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Tome second. C - I.
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D A M I E N. DANA E'* DANDINE

14 î

une Lettre de Pierre Damien ( 5 ) , qu’il y avoit des Ecclésiastiques qui enseiguoient que les Prê-tres pouvoicnt être mariez. II faut le louer du grand zèle qu’il témoigne pour le rétablisse-ment d’une bonne discipline , qui pût servir de barrière aux désordres où les Moines £í le Cier-ge s’abandonnoient ; mais la crédulité avec laquelle il a compilé beaucoup d'exemples .d’aparí-tions d’Evêques ou d’autres personnes condamnées aux tourmens de l'Enter, ou à ceux du Pur-gatoire (c) , n’est pas digne d excuse. II avoit une grande dévotion pour la Sainte Vierge.Vous trouverez íà patrie , le tems de fa mort, & quelques autres circonstances de fa Vie, dans leLictionaire de Moreri.

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cinquante ans que ce mal durait, /savoir depuis le commence-ment du dixieme Siecle jusqu au milieu de V onzième : quand ilB ’y auroìt que cela , ne sereit-ce pas un puissant préjugé contre

1 fgti/e Latine er contre le Papisme ? Seroit-il pojfible que Dieueut permis que la véritable Eglise, sans cejjer d'être l’épouse deJcsus-Chrijl, devint une Gomorrhe cr une Sodome, fût abî-mée dans les quatre péchez, de la chair les plus énormes, ex de-meurât fous ce déluge pris de deux cens ans ? Ce Ministre avoitdéjà dit dans nn autre Livre (7) : ” Nous produisons par» exemple un Pierre Damien , qui dans le XI siecle fit un» Livre intitulé Gomorrhai, dans lequel il prend à tafche de» convaincre le Clergé d'alors de cet horrible péché qui» brûla Sodome. Le Livre est péri ; mais nous cn avons» les monumens dans les Annales de leur grand Baronius,» qui dit que ce Pierre Damien, dans ce Livre (*) , §>ua-» dripertìta vitia c$rnis quibus Ecclefia obrueretur , ut decttit» quam potuit honefte insinuasse , avoit insinué le plus hon-» nettement qu’il avoit pu, les quatre vices de la chair dont» l’Eglise étoit accablée ”.

, Nous allons voir une Censure, qui ne frape pas moinsBaronius , que Mr. Jurieu ; Car l’Abbé Richard avance quePierre Damien a parlé de ces désordres , non comme d’unmal qui eût inondé’ l’Eglife , mais comme de la corruptionde quelques particuliers. Ce qu’il y a de bien notable estque cet Abbé , au lieu d’insuìter Mr. Jurieu, 1e disculpeautant qu’il peut. Mr. Jurieu, dit-il (8), confesse de bonnefoi qu il n a jamais lu cet Ouvrage .... Il ne faut donc pass étonner s’il s’eft mépris dans l'idée qu il s’est formée d un Ou-vrage qu il ria jamais vu , ex qu il croit qui est péri. Il nefaut pas s’étonner fi rien jugeant que par le titre, iX par ce queBaronius en raporte en général, il s'est imaginé exe. Aprèscela -, on lui montre, i, que cp Livre n est nullement péri ;

2 > qu’il ne traite point des mœurs du fiecle ni du Clergé engénéral, 8c qu’il ne représente point V Eglise Latine comme uneGomorrhe,ni une Sodome', 3 , que selon le témoignage du mê-me Pierre de Damien, il y eut en ce ficelé plusieurs grans per-sonnages. Je ne raporte point les preuves du troisièmepoint, je me contente de copier en partie celles qui con-cernent les deux autres. Voici les paroles de l’Abbé Ri-chard (y). ’’ Quant au 1, il est si peu vrai que cet Ouvra-„ ge soit péri, que je l’ai parmi mes Livres, & qu’il a été„ imprimé avec les autres Ouvrages de ce Saint, dès le„ commencement de ce siecle. Celui qui a pris le soin„ de les donner au public , les a même dédiez an Pape" ,, 1 y ' qui accorda le privilège de cette Edition dès„ an 1606. Si Mr. Jurieu avoit été plus éxact à éxami-

