DAMASCENE. D A M IE N.
(a) Tirt de la,Bibliothè-que des Au-teurs Ecclé-siastiques,composte parAir. du fin,Tom. VI ypa$, TOï <iyfuiv, Edit,de Hollande*
(it) Ar-nauld , Per-çetuité dé-fendue, Vont,/, Livre U yChap, VI,pa ». z 19 £“dit.-de Bru-xelles » in I L.
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Grecs à traiter une matière selon la méthode ScholaíTique ( F). Cela paroit principalement dansses IV. livres de la Foi Orthodoxe. II forcoit de la Cour du Prince des Sarrazins, après le mira-cle dont j'ai parlé, & s'enferma dans le Monastère de Saint Sabas à Jérusalem , où le Moine quifut choisi pour le conduire lui imposa un perpétuel silence. Ce Moine étoit si sévere , que parceque son Disciple n'observa point la défense de parler, il le chasià de íà cellule , & lui ordonna pourpénitence de vuider les immondices du Monastère} mais le voiant prêt à obéir, il l’en tlispeníâ ,& Tembraísa. Jean Damascene fut ordonné Prêtre sur la fin de sa vie par le Patriarche de Jéru-salem , & retourna ausiì-tôt dans son Monastère. 11 mourut vers l’an 7co. Jaques de Billi fit im-primer les Ouvrages de ce Pere l’an 1777. Cette Edition fut réitérée l’an 1619. II y manqueplusieurs Traitez que Léon Allatius communiqua à Mr. Aubert, qui méditoit une nouvelle Edi-tion de Jean Damascene (a). Le Pere Labbe en avoit promis ausiì une (b).
(f) ll a commencé parmi les Grecs à traiter une matièreselon la méthode Scholafiique.] Mr. Arnauld observe queSaint Jean de Damas étoit comme le Saint Thomas des Grecs ,qu’iïî réglaient plus fur lui leur sentiment que sur aucun autrePere (17). II est iì certain, ajoûte-t-il, que Saint Jean deDamas a toujours été la réglé de leur dottrine fur l’Eucharistie,qu'Euthimius, pour représenter la doêlrine de l'Eglise Grequesur ce mystère contre l’hérésie des Pauliciens, ne raporte que lepassage célébré de St. Grégoire de Nyffe dans fa Catechese, c?un lieu de Saint Jean de Damas ok cette erreur des Stercora-nistes est formellement rejettée. Mr. Claude en répondantà Mr. Arnauld lui avoue ce principe : ll est certain , dit-
il (18), que,pour bien juger de Vopinion des Grecs modernes ,il faut remonter jusques à Jean Damascene. II explique quel-ques pages après (19) quelle est l’opinion de cet Auteur:elle n’est nullement conforme à celle des Réformer, Sc d’ail-leurs elle n’admet point la Transubstantiation. C’est un gali-matias incompréhensible, & tel sera éternellement le sort deceux qui se voudront expliquer trop en détail sur la maniérédes mystères. Le plus sùr seroit de se tenir dans les expres-sions les plus générales. U y a des choses dont l'explicationne sert qu à augmenter les obscurité! : les plus grans Théolo-giens méritent qu'on leur représente ne sutor ultra crepidam,vu la sublimité de certains dogmes.
Répons? “jeipet“ ltedéfendue»Livr. ll '..Chap V 1 ’ri-"-* 1 '
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(*) Votez, U"pemarq. (C).
(t) Coeffe*te^u, Ré-poníe auMystèred’iuiquite',667.
(z) Lbm?~me y pas.. 669.Jl cite Baio-lîius,<*á ann.joj 3. Voiciles paroles dece Cardinal ,Errorelapfus convin-cieiu lYtrus,quem com-muni totiusEcdesisCatholicreconfenfuconstat estedamnacum.soft Tertul-lianum Ju-Jiatius A pos-ter à fuiflèconvinc.tiir,originariusíaror erroris»ex quo iste«osciturpiO-pagatus.
