen’ai rien reçu encore.

( 2 ?) ll publia en François plusieurs Livres de Controverse.]II en fit un pour prouver par l’Ecriture la Confession de foide Geneve, 8c 11 le dédia à notre Seigneur Jésus-Christ.Ce Livre,fut imprimé à Geneve Ìan, 1645, in 8 (4). Laseconde Edition est de l’an 1650, 8c contient plusieurs Ad-ditions. L’Auteur promettoit deux autres Traitez, 1 unpour confirmer par les Témoignages desPeres cette mêmeConfession, l’autre pour la confirmer par les Témoignagesdes Adversaires (5). II publia à Geneve en 1655 vin Ou-vrage qui a pour Titre , Augustin supposé , ou Raisons quifont voir que les 4 Livres du Symbole , que l’on a mis dans le9 tome des Oeuvres d’Augustin ne font pas de lui, mais de plu-fieurs Auteurs qui en ont pris le nom, contre le P. BernardMeynìcr Jésuite. Mr. Colomiés observe qu’il y a aujfi de Mr.de Croi un Ouvrage intitulé, Seme'ï convaincu, imprimé à.Geneve in 8 en plusieurs volumes (ó). Je ne croi point qu’ily ait plusieurs volumes de cet Ouvrage: il sert de Réponsea un Ecrit fort captieux intitulé, La sainte Liberté des En-fant de Dieu. Le Jésuite Meynier, qui en est i’Auteur ( 7 ),y parle en Ministre ; 8c c’est pourquoi Mr. Drelincourt ré-pondant à cet Ouvrage intitula fa Réponse, Le faux Pasteurconvaincu. Elle fut imprimée l’an 1656. Voici ce qu’ilobserve à la fin de sa Préface : J'aprens que Monfieur deCroi , Pasteur de l’Eglise d’ Uz.es , répond ou a déjà répondu am-plement zy éxaóîement à tout ce que nostre faus Pasteur a misdans lette derniere Edition de son Libelle. C'est pourquoi de boncœur je lui cede la plume. Car je fai quel est son savoir zy sonmente , zy qu il n a pas besoin de mon secours. J’ai OUÏ parlerd un Livre ou Mr. de Croï prétend prouver que St. Pierre

n’a jamais été à Rome. Voiez la CXXVI Lettre de Mr.Sarrau à la page 130 de l’Edition d’Utrecht.

(C) . Ses Ouvrages Latins lui ont fait beaucoup plus

d'honneur. 1 L’an 1631, st publia un Spécimen Conjeiìura-rum zy Òbservationum in quadam Origenis, Irenni, zy Ter-tulliani loca. Douze ans après, on vit paroître les Obferva-tionés Sacra zy Historiea in Novum Testamentum, où Heinsiusest terriblement critiqué. Dans divers endroits de ces deuxOuvrages il en promet plusieurs autres , qui aparemmentne verront jamais le jour. C’est dommage ; car on y pour-roit aprendre une infinité de choses. II ne se contenta pasde maltraiter Daniel Heinsius, il étendit auffi fa piquante8c fiere Critique fur le Pere Petau , qui avoit éxaminé 8ccensuré (8) le Specmen Conjeâlurarum. Ce Jésuite ne vou-lut point répliquer ; parce , disoit-il, que quand on écritcontre les Ministres, on est cause que leurs gages font aug-mentez (9).

Ses Observationes Sacra parurent fort doctes à Monfr.Sarrau, 8c fort capables de détruire la réputation de Hein-sius (10). II écrivit à Saumaise que s Auteur avoit z 5 Li-vres semblables à celui-là tout prêts à être imprimez (n).II lui écrivit auffi que Heinsius avoit tâché d’empêchérque le Livre de cet Adversaire ne s’imprimât (iz), 8c l’a-Voit même prié par une Lettre fort civile d’en user honnê-tement (13).

(D) Il entreprit . ... de critiquer Mr. de Balzac fur faLangue maternelle.'] Ce ne fut pas le véritable sujet de saCritique, il ne fit des Remarques fur le langage qu’en pas-sant & par occasion. Son principal but étoit de répondrea la Censure de l’Hcrodes infanticida (14) publiée par Bal-zac. Cette Réponse fut imprimée à Geneve , l’an i6qz,& contient 189 pages in 8. Elle est Anonyme ; mais l’Au-teur déclare en finissant, que la crainte ne l’a pas porté àse cacher : Si Balzac veut y répondre, dit-il, je le prie de n yemployer d’autre nom que le fien, zy de ne pas chercher fous ce-lui d’un autre le moyen de parler de foi avec plus de liberté.J ai affez de courage pour lui découvrir le mien quand il le de-firera, zy affez de force pour entrer dans la carrière qu’il en-treprendra de m ouvrir. Ce qu’il y a de bien surprenant estqu'st s’échauffe pour les intérêts, 8c pour la gloire de Heinsiusavec tout le zèle d’un très-bon ami, 8c qu’il le loue excessi-vement; 8c néanmoins, st préparoit en ce même tems unvolume d’Observations terrassantes 8c méprisantes contreHeinsius. Elles parurent l’an 1644, comme je l’ai déjà dit.Mr. Sarrau ne comprenoit rien dans cette conduite. Voicison étonnement 8c ses conjectures: Vidi tua ìndicina Croiì res-ponfionem ad Balfacium pro Heinfìo. Plurima certe fapiunteruditionem altiffmam .- fed linguam Gallicam zy ftylum quodattinet , fuit incultus, dijfipatus , inelaboratus , habebitquenon pauca poltttffimi ìngenït zy vibrantts orationis Adversa-rius, etiamin ipso argumento, qua regçrat. Opus itaque laudononopificem, idem aliquando de Garriffoli: tui Poémate diélu-rus. Sed an Croius ipfe autor edendi 1 Vix credam. Scie enimzy certo fcio, habere eum pra manibus salis amplum volumen

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