" ?y‘s^J ent « d - a .P rc P ve qu’il avance , & à la voir dans„ la. tquvce, otsilsetoit mis en peine de trouver le Livre„ d ou elle est tirée; les Libraires dc Paris lui en auroient„ fourni autant d’Exemplaires qu’il auroit voulu, Sc ils lui„ auroient appris, que loin que le Gomorrheus de Pierre de„ Damien soit péri, il n’y a gueres plus de vingt ans qu’ils„ Pont imprimé de nouveau avec tous les autres Ouvra-„ ges de ce Cardinal. Pour le z , si Mr. Jurieu avoit été„ plus soigneux de chercher dans fa source la vérité de ce„ qu’il avance ; & s’il avoit 14 le Livre , que Pierre de» Damien a intitulé le Gemorrhéen ; il y auroit trouvé que

,, ce Cardinal ne prend nullement à tâche de convaincre„ le Clergé d’alors de l’horrible péché, qui a attiré fur la vil-„ le de Gomorrhe le feu du Ciel; & qu’il n’y décrit point„ les mœurs du siecle ni même du Clergé en général : Sc„ qu’enfin il n’est point vrai qu’il représente l’Eglil'e Lati-„ ne comme une Gomorrhe St comme une Sodome. Car„ il y auroit trouvé que dans ce Livre Pierre de Damien„ rapporte feulement au Pape Léon IX les imputerez qne,, commettoient certains Ecclésiastiques de ses quartiers;,, c’est-à-dire , des environs du Mont Apennin, oh il s’é-„ toit retiré, & où U vivoít avec des solitaires. Un certain„ vice horrible e? infâme s’eft beaucoup répandu dans nos„ q_uartiers, dit-il à ce Pape, en lui marquant ce qui„ l’a obligé à faire cet Ecrit, dans toute la fuite duquel„ on ne trouve point qu’il étende plus loin ce désordre Sc„ cette, corruption. Peut-on raisonnablement dire qu’un„ vice , qui s’est glissé parmi les Ecclésiastiques des envi-„ tons du Mont Apennin , soit le vice de tout le siecle Sc„ de tout le Clergé ? Et peut-on avec quelque justice ac-„ enfer toute PEglìfe Latine d’un péché où quelques Ec-„ cléíìastiques d’une Province particulière font tombez ?„ Avec quelle vérité Sc avec quelle équité donc Mr. Ju-„ rieu auroit-il pû dire que Pierre de Damien a pris à tà-„ che dans son Gomorrhianus (10) de convaincre le Clergé„ d’alors du plus horrible de tous- lès péchez ; d’y décrire„ les mœurs du siecle 8c du Clergé, Sc de représenter l’E-„ glise Latine comme une Sodome Sc une Gomorrhe ; s’il„ avoit fçu que dans tout ce Livre Pierre de Damien n’ex-,, pose au Pape que les impuretez de certains Ecclésiasli-„ ques d’une Province particulière? Mr. Jurieu n’a donc„ rapporté avec Baronius le témoignage de ce Livre , qui„ ne dit rien de ce qu’il lui fait dire ; que parce qu’il ne„ l’a jamais lû , 8c qu’il a cru que cet Ouvrage étoit» péri ”.

Aprenons de là~combien un Auteur est à plaindre, lorsque fa Bibliothèque n’est pas fournie de toutes sortes deLivres ; Sc combien il est blâmable , lors que nonobstantcela il prononce hardiment que tels 8c tels Livres n’existentpoint. Aprenons auffi avec quelle retenue il faut parlerd’un Ouvrage que l’on ne conoit que fur le raport d’au-trui. Qui auroit cru que Baronius étoit un homme àtromper les Protestans fur ridée du Gomorrh&us de PierreDamien ; à les tromper, dis - je, au désavantagé de fa Com-munion ? Mais, demandera-t-on , est-ce une preuve con-vaincante de l’erreur de Baronius » que de dire que l’AbbéRichard soutient le contraire ? Non , c’est seulement unfort préjugé , 8c qui aproche d’une bonne preuve , depuisqu’on a vu que l’Auteur des Préjugez ne s’est pas mis endevoir de soutenir ce qu’il avoit avancé. On juge qu’iln’eût pas digéré facilement un tel afront, s’il avoit été ca-pable de faire son Apologie. Après tout, ne voit-on pasque l’Abbé Richard indique la source ? II marque une Edi-à des Oeuvres de Pierre Damien faite à Paris , l’an1663. 81 quelcun est incrédule , il n’a qu’à lire l’Ecrit enquestion. Mr. du Pin en parle succinctement, Sc observeque c est le VII des Opuscules de Pierre Damien, au IIITome de ses Oeuvres (n).