f*) Bsron.Vol. XI , 4.Î04 9>art 10.& feq î^erriPamiani,Lib. qui inJcribìtur Go-
morrha’us,esc t préfixaEpist. LCG-hïs IX,
DA MIEN (Pierre) Cardinal Evêque d’Ostie, a fleuri dans l’onziéme siécle. IIavoir été Bénédictin , & l’on croit qu’il eût toujours préféré la solitude aux dignitez de T Eglise,s’il n’eût été comme forcé à les accepter. II condamna hautement la licence que les Papes sedonnoient de s’oposer par les armes temporelles aux entreprises des Empereurs (A). II décrivitfortement les vices énormes de son siecle dans plusieurs de ses Ouvrages. On allégué ordinaire-ment celui qu’il intitula Gomorrhœus. Les Controversistes en parlent beaucoup ( B ) : le PapeAlexandre II. le foprima} mais néanmoins il s’est conservé (a). L’Auteur des Préjugez légiti-mes contre le Papisme auroit de la peine à répondre là-destus a son Critique (C). 11 paroit par
une
(A) ll condamna ... la licence que les Papes se donnoientde s’oposer par les armes temporelles aux entreprises des Empe-reurs . ] Sa doctrine est là-dessus très - orthodoxe , & il laconfirme par la pratique de l’Eglise primitive ( i ). „ 11 sou-,, tient que les charges d’Empereur & de Pape font dis-,, tinctes, & que les Empereurs ne doivent point toucher„ à ce qui est de l’office des Papes, ny les Papes non plus„ à ce qui est de la charge des Empereurs, comme manier„ les armes, faire la Guerre, &c. Tout ainsi, dit-il, que le„ fils de Dieu a surmonté tous les obstacles de la force du mon-„ de ; non par la sévérité de la vengeance, mais par la vive,, majesté d'une patience invincible : aujst nous a-t-tl appris de„ supporter pluftost constamment la rage du monde , que de„ prendre les armes pour outrager ceux qui nous offensent ,„ vett principalement qu entre le Royaume, ev le Sacerdoce,„ il y a telle distinction d’offenses, que c’est au Roy d'user des„ armes du fìecle , au Sacrificateur de ceindre le glaive dest'es-
„ prit, qui est la parole de Dieu, c 7 c . Lisons-nous
„ que Saint Grégoire ayt jamais faict, ou escrtt cela: luy qui„ a souffert tant d'outrages des Lombards! Et saintl Ambroi-,, se a-t-il pris les armes contre les Ariens, qui le traversaient,„ cv qui tourmentaient cruellement son Eglise? Se trouvera-t-,, il qu aucun des sainéls Pontifes ayt jamais manié les ar-„ mes? Que les causes Ecclésiastiques soient donc décidées par„ les loix de la justice , ou par les arrefts d-’un Concile d’E-,, vesques,de peur que ce qui se doit faire en un tribunal de„ Juges , ou en une assemblée de Prélats , ne s'acheve à„ nostre opprobre , par le constiiì des armes ”. Que peut-on voir de plus raisonnable ? & néanmoins Baronius nefeint point de dire que ce dogme de Pierre Damìen estune erreur, & même le rejetton d’une doctrine de JulienV Apostat. Nous ne pouvons donc , dit-il ( z ), nt ne devonsïexcuser qu’il ne soit tombé en un* erreur que l’Eglise acondamnée. Apres Tertulian, Julìan l’Apostat est reconneupour ïAutheur originaire d’une erreur dont la sienne a estéprovignée. Cela est pitoiable, puis que ce Prince apostat nefaisoit que rapeller les Chrétiens aux Maximes évidentesque leur maître leur avoit laissées.