D A N AE , fille de Leontium. Volez lu remarque D. de l’Article Léon tiuM.

DANDINI (Jerome) Jésuite Italien, natif de Ceíene dans P Etat Ecclésiastique, est leprémier de son Ordre qui ait enseigné la Philosophie à Paris. II a eu quantité de charges hono-rables dans la Société j car outre qu’ìl enseigna la Théologie à Padoue (A) , il fut Recteur deCollege à Ferrare, à Forli , à Boulogne , à Parme , & à Milan ; Visiteur dans la Province deVenilò, dans celle de Toulouse , & dans celle de Guienne* & Provincial en Pologne, & au Mi-lanez. Clement VlII. l’envoia aux Maronites du Mont Liban. II mourut fort vieux (fi) àForli, le z 9. de Novembre 1634. On imprima à Paris, Pan 1611. in folio , son Commentairesur les trois Livres d’Aristote de Anima -, & après fa mort on fit voirie jour à fa Morale. C’estun ìn folio qui fut imprimé à Cesene Pan i6fi. fous le Titre de Eîhìca facra , loc est de Virtutì-lus (fi Vìlus (s). Voilà tout ce que disent de lui les Bibliothéquaires des Jésuites (b) : on ne

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< Sf) Jj enseigna la Théologie à Padoue. ] J e n ’ a ; ofé direPadoiip 1 le prémier Jésuite qui enseigna cette Science dansro't Ue ' néanmoins ce feroit le meilleur parti cm’au-tin r U fendre un Traducteur, si ceux qui écrivent en La-n E, P^fcrivoient une loi auffi rigoureuse que celle dep Grammairiens François : mais la grande liberté quedu’un T ° nne en Butin de ne pas ôter les équivoques faitle plus P inducteur, qui s’attache au sens le plus naturel 8cqu’jl en ^ > s’éloigne quelquefois de la vérité. Quoi

fophiam'i° lt -’ V °’ c * * es P aro ^ es d’Alegambe : Hanc (Philo-rum - ta ett , an s P ro sejsus eft-primus ê Noflris Lutetitt Parifio-a rien r -. e ' D °” lam ver b Patavii (1). Le Pere Sotuel n’yr O ^° n lecteur en fera ce qu’il voudra ;

à lui permis de les entendre comme si avant le PereDandini aucun Jésuite n’avoit enseigné la Théologie à Pa-doue.

(B) il mourut fort vieux. ] Le Pere Alegambe lui avoitdonné quatre-vingts ans. Obiit demum Forlivii oHogenariusdie 2.9 Novembris anno falutis 1634 (2). Le Pere Sotueln’a rien change à ces paroles : cependant il ne devoir pointles laisser dans l’état où il les avoit trouvées ; car voici cequ’il ajoute au texte de son prédécesseur ; Cooptatus in so~cietatem anno falutis 1569 ttatis 18 vota quatuor solemnianuncupavit ( 3 ). Dire après cela qu’il mourut à l’âge dequatre-vingts ans , le 29 de Novembre 1634, n’est pas d’unHistorien qui a'queloue éxactitude.

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(h) l *4 ia

Xi 11 da VLtvru

(<r) Votez, UXIX & XXde set OpfiCeuhs .

(îo) Ce n*eftpoint le Titreque Mr. Jlï-lieu avoitmarqué»

Nous avonsdam cette T^e-tttcirque (C)un exemplede la négli-gence dont jeparlerai dansla 'p/marcjue(B) de f Ar-ticle Dem&tTIUUS*

(n)t)uTin,'Biblioth,des AuteuisEcclésiast.du XI Siecle,pag. rn.

(4) On setrompe dansU JournaLde Leipsic1685, pâg*284 ,de direque C ^Auteurpnblia u Li-vre k Taris»

(t) Alegam-be à 1 Sotuel,

(zjAlegam-be, Biblio-theca Script.Societ. Jei'u,pag. 182 .

(,) Sotuel,de Sctipt.Societ. Jesu,ï*l. 33 *.