(B) Il intitula m de ses Ouvrages Gomorrhaeus. Les Con-
troverfiftes en parlent beaucoup. ] „ La Sodomie par ces Loix„ de Célibat prend un tel pied dans le Clergé Romain, que,, Pierre Damian lors retiré en son D ermitage est contrainct,, d’en faire un Livre , intitulé Gomorraeus , où il en„ deschiffre toutes les especes ; & le dédie à Léon 9.,, l’adjurant d’y mettre ordre. Et Baronius mesmes l’ad-„ voue en ces mots : Les ronfes ctr les orties avoient rempli,, le champ du Pere de famille-, Tonte chair avoit corrompu fa„ voie, er n estait pas besoin seulement d’un déluge pour laver,„ mais d’un feu du Ciel pour foudroier comme à Gomorrhelstj.„ Et là-destus Léon avoit fait quelque reglement, & or-„ donné quelques penes ; Mais soft âpres on le vit en la„ maie grâce de Léon; & depuis venant Alexandre 2. au» l’apat, il lui desroba son Livre soubs ombre de le bail-„ 1 er à l’A.bbè de S. Sauveur à transcrire, prenant prétex-" ' J-e Ce qu’il en avoit parlé trop salement, comme
” , ordures se pouvoient remuer sans puanteur ;
" í, I e bon homme se plaint aigrement en une sienne,, Epistre aux Cardinaux Hstdebrand & Estienne , & non
,, sans évidente ironie leur dit; Et c’est de vrai un indice de„ la netteté Sacerdotale , ou pluftost un argument de la pureté„ Papale ( 3 ) Afin que mon Lecteur soit assisté que cePassage ne contient point de fausseté! (4) , je mettrai icila Réponse de Coeffeteau (5). Qu en ce temps les Loix Ecclé-siastiques ne fitjfent point cause du scandale que Damian déplo-ré . . . . le Pape Léon 9. le montre ajsez. en son Epistre qu illui escrivit , âpres avoir receu son Livre qu il loué hautement.Les Ecclésiastiques, dit-il (f), de la très-sale vie desquels tuas discouru en paroles pitoyables, mais pleines de raison, sansdoute n'appartiennent pas au lot de l’héritage du Seigneur,duquel ils se séparent par ces débordées voluptei. Que sileur conversation étoit chaste, non seulement ils seroient ap-pelle! le Temple de Dieu, mais encores le Sanctuaire, oùcet Agneau, dont la blancheur surpasse celle de la neige, Scqui essace les pécher du monde, est immolé, Lee. . . . (J).Quant à ce qu Alexandre second usa d'artifice pour supprimerle Livre de Pierre Damian, ok ces horreurs estaient expriméesun peu trop librement, toute personne aymant seulement l’hon-nefteté civile, ne le trouvera jamais mauvais : car fans ironie,c’est un témoignage d’une grande pureté, de s’offencer mesme deparoles qui représentent quelque impudicité , quoy que ce soitpour la détester. Et le Pape ne fut pas seul qui s'en ojfcnça, maisuniversellement cette liberté depleuft à tous les gens de bien, cesordures n’ayans peu se remuer sans laisser une mauvaise odeurâpres elles. Partant l artifice du Pape fut louable de chafiter lescoulpables , í? supprimer les mouvemens de ces horreurs ; maiscomme nous aymons quelquefois ’mconfiderement nos Ouvra-í es (J) » Pierre Damian ne pouvoit supporter qu’on eftouffaft cefruitt de son esprit, qu’il disoit avoir produit avec un travailextrême ; c’est pourquoi il en parloit avec pajfion. Toutefois âpress'estre licentié de parler contre le Pape, il Je corrige à la fin deson Epistre, avoue qu il y a de la présomption en son fait , qu ila excedé, eA que l orgueil de ses Uvres mérite chaftiment.
(C) . ... Ce Livre s est conservé. L’Auteur des Préjugez,contre le Papisme auroit de la peine à répondre là-deffus à sonCritique.’] Voici les paroles de l’Auteur des Préjugez (6) : C'estpar le Cardinal Baronius que nous savons que Pierre Damien,Cardinal de l Eglise Romaine de ce temps-là, écrivit un Livreintitule Gomorrheus , qu il adreffa à Léon IX. dans lequelOuvrage il décrivait les moeurs du Siecle, cr particulièrementdu Clergé ; cr l’on peut deviner par le Titre, ce que c étoit :Sodome cr Gomorrhe entroient dans la description de ces hor-reurs. Baronius dit, qu’outre les crimes de Simonie, dansle champ du Seigneur étoient crues des épines & de ces or-ties qui sortent honteusement de la puanteur de la chair parle fumier de la corruption. Car toute chair avoit corrompusa voye, en sorte qu’il ne sembloit pas qu’un déluge fût suffi-sant pour laver ces ordures. Ces horribles péchez sollici-toient le feu de Gomorrhe qui avoit consumé le Pais descinq Villes. C’est pourquoi aussi Pierre Damien , alorsHermite du Mont-Avellan en Umbrie, se crût obligé d’a-vertir le nouveau Pape de toutes ces choses lui écrivant unLivre qu’il intitula, Gomorrheus, dans lequel le plus hon-nêtement qu’il lui étoit possible il repréíentoit les quatresortes de pechez charnels dont l’Eglise étoit couverte , lepriant que de l’épéc de Phinées il transperçât ces hommesinfâmes & rendît à l’Eglise sa pureté. Il y avoit déjà cent
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